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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#192; quoi sert le b&#233;n&#233;volat</title>
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		<title>La spirale ascendante. Faire reculer l'exclusion</title>
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		<dc:subject>Pauvret&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;La France de l'an 2000, c'est 200 000 sans-abri, deux millions de mal log&#233;s et quatre millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvret&#233;. C'est 20 % des 16-25 ans dans la grande pauvret&#233; (5,5 % en 1970) et 9 % des 25-29 ans (3,9 % en 1970). C'est encore 2,3 millions d'adultes illettr&#233;s et 85 % d'enfants de cadres qui obtiennent leur Bac, contre 52 % d'enfants d'ouvriers et 34 % d'enfants de parents inactifs. C'est 32 sans domicile fixe atteints de tuberculose sur les 586 test&#233;s par le Samu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton90-6f42d.jpg?1694594133' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La France de l'an 2000, c'est 200 000 sans-abri, deux millions de mal log&#233;s et quatre millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvret&#233;. C'est 20 % des 16-25 ans dans la grande pauvret&#233; (5,5 % en 1970) et 9 % des 25-29 ans (3,9 % en 1970). C'est encore 2,3 millions d'adultes illettr&#233;s et 85 % d'enfants de cadres qui obtiennent leur Bac, contre 52 % d'enfants d'ouvriers et 34 % d'enfants de parents inactifs. C'est 32 sans domicile fixe atteints de tuberculose sur les 586 test&#233;s par le Samu social (contre 49 pour 10 000 habitants en r&#233;gion parisienne et 10 pour 10 000 dans le reste du pays). &lt;i&gt;&#171; La mis&#232;re est l' ?uvre des hommes. Seuls les hommes peuvent la d&#233;truire &#187;&lt;/i&gt; affirmait Joseph Wr&#233;sinski, fondateur d'ATD quart-monde. De cela, Brigitte Camdessus en est convaincue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ouvrage ne se contente pas de d&#233;crire la mis&#232;re qui frappe tant de nos concitoyens. Il s'arr&#234;te aussi sur nombre d'actions de terrain qui s'attellent &#224; sortir les individus et les familles de l'exclusion arrivant ainsi &#224; les inscrire dans une spirale ascendante. Pour ce faire, la solution la plus efficace r&#233;side dans l'approche la plus globale de la situation. Ce sont tous les aspects de la vie qui doivent &#234;tre pris en compte : le logement, l'emploi, les ressources suffisantes, la sant&#233;, le r&#233;seau familial, amical ? Ainsi, ne suffit-il pas de fournir un appartement. Il est tout aussi important de proposer un accompagnement et un r&#233;seau de proximit&#233; et de solidarit&#233;, comme le fait l'association &#171; &lt;i&gt; habitat et humanisme &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre action exemplaire, celle du CECCOF de Paris qui appr&#233;hende la probl&#233;matique des usagers dans une perspective syst&#233;mique, abordant tout autant la dimension familiale, la sant&#233; et l'&#233;ventuelle prise en charge psychologique que les plus classiques logement et insertion professionnelle. L'auteur &#233;voque aussi le foss&#233; qui s'est creus&#233; entre la culture de l'&#233;cole fond&#233;e sur l'&#233;criture, la lecture et l'abstraction et celle des milieux de la grande pauvret&#233; trop souvent tourn&#233;e vers des r&#233;flexes de survie, rendant parfois bien difficile l'apprentissage : &lt;i&gt;&#171; il faut beaucoup de volont&#233; et de courage &#224; nos familles pour pr&#233;voir quand on touche notre argent de payer d'abord le loyer, l'&#233;lectricit&#233;, le t&#233;l&#233;phone &#187;&lt;/i&gt; explique un t&#233;moin, au risque de ne plus avoir ensuite les moyens d'acc&#233;der &#224; une consommation minimale qui permet de se sentir comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L&#224; aussi, seul le travail de r&#233;seau entre chef d'&#233;tablissement, enseignants, familles b&#233;n&#233;voles et services sociaux peuvent permettre de combattre l'&#233;chec scolaire. Il est donc possible de faire reculer l'exclusion, de redonner l'espoir d'une existence plus humaine. Cela passe par l'utilisation des comp&#233;tences et des ressources des usagers et la cr&#233;ation de communaut&#233;s conviviales. C'est la conviction, ma foi, fort contagieuse de l'auteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Descl&#233;e de Brouwer, 2002, (232 p. ; 21 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Apostrophes. L&#233;gendes du travail social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Apostrophes-Legendes-du-travail-social</link>
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		<dc:date>2003-09-24T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>679</dc:subject>
		<dc:subject>Travail social</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Psychosociologue, G&#233;rard Chalut-Natal intervient r&#233;guli&#232;rement dans le secteur sanitaire et social aupr&#232;s d'&#233;quipes de professionnels. Il a pris l'habitude, &#224; la suite de ces rencontres, de prendre beaucoup de notes. Ce sont ces moments d'&#233;criture issus de groupes par essence &#233;ph&#233;m&#232;res, qu'il nous propose ici, pr&#233;sent&#233;s sous forme tant&#244;t de textes tr&#232;s longs et d'autres tr&#232;s courts, chacun &#233;tant l'occasion de propos qu'il laisse &#224; la sagacit&#233; du lecteur, libre de s'en saisir ou non. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout commence par ce duel (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton91-5ed32.jpg?1694594133' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Psychosociologue, G&#233;rard Chalut-Natal intervient r&#233;guli&#232;rement dans le secteur sanitaire et social aupr&#232;s d'&#233;quipes de professionnels. Il a pris l'habitude, &#224; la suite de ces rencontres, de prendre beaucoup de notes. Ce sont ces moments d'&#233;criture issus de groupes par essence &#233;ph&#233;m&#232;res, qu'il nous propose ici, pr&#233;sent&#233;s sous forme tant&#244;t de textes tr&#232;s longs et d'autres tr&#232;s courts, chacun &#233;tant l'occasion de propos qu'il laisse &#224; la sagacit&#233; du lecteur, libre de s'en saisir ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence par ce duel improbable entre d'un c&#244;t&#233; Achille Talon, c&#233;l&#232;bre h&#233;ros de bande dessin&#233;e, ci-devant repr&#233;sentant de la gente animatrice et de l'autre, Jiminy Criquet, commentateur des dessins anim&#233;s de Walt Disney, charg&#233; de d&#233;fendre le point de vue des &#233;ducateurs ! Le dialogue, faisant appel de part et d'autre &#224; moult philosophes et penseurs, tient le haut du pav&#233; sur ce qui fonde l'action de chacun des protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, entend-on Achille Talon expliquer que les pratiques &#233;ducatives ne sont qu'un pr&#233;texte pour mieux faire appara&#238;tre aux jeunes le chemin qu'ils doivent prendre, l'objectif projet&#233; &#233;tant avant tout de d&#233;velopper les potentialit&#233;s de l'individu. Et d'ass&#233;ner la conviction qui veut que chacun d'entre nous poss&#232;de des dons intrins&#232;ques qu'il s'agit de faire &#233;merger. Jiminy, quant &#224; lui, revendique plut&#244;t une action visant &#224; ce que l'individu acc&#232;de &#224; la vie sociale, d&#233;couvrant au passage toutes les richesses qui sont en lui. L'un et l'autre, chacun &#224; sa fa&#231;on, contribuent &#224; apporter ce qui permettra de transformer le magma de pulsions en soci&#233;t&#233; humaine. Et pour y arriver, ils ont recours &#224; la p&#233;dagogie d&#233;sign&#233;e comme l'art de &#171; faire pour faire savoir un savoir-faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre d&#233;finition : la p&#233;dagogie est cette &#171; constante recherche de moyens et d'inventions pour mettre en sc&#232;ne, montrer ce qu'on voudrait que l'autre saisisse de ce qu'on veut lui transmettre, sachant que c'est lui seul qui en fera ce qu'il veut ou ce qu'il peut, et que de ce point de vue aucune contrainte n'y fera rien &#187; (p.214). Car l'autre n'est pas seulement diff&#233;rent de soi, il est surtout irr&#233;m&#233;diablement singulier. On peut essayer de l'influencer, de communiquer ou d'&#233;changer avec lui, on ne pourra jamais se mettre &#224; sa place. Et c'est justement l&#224;, toute la difficult&#233; que ce soit de l'&#233;ducation (transmission de normes) ou de l'enseignement (transmission du savoir) qui place l'enfant dans un rapport d'exp&#233;rience, de savoir et de pouvoir en d&#233;s&#233;quilibre au profit de l'adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette in&#233;galit&#233; tient au simple fait que le savoir induit le non-savoir et que le foss&#233; qui les s&#233;pare ne peut &#234;tre combl&#233; que par l'apprentissage. C'est cette diff&#233;rence de position qui rend, dans le champ de l'&#233;ducation, la m&#233;thodologie du contrat abusive. Pour contractualiser, il faut que chaque partie soit engag&#233;e de fa&#231;on &#233;quivalente avec la m&#234;me possibilit&#233; de choix, de responsabilit&#233; et d'autonomie, ce qui est loin d'&#234;tre le cas entre l'adulte et l'enfant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Coriance &#233;diteur, 2003 (240 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; quoi sert le b&#233;n&#233;volat ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/A-quoi-sert-le-benevolat</link>
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		<dc:date>2003-09-24T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>679</dc:subject>
		<dc:subject>B&#233;n&#233;volat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on fait &#233;tat de son action b&#233;n&#233;vole dans son CV et celle-ci peut &#234;tre reconnue dans la validation des acquis professionnels. Par ailleurs, militer dans une association ou parrainer quelqu'un est par d&#233;finition une activit&#233; b&#233;n&#233;vole. Mais encore ? Le b&#233;n&#233;volat, comment &#231;a marche ? Quelle protection, quelle formation, quelles responsabilit&#233;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'un colloque &#224; la fin de l'ann&#233;e 2000, le directeur de l'Observatoire national de l'action sociale d&#233;centralis&#233;e (Odas), Jean-Louis Sanchez, en (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, on fait &#233;tat de son action b&#233;n&#233;vole dans son CV et celle-ci peut &#234;tre reconnue dans la validation des acquis professionnels. Par ailleurs, militer dans une association ou parrainer quelqu'un est par d&#233;finition une activit&#233; b&#233;n&#233;vole. Mais encore ? Le b&#233;n&#233;volat, comment &#231;a marche ? Quelle protection, quelle formation, quelles responsabilit&#233;s ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors d'un colloque &#224; la fin de l'ann&#233;e 2000, le directeur de l'Observatoire national de l'action sociale d&#233;centralis&#233;e (Odas), Jean-Louis Sanchez, en &#233;voquant gravement le d&#233;ficit de lien social, avait abruptement pr&#233;conis&#233; : &#171; Chaque Fran&#231;ais devrait &#234;tre un b&#233;n&#233;vole, c'est une question de survie de notre soci&#233;t&#233; &#187; ; le gouvernement jospinien d'alors d&#233;fendait l'&#233;mergence de la notion de temps d'utilit&#233; sociale qui, du fait des lois sur les 35 heures, aurait pu se voir r&#233;percuter sur la vie associative&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En pleine expansion, le b&#233;n&#233;volat renouvelle les solidarit&#233;s sociales &#187;, avait d&#233;j&#224; titr&#233; pleine page le journal Le Monde en f&#233;vrier&#8230; 1998, arguant d'un fort d&#233;veloppement de l'action sociale, notant que de plus en plus de personnes au ch&#244;mage ou en situation de pr&#233;carit&#233; s'engageaient dans des r&#233;seaux, et voyant &#233;merger de nouvelles formes de parrainage&#8230; Ainsi, au r&#233;cent rassemblement contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Larzac 2003, qui permit, du 8 au 10 ao&#251;t, le d&#233;bat entre 250 000 et 300 000 personnes, ce sont quelques centaines de b&#233;n&#233;voles qui assuraient, dans une organisation somme toute assez remarquable, circulation, s&#233;curit&#233;, bonne tenue&#8230; et hygi&#232;ne de la rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les volontaires s'inspirant de la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme de 1948 et de la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989, consid&#232;rent leur engagement comme instrument de d&#233;veloppement social, culturel et &#233;conomique et de l'environnement dans un monde en mutation. Ils font leur principe que toute personne a droit &#224; la libert&#233; de r&#233;union et d'association pacifique &#187;, d&#233;finit le Centre national du volontariat (CNV)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='CNV - 127, rue Falgui&#232;re - 75015 Paris. T&#233;l. 01 40 61 01 61' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui d&#233;veloppe et coordonne un large r&#233;seau de b&#233;n&#233;voles sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Conseil &#233;conomique et social, un b&#233;n&#233;vole est plus pragmatiquement &#171; celui qui s'engage librement pour mener une action non salari&#233;e en direction d'autrui, en dehors de son temps professionnel et familial &#187;&#8230; Une autre d&#233;finition, celle du Centre d'&#233;tudes et d'information sur le volontariat, rejoint cette approche : &#171; Le b&#233;n&#233;vole est celui qui s'engage, de son plein gr&#233;, de mani&#232;re d&#233;sint&#233;ress&#233;e, dans une action organis&#233;e au service de la communaut&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage B&#233;n&#233;volat et solidarit&#233;, Dan Ferrand-Bechmann estime, elle, que le b&#233;n&#233;volat reste &#171; une dimension cach&#233;e mais importante de notre soci&#233;t&#233; car il articule l'individuel et le collectif, l'action personnelle et l'action organis&#233;e associative, le geste gratuit et le geste marchand, le travail et le loisir, le religieux et le la&#239;c, le militant et l'homme tranquille &#187; (Paris, Syros Alternatives, 1992. Elle publiera en 2000 Le M&#233;tier du b&#233;n&#233;vole, aux &#233;ditions Anthropos)&#8230; En tout cas, la r&#233;mun&#233;ration du b&#233;n&#233;vole n'est pas financi&#232;re : &#171; Mais elle existe &#187;, indiquaient r&#233;cemment les responsables de la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des banques alimentaires dans un entretien au Monde, &#171; on fait don de ses capacit&#233;s, mais on en retire une identit&#233;, une satisfaction qui ont aussi une valeur en termes de reconnaissance sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, la comm&#233;moration du centenaire de la loi 1901 aura permis quelques approches statistiques. Le niveau du nombre d'associations cr&#233;&#233;es par an en France se porte plut&#244;t bien : presque 60 000 en 2000, plus de 68 000 l'ann&#233;e suivante, sachant que le nombre total d'associations est estim&#233; &#224; 880 000 (la progression la plus nette ayant lieu dans les domaines culturel et sportif). &#171; Nul ne peut &#234;tre oblig&#233; de faire partie d'une association &#187;, rappelle l'article 20 de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alis&#233;e pour les assises nationales de la vie associative en 1999, une enqu&#234;te du Centre de recherche pour l'&#233;tude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) avait chiffr&#233; &#224; dix millions le nombre de b&#233;n&#233;voles mettant leurs comp&#233;tences et un peu de leur temps libre au service de la vie associative. L'&#233;tude distinguait les membres impliqu&#233;s &#8212; celles et ceux qui passent plus de cinq heures par mois dans une association &#8212;, les membres ordinaires &#8212; moins de 5 heures mensuelles &#8212; et les participants occasionnels qui, sans &#234;tre adh&#233;rents, effectuent ponctuellement des dons ou participent &#224; des actions, notamment dans le cadre des grandes causes. Une autre sp&#233;cialiste de la question, &#201;dith Archambault, avan&#231;ait quant &#224; elle, en d&#233;cembre 2002, le chiffre de onze millions de personnes ayant pris part dans l'ann&#233;e &#224; une action b&#233;n&#233;vole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='In Le Monde du 11.12.02' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le chiffre continuera-t-il ainsi d'aller croissant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux d&#233;veloppements ont vu le jour, par exemple en lien avec la suppression du service national : ainsi la D&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; l'innovation sociale et &#224; l'&#233;conomie sociale (DIES) publiait-elle, le 28 juillet 2003, une circulaire sign&#233;e par douze ministres et relative &#224; un &#171; volontariat de coh&#233;sion sociale &#187;. Les grands r&#233;seaux associatifs nationaux pourront d&#233;sormais solliciter la conclusion d'un accord-cadre aupr&#232;s de l'un ou l'autre des minist&#232;res concern&#233;s, d&#233;finissant leurs engagements, la nature des activit&#233;s, l'accompagnement, la formation et la prise en charge mat&#233;rielle des personnes accueillies. Une fois conventionn&#233;, une lettre d'engagement doit formaliser le contrat. En fin de service, un certificat attestant de l'accomplissement du volontariat sera d&#233;livr&#233; &#224; l'int&#233;ress&#233;. Une &#233;valuation des r&#233;sultats sera r&#233;alis&#233;e, donnant lieu &#224; un rapport final, dont la DIES sera destinataire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, un bilan quantitatif et qualitatif sera remis par les associations, faisant appara&#238;tre le nombre de volontaires accueillis en distinguant le nombre des femmes et des hommes, l'&#226;ge, la dur&#233;e du volontariat, la nature des t&#226;ches r&#233;alis&#233;es et, le cas &#233;ch&#233;ant, les difficult&#233;s rencontr&#233;es. C'est dans ce cadre, par exemple, que l'association Unis-Cit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Unis-Cit&#233; - 16, Place des Abbesses - 75018 Paris. T&#233;l. 01 53 41 81 (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; recrute actuellement des jeunes de 18 &#224; 25 ans dans les grandes villes fran&#231;aises pour venir en renfort des structures et associations de lutte contre l'exclusion sous la forme d'un service volontaire de six ou neuf mois. Une bourse de volontariat (540 euros ) leur est mensuellement vers&#233;e, chacun disposant d'un mois pour suivre un stage dans le domaine de son choix, dans le cadre de la pr&#233;paration de son avenir professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de nombreuses associations organisent elles-m&#234;mes des formations en direction de &#171; leurs &#187; b&#233;n&#233;voles ; depuis bient&#244;t vingt ans (1985), un Fonds national pour le d&#233;veloppement de la vie associative (FNDVA) les finance. Le 3 mars 2000, un nouveau d&#233;cret a pr&#233;cis&#233; ses domaines d'intervention, au premier rang desquels figuraient d'ailleurs ces actions de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;dit&#233; par le minist&#232;re de la Jeunesse et des Sports en 2001, la deuxi&#232;me &#233;dition du Guide du b&#233;n&#233;vole s'int&#233;resse dans le d&#233;tail &#224; leurs droits, en s'appuyant sur quelques illustrations concr&#232;tes. Lorsqu'un b&#233;n&#233;vole participe par exemple &#224; une action associative, estime la jurisprudence, il existe de fait une &#171; convention tacite d'assistance &#187; imposant &#224; l'association l'indemnisation du b&#233;n&#233;vole victime de dommages corporels. Le l&#233;gislateur estime &#233;galement qu'en l'absence de contrat de travail, un &#171; lien de pr&#233;position &#187; existe entre l'association et le b&#233;n&#233;vole dans la mesure o&#249; celui-ci agit sous l'autorit&#233; directe de la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, une faute ou une imprudence du b&#233;n&#233;vole pourra entra&#238;ner ipso facto la responsabilit&#233; de l'association &#171; sans que celle-ci, apr&#232;s avoir indemnis&#233; la victime, puisse exercer un recours contre le b&#233;n&#233;vole &#187;, sauf en cas de faute personnelle sans rapport avec la mission. De m&#234;me, les b&#233;n&#233;voles doivent b&#233;n&#233;ficier d'une protection sociale m&#234;me a minima : il arrive que des associations souscrivent une assistance volontaire sp&#233;cifique contre les accidents du travail pour leurs b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'ils cohabitent, les relations entre les b&#233;n&#233;voles et les travailleurs sociaux ne vont pas toujours de soi : m&#233;connaissance, voire condescendance par rapport &#224; l'autre, incompr&#233;hensions mutuelles et reproches de corporatisme ou d'assistanat charitable. Les choses ont certainement &#233;volu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, la question de la formation devient &#8212; heureusement &#8212; centrale, et certaines associations ont trac&#233; un chemin : ainsi, les associations de service d'aide &#224; domicile (ADMR) ont &#233;labor&#233; il y a peu un &#171; triangle d'or &#187; entre personne aid&#233;e, professionnel et b&#233;n&#233;vole, chacun apportant &#224; l'autre sa sp&#233;cificit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#234;ve ? Un portrait de cette France des b&#233;n&#233;voles a &#233;t&#233; r&#233;cemment publi&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Bilan de la vie associative 2000-2002, Conseil national de la vie (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec les cartes en couleurs des r&#233;gions o&#249; il se cr&#233;e le plus d'associations (Ile-de-France, Bretagne, r&#233;gions du Sud). &#192; sa lecture, on d&#233;couvre par exemple que les associations de locataires ou celles de d&#233;fense des droits de l'homme n'auraient plus, depuis quelques ann&#233;es, le vent en poupe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Est-ce que les associations et ceux qui les font vivre, comme le pr&#233;conisait le p&#232;re de la loi du 1er juillet 1901, Pierre Waldeck-Rousseau, &#171; rapprochent les hommes, les apprennent &#224; s'aider, &#224; se conna&#238;tre, et substituent &#224; l'&#233;go&#239;sme individuel la loi f&#233;conde de la fraternit&#233; &#187; ? Cent et quelques ann&#233;es plus tard, l'enjeu, pour les salari&#233;s et les b&#233;n&#233;voles qui leur donnent souffle, serait donc l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.globenet.org/CNV/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;CNV&lt;/a&gt; - 127, rue Falgui&#232;re - 75015 Paris. T&#233;l. 01 40 61 01 61&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;In Le Monde du 11.12.02&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.unis-cite.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Unis-Cit&#233;&lt;/a&gt; - 16, Place des Abbesses - 75018 Paris. T&#233;l. 01 53 41 81 43&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bilan de la vie associative 2000-2002, Conseil national de la vie associative, La Documentation fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Portraits de trois b&#233;n&#233;voles</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Portraits-de-trois-benevoles</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Bernard Aubr&#233;e, b&#233;n&#233;vole au Gisti ; Nicole Hubert, b&#233;n&#233;vole &#224; l'association Emma&#252;s ; Isabelle Juillard, volontaire &#224; AIDES &lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Aubr&#233;e, b&#233;n&#233;vole au Gisti &lt;br class='autobr' /&gt;
B&#233;ret et manteau noirs, Canard Encha&#238;n&#233; qui d&#233;passe de la poche, Bernard Aubr&#233;e, est b&#233;n&#233;vole au Groupe d'information et de soutien des immigr&#233;s (Gisti) depuis 1996. En 1982, il est conseiller social &#224; la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) de Paris, charg&#233; des dossiers de regroupement familial. En 1986, il est charg&#233; des enqu&#234;tes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-679-" rel="tag"&gt;679&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Benevolat" rel="tag"&gt;B&#233;n&#233;volat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Aubr&#233;e, b&#233;n&#233;vole au Gisti ; Nicole Hubert, b&#233;n&#233;vole &#224; l'association Emma&#252;s ; Isabelle Juillard, volontaire &#224; AIDES&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bernard Aubr&#233;e, b&#233;n&#233;vole au Gisti&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;B&#233;ret et manteau noirs, Canard Encha&#238;n&#233; qui d&#233;passe de la poche, Bernard Aubr&#233;e, est b&#233;n&#233;vole au Groupe d'information et de soutien des immigr&#233;s (Gisti) depuis 1996. En 1982, il est conseiller social &#224; la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) de Paris, charg&#233; des dossiers de regroupement familial. En 1986, il est charg&#233; des enqu&#234;tes relatives &#224; la d&#233;claration de nationalit&#233; par mariage. Le d&#233;part &#224; la retraite d'un coll&#232;gue et le manque de personnel l'am&#232;nent &#224; si&#233;ger &#224; la Commission d'expulsion relative au s&#233;jour des &#233;trangers. On lui confie les enqu&#234;tes sociales remises &#224; la pr&#233;fecture de police. Il d&#233;couvre &#171; des pratiques abominables &#187;, se bat contre l'administration et d&#233;missionne &#224; deux ans de la retraite. Dans son ancien poste, il a &#233;tudi&#233; les textes relatifs au droit des &#233;trangers et travaill&#233; avec le Gisti, qu'il rejoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il s'y investit 5 jours par semaine. &lt;i&gt;&#171; Un peu par vengeance contre l'administration et pour me mettre au service des &#233;trangers &#187;&lt;/i&gt;, dit cet homme qui parle doucement. Il r&#233;pond aux nombreux courriers et appels t&#233;l&#233;phoniques que re&#231;oit l'association et se sp&#233;cialise dans la gestion des brochures et publications. Comme tous les b&#233;n&#233;voles, Bernard a b&#233;n&#233;fici&#233; de la formation sur le droit des &#233;trangers dispens&#233;e par le Gisti. &lt;i&gt;&#171; Elle est utile, mais c'est surtout au jour le jour, par l'&#233;change avec les salari&#233;s, l'&#233;tude des textes, que l'on acqui&#232;re une v&#233;ritable connaissance dans le droit des &#233;trangers. Aujourd'hui, j'ai une r&#233;elle comp&#233;tence dans le domaine du s&#233;jour et de la nationalit&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s actif, le Gisti est pourtant une petite association. Elle compte 160 membres, dont une quarantaine d'avocats. Le travail quotidien est assur&#233; par une &#233;quipe de 8 salari&#233;s &#224; temps partiel (&#233;quivalence de 6,5 temps plein), auxquels une trentaine de b&#233;n&#233;voles pr&#234;tent leur concours. &lt;i&gt;&#171; Le rapport avec les salari&#233;s est excellent, imm&#233;diat. Je me sens &#224; ma place, r&#233;ellement utile. Je b&#233;n&#233;ficie d'une grande libert&#233; d'action. J'ai r&#233;cemment propos&#233; au bureau, apr&#232;s discussion avec les salari&#233;s, un dossier d'ajournement de naturalisation, pour que le Gisti suive l'affaire jusqu'au tribunal &#187;&lt;/i&gt;, appr&#233;cie Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle des b&#233;n&#233;voles, une dizaine de personnes autour d'une grande table r&#233;pondent aux nombreux courriers du Gisti, une trentaine de lettres par jour. &lt;i&gt;&#171; Le recrutement des b&#233;n&#233;voles n'est pas vraiment structur&#233; &#187;&lt;/i&gt;, explique Jean-Fran&#231;ois Martini, un permanent. &lt;i&gt;&#171; Nous recevons une vingtaine de propositions par an, surtout de la part de juristes, de travailleurs sociaux qui ont eu l'occasion de travailler avec nous et de personnes retrait&#233;es connaissant le Gisti par des relations. Chaque ann&#233;e, une vingtaine d'&#233;tudiants en droit nous sollicitent pour effectuer leur stage. Ils restent souvent b&#233;n&#233;voles. Nous confions aux b&#233;n&#233;voles et aux stagiaires le soin de r&#233;pondre aux courriers et les incitons &#224; se plonger dans les textes. Ils nous soumettent leurs r&#233;ponses que nous retravaillons ensemble si n&#233;cessaire. Ils se forment sur le tas et rapidement se sp&#233;cialisent &#187;&lt;/i&gt;. Les publications du Gisti - &#8211; pourtant pointues &#8211; sont r&#233;dig&#233;es avec la participation des b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_&lt;i&gt; &#171; Au Gisti, la d&#233;fense des &#233;trangers passe par le droit, c'est essentiel pour moi &#187;&lt;/i&gt;, appuie Bernard. &lt;i&gt;&#171; L'association est g&#234;nante tant pour le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur que celui des Affaires sociales. De nombreuses circulaires ont &#233;t&#233; annul&#233;es &#224; sa demande, en totalit&#233; ou partiellement par le Conseil d'&#201;tat &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'annulation, le 24 novembre 1978, des circulaires Fontanet-Marcellin de (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Les communiqu&#233;s avec d'autres associations de lutte pour les droits de l'Homme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Amnesty international, Action des chr&#233;tiens contre la torture, Anaf&#233; (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;,&lt;i&gt; les courriers aux &#233;lus, le travail avec les syndicats, font partie de notre action &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel investissement au Gisti ? &lt;i&gt;&#171; Je me sens r&#233;ellement utile, appr&#233;ci&#233;. La rencontre avec les jeunes b&#233;n&#233;voles et stagiaires, souvent &#233;tudiants en droit, est tr&#232;s enrichissante. Les salari&#233;s ne sont pas des gens ordinaires. Tr&#232;s ouverts, ils croient &#224; ce qu'ils font, ils se donnent. &#199;a fait du bien. Ce sont des militants, nous sommes sur la m&#234;me longueur d'onde. J'apprends en permanence des choses nouvelles. La m&#233;canique intellectuelle n'a pas le temps de rouiller ! Enfin, je me sens entour&#233; d'affection &#187;&lt;/i&gt;, appr&#233;cie Bernard. Son investissement ne l'emp&#234;che-t-il pas de vivre autre chose ? &lt;i&gt;&#171; Je n'&#233;prouve pas le besoin de m'&#233;parpiller, de militer ailleurs, de voyager. Ici le travail est sans fin. Je trouve mon &#233;quilibre dans les divers aspects qu'il nourrit : intellectuel, personnel et militant. Enfin, ce travail est tr&#232;s gratifiant. Ce matin j'ai re&#231;u un e-mail m'informant qu'un homme a vu son arr&#234;t&#233; de reconduite &#224; la fronti&#232;re annul&#233; gr&#226;ce aux recours r&#233;alis&#233;s par nos stagiaires &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Katia Rouff&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gisti - 3, villa Marc&#232;s - 75011 Paris. T&#233;l. 01 43 14 84 82&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nicole Hubert, b&#233;n&#233;vole &#224; l'association Emma&#252;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un matin de f&#233;vrier 2003. Il fait tr&#232;s froid &#224; Paris. L'Agora, l'immense lieu d'accueil de jour de l'association Emma&#252;s, est bond&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='L'association Emma&#252;s fait partie du mouvement du m&#234;me nom, fond&#233; il y a 50 ans (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il re&#231;oit des hommes en grande pr&#233;carit&#233;, sans domicile fixe, quelques femmes et leurs enfants et de nombreux r&#233;fugi&#233;s politiques. Invit&#233;s par la maraude ou venus seuls, tous se r&#233;chauffent, un gobelet fumant &#224; la main. &#192; l'Agora, ils trouvent un accueil, une &#233;coute et une r&#233;ponse &#224; leurs premiers besoins : douche, lessive, caf&#233;, petit-d&#233;jeuner, repas et colis alimentaires. L'Agora propose aussi des animations, un premier travail de reconstruction administrative, un bilan de sant&#233;, une remise &#224; niveau en fran&#231;ais. Une &#233;quipe de travailleurs sociaux assure l'aide &#224; la recherche d'emploi ou de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Donner des raisons de vivre par le partage ; permettre &#224; chacun d'&#234;tre utile et de trouver sa place au sein de la soci&#233;t&#233; &#187;, sont les deux objectifs fondamentaux de l'association. La d&#233;marche b&#233;n&#233;vole compl&#232;te le travail des salari&#233;s et des compagnons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='Le statut de compagnon est particulier au mouvement Emma&#252;s. Les 70 (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Le b&#233;n&#233;volat permet la rencontre de membres de la soci&#233;t&#233; et de personnes qui en sont exclues. L'indiff&#233;rence de la rue des uns vis-&#224;-vis des autres se mue en dialogue et partage d'activit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, explique Fr&#233;d&#233;rique Rastoll, charg&#233;e de mission b&#233;n&#233;volat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole Hubert est b&#233;n&#233;vole &#224; la caf&#233;t&#233;ria de l'Agora depuis 4 ans et demi. En duo avec une salari&#233;e, elle sert th&#233;s et chocolats chauds le vendredi de 8h 30 &#224; midi. Jeune retrait&#233;e d'une direction commerciale dans la publicit&#233;, entra&#238;n&#233;e par une amie, elle rejoint Emma&#252;s. &lt;i&gt;&#171; J'appr&#233;cie beaucoup les actions de l'Abb&#233; Pierre mais je ne connaissais rien au fonctionnement d'Emma&#252;s et encore moins &#224; la d&#233;tresse des gens de la rue. Un monde &#224; mille lieux du mien &#187;&lt;/i&gt;, explique cette dame si douce de 65 ans. &lt;i&gt;&#171; L'agora est comme un hall de gare rempli de monde en permanence. Les personnes qui vivent dans la rue ont une apparence difficile mais je me suis vite sentie &#224; l'aise. Mon r&#244;le consiste &#224; offrir un gobelet chaud, &#224; dire bonjour, &#233;changer un sourire, prendre des nouvelles &#187;&lt;/i&gt;. La vie dans la rue est dure. &lt;i&gt;&#171; Dans la rue ces personnes sont rejet&#233;es. Elles disent souvent qu'elles d&#233;testent aller dans les foyers. Leurs affaires disparaissent. On s'y bat. &#192; l'Agora, on voit beaucoup de d&#233;tresse. L'autre jour un homme est venu avec une seule chaussure. On lui avait vol&#233; l'autre. Il s'&#233;tait confectionn&#233; une chaussure en papier &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole sert jusqu'&#224; 600 gobelets par matin&#233;e, re&#231;oit des confidences, mais pas d'agressivit&#233;. &lt;i&gt;&#171; La relation est facile. La plupart me connaissent. Si une personne semble agressive ou alcoolis&#233;e, un salari&#233; g&#232;re le probl&#232;me &#224; l'entr&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Nicole renseigne aussi les personnes accueillies sur le fonctionnement de l'Agora et les oriente vers les travailleurs sociaux pour une recherche de logement ou d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que lui apporte le b&#233;n&#233;volat ? &#171; &lt;i&gt; Je suis bien avec eux. J'ai l'impression d'&#234;tre utile. Les gens de la rue tra&#238;nent souvent des casseroles depuis l'enfance. La plupart ne demandent qu'&#224; travailler mais c'est difficile, surtout pour les personnes sans papiers. Dans ma vie habituelle, je ne rencontre pas du tout ce type de personnes en qu&#234;te permanente d'un toit et de nourriture. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;rique Rastoll accueille les b&#233;n&#233;voles, croise leurs d&#233;sirs et comp&#233;tences avec les besoins des diff&#233;rents services de l'association. &lt;i&gt;&#171; Le point commun entre tous les b&#233;n&#233;voles est le d&#233;sir de lutter &#224; leur niveau contre l'exclusion et d'apporter une aide concr&#232;te aux gens qui vivent dans la rue &#187;.&lt;/i&gt; Les comp&#233;tences sont tr&#232;s vari&#233;es. Un coiffeur ou une personne parlant russe sont pr&#233;cieux. Techniciens, gestionnaires, formateurs, personnes souhaitant faire du m&#233;nage&#8230; tout le monde peut prendre une place. Les b&#233;n&#233;voles b&#233;n&#233;ficient d'une formation si leur poste le n&#233;cessite. Pour l'accueil, ils sont sensibilis&#233;s &#224; la relation &#224; l'autre, &#224; la gestion de l'agressivit&#233; ; pour l'alphab&#233;tisation ils suivent une formation p&#233;dagogique sur l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains b&#233;n&#233;voles sont form&#233;s &#224; la demande des responsables de service qui ont besoin de comp&#233;tences particuli&#232;res. Tous, &#224; leur arriv&#233;e, font le tour des services de l'association pour la conna&#238;tre. Chaque trimestre une rencontre leur est propos&#233;e pour &#233;changer entre eux et discuter avec des sp&#233;cialistes de probl&#232;mes li&#233;es &#224; la pr&#233;carit&#233;. &#192; la demande des responsables des diff&#233;rents services, un groupe transversal de 9 b&#233;n&#233;voles a &#233;t&#233; constitu&#233;. Son r&#244;le consiste &#224; accompagner physiquement les personnes qui en ont besoin dans leurs d&#233;marches administratives : &#233;trangers, personnes mal &#224; l'aise dans les administrations ou ne sachant plus effectuer seule une d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;valuation n'est propos&#233;e qu'aux b&#233;n&#233;voles formateurs. Tous en revanche s'engagent &#224; signer la charte du b&#233;n&#233;volat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;K.R.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Isabelle Juillard, volontaire &#224; AIDES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; AIDES, on n'est pas b&#233;n&#233;vole mais volontaire, ce second terme &#233;tant cens&#233; &#234;tre plus engag&#233; que le pr&#233;c&#233;dent. Donc, depuis deux ans, Isabelle Juillard est volontaire. Rien en fait ne semblait pr&#233;disposer cette jeune femme &#224; s'engager dans l'aide aux personnes s&#233;ropositives parmi les plus d&#233;munies : une enfance heureuse, des &#233;tudes sup&#233;rieures, un compagnon, un b&#233;b&#233;, une vie sociale active&#8230;. Aucune personne atteinte du VIH dans son entourage, pas de carence &#224; r&#233;parer, pas de &#171; mission &#187; de quelque ordre&#8230; Rien, sinon depuis longtemps une &#171; fibre sociale &#187; &#233;touff&#233;e dans l'&#339;uf par des &#233;tudes de commerce puis un emploi de cadre dans la vente : un monde o&#249; la mis&#232;re du monde n'est pas la pr&#233;occupation majeure ! Alors, un jour, Isabelle d&#233;cide de&lt;i&gt; &#171; ne plus se contenter de d&#233;noncer mais de donner de son temps et de son c&#339;ur. &#187;&lt;/i&gt; Elle choisit AIDES car, m&#234;me si elle n'est pas directement concern&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Le sida est la maladie de (sa) g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/i&gt; Elle a suivi de pr&#232;s les positions et les m&#233;thodes de l'association et elle se sent en accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais devenir volontaire &#224; Aides se m&#233;rite : un premier entretien avec la responsable de l'association et, la r&#233;ponse &#233;tant positive, une formation cons&#233;quente sur deux week-ends. Deux professionnels et des intervenants vont ainsi balayer le champ de la maladie et sa p&#233;riph&#233;rie : &#233;pid&#233;miologie, traitements, mais aussi approche de l'homosexualit&#233; et de la toxicomanie. &#192; la session &#224; laquelle participe Isabelle, ils sont une vingtaine de stagiaires, plut&#244;t jeunes, de tous milieux culturels, avec toutefois une majorit&#233; de professionnels du secteur socio &#233;ducatif et majoritairement des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quasiment tous sont concern&#233;s par le VIH, soit qu'ils aient une personne atteinte - ou d&#233;c&#233;d&#233;e - dans leur entourage, soit qu'eux m&#234;mes soient contamin&#233;s. &#171; Pour certains de ceux-l&#224;, regrette Isabelle, la formation peut &#234;tre un substitut de th&#233;rapie et ils doivent remettre &#224; plat leur motivation. &#187; Pour tout le monde la formation est rude, r&#233;veillant des souffrances enfouies : quelques-unes craquent, fondent en larmes&#8230;. En fait, il s'agit pour les formateurs de tester les r&#233;sistances, de prendre toutes les pr&#233;cautions pour ne pas envoyer sur le terrain des gens inaptes &#224; supporter une r&#233;alit&#233; particuli&#232;rement &#233;prouvante. Un mois environ apr&#232;s la fin de la formation, la soir&#233;e de validation permet &#224; chacun d'exprimer son choix et de se voir remettre la carte de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Isabelle pour sa part a choisi le soutien en ville. Il s'agit d'accompagner une personne, &#224; raison de quelques heures par semaine, en fonction de sa demande et de ses besoins. Soit la personne a contact&#233; directement l'association soit elle a pu &#234;tre orient&#233;e par une assistante sociale, une travailleuse familiale ou suite &#224; une hospitalisation. Toute intervention d'un volontaire est pr&#233;c&#233;d&#233;e de l'entretien d'un r&#233;f&#233;rent d'Aides avec le malade pour &#233;valuer le bien fond&#233; de la demande et surtout les possibilit&#233;s de son accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'Isabelle se retrouve en charge d'un monsieur d'origine africaine, en France depuis 40 ans, sans aucune famille ou relation, atteint en outre de diverses maladies. Sa premi&#232;re impression est celle d'une infinie tristesse : un quartier d&#233;sh&#233;rit&#233;, un petit appartement sombre, en d&#233;sordre et, surtout, un homme de 55 ans en paraissant 80&#8230; Malaise du premier contact, puis la relation s'engage : la demande de Michel est claire : sortir, faire des activit&#233;s&#8230; Pendant un an, Isabelle va essayer de remplir le contrat, mais Michel refuse de plus en plus souvent de quitter son domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, progressivement, il r&#233;pond plus &#233;vasivement aux appels t&#233;l&#233;phoniques d'Isabelle et, bient&#244;t ne donne pas suite aux messages qu'elle laisse sur son r&#233;pondeur. Un mois se passe. Elle est inqui&#232;te, appelle l'&#233;tablissement o&#249; il est r&#233;guli&#232;rement hospitalis&#233; : on lui apprend qu'il est mort voil&#224; quelques jours. Isabelle encaisse le coup, s'interroge, regrette d'avoir laiss&#233; s'installer le non - dit entre eux. Quand les relations ont commenc&#233; &#224; se distendre, elle pense qu'elle aurait d&#251; lui proposer de faire un bilan, cette notion de bilan syst&#233;matique et formalis&#233; &#233;tant d'ailleurs l'une des demandes des volontaires aupr&#232;s de leur association. De m&#234;me, ils souhaitent b&#233;n&#233;ficier au moins une fois par trimestre d'un superviseur. Pour l'instant, les seules s&#233;ances de r&#233;gulation sont celles qui r&#233;unissent une fois par mois les cinq volontaires du groupe du soutien &#224; domicile de Paris Nord. Convivial mais insuffisant pour les cas les plus lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Isabelle a constat&#233; que Michel avait de moins en moins d'attentes &#224; son &#233;gard, elle a demand&#233; &#224; prendre en charge un deuxi&#232;me malade. Et pour du changement, elle a trouv&#233; du changement : Suzanne, dix ans de rue, trois enfants plac&#233;s en province, un compagnon violent, d'immenses difficult&#233;s &#224; effectuer les d&#233;marches les plus simples. Elle ne prend pas son traitement, ce qui soul&#232;ve dans le groupe de r&#233;gulation la question de la pertinence de l'intervention. Mais dans ces situations tr&#232;s marginalis&#233;es, aider un tant soit peu le malade &#224; stabiliser sa situation est d&#233;j&#224; un pas consid&#233;rable vers la prise en charge de sa pathologie. Ainsi, apr&#232;s des mois d'efforts, Isabelle est-elle parvenue &#224; ce que Suzanne consulte un m&#233;decin ; son prochain d&#233;fi est maintenant de la faire aller seule mettre &#224; jour sa carte Vitale. &lt;i&gt;&#171; Et puis, &lt;/i&gt; sourit-elle, &lt;i&gt;une fois par semaine je sais qu'elle va passer deux heures plus agr&#233;ables et c'est d&#233;j&#224; en soi la justification de mon engagement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'annulation, le 24 novembre 1978, des circulaires Fontanet-Marcellin de 1974 qui abrogeaient unilat&#233;ralement des conventions bilat&#233;rales sur l'immigration et supprimaient la possibilit&#233; du regroupement familial est un exemple notoire. Plus r&#233;cemment, le 20 mars 2000, le Conseil d'&#201;tat annulait, &#224; la demande du Gisti, le d&#233;cret fixant le montant de la taxe vers&#233;e &#224; l'Office des migrations internationales (OMI) &#224; l'occasion de la visite m&#233;dicale obligatoire pour se voir d&#233;livrer une premi&#232;re carte de s&#233;jour. Le droit est un instrument mais l'action politique reste essentielle aupr&#232;s des &#233;lus et du public&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amnesty international, Action des chr&#233;tiens contre la torture, Anaf&#233; (Association nationale d'assistance aux fronti&#232;res pour les &#233;trangers), Cimade, Droits d'urgence, F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits de l'homme, M&#233;decins du Monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'association Emma&#252;s fait partie du mouvement du m&#234;me nom, fond&#233; il y a 50 ans par l'Abb&#233; Pierre. Elle propose un ensemble de r&#233;ponses aux situations des personnes en grande difficult&#233; : accueils de jour, h&#233;bergements, h&#244;tels sociaux, logements d'insertion, domiciliation du RMI&#8230; Association Emma&#252;s - 32, rue des Bourdonnais - 75001 Paris. Tel. 01 44 82 77 20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le statut de compagnon est particulier au mouvement Emma&#252;s. Les 70 compagnons qui composent les communaut&#233;s de service de Paris de l'association sont des personnes anciennement h&#233;berg&#233;es ou des compagnons venant d'autres communaut&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On est rarement d'embl&#233;e b&#233;n&#233;vole, on apprend &#224; le devenir &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/On-est-rarement-d-emblee-benevole-on-apprend-a-le-devenir</link>
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		<dc:date>2003-09-24T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>B&#233;n&#233;volat</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour Maud Simonet-Cusset, sociologue qui a soutenu une th&#232;se &#171; Les mondes sociaux du travail citoyen, sociologie comparative de la pratique b&#233;n&#233;vole en France et aux &#201;tats-Unis &#187;, on sait d&#233;sormais que la bonne volont&#233; ne suffit plus et que l'on peut m&#234;me parler d'une professionnalisation du b&#233;n&#233;volat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques ann&#233;es, le b&#233;n&#233;volat semble se professionnaliser. Cela correspond-il &#224; une r&#233;alit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Benevolat" rel="tag"&gt;B&#233;n&#233;volat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Maud Simonet-Cusset, sociologue qui a soutenu une th&#232;se &#171; Les mondes sociaux du travail citoyen, sociologie comparative de la pratique b&#233;n&#233;vole en France et aux &#201;tats-Unis &#187;, on sait d&#233;sormais que la bonne volont&#233; ne suffit plus et que l'on peut m&#234;me parler d'une professionnalisation du b&#233;n&#233;volat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis quelques ann&#233;es, le b&#233;n&#233;volat semble se professionnaliser. Cela correspond-il &#224; une r&#233;alit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question complexe qui m&#233;rite, &#224; mon sens, d'&#234;tre abord&#233;e &#224; deux niveaux d'analyse : celui des discours et celui des pratiques. Au niveau des discours, cela correspond assur&#233;ment &#224; une r&#233;alit&#233;&#8230; L'affirmation selon laquelle la &#171; bonne volont&#233; ne suffit plus &#187; est aujourd'hui largement r&#233;pandue dans le monde associatif fran&#231;ais, et on peut l'analyser, en partie au moins, comme une r&#233;action de d&#233;fense contre l'image peu valoris&#233;e et peu valorisante des &#171; bonnes &#339;uvres &#187;, de la &#171; dame patronnesse &#187; qui a longtemps pr&#233;valu dans l'appr&#233;hension du b&#233;n&#233;volat en France. Cette question de la professionnalisation du b&#233;n&#233;volat renvoie donc sous cet angle, au d&#233;veloppement d'une revendication du monde associatif, &#224; un appel croissant &#224; la reconnaissance de cette pratique sociale qui s'inscrit dans un discours, assez g&#233;n&#233;ral aujourd'hui, de l&#233;gitimation du b&#233;n&#233;volat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me niveau d'analyse, c'est celui des pratiques mises en &#339;uvre par les associations pour construire (c'est-&#224;-dire pour d&#233;finir et contr&#244;ler) le r&#244;le du b&#233;n&#233;vole comme travailleur : pratiques de recrutement, et donc de s&#233;lection des candidats au b&#233;n&#233;volat, pratiques de formation, de soutien, de suivi du b&#233;n&#233;vole dans l'exercice de son activit&#233;, d&#233;finition des profils de postes b&#233;n&#233;voles et parfois m&#234;me des contraintes d&#233;ontologiques qui y sont associ&#233;es, ou encore pratiques contractuelles &#187; d&#233;finissant la dur&#233;e et la r&#233;gularit&#233; de l'engagement&#8230; Cette r&#233;alit&#233; concerne de mani&#232;re tr&#232;s in&#233;gale l'ensemble du monde associatif : en fonction de l'activit&#233; exerc&#233;e et de l'organisation dans laquelle elle est exerc&#233;e, le r&#244;le du travailleur b&#233;n&#233;vole est plus ou moins formellement construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout cela ressemble au monde du travail salari&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, en ce sens que les mondes du b&#233;n&#233;volat poss&#232;dent une hi&#233;rarchie des r&#244;les, des modalit&#233;s et des r&#232;gles d'apprentissage de ces r&#244;les. L'analyse empirique &#224; laquelle j'ai pu proc&#233;der, en France et aux &#201;tats-Unis, m'a permis de mettre en lumi&#232;re le principe suivant : dans les activit&#233;s b&#233;n&#233;voles impliquant un contact &#233;troit et r&#233;gulier avec le public b&#233;n&#233;ficiaire de l'activit&#233; (activit&#233;s de face &#224; face exerc&#233;es de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re, relevant de l'aide, du suivi, du soutien, de l'accompagnement) comme dans les activit&#233;s impliquant un contact &#233;troit et r&#233;gulier avec des travailleurs salari&#233;s, d&#233;j&#224; inscrits, par leur statut, dans une division du travail institutionnalis&#233;e, on est rarement d'embl&#233;e b&#233;n&#233;vole, on le devient ; on apprend &#224; le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Professionnels et b&#233;n&#233;voles ne se regardent pas toujours d'un tr&#232;s bon &#339;il, surtout dans le champ du travail social. Comment analysez-vous ce type de rapports ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition courante entre b&#233;n&#233;voles et professionnels a tendance &#224; masquer un fait important : b&#233;n&#233;voles et professionnels ne sont pas deux esp&#232;ces distinctes ! Au vu du nombre de m&#233;decins, d'enseignants, de travailleurs sociaux qui ont men&#233; ou m&#232;nent, parall&#232;lement ou successivement, des activit&#233;s b&#233;n&#233;voles et des activit&#233;s professionnelles dans le m&#234;me secteur d'activit&#233;, il faudrait bien plut&#244;t parler (et penser en termes) de &#171; casquettes &#187; diff&#233;rentes&#8230; C'est bien l&#224; que r&#233;side la dimension non institutionnelle du travail b&#233;n&#233;vole : le b&#233;n&#233;volat ne peut se d&#233;finir a priori par la comp&#233;tence de celui qui exerce une t&#226;che pas plus qu'il ne peut se d&#233;finir a priori, comme l'a soulign&#233; Dan Ferrand-Bechmann, par la t&#226;che exerc&#233;e (de deux pompiers qui &#233;teignent un feu dit-elle en substance l'un peut &#234;tre b&#233;n&#233;vole, l'autre pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du b&#233;n&#233;vole dans une situation de travail, sa place dans la division du travail ne sont donc jamais pr&#233;d&#233;finis institutionnellement. Et plus cette division du travail est pr&#233;cise et institutionnalis&#233;e, plus l'arriv&#233;e du b&#233;n&#233;vole dans cette &#171; matrice sociale du travail &#187; comme dirait le sociologue am&#233;ricain Everett Hughes, pose probl&#232;me. Ce n'est donc pas un hasard si c'est dans le secteur hospitalier (plus encore que dans celui du travail social) que les rapports entre b&#233;n&#233;voles et professionnels ont &#233;t&#233; les plus conflictuels&#8230; et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; les conflits autour de cette r&#233;partition des r&#244;les ont &#233;t&#233; les plus forts que les tentatives d'int&#233;gration (ou de r&#233;int&#233;gration) des b&#233;n&#233;voles dans la division du travail, par la d&#233;finition, la construction et le contr&#244;le de leurs r&#244;les, ont &#233;t&#233; les plus soutenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le b&#233;n&#233;volat en France para&#238;t tr&#232;s empreint de valeurs religieuses (charit&#233; chr&#233;tienne) ou militante&#8230; Peut-il y &#233;chapper ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai rapidement &#233;voqu&#233; dans ma r&#233;ponse &#224; vos pr&#233;c&#233;dentes questions, je crois que si l'on s'int&#233;resse au b&#233;n&#233;volat, on ne peut pas passer &#224; c&#244;t&#233; du fait que le b&#233;n&#233;volat comme pratique sociale rel&#232;ve du travail, au sens large du terme&#8230; tout comme on ne peut pas passer &#224; c&#244;t&#233; du fait que cette pratique sociale rel&#232;ve &#233;galement de l'engagement. Quand on interroge des b&#233;n&#233;voles sur leur pratique, comme je l'ai fait au cours de ma recherche en France et aux &#201;tats-Unis, on constate que ces acteurs inscrivent toujours leur pratique dans un rapport de continuit&#233; ou d'alternative &#224; d'autres formes d'engagement, politiques ou religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant sur le discours des acteurs on peut ainsi pr&#233;senter trois visions (id&#233;al-typiques) de ce monde de l'engagement b&#233;n&#233;vole : celle d'un monde de l'engagement politique, celle d'un monde de l'engagement religieux et celle d'un &#171; nouveau monde &#187; de l'engagement (essentiellement d&#233;fini par son opposition &#224; un engagement politique plus traditionnel). Ces trois repr&#233;sentations de l'engagement b&#233;n&#233;vole qui coexistent dans le monde du b&#233;n&#233;volat ne se distribuent certes pas au hasard et elles refl&#232;tent en un sens l'extr&#234;me diversit&#233; des projets et des valeurs port&#233;es par les organisations associatives. Mais ces diff&#233;rentes visions peuvent aussi coexister, et c'est important de garder cela &#224; l'esprit, &#224; l'int&#233;rieur de la m&#234;me structure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le b&#233;n&#233;volat s'exerce-t-il uniquement dans la mission humanitaire ou le quart-monde europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore votre question nous plonge au c&#339;ur des relations complexes entre la r&#233;alit&#233; des pratiques et leurs repr&#233;sentations dominantes. Il existe un d&#233;bat aujourd'hui en France sur le poids r&#233;el du b&#233;n&#233;volat social dans l'ensemble des pratiques b&#233;n&#233;voles. Des &#233;conomistes comme Edith Archambault ou Lionel Prouteau ont en effet montr&#233; r&#233;cemment dans des &#233;tudes statistiques que contrairement &#224; la repr&#233;sentation commune, le b&#233;n&#233;volat caritatif et humanitaire arrivait loin derri&#232;re le b&#233;n&#233;volat sportif, de loisirs ou culturel dans la r&#233;partition des b&#233;n&#233;voles par secteurs d'activit&#233;. Lionel Prouteau souligne ainsi l'&#233;cart entre la &#171; figure embl&#233;matique du b&#233;n&#233;volat &#187; (le b&#233;n&#233;vole des Restos du c&#339;ur) et son &#171; image statistique &#187;. Sans prendre part &#224; (et donc parti dans) ce d&#233;bat, je crois qu'on aurait tort de l'&#233;vacuer rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce qu'il r&#233;v&#232;le plusieurs difficult&#233;s relatives &#224; la cat&#233;gorisation et &#224; la mesure de cette pratique. Il n'existe pas une seule mani&#232;re de d&#233;finir les associations qui rel&#232;vent du secteur social (certaines &#233;tudes ayant une acception large de ce terme, d'autres une acception plus restreinte), et au-del&#224; se pose la question de la congruence entre l'activit&#233; de l'association et celle du b&#233;n&#233;vole (un b&#233;n&#233;vole peut effectuer des activit&#233;s &#224; caract&#232;re social dans des associations sportives et culturelles et du b&#233;n&#233;volat d'administration dans des associations du secteur social&#8230;.). Plus fondamentalement, je crois que m&#234;me s'il n'est que symbolique, ce poids du b&#233;n&#233;volat social nous dit bien quelque chose de la r&#233;alit&#233; de cette pratique en France. Il rappelle que le crit&#232;re normatif qui est mis en avant, aussi bien par les acteurs b&#233;n&#233;voles que par les repr&#233;sentants du monde associatif ou les pouvoirs publics en France, pour justifier et l&#233;gitimer cette pratique sociale c'est son &#171; utilit&#233; sociale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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