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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Et si les CER &#233;taient utiles ? Un directeur explique pourquoi il croit que oui</title>
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		<dc:date>2003-10-16T08:40:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


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		<title>La famille que je veux, quand je veux ?</title>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Si la famille se distingue d'un simple agr&#233;gat variable, contingent, susceptible de se faire ou de se d&#233;faire en fonction du caprice du moment, c'est parce que le droit l'a introduit dans un monde de valeurs et dans un ordre intelligible. Ni l'affection, ni le d&#233;sir individuel, ni la vie commune ne suffisent &#224; eux seuls &#224; en garantir les bases. Sa structure symbolique ne peut &#234;tre fond&#233;e que sur l'alliance (convention qui officialise une solidarit&#233; et une communaut&#233; d'engagements et de traditions) et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH150/arton40-55a7d.jpg?1693473457' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la famille se distingue d'un simple agr&#233;gat variable, contingent, susceptible de se faire ou de se d&#233;faire en fonction du caprice du moment, c'est parce que le droit l'a introduit dans un monde de valeurs et dans un ordre intelligible. Ni l'affection, ni le d&#233;sir individuel, ni la vie commune ne suffisent &#224; eux seuls &#224; en garantir les bases. Sa structure symbolique ne peut &#234;tre fond&#233;e que sur l'alliance (convention qui officialise une solidarit&#233; et une communaut&#233; d'engagements et de traditions) et la parent&#233; (inscription dans un ordre g&#233;n&#233;alogique). C'est pourquoi l'&#233;volution qui marque le droit de la famille est si importante. Un certain nombre de r&#233;formes ont notablement modifi&#233; sa configuration ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage con&#231;u sous la direction de Claire Neirinck nous en pr&#233;sente le tableau. Simple, limpide, et &#224; la port&#233;e du non-sp&#233;cialiste, il apporte des pr&#233;cisions utiles et passionnantes, tout en r&#233;fl&#233;chissant sur les tenants et aboutissants de ces mutations. Le couple, la d&#233;cision d'&#234;tre parent ou de ne pas l'&#234;tre, l'exercice de l'autorit&#233; parentale, la place des parents face &#224; l'enfant&#8230; tous les aspects &#233;tudi&#233;s ici, concourent au m&#234;me sentiment : la consolidation de la volont&#233; individuelle, au d&#233;triment de ce qui jusque-l&#224; avait contribu&#233; &#224; compenser l'instabilit&#233; du sentiment, la fragilit&#233; du d&#233;sir &#233;go&#239;ste et la variabilit&#233; des int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'instauration du Pacs qui n'implique aucun engagement r&#233;ciproque et qui peut &#234;tre rompu de par la seule volont&#233; de l'un de ses membres. Ou encore l'IVG, qui, au cours du temps, est devenu un acte m&#233;dical ordinaire, voire banal. La proc&#233;dure qui justifiait un d&#233;lai de r&#233;flexion a disparu. L'acte ne rel&#232;ve plus que du choix de la femme seule juge des motivations qui l'am&#232;nent &#224; renoncer &#224; avoir un enfant. La st&#233;rilisation qui se sera longtemps heurt&#233;e au respect de l'int&#233;grit&#233; corporelle est devenue possible dans un but contraceptif, la seule condition requise &#233;tant le consentement de l'int&#233;ress&#233;. L'autorit&#233; parentale, quant &#224; elle, est de plus en plus confront&#233;e &#224; des exceptions qui placent l'enfant en situation de pouvoir faire valoir ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de sa consultation dont la loi fait l'un des axes de la d&#233;marche d'&#233;ducation des parents. Mais aussi, la nouvelle place de sa volont&#233; devenue pr&#233;pond&#233;rante en mati&#232;re de pratique de l'IVG ou pour ce qui concerne le consentement &#224; l'acte m&#233;dical. Le r&#233;gime d'exercice de l'autorit&#233; parentale a &#233;t&#233; unifi&#233; (m&#234;mes r&#232;gles dans la famille naturelle et maritale) et magnifi&#233;, la volont&#233; commune des parents &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme la base de son application. Le droit familial s'est donc largement adapt&#233; &#224; la place pr&#233;pond&#233;rante faite &#224; l'individu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2003 (197 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'administrateur ad hoc</title>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>682</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce petit ouvrage permet de comprendre le r&#244;le et les enjeux de cette fonction qui a pris beaucoup d'importance dans le cadre de la protection de l'enfance. Un mineur est consid&#233;r&#233; comme incapable juridiquement et doit donc &#234;tre repr&#233;sent&#233; en justice. C'est naturellement son administrateur l&#233;gal (ses parents ou en cas de disparition de ceux-ci, son tuteur) qui joue ce r&#244;le. Mais, dans certaines circonstances, cela ne peut pas se faire : quand les int&#233;r&#234;ts des parents s'opposent &#224; ceux de l'enfant. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L90xH150/arton42-6b722.jpg?1693473457' width='90' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce petit ouvrage permet de comprendre le r&#244;le et les enjeux de cette fonction qui a pris beaucoup d'importance dans le cadre de la protection de l'enfance. Un mineur est consid&#233;r&#233; comme incapable juridiquement et doit donc &#234;tre repr&#233;sent&#233; en justice. C'est naturellement son administrateur l&#233;gal (ses parents ou en cas de disparition de ceux-ci, son tuteur) qui joue ce r&#244;le. Mais, dans certaines circonstances, cela ne peut pas se faire : quand les int&#233;r&#234;ts des parents s'opposent &#224; ceux de l'enfant. C'est le cas par exemple, dans la proc&#233;dure de d&#233;saveu de paternit&#233; pour lequel le code Napol&#233;on (1804) avait pr&#233;vu la nomination d'un tuteur ad hoc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la pratique notariale qui d&#233;bouchera en 1910 sur une loi permettant de confier &#224; un administrateur ad hoc la gestion d'un bien patrimonial (article 389-3 du code civil). La loi du 8 janvier 1993 &#233;tend cette comp&#233;tence aux proc&#233;dures judiciaires qui opposent le mineur &#224; ses parents (article 388-2). La loi du 17 juin 1998 relative &#224; la proc&#233;dure des mineurs victimes permet au procureur ou au juge d'instruction de nommer cet administrateur ad hoc pour exercer les droits de la partie civile (article 706-50 du code de proc&#233;dure p&#233;nale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution marque le passage d'une situation de l'enfant consid&#233;r&#233; comme incapable &#224; celle d'une personne en devenir qui peut faire valoir ses droits et donner son avis. Le d&#233;veloppement de ces pr&#233;rogatives n'a pas &#233;t&#233; sans interroger sur d'&#233;ventuelles confusions entre le r&#244;le de cet administrateur et celui d'un avocat ou d'un &#233;ducateur. Il se distingue du premier en ce qu'il n'est pas l&#224; pour d&#233;fendre l'enfant mais pour le repr&#233;senter (agir en tout comme l'enfant le ferait, s'il &#233;tait majeur). Il ne joue pas le m&#234;me r&#244;le que le second en ce qu'il ne s'implique pas dans le quotidien (au risque de se laisser prendre par les demandes imm&#233;diates au d&#233;triment de la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t &#224; long terme). Il d&#233;gage en outre le r&#233;f&#233;rent &#233;ducatif &#233;ventuellement pr&#233;sent d'une s&#233;rie de d&#233;marches particuli&#232;rement douloureuses, focalisant sur lui l'angoisse de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, si la d&#233;marche de l'administrateur ad hoc rel&#232;ve d'une forme de tutorat juridique, cela n'exclut pas la bienveillance et l'empathie, l'&#233;change et l'&#233;coute : &#171; Je pense qu'un administrateur ad hoc doit avant tout &#234;tre humain, c'est-&#224;-dire parler avec son c&#339;ur et sinc&#232;rement et non sortir des phrases d'un livre &#187; t&#233;moigne Malika, b&#233;n&#233;ficiaire de cette aide. L'indemnisation de cette fonction est particuli&#232;rement symbolique, notamment quand on sait qu'elle peut s'exercer jusqu'&#224; la majorit&#233; de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; son contr&#244;le, il est quasiment inexistant, l'autorit&#233; judiciaire donnant un v&#233;ritable blanc-seing. Ce qui n'&#233;limine pas d'embl&#233;e toute responsabilit&#233; civile face &#224; la conduite de la strat&#233;gie engag&#233;e au moment du proc&#232;s (qui peut avoir des cons&#233;quences diff&#233;rentes, selon qu'il y a d&#233;sistement de l'action engag&#233;e ou acquiescement, d&#233;cision ou non de recours etc.) ou la gestion des indemnit&#233;s vers&#233;es &#224; la victime. Nouvelle fonction donc au carrefour des comp&#233;tences juridiques, psychologiques et &#233;ducatives qui n'a pas fini de faire parler d'elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fondation pour l'enfance/&#233;r&#232;s, 2002 (114 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Et si les CER &#233;taient utiles ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Et-si-les-CER-etaient-utiles</link>
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		<dc:date>2003-10-15T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>682</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le CER est un tr&#232;s bref moment de la vie d'un jeune en grande difficult&#233; sociale explique Martial Chenut qui dirige Parenth&#232;ses &#224; Saint-Gaudens dans la Haute-Garonne. La condition indispensable pour r&#233;ussir ce passage, pr&#233;cise-t-il c'est de disposer de professionnels bien dans leur peau. Ces &#233;ducateurs s'appuient sur un programme riche en apprentissage de vie fait de semaines de travail sur des chantiers, de sports de combat et collectif, de s&#233;jours en mer, en montagne, au fin fond du Maroc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-682-" rel="tag"&gt;682&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le CER est un tr&#232;s bref moment de la vie d'un jeune en grande difficult&#233; sociale explique Martial Chenut qui dirige Parenth&#232;ses &#224; Saint-Gaudens dans la Haute-Garonne. La condition indispensable pour r&#233;ussir ce passage, pr&#233;cise-t-il c'est de disposer de professionnels bien dans leur peau. Ces &#233;ducateurs s'appuient sur un programme riche en apprentissage de vie fait de semaines de travail sur des chantiers, de sports de combat et collectif, de s&#233;jours en mer, en montagne, au fin fond du Maroc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous recevez des jeunes pendant trois mois, quels sont leurs probl&#232;mes et les raisons qui les am&#232;nent &#224; &#234;tre plac&#233;s en CER ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gamins que nous recevons sont dans une impasse sociale, dans des caract&#233;ristiques qui ont fait qu'ils se retrouvent dans la merde. Ils sont souvent issus de l'immigration avec des difficult&#233;s de tous ordres. Leurs parents ont tout fait pour s'&#233;craser, s'effacer, et ne pas s'int&#233;grer, trouver une sous-place si on peut dire&#8230; et eux, ils sont fran&#231;ais sur l'identit&#233;, ils sont confront&#233;s &#224; des interpellations depuis qu'ils sont n&#233;s, sur le fait qu'ils sont typ&#233;s X ou Y. Donc ils r&#233;agissent en affirmant une identit&#233; de fa&#231;on tapageuse, qui se traduit par des actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi d'autres sch&#233;mas &#224; cette immigration, des filles qui r&#233;ussissent parce qu'elles savent qu'elles y ont int&#233;r&#234;t, donc r&#233;ussite scolaire des filles et &#233;chec des gar&#231;ons. Ils portent en cons&#233;quence cette esp&#232;ce d'humiliation des parents et rel&#232;vent le d&#233;fi avec ce c&#244;t&#233; ostentatoire du passage &#224; l'acte. Apr&#232;s il y a des enfoncements qui sont des trucs du style du sous-prol&#233;tariat fran&#231;ais de souche qui s'est enlis&#233; dans toutes ces histoires, les familles &#171; Groseille &#187; si vous voulez, avec en plus des handicaps sociaux, familiaux, des histoires d'alcoolisme, d'inceste&#8230; Dans ces cas-l&#224; c'est pareil, les gamins ont des constructions chaotiques et &#224; un moment donn&#233;, ils passent &#224; l'acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils sont &#233;tiquet&#233;s et c'est aussi la soci&#233;t&#233; qui les fige&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement ils n'ont pas de r&#233;ponses dans leur milieu sur les questions qu'ils se posent, parce que les parents, soit ils s'effacent, soit ils se demandent comment s'int&#233;grer dans cette soci&#233;t&#233;. Ils n'ont pas de r&#233;ponses, parce que le handicap social est trop lourd, et il faut qu'ils se fabriquent des r&#233;ponses. Ils sont en d&#233;ficit de ne pas pouvoir accepter la transmission des savoirs telle qu'elle est faite, avec la docilit&#233; que cela implique. Ils n'ont pas la patience, la passion et la capacit&#233; de r&#233;agir &#224; la frustration. Ils sont dans une urgence en permanence. De plus, l'&#233;cole pour eux c'est surr&#233;aliste. Ils sont trop &#233;loign&#233;s de cela et c'est aussi le syst&#232;me qui g&#233;n&#232;re &#231;a. Le passage &#224; l'acte est une fa&#231;on de dire &#171; j'existe &#187;, &#171; je suis l&#224; &#187;. Alors notre travail &#224; Parenth&#232;ses consiste &#224; les remettre sur des pistes, des perspectives, de leur dire qu'ils ne sont pas foutus, qu'ils n'ont pas comme ils disent &#171; rien &#224; perdre &#187;, mais au contraire qu'ils peuvent perdre beaucoup s'ils continuent &#224; s'enfoncer, et qu'en plus ils ont tout &#224; y gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le sens alors de la prise en charge des mineurs d&#233;linquants et en danger au sein de votre CER ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez simple, ce qui ne veut pas dire que ce soit facile. Les jeunes sont accueillis pour un s&#233;jour de rupture de trois mois, ce s&#233;jour a plusieurs objectifs : &#233;loigner le mineur d&#233;linquant du milieu dans lequel sa d&#233;linquance a prosp&#233;r&#233; si on peut dire, c'est le sens du s&#233;jour de rupture. C'est une mise &#224; distance avec le quartier, le milieu qui a favoris&#233; ces comportements, c'est aussi une prise de distance avec la famille, parce que souvent, il y a des conflits aigus avec celle-ci. Ensuite, c'est un travail sur la resocialisation de base de ces jeunes qui sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, en g&#233;n&#233;ral depuis plusieurs mois, voire plus longtemps. Ils ont perdu des tas de choses, des rythmes de vie quotidienne, des usages de la vie en soci&#233;t&#233;&#8230; On fait donc ce travail-l&#224;. Ensuite, c'est un travail qui passe par l'int&#233;gration d'un cadre de vie en collectivit&#233;, avec la pr&#233;sence permanente d'&#233;ducateurs 24 heures sur 24, un cadre de contraintes puisqu'ils ne peuvent pas aller et venir, librement et seuls. Ils sont toujours sous la surveillance des &#233;ducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on a un programme, qui a &#233;t&#233; con&#231;u sur douze ou treize semaines pour favoriser le rapport &#224; l'adulte, favoriser un apprentissage de la solidarit&#233; entre eux, le d&#233;passement de soi, la r&#233;adaptation &#224; une vie sociale plus adapt&#233;e, pour ne pas dire normale. Enfin, nous r&#233;alisons aussi un travail sur la valorisation, puisque ce sont des jeunes qui sont en grande difficult&#233; par rapport &#224; l'image qu'ils ont d'eux-m&#234;mes. Notre logique se fonde sur le fait que l'on se situe dans le cadre de l'ordonnance de 1945, donc, on est au p&#233;nal, comme prestataires de service, il ne faut pas que ce soit choquant, mais c'est exactement &#231;a. On intervient dans l'histoire d'un jeune, qui nous est pr&#233;sent&#233; par un &#233;ducateur garant de ce parcours, qui est en g&#233;n&#233;ral de la PJJ ou d'un service habilit&#233; en milieu ouvert. Nous mettons en place un programme. L'objectif, c'est de booster ces jeunes, de les dynamiser et de les remettre dans une logique o&#249; ils vont avoir quelques perspectives, m&#234;me si elles ne sont pas toutes d&#233;gag&#233;es &#224; la fin d'un s&#233;jour de trois mois, comme vous pouvez l'imaginer, sinon, ce serait quasiment miraculeux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En somme votre objectif serait de les aider &#224; trouver des motivations dont ils ont &#233;t&#233; d&#233;pourvus jusqu'&#224; pr&#233;sent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas qu'ils manquent vraiment de motivations, mais elles ne sont pas forc&#233;ment adapt&#233;es. On va donc essayer de leur faire toucher du doigt qu'ils sont dans une esp&#232;ce d'impasse, que s'ils continuent, ils s'enfonceront dans un parcours p&#233;nal et dans des difficult&#233;s judiciaires. On leur dit donc qu'ils ont &#171; int&#233;r&#234;t &#187;&#8230; C'est un mot qu'ils comprennent bien ! Il faut donc leur parler du risque qu'ils prennent, de leur int&#233;r&#234;t, et finalement, de ce qu'ils d&#233;sirent v&#233;ritablement. Est-ce que c'est avoir un parcours d&#233;linquant, auquel cas ils assument de devenir bandits, ou est-ce que c'est vraiment parce qu'il y a eu, &#224; un moment donn&#233;, une difficult&#233; d'identit&#233;, d'existence, qui ne passe pas pour ces gar&#231;ons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pour eux, c'est manifester socialement une distance &#224; travers des actes de d&#233;linquance qui sont valorisants et qui leur font plaisir, car il ne faut pas sous estimer la dimension du plaisir. Il faut donc qu'ils arrivent &#224; trouver du plaisir autrement, dans une forme de r&#233;ussite qui est barr&#233;e pour eux, dans leur t&#234;te. Ils sont donc dans cette esp&#232;ce de v&#233;rification du statut qui leur est assign&#233;, et ils vont au-devant de cette esp&#232;ce de d&#233;signation dont ils ont fait l'objet, ou qu'ils vivent comme &#233;tant une destin&#233;e n&#233;gative. C'est donc &#224; nous de leur faire comprendre que dans tout ce bazar, qui est souvent difficile pour eux, avec des probl&#232;mes sociaux, familiaux tr&#232;s lourds, qu'ils peuvent arriver &#224; jouer une partition qui n'est pas si d&#233;sesp&#233;r&#233;e que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En fait vous &#234;tes plus dans une logique d'&#233;ducation que d'insertion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, nous ne sommes pas dans une logique d'insertion &#224; proprement parler. Nous sommes plut&#244;t dans une logique d'&#233;ducation, d'apprentissage de codes, de d&#233;couverte d'un certain nombre de choses. Il faut dire que ce sont des jeunes qui sont tr&#232;s cliv&#233;s. Ils sont &#224; l'aise dans les galeries marchandes, dans les cit&#233;s&#8230; Il y a un certain nombre de codes, de bandes, de groupes d'appartenance divers suivant leurs origines. Ils ont donc aussi beaucoup de choses &#224; d&#233;couvrir qu'ils n'imaginent m&#234;me pas. Ils sont dans un refus d'apprentissage, ils sont aussi dans des difficult&#233;s par rapport &#224; l'apprentissage scolaire&#8230; donc &#231;a passe par notre support.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre r&#244;le dans leur &#233;ducation consiste en quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation, il n'y a que &#231;a qui marche. La contrainte vient plut&#244;t comme un garde-fou. Alors l'&#233;ducation inclut la sanction, mais ce n'est pas quelque chose qui est fondamentalement de l'ordre de la sanction. M&#234;me s'ils sont ici par contrainte, par choix ou par d&#233;faut, parce qu'ils pr&#233;f&#232;rent &#234;tre ici qu'en prison par exemple&#8230;, il faut qu'ils aient une esp&#232;ce de challenge, une acceptation personnelle du fait que pendant trois mois ils ont ce d&#233;fi &#224; relever, de tenir sur un programme qui a une fonction initiatique. C'est une esp&#232;ce de passage qui serait d'essayer de les refaire passer du c&#244;t&#233; d'un monde adulte, d'un monde de responsabilisations, un monde de responsabilit&#233;s si on peut dire, qui n'est pas &#233;vident pour eux. Alors, l'&#233;ducation l&#224;-dedans, c'est la confrontation avec les adultes qui sont, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre toujours dans la coh&#233;sion, dans une certaine coh&#233;rence, qui jouent des variations sur une m&#234;me partition. Les variations, seraient leurs histoires de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut une &#233;quipe &#233;ducative comp&#233;tente et solide pour arriver &#224; ces objectifs d'&#233;ducation. De quels collaborateurs vous entourez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait la particularit&#233; des personnes qui travaillent ici, c'est qu'ils le veulent. Au d&#233;part, c'est aussi un choix par d&#233;faut, mais enfin, ils ont choisi la structure parce qu'ils ont des parcours de vie. Dans les CER, c'est beaucoup comme &#231;a, plus qu'un dipl&#244;me g&#233;n&#233;rique, ce sont vraiment des parcours de vie, des gens qui ont des personnalit&#233;s assez fortes et qui supportent le travail &#233;ducatif, dans une professionnalisation qu'on a mise en place. La mise en place de la structure depuis quatre ans a &#233;t&#233; progressive avec un travail de fond, un travail de m&#233;thodologie et d'organisation, une supervision. Il y a des anciens agents de la SNCF, des commer&#231;ants ambulants, des gens qui viennent de carri&#232;re sportive, d'autres qui ont des dipl&#244;mes universitaires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, c'est une &#233;quipe &#171; benetton &#187;, il y a un Tunisien, un S&#233;n&#233;galais, un Camerounais, deux Espagnols et des musulmans. C'est donc tr&#232;s m&#233;lang&#233; au niveau culturel. Au niveau de l'&#226;ge, il y a &#233;galement un m&#233;lange. Il y a deux &#233;ducs qui ont 55 ans, et les plus jeunes ont 26 ans, on couvre donc une pyramide assez large. Par contre, c'est assez peu f&#233;minis&#233;, au d&#233;part, il y avait quatre &#233;ducatrices, il n'en reste plus qu'une. Et il y a une psychologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les activit&#233;s concr&#232;tes que vous proposez &#224; ces jeunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin on fait des chantiers, du sport collectif, pour faire un entra&#238;nement physique, et puis les remettre sur des r&#232;gles. Ils accrochent avec le foot ou le basket, et cela permet de travailler les r&#232;gles en collectivit&#233;. Ensuite, l'apr&#232;s-midi, il y a des ateliers de citoyennet&#233;. On travaille par exemple sur la loi, avec le jeu &#171; Place de la loi &#187;, con&#231;u par un magistrat pour les publics en difficult&#233; judiciaire. En fait c'est un jeu de l'oie avec des questions sur la loi, pour savoir o&#249; sont les limites du d&#233;lit, c'est une fa&#231;on ludique d'aborder les lois. Ensuite, on leur fait passer l'attestation &#171; premiers secours &#187;, dans le cadre des semaines sportives. Il y a aussi des tests de s&#233;curit&#233; routi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On part &#233;galement en montagne quelques jours, &#224; 2000 m&#232;tres En montagne, il y a un accompagnateur, ce qui favorise la constitution des groupes pour qu'il n'y ait pas d'histoires de leader, de bande, etc. Ensuite, on refait des chantiers pour le compte des mairies, du sport de combat, et on pr&#233;pare le d&#233;part au Maroc ou ailleurs, qui sont des voyages &#233;ducatifs &#224; vocation humanitaire, en partenariat avec le Secours populaire fran&#231;ais. C'est une autre dimension. Quand on va au Maroc avec des gamins d'origine maghr&#233;bine pour la plupart, avec des difficult&#233;s par rapport &#224; leurs racines, ils ne savent pas de quel c&#244;t&#233; ils sont&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et cela leur apporte quoi d'aller au Maroc ? De se confronter &#224; leurs racines aupr&#232;s de gens tr&#232;s d&#233;munis ? En quelque sorte, essayer de faire prendre conscience &#224; ces jeunes que la France c'est une chance pour eux&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que quand on va dans l'Atlas, il n'y a pas d'eau ni d'&#233;lectricit&#233;, les gens sont d&#233;munis, mais ils ont une coh&#233;rence, une dignit&#233; sociale, m&#234;me s'ils sont pauvres, ils vivent peut-&#234;tre mieux dans leur t&#234;te en tout cas que ces gamins-l&#224;. Alors, oui l'objectif, c'est qu'ils s'approprient un peu quelque chose de leur identit&#233;. C'est vrai un peu que c'est &#171; nique la France &#187; avant de partir, et qu'au retour, ils sont contents de revenir. On a des gamins qui &#233;taient sur une double nationalit&#233; et pour lesquels on a demand&#233; des passeports. Notamment pour un jeune, d'origine alg&#233;rienne, son passeport alg&#233;rien posant des probl&#232;mes d'entr&#233;e au Maroc, nous avons pu obtenir un passeport fran&#231;ais, ce qui a &#233;t&#233; une r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cela, son int&#233;gration a &#233;t&#233; fabuleuse, c'est un gamin qui a repris des &#233;tudes et qui a arr&#234;t&#233; compl&#232;tement la d&#233;linquance. Il s'est senti fran&#231;ais et a fait clairement le choix par rapport &#224; sa famille qui &#233;tait dans un processus de rejet global de la France, de dire &#171; je laisse tomber ma famille qui est dans un truc suicidaire. Je suis fran&#231;ais avec des origines alg&#233;riennes, certes, mais j'ai le d&#233;sir de m'int&#233;grer. &#187; Le s&#233;jour a donc servi &#224; cela aussi. Mais ce n'est pas le but principal qui est de leur montrer avant tout qu'ils sont capables dans un contexte tr&#232;s difficile d'apporter de l'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour du Maroc, ils ont fait des stages en entreprises, et ont montr&#233; ainsi qu'ils &#233;taient capables de tenir deux semaines avec des horaires de travail &#224; peu pr&#232;s normaux. C'est juste un travail sur le respect des obligations, mais sur deux semaines, on a des histoires&#8230; Enfin, il y a &#233;galement une semaine de cr&#233;ation artistique &#8211; th&#233;&#226;tre, vid&#233;o, art plastique &#8211;, pour les aider &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le monde qui les entoure. Cela donne lieu &#224; une production qu'ils gardent ensuite. Cela se fait avec un intervenant ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s le CER, que font ces jeunes de cela ? Que deviennent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne d&#233;pend pas de nous, on va &#234;tre frustr&#233;s, nous, on essaie de faire notre prestation de service de fa&#231;on correcte et le parcours, c'est le fil rouge qui en est le garant. Alors d&#233;j&#224;, il faut qu'il ait les motivations par rapport au s&#233;jour CER, qui soient autres que de se d&#233;barrasser pendant trois mois des gamins qui posent probl&#232;mes. Dans ce cas-l&#224; nous, on a effectivement soulag&#233; le quartier, la famille, la PJJ&#8230; mais ce n'est pas un processus tourn&#233; vers le gamin, c'est m&#234;me contre-productif, cela nous arrive souvent h&#233;las.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;localise le gamin mais apr&#232;s, quand il revient, on ne sait pas quoi faire. Il faut voir si pendant trois mois il a &#233;t&#233; boost&#233;, il se trouve dans un truc o&#249; on ne lui demande plus aucun compte, il n'a pas de piste, on ne lui pose pas de rendez-vous clairs et des exigences, alors le gamin il ne comprend pas. D'ailleurs &#231;a lui manque un peu, il va voir lui m&#234;me les services PJJ&#8230; C'est l'histoire du soufflet qui ressort du four et qui retombe. Il y a donc des difficult&#233;s d'articulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Alors puisque votre intervention est br&#232;ve, se limitant &#224; trois mois, sans avant ni apr&#232;s, comment arrivez-vous &#224; dessiner des projets avec eux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros levier du travail &#233;ducatif c'est de faire avec eux, et non d'attendre qu'ils viennent &#224; nous avec une demande pr&#233;cise, le but &#233;tant de les accompagner. Toute la politique de guichet ne fonctionne pas avec des jeunes tr&#232;s d&#233;socialis&#233;s. Il faut aller au-devant, susciter et surtout partager, car l'adulte n'est pas per&#231;u comme quelqu'un de cr&#233;dible. Ils ont des parents qui les ont m&#234;l&#233;s &#224; toutes les turpitudes, ils ne font dans certains cas, plus confiance aux adultes du fait qu'ils leur escroquent le peu qu'ils ont. Tout l'objectif est de restaurer une communication et de faire avec. Les &#233;ducateurs travaillent avec les gamins, ils n'attendent pas que &#231;a se passe&#8230; ce n'est pas de la surveillance. Il faut revenir &#224; quelque chose qui &#233;tait pr&#233;sent dans l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la base de nos logiques, c'est un &#233;change, un accompagnement, un partage. Les &#233;ducateurs vivent les gal&#232;res au m&#234;me titre qu'eux, les conditions sont les m&#234;mes, il y a une &#233;galit&#233; et c'est cela qui op&#232;re et non les discours sans actes. L'adulte est un exemple, et &#224; ce titre se doit de faire ce qu'il dit et non de dire seulement ce qu'il y a &#224; faire. Les gamins donnent de l'importance &#224; ce qui est fait beaucoup plus qu'&#224; ce qui est dit. Un certain nombre d'&#233;ducateurs sont dans un discours moralisateur. Mais il faut pouvoir montrer aux jeunes que l'on fait des choses pour et avec eux. Par exemple moi, je suis le con qui est dans son bureau, alors que les &#233;ducateurs sont sur le terrain avec eux. Je brasse des tunes. Ils sont sensibles &#224; ce discours de la justice sociale, de la diff&#233;rence de traitement (l'affaire ELF par exemple, ou une autre&#8230;) et lorsqu'il y a une connerie de faite et que l'on ne sait pas qui c'est, on essaie de responsabiliser le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est dans la gestion de groupe, de la solidarit&#233;, pour pouvoir d&#233;boucher sur un traitement plus personnel. Ils ont une influence les uns sur les autres et le travail consiste &#224; savoir comment se positionner entre solidarit&#233; et complicit&#233;. Et quand ils commencent &#224; comprendre, ils se posent la question du retour : &#171; Comment je vais assumer de retrouver les copains, la teuf et ce qui va avec&#8230; &#187;. Ils redoutent le retour et cherchent &#224; rester loin de leur quartier par peur de retomber. Mais par exemple, l'apprentissage apr&#232;s le CER est illusoire, &#231;a ne dure pas longtemps, deux ou trois mois en g&#233;n&#233;ral, pas plus, parce qu'ils n'en sont pas encore l&#224;. Ils ne sont pas pr&#234;ts &#224; une insertion professionnelle tout de suite. On les pacifie, on essaie de restaurer les liens avec la famille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette s&#233;paration, cette rupture avec les parents, comment la vivent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dur pour eux parce qu'ils n'ont que trois coups de fil pendant la session. Du coup ils &#233;crivent, et c'est pour eux un effort, ils n'aiment pas&#8230; Toutefois on les pousse &#224; &#233;crire parce que cela permet de diff&#233;rer, de poser les choses diff&#233;remment et de calmer la crise, et ils s'y mettent. Il y en a donc qui re&#231;oivent des lettres et des colis, par contre c'est dur pour ceux qui n'en ont pas, ils nous accusent de d&#233;tourner leur courrier&#8230; Le travail est alors d'apprendre &#224; g&#233;rer la frustration, &#224; g&#233;rer les envies mat&#233;rielles ou humaines (vols ou agressions sexuelles). Il faut apprendre &#224; diff&#233;rer, r&#233;agir &#224; la frustration sans tout casser. Nous, on leur dit &#171; non &#187; et ils hallucinent, mais pour que le &#171; non &#187; existe, il faut qu'il y ait des &#171; oui &#187;, alors il y a un subtil &#233;quilibre pour rendre nos demandes acceptables. Il y a un travail &#233;norme sur l'image de soi. Ils sont dans une position de toute-puissance qui n'est que la traduction de leur impuissance, de leur rage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous une id&#233;e du r&#233;sultat de votre action chez ces jeunes, des statistiques par exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous ai cit&#233; le cas de ce jeune, d'origine alg&#233;rienne, pour lequel nous avions obtenu un passeport fran&#231;ais, et qui a repris des &#233;tudes et a arr&#234;t&#233; compl&#232;tement la d&#233;linquance. Nous connaissons quelques cas comme lui mais nous ne disposons pas d'&#233;l&#233;ments suffisamment fiables &#224; Parenth&#232;ses pour donner des chiffres. Selon les diff&#233;rentes sources sur l'ensemble des CER, 30 % des jeunes ont rompu avec la d&#233;linquance, 30 % ont encore des probl&#232;mes mais pour lesquels il semble que le s&#233;jour en CER ait &#233;t&#233; profitable et 30 % ne paraissent pas en avoir tir&#233; profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de l'&#233;volution r&#233;cente de la justice des mineurs ? Pensez-vous qu'elle aille dans le sens de vos objectifs d'&#233;ducation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas certain que cela facilite notre mission d'&#233;ducation. Bien s&#251;r l'opinion publique est exasp&#233;r&#233;e par la petite d&#233;linquance, mais il faut faire attention &#224; ne pas aller droit dans le mur en mati&#232;re de r&#233;ponses. J'ai re&#231;u ces jours derniers de nombreuses demandes d'admission en CER pour des gamins &#226;g&#233;s &#224; peine de 13 ans. Je ne pense pas que cela soit une solution appropri&#233;e. Il faut un certain discernement pour &#234;tre capable de tirer partie d'une r&#233;ponse &#233;ducative de type CER et &#233;galement pour comprendre le sens d'une sanction. &#192; cet &#226;ge-l&#224;, leur place n'est ni en prison, ni en CER, ni en centre &#233;ducatif ferm&#233;. Ce qui pose probl&#232;me c'est que l'on peut tomber dans une surench&#232;re p&#233;nale qui ne r&#233;soudra en rien les difficult&#233;s personnelles de ces jeunes, ni les probl&#233;matiques sociales sous-jacentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs ces jeunes-l&#224; ne comprennent rien au syst&#232;me des sanctions judiciaires. Ils sont souvent dans une agitation extr&#234;me et en CER, en CEF ou en prison ils multiplient les incidents, aggravant ainsi leur situation p&#233;nale en retour, ce qui est f&#226;cheux car on finit par ne leur transmettre qu'une haine plus grande des institutions. Par ailleurs, concernant les centres ferm&#233;s (qui ne le sont pas v&#233;ritablement comme chacun sait), on est &#224; mon avis sur le fil du rasoir : l'effet d'annonce peut &#234;tre catastrophique &#224; double titre, pour l'opinion qui se sent &#171; bern&#233;e sur la marchandise &#187; d'une part et pour les jeunes accueillis d'autre part, qui se trouvent confront&#233;s &#224; des d&#233;fis proportionnels aux pr&#233;tendues solutions techniques de contention, (cl&#244;tures, alarmes infrarouges, cam&#233;ras, etc..).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi tout cela manque de clart&#233; : soit on enferme les jeunes contrevenants (comme au Qu&#233;bec par exemple) en assumant le volet contention active et c'est un choix de soci&#233;t&#233;, soit on ne les enferme pas ; mais l'annonce que constitue le CEF &#224; la fran&#231;aise, pose probl&#232;me. On n'est toujours pas dans du &#171; ferm&#233; &#187; et on s'est &#233;loign&#233; d'un &#171; &#233;ducatif responsabilisant &#187;. Cela peut g&#233;n&#233;rer des incarc&#233;rations &#171; va-et-vient &#187;, ce qui n'est pas le but. De plus je ne suis pas certain que cela ait le r&#233;sultat escompt&#233; dans l'opinion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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