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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Comment r&#233;duire les risques chez les toxicomanes</title>
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		<dc:subject>686</dc:subject>

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		<title>L'&#233;chec de la protection de l'enfance</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Maurice Berger est en col&#232;re. Nous le comprenons car nous sommes, comme lui, au ras du terrain, englu&#233;s avec les m&#244;mes dans le marigot de l'aide &#224; l'enfance. Cette professionnelle col&#232;re a rejoint et conceptualis&#233; la n&#244;tre. C'est donc dans ce marigot l&#233;gislatif, judiciaire, th&#233;rapeutique, &#233;ducatif, en un mot &#171; politique &#187; que Maurice Berger lance le gros pav&#233; de son livre. En d&#233;sespoir de cause, face &#224; Aur&#233;lien, cinq ans et demi, qu'il suit en psychoth&#233;rapie depuis longtemps, et qui ne cesse de jouer &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L93xH150/arton34-68290.jpg?1694316257' width='93' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Maurice Berger est en col&#232;re. Nous le comprenons car nous sommes, comme lui, au ras du terrain, englu&#233;s avec les m&#244;mes dans le marigot de l'aide &#224; l'enfance. Cette professionnelle col&#232;re a rejoint et conceptualis&#233; la n&#244;tre. C'est donc dans ce marigot l&#233;gislatif, judiciaire, th&#233;rapeutique, &#233;ducatif, en un mot &#171; politique &#187; que Maurice Berger lance le gros pav&#233; de son livre. En d&#233;sespoir de cause, face &#224; Aur&#233;lien, cinq ans et demi, qu'il suit en psychoth&#233;rapie depuis longtemps, et qui ne cesse de jouer &#224; la violence avec ses L&#233;gos. Non, il ne &#171; joue &#187; pas, il &#171; est &#187; la violence parce qu'il ne parvient pas &#224; penser sa souffrance, penser son histoire avec des parents tr&#232;s violents auxquels les juges, les travailleurs sociaux l'ont maintes fois rendu parce que la place d'un enfant est chez ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Normal : les parents sont ontologiquement &#171; bons &#187;. Et, comme depuis deux mill&#233;naires toute autorit&#233; vient de Dieu, celle des parents est sacr&#233;e. Syllogisme : les parents sont des dieux ! Et, dans les religions obscurantistes, on donne inexorablement aux dieux des enfants &#224; manger. (C'est moi qui, l&#224;, interpr&#232;te parce que la col&#232;re de Berger m'a contamin&#233;.) D'ailleurs, Aur&#233;lien s'est couch&#233; par terre, les bras en croix, dans le bureau de Berger qui &#233;crit : &#171; Quelqu'un qui entrerait dans la pi&#232;ce &#224; ce moment aurait une id&#233;e assez exacte des cons&#233;quences possibles du dispositif de protection de l'enfance en France &#187; (p 208). Berger est en col&#232;re parce que Aur&#233;lien est fou, oui, fou. Fou de ne pouvoir penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par Aur&#233;lien que finit le livre, c'est par Karine qu'il commence au fil d'un long suivi th&#233;rapeutique, en &#233;quipe. Berger est d'autant cr&#233;dible qu'il n'&#233;crit pas seul. Karine donc, aux prises avec les fluctuations incessantes du d&#233;sir de sa m&#232;re sur elle. Berger offre l&#224;, selon la m&#233;thode casuistique, une magnifique &#233;tude longitudinale de &#171; suivi &#187; rigoureusement articul&#233;e non pas &#224; l'id&#233;ologie familialiste mais &#224; la clinique. La m&#232;re de Karine ne peut lui offrir qu'une parentalit&#233; partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement cette partie saine de maternit&#233; que l'&#233;quipe travaille &#224; sauver. Karine vit en famille d'accueil un quotidien domestique contenant, donc s&#233;curisant. Elle s'alimente &#224; une double parentalit&#233; oscillante. Et l'&#233;quipe l'accompagne sur ce chemin de cr&#234;te pour un travail de pens&#233;e. C'est plus difficile, pour une &#233;quipe confront&#233;e &#224; la loi fran&#231;aise, que de basculer syst&#233;matiquement du c&#244;t&#233; des parents. Car : &#171; Le jeu psychique est attaqu&#233; par la r&#233;alit&#233; judiciaire. &#187; En effet, une d&#233;cision finale d'appel peut susciter un meurtre psychique d'enfant. Et puis, au long de cette lecture, appara&#238;tront d'autres enfants qui, en langage symptomatique, crient, hurlent : &#233;coutez-moi, &#233;coutez-nous ! Ce qui fait dire &#224; Maurice Berger : &#171; L'histoire d'un enfant en tant que sujet d&#233;bute quand on commence &#224; l'&#233;couter &#187; (p15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au carrefour des enfants perdus de l'aide sociale, Berger pose le probl&#232;me chronique du turn-over des professionnels, des placements-d&#233;placements multiples, des fractures relationnelles auxquelles les enfants sont soumis. Il rappelle qu'un enfant vit dans son temps psychique auquel toute mesure judiciaire, &#233;ducative ou th&#233;rapeutique doit &#234;tre accord&#233;e sauf &#224; produire in&#233;luctablement la violence mortif&#232;re des interventions. L'auteur enfonce le soc des mots qui f&#226;chent dans la bonne vielle terre des v&#233;rit&#233;s : un enfant a d'abord besoin de la s&#233;curit&#233; qu'apportent la continuit&#233; et la constance des interventions : &#171; L'exp&#233;rience montre que sans cette continuit&#233; et cette pr&#233;occupation constante, l'existence des enfants plac&#233;s est soumise le plus souvent &#224; une succession de d&#233;cisions sans coh&#233;rence &#187; (p19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur rappelle, une fois de plus, qu'un enfant ne peut pas b&#233;n&#233;ficier d'une prise en charge th&#233;rapeutique s'il n'est pas en s&#233;curit&#233; dans la relation aux adultes, dans l'institution elle-m&#234;me : h&#244;pital, h&#244;pital de jour, famille d'accueil etc. En effet, il est impossible d'&#233;voquer avec l'enfant l'inad&#233;quation de ses parents sans attacher cet enfant &#224; une solide ceinture de s&#233;curit&#233; existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, parlons de cette inad&#233;quation des parents qui, dans la m&#234;me litote rh&#233;torique contient les parents en difficult&#233; passag&#232;re et les parents franchement toxiques ou pervers. Nommer des parents sadiques et pervers, c'est d&#233;boulonner la statue du tyran. M&#233;taphore pour dire l'atroce de l'indicible cach&#233; sous les apparences trompeuses de pervers d&#233;guis&#233;s en bons parents qui font pleurer les travailleurs sociaux, les juges et les chaumi&#232;res. Justement &#224; cause d'une id&#233;ologie du lien biologique &#224; qui un peu de rigueur clinique suffirait &#224; tordre le cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard le chapitre trois du livre donne &#224; penser sur l'id&#233;alisation des parents, la culpabilit&#233; primaire, la honte, le sacrifice, la contamination (ce terrible on va te reprendre, tendre poison vers&#233; entre deux portes, dans l'oreille de l'enfant plac&#233;, au moment de finir la visite&#8230;), la s&#233;duction narcissique, la terreur hallucinatoire etc. L&#224; o&#249; est la clinique l&#224; est le conflit avec les parents. Mais, sans doute, de nombreux magistrats n'assument-ils pas ce conflit, comme aussi tant de travailleurs sociaux ignorants, au nom de la loi, que leurs projections inconscientes font entendre l'enfant en eux et pas cet enfant-l&#224; qui crie : &#171; Ecoutez-moi ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maurice Berger revient sur la s&#233;paration, sur l'&#233;valuation en r&#233;f&#233;rence &#224; Steinhauer, sur le dispositif de soins et d'&#233;coute, sur les visites m&#233;diatis&#233;es invent&#233;es par Rhottman et David.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur critique la loi de 1970 centr&#233;e sur la famille et la parentalit&#233;, non sur l'enfant, et constate la maigreur accablante des r&#233;sultats du dispositif de protection de l'enfance. Quand donc acceptera-t-on, avec Myriam David souvent cit&#233;e par Maurice Berger, qu'&#171; il faut parfois se s&#233;parer pour ne pas se perdre &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2003 (272 p. ; 24 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment r&#233;duire les risques chez les toxicomanes</title>
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		<dc:subject>Toxicomanie</dc:subject>
		<dc:subject>Sida</dc:subject>
		<dc:subject>686</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 80, l'&#233;pid&#233;mie du sida, l'&#233;tat sanitaire d&#233;sastreux des usagers d'h&#233;ro&#239;ne ont impos&#233; &#8212; non sans mal &#8212; un changement dans la politique li&#233;e &#224; la toxicomanie. Il fallait que l'usager de drogue puisse prot&#233;ger sa sant&#233; et &#233;viter les risques de contamination par le VIH (voies sexuelle et sanguine) gr&#226;ce &#224; des actions et des programmes adapt&#233;s : rencontre des usagers de drogue dans la rue (avec M&#233;decins du monde notamment), mise &#224; disposition de mat&#233;riel d'information, &#233;changes de seringues, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-686-" rel="tag"&gt;686&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 80, l'&#233;pid&#233;mie du sida, l'&#233;tat sanitaire d&#233;sastreux des usagers d'h&#233;ro&#239;ne ont impos&#233; &#8212; non sans mal &#8212; un changement dans la politique li&#233;e &#224; la toxicomanie. Il fallait que l'usager de drogue puisse prot&#233;ger sa sant&#233; et &#233;viter les risques de contamination par le VIH (voies sexuelle et sanguine) gr&#226;ce &#224; des actions et des programmes adapt&#233;s : rencontre des usagers de drogue dans la rue (avec M&#233;decins du monde notamment), mise &#224; disposition de mat&#233;riel d'information, &#233;changes de seringues, m&#233;thadone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1987, la loi commun&#233;ment appel&#233;e &#171; Loi Barzach &#187; autorise la mise en vente libre de seringues en pharmacie. En 1992, na&#238;t Asud, premier groupe d'autosupport d'usagers de drogues. &#192; partir de 1993, les programmes de substitution se d&#233;veloppent avec la m&#233;thadone et plus tard le Subutex&#174; (lire l'interview de Sylvie Wieviorka). En 1994, le programme d'&#233;change de seringues s'appuie sur la mise en vente des premi&#232;res trousses de pr&#233;vention et en 1995, la d&#233;livrance par les associations de lutte contre le sida et la toxicomanie de mat&#233;riel d'injection gratuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de r&#233;duction des risques s'est traduite par une baisse des contaminations par le VIH et des overdoses. Toutefois, la forte propagation du virus de l'h&#233;patite C et la co-infection VIH/VHC sont aujourd'hui des priorit&#233;s majeures de sant&#233; publique qui ne trouvent pas de r&#233;ponses suffisamment satisfaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arriv&#233;e des traitements de substitution a &#233;t&#233; un v&#233;ritable bouleversement permettant ainsi aux personnes de sortir de la clandestinit&#233; et d'avoir un meilleur acc&#232;s aux soins &#187;, explique l'association Aides qui d&#233;plore cependant la non-prise en compte des pratiques de consommation dans l'offre de soins, le non-choix du traitement et enfin le nombre limit&#233; de places de m&#233;thadone &#224; l'&#233;chelon national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#233;tat de sant&#233; de certaines personnes s'est aggrav&#233; de mani&#232;re inqui&#233;tante, notamment par le d&#233;tournement de certains m&#233;dicaments. &#171; Seule des r&#233;ponses innovantes, soutenues sur un plan politique, permettront de r&#233;duire les risques li&#233;s &#224; la consommation et d'accompagner les personnes dans une d&#233;marche de soin. C'est pourquoi Aides se prononce pour une mise &#224; plat totale du cadre l&#233;gal li&#233; &#224; l'usage de drogues en France qui p&#233;nalise l'usage, interdit d'en parler et limite ou emp&#234;che les programmes innovants : salles d'injection &#224; moindre risque, h&#233;ro&#239;ne m&#233;dicalis&#233;e&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;decins du Monde va &#224; la rencontre des toxicomanes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bus m&#233;thadone de M&#233;decins du Monde va &#224; la rencontre des usagers parisiens sept jours sur sept. Un dispositif interm&#233;diaire avant l'orientation vers un centre sp&#233;cialis&#233; ou un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque jour &#224; 14h 30, Christian Truwant, animateur de pr&#233;vention et chauffeur, gare le bus blanc de M&#233;decins du Monde &#224; c&#244;t&#233; de la gare de l'Est. Sur cet ancien bus de la RATP am&#233;nag&#233; pour accueillir les personnes qui suivent un programme de m&#233;thadone, les vitres sont opaques. Seuls les autocollants portant la petite colombe blanche sur fond bleu signalent qu'il s'agit du bus de M&#233;decins du Monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='M&#233;decins du Monde - 62, rue Marcadet - 75018 Paris. T&#233;l. 01 44 92 15 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dehors il pleut, une dizaine d'hommes s'engouffrent dans le bus et patientent en discutant avec Christian Truwant et Marie-Christine Collard, l'assistante sociale. L'espace r&#233;serv&#233; &#224; la distribution de m&#233;thadone est isol&#233; par une porte pour le respect de la confidentialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re un comptoir jaune, Karine Elias, Alain Dupont, infirmiers et &#201;lisabeth Avril, m&#233;decin et coordinatrice du projet assurent la distribution des produits. L'usager donne sa carte ou n'apparaissent qu'un num&#233;ro d'inscription et une photo pour pr&#233;server l'anonymat. Il boit sur place la dose de m&#233;thadone et &#233;change quelques mots avec l'&#233;quipe qu'il conna&#238;t bien puisqu'il la voit chaque jour. &lt;i&gt;&#171; J'ai trouv&#233; un travail &#224; mi-temps &#187;&lt;/i&gt;, se f&#233;licite un homme d'une trentaine d'ann&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Je sors de 11 jours de d&#233;tention &#187;&lt;/i&gt;, raconte un autre qui n'a pas de papiers. &lt;i&gt;&#171; Puis-je avoir un Doliprane ? &#187;&lt;/i&gt;, demande un troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;decins du Monde a pour vocation de soigner les populations les plus vuln&#233;rables en privil&#233;giant des relations de proximit&#233;, des actions hors les murs des institutions, au plus proche de la communaut&#233;. Ainsi d&#232;s 1989 l'association met-elle en place le premier programme d'&#233;change de seringues pour prot&#233;ger les personnes toxicomanes des risques de contamination li&#233;s au VIH et aux h&#233;patites et en 1998 le bus m&#233;thadone circule dans la capitale pour toucher les usagers qui ne sont pas pr&#234;ts &#224; fr&#233;quenter les centres de soins. &lt;i&gt;&#171; Nous touchons une population tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#187;&lt;/i&gt;, explique &#201;lisabeth Avril &#171; &lt;i&gt; personnes tr&#232;s marginalis&#233;es, personnes qui travaillent, sans-papiers&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. Elles viennent au bus par le bouche &#224; oreille ou orient&#233;es par le bus d'&#233;change de seringues parce qu'elles veulent passer &#224; la substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inscription au programme de m&#233;thadone se fait &#224; la consultation fixe de M&#233;decins du Monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='L'inscription se fait du lundi au vendredi sans rendez-vous apr&#232;s un (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le budget annuel du bus m&#233;thadone s'&#233;l&#232;ve &#224; 802 046 euros. Consid&#233;r&#233; comme un centre de soins, le bus est financ&#233; aux trois quarts par la CPAM, le reste provenant des fonds propres de l'association. &#171; Nous sommes privil&#233;gi&#233;s &#187;, estime la coordinatrice &#171; ce n'est pas le cas des centres de soins sp&#233;cialis&#233;s qui d&#233;pendent enti&#232;rement de la CPAM ou des centres de premi&#232;re ligne dont les financements sont aujourd'hui remis en cause &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'arri&#232;re du bus, dans un petit espace constitu&#233; d'une table et de deux banquettes, l'assistante sociale, le juriste ou le psychiatre, qui viennent une fois par semaine, peuvent recevoir une personne en entretien mais la pr&#233;sence de ces intervenants permet surtout aux usagers de les conna&#238;tre et de recevoir des informations de base (adresses de centres d'h&#233;bergement, de distribution de repas&#8230;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='52,8 % des usagers suivis par l'assistante sociale sont SDF et 83,6 % en (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#226;ce &#224; ce premier contact, rendez-vous est donn&#233; au si&#232;ge de M&#233;decins du Monde pour un v&#233;ritable accompagnement social et une orientation vers les structures de droit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif du bus est aussi d'orienter les usagers vers un centre de soins sp&#233;cialis&#233; ou un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste pour leur programme de m&#233;thadone.&lt;i&gt; &#171; Une fois que l'usager est stabilis&#233;, qu'il a compris les limites de la m&#233;thadone, qu'il est en mesure de g&#233;rer son programme de substitution, nous l'orientons vers un centre de soins s'il a encore besoin d'un soutien ou vers un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste s'il est plus solide. En revanche, les usagers souffrant de pathologies psychiatriques lourdes sont orient&#233;s vers le centre Murger avec lequel nous avons &#233;tabli une convention, vers le centre Moreau de Tours de l'H&#244;pital Sainte Anne ou vers un centre m&#233;dico psychologique (CMP) &#187;&lt;/i&gt;, indique &#201;lisabeth Avril &lt;i&gt;&#171; orientation parfois difficile parce que les CMP ont souvent des pr&#233;jug&#233;s vis-&#224;-vis des anciens toxicomanes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe a aussi un r&#244;le d'information sur les diff&#233;rentes maladies li&#233;es &#224; la prise de drogues, comme le sida ou l'h&#233;patite C. Si le sida et ses modes de contamination sont aujourd'hui relativement bien connus, il n'en va pas de m&#234;me pour les traitements &lt;i&gt;&#171; Certaines personnes africaines pensent par exemple que la tri-th&#233;rapie nourrit le virus,&lt;/i&gt; explique &#201;lisabeth Avril, &lt;i&gt;le service des maladies infectieuses de l'h&#244;pital Saint-Louis travaille d'ailleurs en collaboration avec un tradith&#233;rapeute&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Th&#233;rapeute s'appuyant sur les th&#233;rapies traditionnelles' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; qui explique aux malades la n&#233;cessit&#233; de se soigner &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'h&#233;patite C, elle reste totalement sous-estim&#233;e, comme l'illustre un usager : &lt;i&gt;&#171; A l'h&#244;pital on m'a dit que j'avais une h&#233;patite mais &#231;a ne peut pas &#234;tre la C puisque je ne suis pas alcoolique &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il &#224; &#201;lisabeth Avril qui lui pr&#233;cise les modes de contamination du VHC. L'&#233;quipe distribue des kits de pr&#233;vention, des st&#233;ricup (petites cuill&#232;res st&#233;riles), des embouts de pipe &#224; crack &#224; usage unique &#224; ceux qui continuent &#224; injecter ou &#224; sniffer les produits malgr&#233; le traitement de substitution. Vers 16 heures, elle fait une petite halte dans une brasserie pour boire un caf&#233; et Christian Truwant reprend le volant direction Porte de la Chapelle, puis Nation, o&#249; d'autres usagers l'attendent. Plus d'une centaine de personnes passent chaque jour au bus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Le profil des usagers du bus m&#233;thadone En 2002, parmi les nouveaux inscrits, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Traitements de substitution et prise en charge globale de l'usager&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis douze ans, Sylvie Wieviorka, psychiatre, dirige le centre Pierre Nicole. G&#233;r&#233; par la Croix rouge, il propose des traitements de substitution aux opiac&#233;s - m&#233;thadone et Subutex&#174; - et une prise en charge globale de l'usager. Un bilan positif.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consistent les traitements de substitution pour les usagers de drogues ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traitements de substitution sont assur&#233;s par des opiac&#233;s de synth&#232;se : la m&#233;thadone et le Subutex&#174;. Les programmes m&#233;-thadone ont d&#233;but&#233;, de mani&#232;re restreinte d'abord, dans les ann&#233;es 90 et le Subutex&#174; a &#233;t&#233; mis sur le march&#233; en 1997. On peut donc parler de deux &#233;tapes dans la substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'ont repr&#233;sent&#233; ces traitements pour leurs consommateurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les usagers, ces traitements ont facilit&#233; le contact avec les structures soignantes et procur&#233; un apaisement car auparavant ils &#233;taient en perp&#233;tuelle recherche d'h&#233;ro&#239;ne. Une fois la prise en charge entam&#233;e gr&#226;ce aux traitements de substitution, il est plus facile de proposer un accompagnement global et de favoriser la pr&#233;vention, en particulier du sida et des h&#233;patites. Les b&#233;n&#233;fices de la substitution sont tr&#232;s importants : le nombre de mort par overdose est pass&#233; de pr&#232;s de 1 000 par an &#224; moins de 100. La contamination par le virus du sida a radicalement chut&#233;, le nombre de toxicomanes pris en charge de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re a consid&#233;rablement augment&#233; : en France, 10 000 personnes sont sous m&#233;thadone et 70 000 sous Subutex&#174;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces traitements entra&#238;nent-ils une d&#233;pendance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opiac&#233;s entra&#238;nent une d&#233;pendance certaine ce qui, &#224; mon sens, ne constitue pas forc&#233;ment un probl&#232;me. Dans le domaine des traitements de substitution, il existe deux types de raisonnements : devons-nous consid&#233;rer que, tout comme un diab&#233;tique a besoin d'insuline, le toxicomane a besoin d'opiac&#233;s ? Dans cette hypoth&#232;se, plut&#244;t qu'il s'en procure dans la rue, mieux vaut qu'il passe par un centre de soins. Un traitement r&#233;ussi sera celui qui dure tr&#232;s longtemps, voire toute la vie. Second raisonnement : devons-nous penser que la drogue n'est pas pour le toxicomane un besoin physique comme l'insuline pour le malade diab&#233;tique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas &#8212; c'est d'ailleurs mon point de vue &#8212;, on consid&#233;rera que la substitution offre au toxicomane une pacification durant une p&#233;riode, un confort, qui permettent une prise en charge globale. Les toxicomanes r&#233;solvent leurs probl&#232;mes par la prise de produit, alors que les personnes moins fragiles trouvent d'autres solutions pour g&#233;rer leurs angoisses. Mon objectif est d'aider le sujet &#224; trouver un &#233;quilibre, s'il passe par une prise de produits de substitution &#224; vie pourquoi pas ? J'ai des patients qui ont totalement arr&#234;t&#233; la substitution et s'en portent tr&#232;s bien, d'autres qui, tout en prenant r&#233;guli&#232;rement du Subutex&#174; ou de la m&#233;thadone, travaillent et m&#232;nent une vie de famille satisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parall&#232;lement &#224; la prescription, proposez-vous un soutien psychosocial ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re prescription de m&#233;thadone, le patient doit passer par un centre de soins sp&#233;cialis&#233; en toxicomanie (CSST), un h&#244;pital ou le service m&#233;dical de la prison. Ensuite il peut &#234;tre orient&#233; vers un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste. Les centres de soins comme Pierre Nicole proposent un suivi social, psychologique et m&#233;dical. Pour le patient pris en charge en ville, cela d&#233;pend de son m&#233;decin. Certains font partie d'un r&#233;seau sanitaire et social, d'autres se soucient d'orienter eux-m&#234;mes le patient vers des structures adapt&#233;es, certains m&#233;decins enfin se contentent de r&#233;diger des ordonnances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Subutex&#174;, en revanche, peut &#234;tre directement prescrit par un m&#233;decin. M&#234;me si tous les usagers n'ont pas de probl&#232;mes sociaux ou de sant&#233; &#8211; certains sont bien ins&#233;r&#233;s &#8211; la grande majorit&#233; n&#233;cessite un accompagnement. La consommation de drogue est rarement leur seule difficult&#233;. Si on ne propose pas une prise en charge globale, il y aura un risque major&#233; de rechute ou de d&#233;placement, c'est-&#224;-dire de consommation d'autres substances, comme l'alcool ou la coca&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre Pierre Nicole propose une prise en charge globale : consultation individuelle, suivi social, logement en appartement th&#233;rapeutique, traitement par Interf&#233;ron de l'h&#233;patite C, accueil des parents et familles&#8230; Nous avons des moyens pour aider les usagers dans leurs d&#233;marches d'insertion. Durant 12 ans nous nous sommes battus pour les financements mais depuis janvier 2003, nous sommes pass&#233;s d'un financement DASS &#224; un financement par la S&#233;curit&#233; sociale. M&#234;me si la dotation globale pour l'ann&#233;e passe toujours par la DASS, la S&#233;curit&#233; sociale nous verse chaque mois une partie du financement, nous n'avons plus de p&#233;riodes d'attente de six mois comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il des &#233;checs avec la substitution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, m&#234;me s'il faudrait d&#233;finir ce qu'est un succ&#232;s. Pour moi, si la personne trouve un &#233;quilibre satisfaisant dans sa vie et que la soci&#233;t&#233; s'y retrouve aussi (baisse de la d&#233;linquance, de la mortalit&#233; par overdose&#8230;), c'est positif. Les difficult&#233;s auxquelles nous sommes confront&#233;s sont li&#233;es au d&#233;placement de toxique. Certains usagers ne consomment plus du tout d'opiac&#233;s mais d&#233;veloppent un alcoolisme massif. Or, 60 &#224; 70 % d'entre eux sont contamin&#233;s par le virus de l'h&#233;patite C. L'alcool les met en danger physiquement (risque de cirrhose ou de cancer du foie) et socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement une petite cohorte d'usagers, en quelque sorte &#171; les irr&#233;ductibles &#187; qui ne renoncent pas &#224; s'injecter un produit. Enfin, certains patients pr&#233;sentent des troubles de la personnalit&#233; ou des troubles psychiatriques associ&#233;s difficiles &#224; traiter. Nous ne savons pas s'ils sont l'origine ou la cons&#233;quence de la toxicomanie. Nous leur prescrivons des psychotropes, les soignons sur place ou les orientons vers nos partenaires des r&#233;seaux de psychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que r&#233;pondez-vous aux d&#233;tracteurs de la substitution qui lui reprochent de remplacer un produit par un autre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ouverture du programme de m&#233;thadone, il y a douze ans, des professionnels de Pierre Nicole aussi se posaient cette question. Je leur ai propos&#233; d'essayer ce type de traitement et d'arr&#234;ter au bout de quelque temps si le bilan &#233;tait n&#233;gatif. La question ne s'est jamais pos&#233;e. Je ne connais aucun centre de soins sp&#233;cialis&#233; en toxicomanie qui ait ferm&#233; pour des raisons d'&#233;chec th&#233;rapeutique par un programme m&#233;thadone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral les d&#233;tracteurs ne sont pas des cliniciens et ne peuvent donc pas observer ce que nous voyons : beaucoup de nos patients progressent, leur sant&#233;, leur situation personnelle s'am&#233;liorent. Le cadre que l'on offre joue, aux c&#244;t&#233;s du traitement lui m&#234;me, un r&#244;le majeur dans ces &#233;volutions. Avoir &#224; faire &#224; un bon m&#233;decin plut&#244;t qu'&#224; un dealer est radicalement diff&#233;rent. &#192; partir de la demande de produit de l'usager, c'est &#224; nous soignants, infirmiers, m&#233;decins, assistantes sociales, de leur proposer les moyens d'&#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il un probl&#232;me de revente des produits de substitution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une r&#233;alit&#233;. Parmi la population toxicomane, une partie a l'habitude de d&#233;tourner les produits. La m&#233;thadone, produit contr&#244;l&#233;, est tr&#232;s peu vendue ou &#233;chang&#233;e. En revanche, il est tr&#232;s facile de se faire prescrire du Subutex&#174; par un ou plusieurs m&#233;decins en m&#234;me temps. Certains usagers revendent ce produit &#224; des personnes sans papiers, sans droits ou qui n'arrivent pas &#224; faire la d&#233;marche d'aller voir un m&#233;decin. Si la revente de Subutex&#174; existe et n'est pas n&#233;gligeable, il faut raisonner dans ce domaine non pas en tout ou rien, mais en termes de b&#233;n&#233;fices tant pour l'usager que pour la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Caisse de S&#233;curit&#233; Sociale a un r&#244;le majeur &#224; jouer pour r&#233;duire au maximum - on n'arrivera jamais &#224; les supprimer compl&#232;tement - les d&#233;tournements et les abus. Elle doit rappeler &#224; l'ordre les m&#233;decins trop laxistes et convoquer les usagers qui abusent. En tant que praticien, je pense qu'il vaut mieux que les caisses de s&#233;curit&#233; sociale mettent de l'ordre dans ces abus plut&#244;t que de supprimer le Subutex&#174; qui rend de grands services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que le recours &#224; l'injection des produits a baiss&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui gr&#226;ce avant tout aux messages de pr&#233;vention contre le sida qui ont mis en garde l'usager vis-&#224;-vis du risque de contamination au VIH par l'&#233;change de seringues et aux prises en charge rendues possibles par les traitements de substitution. L'usage de la seringue est en perte de vitesse dans notre pays depuis une quinzaine d'ann&#233;es et est plus ou moins r&#233;pandu selon les pays. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les usagers de drogue des pays du nord de l'Europe y ont traditionnellement moins recours que ceux du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, on utilise plus les seringues &#224; Marseille qu'&#224; Lille. La pratique de l'injection est de plus corr&#233;l&#233;e &#224; la qualit&#233; de la drogue consomm&#233;e : plus elle est de m&#233;diocre qualit&#233;, plus l'usager sera tent&#233; de l'injecter pour augmenter les sensations. Cependant, m&#234;me si elle a diminu&#233;, la pratique de l'injection reste importante, tandis que celle du sniff et de l'inhalation de produits augmentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les produits de substitution peuvent-ils s'injecter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile pour la m&#233;thadone qui a la consistance d'un sirop. En revanche, 10 &#224; 30 % des utilisateurs de Subutex&#174; injectent le produit pour ressentir un effet de flash. C'est un ph&#233;nom&#232;ne pr&#233;occupant car si le taux de contamination par le virus du sida a baiss&#233; gr&#226;ce aux programmes de pr&#233;vention, et en particulier gr&#226;ce aux diverses modalit&#233;s de mise &#224; disposition de seringues propres, celui par le VHC a augment&#233;. Pour le virus de l'h&#233;patite C, plus r&#233;sistant &#224; l'air que celui du VIH, il faut plus que des seringues st&#233;riles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reste-t-il &#224; am&#233;liorer dans la politique de r&#233;ductions des risques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste surtout &#224; maintenir et &#224; consolider les dispositifs existants. Les centres de soins sp&#233;cialis&#233;s en toxicomanie, g&#233;r&#233;s depuis janvier 2003 par la S&#233;curit&#233; sociale, sont, du moins en th&#233;orie, sans trop d'inqui&#233;tude pour les financements des trois prochaines ann&#233;es. Ce n'est pas le cas des centres de premi&#232;re ligne (rencontre des usagers dans la rue, boutiques&#8230;) qui n'ont pas &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s dans le m&#234;me syst&#232;me de financement que les centres de soins proprement dits, ce qui remet en cause leur existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant notre travail est compl&#233;mentaire. Si la politique de r&#233;duction des risques fonctionne bien &#224; Paris, c'est parce que centres de soins de premi&#232;re ligne, centres de soins sp&#233;cialis&#233;s et m&#233;decins travaillent ensemble. Si la disparition ou la diminution du nombre des centres de premi&#232;re ligne vient rompre cette cha&#238;ne, tout le travail de plusieurs ann&#233;es sera &#224; recommencer. Il existe aussi de r&#233;elles disparit&#233;s selon les r&#233;gions. Dans certaines villes de province, les lieux de soins sont insuffisants. Enfin, il ne faut pas s'endormir sur nos lauriers. La pr&#233;vention en mati&#232;re de sida et d'h&#233;patites n'est pas un acquis, de nouvelles g&#233;n&#233;rations de toxicomanes et de produits, tel l'Ecstasy, arrivent. Il nous faut adapter nos approches, faire preuve d'invention, de prospection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pierre-nicole.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Centre Pierre Nicole&lt;/a&gt; - 27, rue Pierre Nicole - 75005 Paris. Tel. 01 44 32 07 60. mail : &lt;a href=&#034;mailto:contact@pierre-nicole.com&#034; class='spip_mail'&gt;contact@pierre-nicole.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Asud, la premi&#232;re association d'usagers de drogues&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis onze ans, gr&#226;ce &#224; un journal et &#224; une association, des usagers de drogues informent leurs pairs sur la r&#233;duction des risques. Efficace et sans tabou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai besoin du journal Asud qui v&#233;hicule autre chose que le discours culpabilisant de toxicos repentis du Patriarche par exemple. &#187;&lt;/i&gt; t&#233;moigne Arno dans le courrier des lecteurs du journal Asud. &lt;i&gt;&#171; Continuez d'assurer, &lt;/i&gt; encourage-t-il l&lt;i&gt;es r&#233;dacteurs, pour que les toxicos s'informent, puissent se prendre en charge et soient reconnus comme des &#234;tres humains et des citoyens ; pour qu'il n'y ait plus de contamination par injections &#187;&lt;/i&gt;, L'AutoSupport des Usagers de Drogues (Asud) est n&#233; en 1992 gr&#226;ce &#224; la mobilisation des usagers contre l'&#233;pid&#233;mie de sida et l'appui des pouvoirs publics. Substitution, sida, initiatives &#233;trang&#232;res (salles d'injection, programmes d'h&#233;ro&#239;ne&#8230;), autant de th&#232;mes trait&#233;s pour informer les usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s la cr&#233;ation du journal na&#238;t l'association du m&#234;me nom. Objectif, la r&#233;duction des risques de contamination par les diff&#233;rents virus qui menacent les usagers de drogues par voie intraveineuse, dans le respect de chacun de disposer de son corps librement. &lt;i&gt;&#171; Notre but n'est pas de promouvoir l'usage des drogues mais de veiller &#224; ce que les droits de l'homme s'appliquent enfin aux toxicomanes &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fabrice Olivet, r&#233;dacteur en chef. &lt;i&gt;&#171; D&#232;s l'origine, nous nous sommes situ&#233;s dans le champs de l'&#233;ducation &#224; l'usage, une action th&#233;oriquement r&#233;prim&#233;e par la loi &#8211; la pr&#233;sentation sous un jour favorable. Sur le plan conceptuel, l'autosupport proc&#232;de d'un changement symbolique. Les usagers passent du r&#244;le d'objet &#224; celui de sujet &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pid&#233;mie de sida chez les usagers de drogues par voie intraveineuse a chang&#233; les perspectives du soin. L'abstinence de toute consommation a cess&#233; d'&#234;tre la seule r&#233;ponse admissible du point de vue &#233;thique. Ainsi, le recours &#224; l'&#233;ducation par les pairs sans jugement ni tabou est-elle indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bilan tire Asud de la politique de r&#233;duction des risques ? Tout d'abord un sentiment de grande victoire, puisque gr&#226;ce &#224; elle, le nombre de mort par overdose a &#233;t&#233; divis&#233; par 10 et les contaminations VIH par voie intraveineuse ont pratiquement disparu. Mais tout n'est pas rose pour autant :&lt;i&gt; &#171; La r&#233;duction des risques se heurte au carcan r&#233;pressif de la loi de 70 &#187;&lt;/i&gt;, regrette l'association. &lt;i&gt;&#171; L'acc&#232;s aux soins des usagers de drogues s'effectue gr&#226;ce &#224; une succession de d&#233;rogations l&#233;gales au principe de r&#233;pression. La constitution d'Asud en repr&#233;sente une &#187;&lt;/i&gt;, explique Fabrice Olivet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles am&#233;liorations apporter &#224; la politique de r&#233;duction des risques ? &lt;i&gt;&#171; Placer les usagers au centre des actions. C'est le sens qu'il faut donner aux objectifs d'autod&#233;termination, de revendication de l'usage et d'identit&#233; d'usager. Autod&#233;termination c'est le droit de consommer les substances de son choix en r&#233;duisant les risques. Droit qui inclut la possibilit&#233; de b&#233;n&#233;ficier de n'importe quel type de soin sans restriction de dosage (substitution ou cure de d&#233;sintoxication) dans des conditions d&#233;centes de prise en charge &#187;&lt;/i&gt;, indique Fabrice Olivet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un principe, pour lui, qui implique de b&#233;n&#233;ficier d'informations sur les drogues et sur les traitements et l'usage des drogues comme droit l&#233;gitime et imprescriptible prot&#233;g&#233; par la d&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 cela doit &#234;tre envisag&#233;e pour des raisons morales mais aussi pour des imp&#233;ratifs de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.asud.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Asud&lt;/a&gt; - 206, rue de Belleville - 75020 Paris. T&#233;l. 01 43 15 00 66 - L'association comprend une dizaine de points d'accueil en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medecinsdumonde.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;M&#233;decins du Monde&lt;/a&gt; - 62, rue Marcadet - 75018 Paris. T&#233;l. 01 44 92 15 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'inscription se fait du lundi au vendredi sans rendez-vous apr&#232;s un entretien m&#233;dico-social et un test urinaire pour chercher la pr&#233;sence d'opiac&#233;s, de m&#233;thadone, de coca&#239;ne et de benzodiaz&#233;pines. Au cours de l'entretien, l'&#233;quipe &#233;value les produits consomm&#233;s, le parcours de l'usager, son &#233;tat somatique et psychique et sa situation sociale. Une fois la d&#233;cision d'inclusion prise, l'usager peut se rendre au bus pour recevoir la dose de m&#233;thadone prescrite. Le dosage varie selon l'histoire et les besoins de l'usager.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;52,8 % des usagers suivis par l'assistante sociale sont SDF et 83,6 % en situation de d&#233;pendance sociale et d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Th&#233;rapeute s'appuyant sur les th&#233;rapies traditionnelles&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Le profil des usagers du bus m&#233;thadone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, parmi les nouveaux inscrits, 66 % sont adress&#233;s par d'autres usagers, 18 % ont moins de 25 ans, 47 % sont de nationalit&#233; &#233;trang&#232;re, 40 % ont des enfants, 22 % les ont &#224; charge, 22 % habitent en banlieue, 37 % n'ont pas de couverture maladie, 56 % n'ont jamais &#233;t&#233; suivis sur le plan de leur parcours et de leurs consommations, 66 % n'ont jamais eu de contact avec un centre de soins sp&#233;cialis&#233; en toxicomanie, 60 % ach&#232;tent des m&#233;dicaments au march&#233; clandestin.&lt;br class='manualbr' /&gt;82 % des usagers ayant r&#233;alis&#233; un test de d&#233;pistage pour l'h&#233;patite C se sont d&#233;clar&#233;s positifs (40 % d'entre eux se d&#233;claraient n&#233;gatifs &#224; leur admission).&lt;br class='manualbr' /&gt;Depuis la mise en circulation du bus, 1559 usagers ont &#233;t&#233; inclus dans le programme m&#233;thadone. 847 ont &#233;t&#233; orient&#233;s vers un centre m&#233;thadone ou un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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