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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>La SDF, la loi, le travailleur social et sa stagiaire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-SDF-la-loi-le-travailleur-social-et-sa-stagiaire</link>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
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		<dc:subject>1350</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'accompagnement des personnes sans domicile fixe est born&#233; par un arsenal l&#233;gislatif envahissant et un manque cruel de moyens. Br&#232;ve histoire r&#233;cente et parcellaire de l'h&#233;bergement d'urgence. Avertissement : Ceci n'est pas une fiction. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, pays riche et prosp&#232;re, &#233;merge, &#224; la fin des ann&#233;es 80 du si&#232;cle dernier, une nouvelle cat&#233;gorie de population, les Nouveaux Pauvres. Leur nombre augmentant, des associations caritatives historiques comme Emma&#252;s, le Secours populaire ou le Secours catholique (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/SDF" rel="tag"&gt;SDF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Logement" rel="tag"&gt;Logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'accompagnement des personnes sans domicile fixe est born&#233; par un arsenal l&#233;gislatif envahissant et un manque cruel de moyens. Br&#232;ve histoire r&#233;cente et parcellaire de l'h&#233;bergement d'urgence. Avertissement : Ceci n'est pas une fiction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, pays riche et prosp&#232;re, &#233;merge, &#224; la fin des ann&#233;es 80 du si&#232;cle dernier, une nouvelle cat&#233;gorie de population, les Nouveaux Pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_7559 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH381/capture_d_e_cran_2023-11-22_a_08.36.45-dc3f8.png?1700694061' width='400' height='381' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Leur nombre augmentant, des associations caritatives historiques comme Emma&#252;s, le Secours populaire ou le Secours catholique se d&#233;m&#232;nent pour leur venir en aide. D'autres font leur apparition, dont Les Restaurants du c&#339;ur ou le DAL (1). L'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne et l'&#233;volution morale de la soci&#233;t&#233; font r&#233;agir l'&#201;tat qui met en place le RMI et abandonne le d&#233;lit de vagabondage en 1993. Ce d&#233;lit &#233;tant quasiment la seule r&#233;ponse aux situations des personnes sans abri, l'&#201;tat doit d&#233;velopper de nouveaux moyens moins coercitifs. Le 115 est cr&#233;&#233; ainsi que les SAMU sociaux, des &#233;quipes mobiles et autres dispositifs &#224; destination des sans-abris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde pensait que les choses ne pouvaient qu'&#233;voluer de mani&#232;re positive, juste et digne. L'action sociale li&#233;e aux droits et devoirs se d&#233;veloppant, il a fallu L&#201;GIF&#201;RER. La loi n&#176; 2002-2 (2) est vot&#233;e et reste une r&#233;f&#233;rence pour les professionnels de l'action sociale, mettant les usagers &#171; au centre des dispositifs &#187;, expression devenue leitmotiv. Essentiellement, loi de contr&#244;le et de gestion budg&#233;taire, il s'agit de pr&#233;tendre faire mieux avec moins. Les usagers sont au centre de dispositifs qui se vident. Le temps passe, mais la situation sociale des sans-abris stagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arsenal l&#233;gislatif&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2009, la Loi du 25 mars de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion est vot&#233;e. Elle modifie entre autres le code de l'action sociale et des familles en cr&#233;ant deux articles bien clairs, limpides, directs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les articles L345-2-2 et L345-2-3 du CASF disposent ainsi que toute personne sans abri en situation de d&#233;tresse m&#233;dicale, psychique ou sociale a acc&#232;s, &#224; tout moment, &#224; un dispositif d'h&#233;bergement d'urgence avec accompagnement, jusqu'&#224; ce qu'une orientation lui soit propos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec un tel arsenal l&#233;gislatif, aucun doute les choses vont s'arranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#234;me ann&#233;e sont cr&#233;&#233;s les SIAO (3), services destin&#233;s &#224; la gestion des flux des personnes sans abri. On entendait alors parler de gestion des stocks, de fluidification des parcours. Nous savions d&#233;j&#224; que cela n'am&#233;liorerait en rien la carence en places d'h&#233;bergement. Tout un programme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Automne 2017, les choses ne se sont pas arrang&#233;es. Le ministre de l'Int&#233;rieur Collomb pond une circulaire visant les personnes &#233;trang&#232;res sans titre et leur maintien dans les centres d'h&#233;bergement. Cette circulaire sera contest&#233;e. Le Conseil d'&#201;tat sans l'annuler en impose une lecture diff&#233;rente. Les agents en charge de son application n'auront pas de pouvoir de contraintes, juste de rappel &#224; la loi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avril 2021, Rouen. Le pr&#233;fet Durand, avec la complicit&#233; du D&#233;partement, passe en force un Plan d&#233;partemental d'Acc&#232;s au Logement et &#224; l'H&#233;bergement des Personnes d&#233;favoris&#233;es. Un de ses objectifs est de faire de la place dans les CHRS. Il est donc fait obligation aux structures d'h&#233;bergement d'appliquer le r&#232;glement d'une loi qui n'est pas appliqu&#233;e par l'&#201;tat, en remettant des personnes &#224; la rue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le comble de l'indignit&#233; ! &#201;videmment dans le viseur, l'&#233;tranger sans titre, crime de l&#232;se-majest&#233; r&#233;pr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Genevi&#232;ve, 69 ans&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
2 d&#233;cembre 2022. Un travailleur social d'une &#233;quipe mobile et sa stagiaire sont avec Genevi&#232;ve (4), 69 ans, expuls&#233;e de son logement en septembre et vivant entre rue et h&#233;bergement d'urgence. Apr&#232;s une d&#233;marche aupr&#232;s de sa banque, l'&#233;quipe d&#233;cide d'appeler le 115 pour elle. La batterie de son t&#233;l&#233;phone est presque vide et elle tient &#224; en garder un peu, au cas o&#249;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Arm&#233;e de trois t&#233;l&#233;phones, l'&#233;quipe arrivera &#224; joindre le 115 apr&#232;s une heure et demie avec plus de 1500 tentatives et une batterie vid&#233;e. La coll&#232;gue du 115 est seule &#224; r&#233;pondre ce jour-l&#224; ! Genevi&#232;ve sera h&#233;berg&#233;e trois jours, coup de bol c'est le WE. Lundi elle refera le 115, il faut qu'elle pense &#224; bien recharger son smartphone.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait penser que ceci n'est qu'une simple anecdote. Mais c'est ce que vivent les personnes &#224; la rue quotidiennement. Lorsqu'elles ont l'&#233;nergie suffisante pour le faire et leur t&#233;l&#233;phone mobile puisqu'il n'y a plus de t&#233;l&#233;phones publics. Beaucoup abandonnent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce m&#234;me jour, la loi Kasbarian-Berg&#233; est vot&#233;e, qui pr&#233;voit de criminaliser et d'expulser en 48h, sans jugement, les occupant.es d'un des 7 M de logements vacants, mais aussi les personnes sans bail en cours de validit&#233;. Ces expulsions se feront sans relogement, les recours et moyens de r&#233;gularisations seront tr&#232;s limit&#233;s (5). &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon la fondation Abb&#233; Pierre, cette loi injuste et antisociale va doubler le nombre de personnes sans domicile pour les b&#233;n&#233;fices de quelques sp&#233;culateurs immobiliers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parions que cette loi-ci sera bien appliqu&#233;e sans d&#233;lai ni &#233;tats d'&#226;me !&lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi 5 d&#233;cembre 2022. Genevi&#232;ve n'a pas abandonn&#233; et a eu assez de batterie. Apr&#232;s 800 appels &#171; seulement &#187;, elle a pu joindre le 115 qui l'a orient&#233;e vers Colette Yver un centre d'accueil d'urgence ouvert parce qu'il a fait froid vendredi. Ce jour-l&#224;, Genevi&#232;ve dans son malheur a la chance d'&#234;tre une femme, car pour les hommes, le gymnase qui a ouvert vendredi a &#233;t&#233; referm&#233; le matin, parce qu'il&#8230; a fait moins froid. Quelqu'un &#224; la Pr&#233;fecture consulte la m&#233;t&#233;o et c'est le pr&#233;fet qui d&#233;cide. Encore lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stopper les contournements de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut stopper les contournements de l'&#201;tat qui consid&#232;re que mettre en place un service d&#233;di&#233; (SIAO) est LA r&#233;ponse. Qui consid&#232;re que rencontrer un service de premier accueil est une r&#233;ponse suffisante et digne &#224; la demande de &#171; toute personne sans abri en situation de d&#233;tresse m&#233;dicale, psychique ou sociale &#187;. Et cette gestion des ouvertures-fermetures en fonction du thermom&#232;tre doit cesser !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une insuffisance &#233;vidente de places p&#233;rennes pour l'h&#233;bergement des sans-abris. Il faut en cr&#233;er pour des mises &#224; l'abri comme celle d&#233;finie par la Loi de 2009. Il est indigne de &#171; faire tourner &#187; les personnes sur les places d'h&#233;bergement. Hier, c'&#233;tait 3 nuits &#224; l'abri, 6 dehors, aujourd'hui, &#231;a peut &#234;tre une semaine &#224; l'abri et 15 jours dehors. On en arrive presque &#224; regretter le Covid 19. Avec le confinement, des personnes h&#233;berg&#233;es ont pu se stabiliser bien plus longtemps. On a vu de r&#233;elles adaptations aux diff&#233;rents publics accueillis, la mise en place de structures d'h&#233;bergement multiformes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En se stabilisant physiquement dans un lieu d'accueil, il est possible d'abandonner le mode &#171; survie &#187;, d'accepter un accompagnement, de se soigner et se reposer, de trouver de la s&#233;curit&#233; et de la protection et quand elle est possible la r&#233;paration des dommages caus&#233;s par la vie &#224; la rue. C'est pourquoi il faut que cesse ce roulement inhumain, du dehors-dedans&#8230; Plus le temps pass&#233; &#224; la rue est important, plus les d&#233;g&#226;ts sont importants pour les personnes. Et plus le &#171; co&#251;t social &#187; est &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi il faut l'application des articles du CASF (6), sans d&#233;lai et autres esquives administratives. Un argument souvent entendu particuli&#232;rement &#224; Rouen est l'appel d'air : &#171; Oui, vous comprenez, si on ouvre plus de places, &#231;a va attirer du monde en plus ici. Il va y avoir un appel d'air &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'emp&#234;che, l'appel d'air (froid), pour le moment, ce sont ceux et celles qui sont &#224; la rue qui le subissent !&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Droit au logement
(2) Loi n&#176; 2002-2 du 2 janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale
(3) Service Int&#233;gr&#233; d'Accueil et d'Orientation
(4) Pr&#233;nom invent&#233;
(5) Jusqu'&#224; 10 ans de prison pourraient &#234;tre requis contre des personnes ayant des difficult&#233;s s&#233;rieuses de logement.
(6) Articles L345-2-2 et L345-2-3 du CASF : toute personne sans abri en situation de d&#233;tresse m&#233;dicale, psychique ou sociale a acc&#232;s, &#224; tout moment, &#224; un dispositif d'h&#233;bergement d'urgence.&lt;HR&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Fondation Abb&#233; Pierre a comptabilis&#233; en 2021 285000 personnes vivant en centres d'h&#233;bergement, ou en CADA. 22189 dans les bidonvilles et 27000 personnes sans abri lors du recensement de la population 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Collectif Les Morts de la Rue a d&#233;nombr&#233; 620 personnes d&#233;c&#233;d&#233;es sans chez-soi. La r&#233;alit&#233; serait plut&#244;t que 3500 personnes seraient mortes de la rue en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Habiter en CHRS, faire comme chez soi quand on n'a pas de chez soi</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Habiter-en-CHRS-faire-comme-chez-soi-quand-on-n-a-pas-de-chez-soi</link>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>1347</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rencontre vid&#233;o avec C&#233;dric Sadin-Cesbron &lt;br class='autobr' /&gt;
Fais comme chez toi ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; de son m&#233;moire professionnel analyse et conception de l'intervention sociale (ANACIS), C&#233;dric Sadin-Cesbron nous offre une r&#233;flexion importante sur l'accompagnement en centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) et notamment sur la notion d'habiter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ouvrage nous offre ce qu'habiter veut dire, dans l'ambivalence du dispositif d'h&#233;bergement qu'est le CHRS : la condition de vuln&#233;rabilit&#233; de ces lieux de vie temporaires ; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1347-" rel="tag"&gt;1347&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton11217-fcd20.jpg?1697061658' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/www-lien-social-com-VIDEO-o-Les-rencontres-litteraires-de-Lien-Social-episode5&#034;&gt;Rencontre vid&#233;o avec C&#233;dric Sadin-Cesbron&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fais comme chez toi !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tir&#233; de son m&#233;moire professionnel analyse et conception de l'intervention sociale (ANACIS), C&#233;dric Sadin-Cesbron nous offre une r&#233;flexion importante sur l'accompagnement en centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) et notamment sur la notion d'habiter.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage nous offre ce qu'habiter veut dire, dans l'ambivalence du dispositif d'h&#233;bergement qu'est le CHRS : la condition de vuln&#233;rabilit&#233; de ces lieux de vie temporaires ; avec du c&#244;t&#233; des usagers, comment se d&#233;cline le fait d'habiter comme &#233;preuve du &#171; maintien de soi &#187;, et d'un autre, les travailleurs sociaux aux questionnements sans limites. Construit en trois grandes parties, l'ouvrage pr&#233;sente dans un premier temps ce que l'auteur appelle les temporalit&#233;s paradoxales de l'h&#233;bergement social. Il &#233;tait pertinent de revenir sur l'histoire, les missions d'un CHRS, le cadre l&#233;gislatif et financier, mais &#233;galement sur l'&#233;volution des politiques et les changements dans l'accompagnement des r&#233;sidents. Il y est question du nouveau paradigme du Logement d'abord qui remet en question l'h&#233;bergement social, entre temporalit&#233; trop longue pour acc&#233;der au logement et critique de l'accueil en collectif. S'il existe bien une diversit&#233; de besoins, il doit y avoir une diversit&#233; des r&#233;ponses &#224; apporter. Tout ne serait pas &#224; voir sous ce nouvel angle du Logement d'abord, mais sous le prisme des temporalit&#233;s de s&#233;jour et des situations diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'habiter ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'habiter en h&#233;bergement social constitue la recherche en elle-m&#234;me, deuxi&#232;me partie du livre. Qu'est-ce qu'habiter veut dire ? Avec ses th&#233;matiques de la cohabitation collective, le m&#233;lange des publics, les consommations de produits, les capacit&#233;s &#224; vivre en logement, la pr&#233;sence sur place des travailleurs sociaux, le besoin de reconstruction, l'angoisse du devoir partir. Comment &#234;tre chez soi et en m&#234;me temps sur le d&#233;part constant ? Il est ici pr&#233;sent&#233;e la n&#233;cessit&#233; de respecter les diff&#233;rentes temporalit&#233;s et situations des usagers, qui ne correspond pas forc&#233;ment au temps politique, institutionnel. Cela n&#233;cessiterait alors une pluralit&#233; de r&#233;ponses singuli&#232;res &#224; apporter de la part des institutions. Le Logement d'abord ne saurait constituer une r&#233;ponse unique, de plus sans les moyens octroy&#233;s en termes de nombre de logements et de professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;ponses nuanc&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fort de ces constatations, l'auteur s'est attach&#233; en troisi&#232;me partie &#224; savoir ce que font les institutions et les travailleurs sociaux de cette notion &#171; d'habiter &#187;, en pr&#233;sentant comment les professionnels invitent les r&#233;sidents &#224; faire comme chez eux, cela en revisitant la notion d'hospitalit&#233; &#224; travers l'histoire, et ses contraintes, ses paradoxes. Il faut habiter, provisoirement, et s'activer &#224; partir. L'habiter s'en trouve emp&#234;ch&#233;. Comment d&#233;passer ce clivage hospitalit&#233;/contrainte ? En l'articulant. C'est l'objet de diverses propositions pour repenser l'h&#233;bergement social, sur ce &#171; droit &#224; habiter dans des conditions d&#233;centes &#187; par un accompagnement modulable et adaptable au libre choix des personnes accueillies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, sans remettre en cause l'approche du Logement d'abord, l'auteur met en lumi&#232;re le risque de glissement d'un droit au logement &#224; une injonction au logement pour tous. Et propose des r&#233;ponses diverses aux besoins multiples. Cela afin d'&#234;tre au plus pr&#232;s des besoins pour rendre l'habitat plus efficient, digne et bientraitant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ouvrage qui &#233;claire d'un nouveau regard l'h&#233;bergement social et qui devrait int&#233;resser tous les professionnels du secteur, mais aussi les &#233;tudiants afin de garder l'esprit critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludwig Maquet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7410 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH150/photo_livre_cre_dit_c_claudie_subrin-aa508.png?1697061658' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt; L'auteur&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dric Sadin-Cesbron est &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; de formation initiale. Il a travaill&#233; pendant plus de dix ans aupr&#232;s de personnes sans-abri, que ce soit au Samu social, en centre d'h&#233;bergement d'urgence ou en CHRS. Membre du collectif SOIF de Connaissances, il est aujourd'hui responsable formation sup&#233;rieure et recherche &#224; Ocellia (Lyon).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Claudie Subrin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. &#201;r&#232;s, mai 2023, 352 p., 19,50 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>H&#233;bergement d'urgence &#8226; Le r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; : derni&#232;re arme ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Hebergement-d-urgence-o-Le-refere-liberte-derniere-arme</link>
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		<dc:date>2023-09-13T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>Mal logement</dc:subject>
		<dc:subject>1345</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; des personnes &#224; la rue toujours plus nombreuses, associations et avocats multiplient les recours en r&#233;f&#233;r&#233; devant les tribunaux administratifs pour leur obtenir une place d'h&#233;bergement d'urgence ou adapter les conditions d'accueil aux situations des familles. &lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;cision pourrait faire date. Du moins, l'avocat Samy Djemaoun l'esp&#232;re. Dans une ordonnance du 4&#8239;mai 2023, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s du tribunal administratif de Paris enjoint &#224; la pr&#233;fecture de proc&#233;der &#224; l'h&#233;bergement d'urgence d'une m&#232;re et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; des personnes &#224; la rue toujours plus nombreuses, associations et avocats multiplient les recours en r&#233;f&#233;r&#233; devant les tribunaux administratifs pour leur obtenir une place d'h&#233;bergement d'urgence ou adapter les conditions d'accueil aux situations des familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7240 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH211/capture_d_e_cran_2023-09-05_a_10.46.30-4b1e5.png?1694642464' width='500' height='211' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
La d&#233;cision pourrait faire date. Du moins, l'avocat Samy Djemaoun l'esp&#232;re. Dans une ordonnance du 4&#8239;mai 2023, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s du tribunal administratif de Paris enjoint &#224; la pr&#233;fecture de proc&#233;der &#224; l'h&#233;bergement d'urgence d'une m&#232;re et de son enfant de 9 mois, et ceci &lt;i&gt;&#171; dans des conditions adapt&#233;es au jeune &#226;ge de ce dernier &#187;&lt;/i&gt; (1). &lt;i&gt;&#171; C'est une jurisprudence in&#233;dite. Le caract&#232;re adapt&#233; de l'h&#233;bergement d'urgence est inscrit dans la loi mais dans les faits il est tr&#232;s souvent absent &#187;&lt;/i&gt;, indique l'avocat au barreau de Paris, qui avait d&#233;pos&#233; le r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233;, proc&#233;dure juridictionnelle d'urgence contre une d&#233;cision administrative pouvant porter gravement atteinte &#224; une libert&#233; fondamentale.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Judiciarisation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En l'occurrence, il avait saisi le tribunal suite &#224; l'orientation de sa cliente, au titre de l'h&#233;bergement d'urgence et d&#233;j&#224; gr&#226;ce &#224; un premier recours en r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233;, dans un h&#244;tel dont la chambre de 9&#8239;m&#178; ne permettait pas l'installation d'un lit pour b&#233;b&#233;, pourtant n&#233;cessaire pour un nourrisson. Au-del&#224; de ce cas individuel, l'avocat s'est fait conna&#238;tre par les multiples proc&#233;dures en r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; qu'il a engag&#233;es ces derniers mois. Celles-ci ont permis, d'apr&#232;s ses chiffres, &#224; 83 familles d'obtenir un h&#233;bergement d'urgence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas le seul &#224; utiliser cette arme juridique. En Is&#232;re, le collectif citoyen Lutte H&#233;bergement Grenoble a r&#233;cemment fait parler de lui. Avec l'aide de l'association Droit au logement 38, il a saisi le tribunal administratif de Grenoble, via diff&#233;rents recours en r&#233;f&#233;r&#233;, pour enjoindre &#224; la pr&#233;fecture de rem&#233;dier &#224; d'importantes carences constat&#233;es par le collectif dans les conditions de vie au sein de centres d'h&#233;bergement du d&#233;partement. L'association se basait notamment sur le Code de l'action sociale et des familles qui indique, entre autres, que l'h&#233;bergement d'urgence doit se faire &lt;i&gt;&#171; dans des conditions d'accueil conformes &#224; la dignit&#233; de la personne humaine (...) &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux exemples illustrent la tendance &#224; la judiciarisation du droit &#224; l'h&#233;bergement d'urgence. Ces contentieux qui se multiplient entendent faire en sorte que l'&#201;tat respecte ses obligations d'h&#233;bergement d'urgence, que ce soit en mati&#232;re d'acc&#232;s ou de conditions de vie dans les centres. &lt;i&gt;&#171; Malheureusement aujourd'hui, l'application de ce droit passe souvent par le juge &#187;&lt;/i&gt;, constate Samy Djemaoun. &lt;i&gt;&#171; Le r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; est adapt&#233; &#224; la situation des sans-abri car il permet d'obliger &#224; d&#233;livrer une place d'h&#233;bergement en quelques heures ou jours&lt;/i&gt;, explique Noria Derdek, juriste &#224; la Fondation Abb&#233; Pierre. &lt;i&gt;Mais cela demande beaucoup d'&#233;nergie et de temps et cela reste du cas par cas. Pour faire bouger les choses structurellement, il faut d&#233;poser un recours sur le fond mais la d&#233;cision est beaucoup plus longue &#224; obtenir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie al&#233;atoire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'utilisation du r&#233;f&#233;r&#233; demeure une strat&#233;gie &#224; la fortune diverse. Ces derniers mois, des familles avec de tr&#232;s jeunes enfants n'ont pas &#233;t&#233; jug&#233;es assez vuln&#233;rables par les tribunaux administratifs ou le Conseil d'&#201;tat pour obtenir une place en h&#233;bergement d'urgence, compte tenu du contexte de saturation du dispositif. &lt;i&gt;&#171; Dans ces d&#233;cisions, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s met en balance la situation des personnes sans-abri, &#226;ge, &#233;tat de sant&#233;, situation familiale, avec les moyens de l'administration et la saturation des dispositifs. Pourtant la loi est limpide : elle reconna&#238;t un droit universel &#224; l'h&#233;bergement d'urgence et une obligation de r&#233;sultat pour l'administration &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Noria Derdek. Et le collectif Lutte H&#233;bergement Grenoble a &#233;t&#233; d&#233;bout&#233; deux fois faute de preuves suffisantes selon le tribunal administratif pour lui permettre de juger des carences d&#233;nonc&#233;es (2). Il a fait appel de la d&#233;cision devant le Conseil d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) TA Paris, ordonnance n&#176;&#8239;2309788/9 du 4&#8239;mai 2023
(2) TA Grenoble, ordonnance n&#176;&#8239;2302980 du 1er juin 2023&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>M&#232;re-&#201;ducatrice</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Mere-Educatrice</link>
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		<dc:date>2021-03-01T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>1290</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un accueil d'urgence, press&#233;, pressant, ne pouvant souffrir davantage la patience de Ma&#238;tre Temps. Elle avait besoin d'un toit, d'un accompagnement ; d'un cadre, de structure, d'un soutien ; d'un ancrage, d'un rep&#232;re, d'un lien. Et dans la pr&#233;cipitation des &#233;v&#232;nements tourbillonnants de son existence tourment&#233;e, et sous les pas empress&#233;s de la marche hivernale n'admettant plus l'attente, Lana avait fait son entr&#233;e dans notre (Foyer de) Vie. Femme d'une vingtaine d'ann&#233;es, fille en proie &#224; un relationnel (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un accueil d'urgence, press&#233;, pressant, ne pouvant souffrir davantage la patience de Ma&#238;tre Temps. Elle avait besoin d'un toit, d'un accompagnement ; d'un cadre, de structure, d'un soutien ; d'un ancrage, d'un rep&#232;re, d'un lien. Et dans la pr&#233;cipitation des &#233;v&#232;nements tourbillonnants de son existence tourment&#233;e, et sous les pas empress&#233;s de la marche hivernale n'admettant plus l'attente, Lana avait fait son entr&#233;e dans notre (Foyer de) Vie. Femme d'une vingtaine d'ann&#233;es, fille en proie &#224; un relationnel familial conflictuel, m&#232;re d'une petite fille de cinq ans, Lana &#233;tait, hier encore, abrit&#233;e par l'enveloppe protectrice d'une caravane, dans un camping. Auparavant, elle avait rencontr&#233; des difficult&#233;s avec son compagnon de vie. Ses parents l'avaient alors recueillie chez eux, elle et sa petite, alors sous protectorat d'un &#233;tayage &#233;ducatif &#224; domicile. Au fil du temps, les influences g&#233;n&#233;rationnelles avaient laiss&#233; place &#224; une (con) fusion des liens et des r&#244;les, la fonction d'autorit&#233; parentale de Lana s'&#233;vanouissant dans les corridors labyrinthiques de ce lieu de vie, territoire dont elle se sentait &#233;trang&#232;re. Lana, plac&#233;e et enclav&#233;e entre l'autorit&#233; parentale de ses propres parents, et son statut de m&#232;re, d&#233;cida de se soustraire &#224; la situation, allant en qu&#234;te de la cr&#233;ation et de la (re) d&#233;finition de ce qu'elle estimait &#234;tre une plus juste place, pour elle, au sein d'un Centre d'H&#233;bergements et de R&#233;insertion Sociale. La vie lui pr&#233;senta, temporairement, les murs-accueil d'une caravane, dans un camping proche du lieu de vie de son enfant. Elle venait lui rendre visite quotidiennement, et l'accompagnait &#224; l'&#233;cole, chaque matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce moment-l&#224; que le chemin de Lana avait crois&#233; le n&#244;tre. En journ&#233;e, elle d&#233;veloppait ses talents professionnels au sein du milieu prot&#233;g&#233; que proposait l'Association. Ces horaires de travail ne lui permettaient plus d'accompagner sa petite &#224; l'&#233;cole, et elle le d&#233;plorait. Les chemins d'incertitude d'une certaine errance hantaient les m&#233;andres de ses r&#233;flexions, et le doute, tout comme le manque d'estime et de foi en elle, perlaient puissamment par-del&#224; son enveloppe-&#233;corce. Sa conviction, son d&#233;sir et son intention &#233;taient pourtant limpides : elle souhaitait reprendre sa place de m&#232;re aupr&#232;s de sa fille, d&#233;sireuse de lui offrir stabilit&#233;, contenance, rep&#232;res et s&#233;curit&#233;, au travers d'un cadre spatial fixe, marqu&#233; de l'empreinte de leur Relation duale, dans la douceur privil&#233;gi&#233;e de la dyade M&#232;re-Enfant. Dans ce chemin, &#224; la crois&#233;e de la Protection de l'Enfance, de l'H&#233;bergement et de l'urgence, l'accompagnement socio-&#233;ducatif propos&#233; offrait la possibilit&#233; &#224; Lana et sa fille, de vivre dans un petit deux pi&#232;ces. Lana, peu convaincue, n'osait clamer que la petitesse des lieux n'&#233;tait pas adapt&#233;e &#224; une enfant de cinq ans, connaissant intimement sa fille et ses besoins intenses de se mouvoir. Tout &#233;tait dit. Il n'y avait qu'&#224; &#233;couter. Il n'y avait qu'&#224; entendre. Comprendre &#233;tait la clef, la clef qui ouvrait la porte de la voie &#224; emprunter, de la voix &#224; suivre. La sienne. Elle s'&#233;tait pourtant laiss&#233;e guider, et avait visit&#233; les lieux, manifestant son implication et son int&#233;r&#234;t, dans cette d&#233;marche engag&#233;e de recherche de studio, appuyant ainsi sa volont&#233; de r&#233;affirmer sa place, affichant son envie de r&#233;ussite et son plein investissement. Le Juge pourrait voir les efforts et l'&#233;nergie fournis dans sa d&#233;marche de logement, sa participation active et constructive &#224; son Projet de vie, et sa reconqu&#234;te de place maternelle contenante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, elle &#233;tait venue dans le bureau. Elle avait refus&#233; l'appartement. Il &#233;tait bien trop &#233;troit. Elle avait donc choisi de repousser la re-Rencontre d'avec sa fille et le nouveau souffle de cette vie prochainement partag&#233;e. L'autre choix qui s'&#233;tait offert &#224; elle ? Accepter. Accepter, qui signifiait et impliquait, que sa fille vive un d&#233;m&#233;nagement, exp&#233;rimente les pr&#233;mices d'une nouvelle vie avec sa m&#232;re, dans un univers exigu, pour, au bout de quelques temps, devoir quitter ce nouveau nid, et &#234;tre &#224; nouveau s&#233;par&#233;e d'elle, le temps qu'un appartement adapt&#233; soit trouv&#233;. L'instabilit&#233;, la discontinuit&#233; et l'incertitude, empreintes de leur cohorte d'ins&#233;curit&#233;s, l'avait conduite &#224; renoncer. Elle avait choisi de diff&#233;rer son merveilleux dessein, nourri de son d&#233;sir et de son besoin visc&#233;ral, pour pr&#233;server, en son &#226;me de m&#232;re, l'&#233;quilibre psycho-affectif de sa fille. Elle voulait offrir, comme un cadeau, les meilleures chances et les meilleures conditions &#224; leur renouveau, rejetant tout &#171; faux-d&#233;part &#187;. Elle avait port&#233; son d&#233;sir, celui de sa Vie, son Projet, son Graal, dans sa chair, dans sa force et son courage, dans une abn&#233;gation et une d&#233;votion maternelle, sacrificielle, d&#233;sint&#233;ress&#233;e, magnanime. Elle avait rel&#233;gu&#233; son v&#339;u le plus cher de rattraper les mailles manquantes du lange enveloppant leur Relation filiale, au second plan. Elle avait su r&#233;pondre &#224; la temporalit&#233; pressante de recr&#233;er ce Lien, par la sagesse de l'attente d'une solution ult&#233;rieure. Elle avait ainsi fait acte d'&#233;ducation, car &#171; &lt;i&gt;&#8239;L'&#233;ducation, c'est le sacrifice de la pulsion&lt;/i&gt; &#187; (1), affirmait S. Freud, sacrifiant son d&#233;sir sur l'autel de l'amour et de la bientraitance, pour offrir un avenir meilleur &#224; sa fille, quand bien m&#234;me il serait synonyme de &#171; plus tard &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_3016 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L360xH291/1290-1-echos-58abc.jpg?1693580509' width='360' height='291' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Sacr&#233;e d&#233;cision &#8211; d&#233;cision sacr&#233;e &#8211;, berceau phon&#233;tique et symbolique, &#224; l'empreinte maternelle induisant l'id&#233;e de &#171; [&#8230;] faire sacr&#233;. Faire que &#231;a cr&#233;e &#187; (2). Lana s'&#233;rigeait en d&#233;miurge de sa propre vie, autorisant (3) la cr&#233;ation de la ligne d'horizon d'un avenir plus stable, plus ancr&#233;, plus vaste aussi. Mais de quelle(s) r&#233;sonnance(s) ce choix &#233;clair&#233; et ce refus se feraient-ils l'&#233;cho et le porteur dans l'histoire de son Accompagnement, pr&#233;sent et &#224; venir ? Puis elle avait quitt&#233; notre Foyer. C'&#233;tait son choix, en qualit&#233; d'unique Ma&#238;tresse de sa vie, dans la pleine gouvernance de sa propre existence, Juge supr&#234;me suivant son libre-arbitre, dans un &#233;lan d'autonomisation &#233;mancip&#233;e et responsable. Elle n'avait pas besoin de nous pour reconqu&#233;rir sa place, pour trouver sa voix(e). Je me le rappelle, elle m'avait confi&#233; vouloir devenir &#171; &#233;ducatrice &#187; (4). Elle l'&#233;tait d&#233;j&#224;. Seulement, personne ne le lui avait dit&#8230; &#201;ducateur, approche socio-historique : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;ducateur &#224; l'origine est un esclave. &#192; Rome ce personnage que l'on nomme educator, appartient &#224; une grande famille, la gens. Il est charg&#233; d'accompagner les enfants chaque matin, de la maison familiale au lieu de socialisation, le gymnasium. C'est le lieu o&#249; les enfants apprennent &#224; devenir des citoyens. Des ma&#238;tres leur enseignent le sport, la musique, la rh&#233;torique, la philosophie, les lois [&#8230;] &#224; l'origine, l'esclave educator, est celui qui assure le passage entre le quotidien familial et le quotidien social. C'est un passeur. Quelqu'un qui est &#224; la fois dedans et dehors par rapport au quotidien. [&#8230;] L'&#233;ducateur est bien celui qui assure un minimum de stabilit&#233; dans le quotidien. S'il accompagne les enfants de la gens au gymnasium, c'est pour qu'ils soient en s&#233;curit&#233;. Il les pr&#233;serve des mauvaises rencontres sur le chemin de la socialisation. Mais c'est aussi un accompagnateur d'une transformation : de l'&#233;tat d'enfant &#224; l'&#233;tat de citoyen. L'&#233;ducateur relie les deux rives de l'humain : l'enfant et l'adulte. Il en assure le passage&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (5).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Freud, Sigmund,&lt;i&gt; Introduction &#224; la psychanalyse&lt;/i&gt;, Ch.1, Paris, Payot, &#171; Petite Biblioth&#232;que Payot &#187;, 1983.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Rouzel Joseph, &lt;i&gt;Le quotidien en &#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, &#171; Action sociale &#187;, 2004, p.&#8239;143.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Au sens d'&#171; autorit&#233; &#187; qui autorise, qui rend l'Autre &#171; auteur &#187; (auctor, en Grec) de sa propre vie. Robbes, Bruno, &lt;i&gt;Les trois conceptions actuelles de l'autorit&#233;&lt;/i&gt;, in Cahiers p&#233;dagogiques, 28 Mars 2006, p.&#8239;1-20.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) De l'emprunt latin e(x)-ducator, &#171; celui qui conduit hors de&#8230; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Rouzel Joseph, &lt;i&gt;Le quotidien en &#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, &#171; Action sociale &#187;, 2004, p.83.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>H&#233;bergement &#8226; Le chien, compagnon d'insertion ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/hebergement-o-Le-chien-compagnon-d-insertion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/hebergement-o-Le-chien-compagnon-d-insertion</guid>
		<dc:date>2021-01-18T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>1287</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les CHRS ouverts aux chiens restent rares. &#192; Nantes, l'association Saint-Beno&#238;t Labre s'appuie sur cet accueil pour accompagner leurs propri&#233;taires dans leur d&#233;marche d'insertion. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;line fume une cigarette en attendant qu'arrive sa kin&#233;sith&#233;rapeute. Sa petite chienne &#171; chihuahua crois&#233;e pinscher nain &#187; patiente aussi, roul&#233;e en boule sur le lit. &#171; Cl&#233;a, c'est mon troisi&#232;me gamin ! &#187;, assure la m&#232;re de famille de 47 ans, expuls&#233;e de son HLM en 2017. &#171; Avant d'avoir une place ici, je vivais chez les proches (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1287-" rel="tag"&gt;1287&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les CHRS ouverts aux chiens restent rares. &#192; Nantes, l'association Saint-Beno&#238;t Labre s'appuie sur cet accueil pour accompagner leurs propri&#233;taires dans leur d&#233;marche d'insertion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C&#233;line fume une cigarette en attendant qu'arrive sa kin&#233;sith&#233;rapeute. Sa petite chienne &#171; chihuahua crois&#233;e pinscher nain &#187; patiente aussi, roul&#233;e en boule sur le lit. &#171; &lt;i&gt;Cl&#233;a, c'est mon troisi&#232;me gamin !&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, assure la m&#232;re de famille de 47 ans, expuls&#233;e de son HLM en 2017. &#171; &lt;i&gt;Avant d'avoir une place ici, je vivais chez les proches qui acceptaient de m'accueillir mais pas toujours avec ma chienne. Ici on se pose enfin ensemble. Je lui parle comme une folle !&lt;/i&gt; &#187;, confie-t-elle en caressant la fine t&#234;te de l'animal. Le centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) Ametis de l'association Saint-Beno&#238;t Labre (ASBL) est l'une des deux structures de l'agglom&#233;ration nantaise accueillant des bin&#244;mes personne &#8211; animal sans abri. Sur son site de Vertou (Loire-Atlantique), un chenil dot&#233; de quatre boxes permet aux r&#233;sidents d'y laisser leurs chiens. Encore mieux, deux studettes, dont la porte donne sur l'ext&#233;rieur, permettent d'y vivre avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;line y est install&#233;e depuis cet &#233;t&#233;, voisine de porte d'une grosse chienne et de son ma&#238;tre. Elle y reprend pied et esquisse un projet : &#171; &lt;i&gt;&#8239;m'installer dans un logement &#224; moi avec Cl&#233;a&lt;/i&gt;. &#187; &#171; &lt;i&gt;Nous en sommes encore loin&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, la ram&#232;ne &#224; la r&#233;alit&#233; son r&#233;f&#233;rent social Yann Le Biller, avant de l'encourager : &#171; &lt;i&gt;Cl&#233;a est un vrai levier pour t'aider &#224; prendre en main ta vie, travailler sur ton budget et ta sant&#233;&lt;/i&gt; &#187;. En &#233;cho aux soins v&#233;t&#233;rinaires qu'elle a d&#251; financer, C&#233;line se soigne aussi. D'ailleurs, c'est l'heure de sa s&#233;ance kin&#233; pour r&#233;cup&#233;rer la mobilit&#233; de sa main bless&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des molosses typiques des &#171; punks &#224; chiens &#187;, des chiens-chiens ou m&#234;me des chats&#8230; l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; Yann Le Biller en a vu passer des animaux &#224; poils ces derni&#232;res ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un inconditionnel des animaux mais je me prononce en faveur de l'accueil inconditionnel des personnes. Il faut donc prendre la personne avec son chien si ce dernier fait partie de son &#233;quation&lt;/i&gt; &#187;, met au point le travailleur social salari&#233; du CHRS Ametis depuis 2010. Il &#233;tait parmi les volontaires &#224; avoir suivi une formation d&#233;di&#233;e quand l'ASBL s'est lanc&#233;e dans sa d&#233;marche canine. Il a assist&#233; &#224; la r&#233;novation du site de Vertou puis l'adaptation de celui de Nantes (La Tannerie) pour pouvoir accueillir les chiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2197 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L421xH349/capture_d_e_cran_2021-01-18_a_10.22.23-eb992.png?1693570616' width='421' height='349' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&#192; l'&#233;poque, le responsable du p&#244;le h&#233;bergement-logement, Thierry Pastou, fort du constat qu'il n'existait aucun lieu d'accueil dans l'agglom&#233;ration nantaise pour les nombreux propri&#233;taires de chiens, participe &#224; une r&#233;flexion au niveau de la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233; (FAS). De sa rencontre avec la v&#233;t&#233;rinaire comportementaliste Nathalie Simon, na&#238;t une conviction qu'il r&#233;p&#232;te depuis &#224; ses &#233;quipes : &#171; &lt;i&gt;pour une personne d&#233;socialis&#233;e, le lien &#224; son animal r&#233;pond en partie &#224; sa carence de lien social. On peut travailler &#224; partir de cette relation affective pour que le chien repr&#233;sente un compagnon d'insertion et non un frein&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. En 2012, gr&#226;ce &#224; un financement de la Fondation Adrienne et Pierre Sommer, des travailleurs sociaux de l'ASBL ainsi que d'autres associations locales sont form&#233;s par Nathalie Simon. La v&#233;t&#233;rinaire, qui a roul&#233; sa bosse au Canada et mis au point une m&#233;thode appel&#233;e &#171; La conduite accompagn&#233;e du chien &#187;, l'applique &#224; un public ayant eu un parcours de rue avec un module &#171; Le chien compagnon d'insertion &#187;. &#171; &lt;i&gt;&#8239;C'est une approche &#233;cologique, s'int&#233;ressant &#224; l'environnement de la personne, &#233;ducative pour elle comme pour son chien et pratique : le but &#233;tant de proposer des solutions. On &#233;tudie le parcours de vie de la personne et la mani&#232;re dont son chien s'y int&#232;gre, puis on va chercher les potentiels pour que l'animal ne constitue pas un obstacle mais au contraire un atout&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;crit-elle. Cette m&#233;thode douce, &#224; contre-pied du dressage canin, permet d'apprendre &#224; faire ob&#233;ir le chien mais aussi &#224; le laisser seul. Elle pr&#233;vient aussi des formes de maltraitance. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Cela permet de travailler la communication non violente, d'apaiser les relations&lt;/i&gt; &#187;, salue Thierry Pastou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce programme, la v&#233;t&#233;rinaire rencontre d'abord la personne et son chien pour un entretien d'&#233;valuation auquel participe le travailleur social : ils identifient ensemble les points &#224; travailler. Souvent la personne se d&#233;voile en racontant la relation &#224; son compagnon &#224; quatre pattes. Puis une ou deux autres rencontres conjointes permettent de commencer &#224; &#171; s'entra&#238;ner &#187;. Le travailleur social peut ensuite accompagner progressivement le ma&#238;tre et son animal d'un h&#233;bergement collectif vers un h&#233;bergement interm&#233;diaire (CHRS diffus, maison relais), puis un logement autonome. Apr&#232;s quelques ann&#233;es d'exp&#233;rimentation, ces &#233;valuations ont lieu actuellement en pointill&#233;, question de disponibilit&#233;s et de moyens. Mais la pr&#233;sence de chiens est d&#233;sormais inscrite dans le projet associatif et les contrats d'accueil. Et sur le terrain, les professionnels sont sensibilis&#233;s sans pour autant croire aux miracles. &#171; &lt;i&gt;C'est plus facile d'accueillir les chiens en urgence mais en insertion cela est loin de tout r&#233;soudre. Cela d&#233;pend avant tout de la personne&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, souligne Yann Le Biller. Les chiens de la rue ont l'habitude d'&#234;tre en groupe. Compagnons fid&#232;les par excellence, ils vivent dehors en libert&#233;, coll&#233;s &#224; leurs ma&#238;tres. &#171; &lt;i&gt;Il y a un gros travail &#224; faire, des deux c&#244;t&#233;s, pour apprendre la s&#233;paration. L'animal doit pouvoir rester seul entre quatre murs pour que son ma&#238;tre envisage des d&#233;marches et une vie dans un logement&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;crit l'&#233;ducateur, qui, impliqu&#233;, porte un projet de nouvel espace canin dans le parc du CHRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au CHRS Ametis, les personnes h&#233;berg&#233;es ne peuvent avoir qu'un chien. &#171; &lt;i&gt;Pour celles qui en ont deux, voire toute une horde, c'est une mani&#232;re de dire &#8220;vous ne pouvez pas m'enfermer&#8221;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, pense Thierry Pastou. Persuad&#233; de l'int&#233;r&#234;t de la d&#233;marche, il esp&#232;re bien pouvoir la relancer plus activement. Mais les institutions sont r&#233;ticentes &#224; financer ce genre de programme en dehors des cases. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Cela revient pourtant moins cher que de payer les d&#233;g&#226;ts dans un logement d&#233;truit par un chien insuffisamment pr&#233;par&#233;&lt;/i&gt; &#187;, appuie la v&#233;t&#233;rinaire Nathalie Simon. Elle a form&#233; une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e &#224; sa m&#233;thode, pr&#234;te &#224; l'&#233;pauler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2198 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH285/capture_d_e_cran_2021-01-18_a_10.22.36-dd9ff.png?1693570617' width='500' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;C&#233;line rencontre son r&#233;f&#233;rent social, Yann Le Biller, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, avec son petit chien Cl&#233;a.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'incendie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1269-L-incendie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>1269</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On croit facilement que les &#233;preuves peuvent encore plus fragiliser les personnes les plus pr&#233;caires. Il n'en va pas toujours ainsi, bien au contraire. T&#233;moignage. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai commenc&#233; &#224; travailler &#224; l'Association de logement pour les sans-abri (ALSA) &#224; une p&#233;riode de ma vie o&#249; j'avais d&#233;cid&#233; de tout changer et d'oser me lancer dans le secteur de la pr&#233;carit&#233;, domaine qui m'attirait tant, mais dont les pr&#233;jug&#233;s et les &#233;chos que j'avais eus, me faisaient peur. J'ai laiss&#233; derri&#232;re moi, mes valises remplies de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On croit facilement que les &#233;preuves peuvent encore plus fragiliser &lt;br class='autobr' /&gt;
les personnes les plus pr&#233;caires. Il n'en va pas toujours ainsi, bien au contraire. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; travailler &#224; l'Association de logement pour les sans-abri (ALSA) &#224; une p&#233;riode de ma vie o&#249; j'avais d&#233;cid&#233; de tout changer et d'oser me lancer dans le secteur de la pr&#233;carit&#233;, domaine qui m'attirait tant, mais dont les pr&#233;jug&#233;s et les &#233;chos que j'avais eus, me faisaient peur. J'ai laiss&#233; derri&#232;re moi, mes valises remplies de doutes et je me suis lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tr&#232;s vite senti que mon regard professionnel sur mon m&#233;tier ne serait plus jamais le m&#234;me. Ces personnes accueillies ne se heurtaient pas seulement &#224; un syst&#232;me social, mais &#224; la vie elle-m&#234;me. En peu de temps, j'ai compris que les travailleurs sociaux qui les accompagnaient n'&#233;taient pas l&#224; uniquement dans un but &#233;ducatif, mais r&#233;ellement par conviction. Pour la premi&#232;re fois au sein d'une association, dans une &#233;quipe professionnelle et aupr&#232;s de personnes accueillies, je me suis sentie &#224; ma place. Je suis donc devenue monitrice &#233;ducatrice, r&#233;f&#233;rente d'une r&#233;sidence accueil logeant seize personnes, toutes orient&#233;es en amont par deux secteurs psychiatriques partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement, j'avais fait le choix de travailler dans un domaine que je connaissais peu, mais en plus nous avions un partenariat avec un secteur qui &#233;tait pour moi totalement nouveau : la psychiatrie. Les visites &#224; domicile, les crises d'angoisse, les rires, les pleurs, les cris, les traumatismes, les infirmiers, les m&#233;dicaments, les hospitalisations, les hospitalisations sous contrainte, la police, les psychiatres, le caf&#233;, les trajets en voiture, les entretiens individuels, les repas et j'en passe&#8230; Toutes ces choses qui ont commenc&#233; &#224; faire partie de mon quotidien vite, trop vite peut-&#234;tre. Parce que m&#234;me si tout est nouveau, tout est inconnu, il faut agir, mais agir vite. &#202;tre r&#233;actif, attentif, savoir comprendre, comprendre oui, mais apprendre surtout &#224; &#233;couter. Pas &#233;couter pour &#233;tablir un profil ou r&#233;diger un projet, &#233;couter pour permettre &#224; votre interlocuteur de survivre, d'exister. Les discussions deviennent alors parfois de longs monologues o&#249; vous ne pouvez qu'hocher la t&#234;te car la moindre de vos paroles peut faire basculer la personne dans un d&#233;lire de pers&#233;cution ou autre. On avance en tant que professionnel, &#224; t&#226;tons, mais on recule aussi, on recommence et enfin on apprend &#224; &#233;chouer. Echouer, oui, parce que l'on d&#233;couvre que non seulement l'on travaille avec un public pr&#233;caire et en difficult&#233;s psychiatrique mais en plus qui ne veut rien, ne souhaite rien et ne demande rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En formation, on ne vous apprend pas &#224; travailler avec des personnes qui ont de tels profils. Vous d&#233;couvrez que, tr&#232;s souvent, ce ne sont pas elles qui viennent &#224; vous mais vous qui devez le faire. Si rapidement vous n'actionnez pas &#171; la machine du lien &#187;, vous &#233;tablirez peut-&#234;tre des rencontres, vous remplirez surement vos missions ou r&#233;pondrez correctement &#224; votre fiche de poste ; mais l'essence m&#234;me du travail &#233;ducatif vous &#233;chappera.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis peut-&#234;tre une privil&#233;gi&#233;e, mais moi c'est un &#233;v&#233;nement qui m'a fait d&#233;couvrir l'essence de ce travail. Privil&#233;gi&#233;e ou pas, car c'est une belle ironie pour moi d'utiliser le mot essence, quand on sait que c'est un activateur de flammes et que l'&#233;v&#232;nement en question est un incendie. La r&#233;sidence accueil a &#233;t&#233; la proie de quatre incendies r&#233;partis sur cinq mois environ. Les locataires y ont &#224; peu pr&#232;s tout perdu, en sachant que la plupart n'avaient d&#233;j&#224; pas grand-chose. Ces divers feux ont entrain&#233; de terribles changements dans leur quotidien, mais &#233;galement dans celui de l'&#233;quipe professionnelle encadrante. Les deux premiers feux n'ayant entrain&#233; que quelques d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels avec de faibles r&#233;percussions sur les appartements, la majorit&#233; des personnes avaient pu rester dans leur appartement malgr&#233; la peur d'un nouvel incendie. Ce sont les troisi&#232;me et quatri&#232;me sinistres qui furent les plus d&#233;vastateurs. Ils entrain&#232;rent l'hospitalisation de plusieurs r&#233;sidants (dont l'un se trouva dans un &#233;tat critique), ainsi que le relogement de quatorze personnes dans divers h&#244;tels de la ville. Je pourrais citer des dizaines d'exemples de situations douloureuses v&#233;cues &#224; leurs c&#244;t&#233;s, durant cette p&#233;riode. Je passe sur les innombrables allers retours entre le bureau et les h&#244;tels, les h&#244;tels et le 115, le 115 et la police ou encore sur les interminables discussions pour tenter de rassurer, d'&#233;pauler, d'&#233;couter alors que nous-m&#234;mes nous n'&#233;tions alors plus vraiment s&#251;rs de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2123 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH308/screenshot_14-57cd6.png?1694601450' width='500' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il a fallu tenir, y croire, ten&#173;dre les bras, essayer car, petit &#224; petit, on se rendit compte que le rep&#232;re n'&#233;tait plus un logement, un bureau ou une adresse, mais &#171; vous &#187;. Le travailleur social, que vous incarnez alors, devient l'&#233;l&#233;ment stabilisateur dans la crise. J'ai d&#233;couvert que le fait d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sente, mais surtout, d'avoir &#233;t&#233; touch&#233;e et marqu&#233;e par leurs situations a entrouvert une porte sur la relation &#233;ducative. Pas un seul instant, je n'ai eu l'impression qu'ils doutaient de moi, alors que tant de fois j'ai d&#251; me faire violence pour ne pas craquer. Tant de fois, leur force face &#224; l'adversit&#233; et la bienveillance qu'ils avaient &#224; mon &#233;gard m'ont sid&#233;r&#233;. C'est &#224; ce moment-l&#224;, que quelque chose s'est pass&#233;, quelque chose a surgi entre ces gens et moi. Pas uniquement moi la travailleuse sociale, mais moi aussi, la personne. Cet &#233;v&#232;nement traumatisant &#233;tait devenu la clef me permettant d'entrer au c&#339;ur de l'accompagnement. Leur gal&#232;re &#224; eux durera plus de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec du recul et en dressant un bilan de cette p&#233;riode, on peut mettre bout &#224; bout tout ce qu'il y a de positif dans cet &#233;v&#233;nement : la coh&#233;sion d'un groupe, l'union, l'entraide, l'accompagnement, la proximit&#233; qui s'est install&#233;e entre &#171; eux et nous &#187;. Et c'est bien cette proximit&#233; qui, aujourd'hui encore, me permet de garder un lien fort avec certaines personnes, malgr&#233; le fait que je ne sois plus leur &#233;ducatrice. Cette proximit&#233;, mais aussi ce lien de confiance que je n'ai jamais cess&#233; de choyer et qui aujourd'hui d&#233;finit la professionnelle que je suis devenue : une travailleuse sociale qui du &#171; rien &#187; tente de faire &#171; un peu &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Housing first : vers une r&#233;ponse globale ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1265-Housing-first-vers-une-reponse-globale</link>
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		<dc:date>2020-01-21T11:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
		<dc:subject>1265</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec F&#233;lix remonte &#224; 2001. J'&#233;tais alors &#233;ducatrice sur le foyer de post cure d'un Centre de soins sp&#233;cialis&#233;s aux toxicomanes &#224; Paris. &#192; sa sortie de prison, il avait int&#233;gr&#233; une chambre d'h&#244;tel, puis le foyer de postcure o&#249; je travaillais alors. Je me souviens d'un homme silencieux et distant. Quasi mutique, il nous d&#233;visageait en silence pendant les entretiens. Il ne se liait pas d'avantage avec les autres r&#233;sidents. C'&#233;tait, en revanche, un grand amateur de caf&#233;. Je n'ai pas eu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Maladie-mentale" rel="tag"&gt;Maladie mentale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1265-" rel="tag"&gt;1265&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma premi&#232;re rencontre avec F&#233;lix remonte &#224; 2001. J'&#233;tais alors &#233;ducatrice sur le foyer de post cure d'un Centre de soins sp&#233;cialis&#233;s aux toxicomanes &#224; Paris. &#192; sa sortie de prison, il avait int&#233;gr&#233; une chambre d'h&#244;tel, puis le foyer de postcure o&#249; je travaillais alors. Je me souviens d'un homme silencieux et distant. Quasi mutique, il nous d&#233;visageait en silence pendant les entretiens. Il ne se liait pas d'avantage avec les autres r&#233;sidents. C'&#233;tait, en revanche, un grand amateur de caf&#233;. Je n'ai pas eu l'occasion d'apprendre &#224; le connaitre. Il a d&#233;cid&#233; de lui-m&#234;me de partir sans explication. Je l'ai retrouv&#233;, quelques ann&#233;es plus tard, dans le m&#234;me centre, devenu centre de soins, d'accompagnement et de pr&#233;vention en addictologie (CSAPA), dans le service d'appartement th&#233;rapeutique, &#224; la demande du m&#233;decin psychiatre qui continuait de le suivre depuis son entr&#233;e dans notre &#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la vie de F&#233;lix, je n'ai que peu d'&#233;l&#233;ments. Il semblait &#233;luder les questions trop personnelles. Les seuls &#233;l&#233;ments que je poss&#233;dais : il avait un grand parcours de rue, connu la prison et percevait une Allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH). Il avait apparemment consomm&#233; du cannabis, de l'alcool et de l'h&#233;ro&#239;ne par le pass&#233;. Il ne s'&#233;panchait pas sur le sujet. Mais nous n'avons jamais constat&#233; d'&#233;l&#233;ments qui auraient pu nous laisser penser &#224; des consommations, encore moins &#224; une addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;lix refusait de voir un psychologue, il avait le &#171; docteur C. &#187;, son psychiatre auquel il avait accord&#233; sa confiance. Il le rencontrait tous les quinze jours pour son traitement de substitution et ne souhaitait aucun autre traitement. En entrant sur le service d'appartement th&#233;rapeutique, il s'engageait &#224; me rencontrer une fois par semaine et &#224; trouver un emploi. Son m&#233;decin &#233;tait dubitatif sur cette perspective et, effectivement, assez rapidement, je d&#233;cidais d'arr&#234;ter de lui parler projet professionnel. Lors de ma premi&#232;re visite &#224; domicile, je fus surprise de trouver son sac de couchage sur le canap&#233; convertible. Je pris l'initiative de r&#233;cup&#233;rer draps, couette et oreiller et d&#233;cidais de lui faire son lit &#224; l'occasion d'une visite &#224; domicile. Tout en m'aff&#233;rant, je lui vantais le confort d'un lit douillet. Pour toute r&#233;ponse, j'eus le droit &#224; un &#233;clat de rire. Je pris l'habitude de retrouver le sac de couchage sur le clic clac ainsi qu'&#224; une longue s&#233;rie de rires. Envisager des activit&#233;s ? Rire. Proposer une am&#233;lioration du logement ? Rire. Pour les entretiens, F&#233;lix &#233;tait r&#233;gl&#233; comme une horloge : chaque mardi matin, je le rencontrais, &#224; mon bureau ou chez lui. Aucune d&#233;rogation possible &#224; cette r&#232;gle pour lui. Lorsque je devais d&#233;caler un rendez-vous, il opposait &#224; chaque proposition un refus pour cause de rendez-vous ext&#233;rieurs. Intrigu&#233;s, nous tentions avec son psychiatre d'en savoir plus. Il nous a fallu du temps pour comprendre que F&#233;lix, pourtant tr&#232;s solitaire, avait un r&#233;seau de socialisation bien &#224; lui. C'est &#224; l'occasion d'un remplacement aux Restos du C&#339;ur que je le croisais un soir. Lorsqu'il me vit, il me lan&#231;a un : &#171; Bonjour Madame Vander Elst &#187;, de son ton habituel, au rythme hach&#233;, puis &#233;clata d'un rire sonore. Il mangea en silence, ponctu&#233; par quelques rires soudains lorsqu'il levait la t&#234;te pour me regarder, sans piper mot &#224; ses voisins, aucun lien avec les autres personnes attabl&#233;es qui, pour la plupart, semblaient se connaitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2149 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH547/screenshot_8-2-5a820.png?1693670395' width='500' height='547' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extr&#234;mement ritualis&#233;, il avait organis&#233; ses journ&#233;es du temps o&#249; il &#233;tait &#224; la rue. &#192; jour fixe et heure fixe, il se rendait dans diff&#233;rentes associations en fonction de ses besoins : prendre une douche, laver son linge, boire un caf&#233;, d&#233;jeuner, diner. La fin de la prise en charge se profilait et nous n'avions aucune solution d'h&#233;bergement malgr&#233; tous les documents que je remplissais &#224; la h&#226;te pour qu'il puisse acc&#233;der &#224; un logement autonome. F&#233;lix ne supportant pas la collectivit&#233; et ne pr&#233;sentant aucun projet autre qu'un logement, les possibilit&#233;s de lui trouver un h&#233;bergement &#233;taient tr&#232;s minces. Comme si ce n'&#233;tait pas assez, l'absence de traitement psychiatrique constituait un autre frein &#224; son relogement. F&#233;lix n'&#233;tait pas d&#233;lirant, mais il avait tous les sympt&#244;mes d'une pathologie psychiatrique : il &#233;tait extr&#234;mement ritualis&#233; et pas seulement dans l'organisation de son quotidien, il avait un lien &#224; l'autre extr&#234;mement distanci&#233; et disons, des id&#233;es assez particuli&#232;res, des &#171; bizarreries &#187; ainsi que des troubles du langage qui se caract&#233;risaient par un mutisme partiel. La fin de prise en charge sonna au d&#233;but de l'automne et F&#233;lix, sans un mot, prit son sac de couchage : direction la rue. N&#233;anmoins, tous les mardis, toujours ponctuel, il frappait &#224; la porte de mon bureau. Je tentais d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de lui trouver un logement, aid&#233;e par son psychiatre. Il dormait o&#249; il pouvait, le plus souvent dans des cages d'escalier avec son sac de couchage, parfois dans des halls d'h&#244;pitaux, au pire dehors dans des parcs. Il ne se plaignait pas, il avait pass&#233; ses vingt derni&#232;res ann&#233;es de cette mani&#232;re. Mais son &#233;tat physique se d&#233;gradait. Au bout de six mois de d&#233;marches, il int&#233;gra enfin un logement situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; de notre centre, dans une maison relais. &#192; ce jour, F&#233;lix n'a jamais particip&#233; &#224; aucune des activit&#233;s collectives propos&#233;es. Il vit toujours dans son studio et se rend avec une r&#233;gularit&#233; d'horloger &#224; ses rendez-vous chez son psychiatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire de ces personnes qui, pourtant autonomes, m&#234;me si cette autonomie ne rev&#234;t pas une forme conventionnelle, ne rentrent pas dans les &#171; clous &#187; des exigences des structures d'h&#233;bergement ? Ces exigences, souvent l&#233;gitimes au regard du cadre de r&#233;glementation des &#233;tablissements qui ob&#233;it &#224; des commandes politiques, peuvent &#234;tre v&#233;cues comme des contraintes : contraintes aux soins (traitements m&#233;dicamenteux non souhait&#233;s), contraintes sociales (pr&#233;carisation en termes de logement, de droits aux prestations sociales, exigence de projet professionnel), mais aussi contraintes l&#233;gales (mise en place de mesures de protection type curatelle ou tutelle). &#192; ces contraintes, certaines personnes pr&#233;f&#232;rent la rue. Pour les travailleurs sociaux aussi, ces situations sont difficiles. Elles demandent plus de travail de partenariat, de connaissances des structures locales sp&#233;cialis&#233;es, plus de souplesse aussi dans l'accompagnement, ce qui conduit parfois &#224; d&#233;roger &#224; quelques r&#232;gles institutionnelles. Elles renvoient &#233;galement &#224; un sentiment d'inefficacit&#233;, d'&#233;chec lorsque l'issue du s&#233;jour est un retour &#224; la case d&#233;part : la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation est grande alors de se d&#233;sinvestir et de renvoyer la personne &#224; son manque d'adh&#233;sion &#171; aux soins &#187; tels qu'on les con&#231;oit dans une certaine &#171; normalit&#233; &#187;. En raison de l'inad&#233;quation des modes d'accueil pour une population en incapacit&#233; d'entrer dans le processus d'int&#233;gration sociale ou professionnelle attendue, le dispositif Housing first est porteur d'espoir : l'espoir d'un soin (presque) sans contrainte. Sans la contrainte de devoir motiver sa demande par un projet, professionnel par exemple, ou de r&#233;pondre &#224; des attentes institutionnelles trop coercitives au regard du parcours de la personne. Envisager l'acc&#232;s &#224; un h&#233;bergement avec un degr&#233; minimal de contraintes non fond&#233;es du point de vue social, &#233;ducatif, th&#233;rapeutique revient &#224; placer la personne au centre de l'accompagnement, en respectant ses besoins, ses d&#233;sirs, mais aussi &#224; consid&#233;rer l'h&#233;bergement comme une composante essentielle au soin : gage de stabilit&#233; pour les uns, espoir de r&#233;tablissement pour les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CHRS &#8226; Bouts de vie, bout de Chaumi&#232;re</title>
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&lt;p&gt;Infantilisant, contraignant, co&#251;teux&#8230; Sous le coup des critiques, l'h&#233;bergement collectif perd peu &#224; peu ses financements. Imperturbable, La Chaumi&#232;re cultive depuis quarante ans une dynamique de groupe v&#233;cue comme incontournable pour traiter les blessures traumatiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand je suis arriv&#233;e &#224; La Chaumi&#232;re, je ne cherchais qu'un abri o&#249; &#234;tre en s&#233;curit&#233; avec mon enfant. J'ai d&#233;couvert bien plus. &#187; Ana&#239;s a pass&#233; douze mois dans ce centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale-centre maternel. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Infantilisant, contraignant, co&#251;teux&#8230; Sous le coup des critiques, l'h&#233;bergement collectif perd peu &#224; peu ses financements. Imperturbable, La Chaumi&#232;re cultive depuis quarante ans une dynamique de groupe v&#233;cue comme incontournable pour traiter les blessures traumatiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233;e &#224; La Chaumi&#232;re, je ne cherchais qu'un abri o&#249; &#234;tre en s&#233;curit&#233; avec mon enfant. J'ai d&#233;couvert bien plus. &#187;&lt;/i&gt; Ana&#239;s a pass&#233; douze mois dans ce centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale-centre maternel. Aujourd'hui, elle est de retour &#224; La Roque-d'Anth&#233;ron, village proche d'Aix-en-Provence, pour f&#234;ter les quarante ans du foyer qui lui a permis de retrouver ses ailes. &lt;i&gt;&#171; Ici, on nous accompagne &#224; trouver nos forces pour aller vers la stabilit&#233;. Les travailleurs sociaux nous aident &#224; mettre de c&#244;t&#233; ce qui nous a conduit ici, ils valorisent nos ressources pour qu'on puisse se projeter dans l'avenir. Et puis, il y a le collectif. Il cr&#233;e des solidarit&#233;s, d&#232;s qu'on traverse une difficult&#233;, on sent les autres soud&#233;s avec nous, &#231;a permet de r&#233;investir ses forces. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, La Chaumi&#232;re a accueilli 104 familles, 90 femmes, 10 couples et 221 enfants, 45&#8239;% des personnes sortaient d'une situation de violence, 67&#8239;% en avait &#233;t&#233; victime &#224; un moment de leur parcours. Pour cet anniversaire, l'&#233;quipe et les r&#233;sidentes ont d&#233;cid&#233; de faire &lt;i&gt;&#171; vivre des bouts de vies &#224; La Chaumi&#232;re &#187;&lt;/i&gt; aux visiteurs. &lt;i&gt;&#171; &#199;a va &#234;tre une journ&#233;e marathon&lt;/i&gt;, pr&#233;vient V&#233;ronique Lamant, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. &lt;i&gt;Et quand on arrive, il y a souvent beaucoup d'&#233;motions. &#187;&lt;/i&gt; Par petits groupes, les invit&#233;s sont mis en situation et d&#233;couvrent l'organisation de l'accueil et de l'accompagnement du foyer. Premi&#232;re &#233;tape, la visite du studio, o&#249; poser ses valises le temps n&#233;cessaire, est plut&#244;t un soulagement. Les r&#233;sidentes partagent ce sentiment d'avoir retrouv&#233; la paix &#224; leur arriv&#233;e. &lt;i&gt;&#171; &#199;a faisait quatre jours que j'avais le sentiment d'&#234;tre dans un film d'horreur. J'ai fui, mais j'avais tout le temps peur que mon ancien compagnon ne me croise. On a dormi dans la voiture avec mon fils&#8230; Alors la premi&#232;re nuit &#224; La Chaumi&#232;re, il y avait une petite lumi&#232;re. Un vrai silence. C'&#233;tait adorable. &#187;&lt;/i&gt; Le foyer compte 160 petits appartements autonomes. Une cl&#244;ture s&#233;curise les b&#226;timents et le parc environnant. Pour entrer ou sortir, il faut passer par le sas de l'accueil, mesure contraignante et rassurante. &lt;i&gt;&#171; Passer de la violence &#224; l'enfermement, &#231;a n'a pas &#233;t&#233; simple pour moi, se souvient Karima. Il y avait toutes ces r&#232;gles, ces ateliers, ces d&#233;marches&#8230; Et puis, ce questionnaire, le DCS (1). Tous les six mois, tu dois r&#233;pondre &#224; 160 questions. La premi&#232;re fois, j'ai mis n'importe quoi sans aucune sinc&#233;rit&#233;. Puis j'ai vu mon fils le remplir, et j'ai r&#233;alis&#233; que si on le faisait s&#233;rieusement &#231;a pouvait aider &#224; prendre conscience de plein de choses. Finalement, je me suis appuy&#233;e sur ce cadre structurant. J'ai m&#234;me conserv&#233; quelques r&#232;gles apr&#232;s mon d&#233;part. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2271 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH475/screenshot_1-4-9cedd.png?1694041715' width='500' height='475' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les r&#233;sidentes d&#233;crivent une fr&#233;n&#233;sie d'activit&#233;s. Un partenariat avec une cr&#232;che et un espace p&#233;riscolaire permet aux m&#232;res de retrouver du temps pour elles. La Chaumi&#232;re en profite pour leur faire d&#233;couvrir &lt;i&gt;&#171; une autre mani&#232;re de prendre soin de soi &#187;&lt;/i&gt;. Majoritairement f&#233;minine, l'&#233;quipe interdisciplinaire (2) propose, au-del&#224; de l'accompagnement individuel, de nombreux temps collectifs : groupes de paroles, d'&#233;changes et de savoir, ateliers parent-enfant, d'insertion professionnelle, sant&#233; bien-&#234;tre, communication non violente et gestion des conflits, cours d'auto-&#233;cole. Si ces journ&#233;es peuvent se r&#233;v&#233;ler fatigantes, elles ouvrent les possibles. &lt;i&gt;&#171; Prendre soin de soi, pour moi c'&#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; une certaine &#233;lite, je ne pensais pas en &#234;tre digne&lt;/i&gt;, explique Rym, h&#233;berg&#233;e depuis deux mois apr&#232;s quatorze ans de harc&#232;lement moral et physique. &lt;i&gt;J'ai r&#233;alis&#233; que j'avais de la valeur. Comme on vient toutes de pays diff&#233;rents, on &#233;change nos recettes pour se sentir bien, c'est des rencontres humaines que je n'avais plus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233;e depuis dix-huit mois, Alima sent le d&#233;part proche. Arriv&#233;e avec deux enfants, elle a depuis accouch&#233; de jumeaux. Pour lui permettre de pr&#233;parer son avenir, une technicienne d'intervention sociale et familiale apporte son soutien &#224; domicile. &lt;i&gt;&#171; Je ne voulais pas venir &#224; La Chaumi&#232;re. Maintenant je m'y sens bien, m&#234;me si je sais que je dois trouver une autre solution. Ma r&#233;f&#233;rente vient r&#233;guli&#232;rement chez moi pour voir comment je me sens, me soutenir dans mes projets, discuter quand elle voit qu'il y a un probl&#232;me. &#187;&lt;/i&gt; Toutes disent &#171; chez moi &#187;, m&#234;me Fa&#239;za pour qui vivre en foyer repr&#233;sente une d&#233;ch&#233;ance. &lt;i&gt;&#171; Ici, il y a des gens jour et nuit s'il y a un probl&#232;me, mais on est chez nous. On a l'intimit&#233; du studio. &#187;&lt;/i&gt; Avec son bac +&#8239;4, l'Alg&#233;rienne avait une bonne situation avant de tomber amoureuse de son bourreau fran&#231;ais. Depuis quatre mois &#224; La Chaumi&#232;re, elle a trouv&#233; la force de participer &#224; l'atelier th&#233;&#226;tre. Arriv&#233;e depuis plus d'un an, B&#233;a s'y est essay&#233;e sans parvenir &#224; aller jusqu'&#224; la repr&#233;sentation. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait trop dur. Je ne veux plus penser &#224; mon pass&#233;, je n'oublierai jamais cette souffrance, elle fait partie de ma vie, mais je veux tourner la page. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme de th&#233;&#226;tre et du social, Nicolas Valsan est un provocateur de rencontres, un accoucheur de r&#233;cits. Depuis dix ans, il s'invite &#224; La Chaumi&#232;re pour partager cette vie de rires, de pleurs, de cris, o&#249; les professionnels se m&#234;lent aux h&#233;berg&#233;s pour avancer ensemble. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas un &#233;lan naturel pour les travailleurs sociaux&lt;/i&gt;, souligne Muriel Capolino, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e et r&#233;f&#233;rente qualit&#233;. &lt;i&gt;Or il faut entendre les attentes, les manques, ce qui ne fonctionne pas. Les expertes c'est les r&#233;sidentes, elles nourrissent notre pratique &#187;&lt;/i&gt; Ce &#171; faire ensemble &#187; devient particuli&#232;rement tangible au travers de l'expression th&#233;&#226;trale, l&#224; les &#233;tiquettes tombent. Pour les trente ans, les femmes avaient propos&#233; une pi&#232;ce sur leurs v&#233;cus. La f&#234;te des quarante ans donne l'occasion &#224; une nouvelle troupe d'interpr&#233;ter ces textes, et de les enrichir de nouvelles paroles. Une vingtaine de com&#233;diennes se retrouvent sur sc&#232;ne pour livrer un spectacle coup de poing, r&#233;cit d'une violence qui met en miettes, et de leur capacit&#233; &#224; se reconstruire. Elles entrent sur sc&#232;ne comme des automates, et s'y installent peu &#224; peu comme des femmes libres, fortes, cr&#233;atives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2272 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH304/screenshot_2-6-1c5c7.png?1694041715' width='500' height='304' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Atelier communication non violente.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteures de tous les textes, elles partagent leurs parcours singuliers, et leur reconqu&#234;te commune du pouvoir d'agir. &lt;i&gt;&#171; J'aurais pu aller dans un appartement directement, mais je ne l'ai pas fait parce qu'il m'avait d&#233;truite. Il avait d&#233;truit ma confiance, alors je l'aurais rappel&#233;. Ici je r&#233;apprends &#224; me prot&#233;ger, je reconstruis mon mur petit &#224; petit, et j'ai d'autres personnes pour m'aider &#224; le construire. Quand je sortirai, je ne le rappellerai plus, et &#231;a, &#231;a n'a pas de prix. &#187;&lt;/i&gt; Travailleurs sociaux d'autres structures, financeurs, conseil d'administration, anciennes h&#233;berg&#233;es, le public est emmen&#233;. L'&#233;motion explose quand une artiste peintre chass&#233;e de son pays par la barbarie des hommes et des pouvoirs jette un tra&#238;n&#233;e de sang sur une toile et lance : &lt;i&gt;&#171; Je vais vous parler pour que le cri du silence cesse. &#187;&lt;/i&gt; En quelques minutes, elle livre le r&#233;cit d'une d&#233;livrance et un visage &#233;merge du tableau ensanglant&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le cri du silence s'est tu, le cri de la r&#233;volte l'a remplac&#233;, et une nouvelle femme est n&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'issue d'une telle performance, le d&#233;bat n'a rien de ti&#232;de, chacun parle avec les tripes. &lt;i&gt;&#171; L'exp&#233;rience d'un bon lien est la base pour se reconnecter avec les autres&lt;/i&gt;, intervient Nathalie Martin, psychologue de la structure. &lt;i&gt;Quand je vous regarde, je ne suis plus que dans l'&#233;motion, votre parole m'&#244;te la parole, vous n'en avez plus besoin, le travail est fini. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Descripteur des comp&#233;tences sociales, une m&#233;thode d'&#233;valuation construite en lien avec un sociologue, J-M-Dutr&#233;nit, dans les ann&#233;es 90 et r&#233;actualis&#233; r&#233;guli&#232;rement par l'&#233;quipe. &lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &#201;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es, psychologues, pu&#233;ricultrice, auxiliaires de pu&#233;riculture, &#233;ducatrices de jeunes enfants, conseill&#232;res en &#233;conomie sociale et familiale, assistante sociale, moniteur d'atelier et monitrice d'auto-&#233;cole.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>P&#233;ril sur l'accueil inconditionnel</title>
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&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement d'urgence sociale de la Croix-Rouge &#224; Toulouse accueillent depuis une quinzaine d'ann&#233;es des hommes sans h&#233;bergement. Plus largement, ils accueillent de mani&#232;re inconditionnelle (toutes situations administratives, toutes probl&#233;matiques&#8230;) des personnes de dix-huit &#224; quatre-vingt-dix-neuf ans, en rupture familiale, migrants, sortants de prison, d'h&#244;pital&#8230; Certains souffrant de pathologies somatiques, psychiatriques, de handicap moteur&#8230; &#192; leur arriv&#233;e, ces personnes sont dans une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les centres d'h&#233;bergement d'urgence sociale de la Croix-Rouge &#224; Toulouse accueillent depuis une quinzaine d'ann&#233;es des hommes sans h&#233;bergement. Plus largement, ils accueillent de mani&#232;re inconditionnelle (toutes situations administratives, toutes probl&#233;matiques&#8230;) des personnes de dix-huit &#224; quatre-vingt-dix-neuf ans, en rupture familiale, migrants, sortants de prison, d'h&#244;pital&#8230; Certains souffrant de pathologies somatiques, psychiatriques, de handicap moteur&#8230; &#192; leur arriv&#233;e, ces personnes sont dans une p&#233;riode de leur vie o&#249; ils sont particuli&#232;rment vuln&#233;rables. Ils peuvent &#234;tre en situation de rupture familiale, en rupture de soin, sortant d'institutions, primo-arrivants. L'accueil prend alors toute son importance, en amont des questions d'insertion ou de soin. Il n'y a d'ailleurs pas de projet personnalis&#233;, ce qui am&#232;ne &#224; travailler avec la temporalit&#233; de la personne et la libre adh&#233;sion. Cet accompagnement &#171; l&#233;ger &#187; est propice &#224; l'accueil de ces personnes. Par exemple, les personnes qui sont dans le d&#233;ni de leur pathologie ou celles qui rejettent les travailleurs sociaux, parfois c&#244;toy&#233;s depuis l'enfance. Les &#233;quipes travaillent en lien &#233;troit avec le 115, l'&#201;quipe mobile sociale et de sant&#233; et les partenaires m&#233;dico-sociaux qui orientent et accompagnent les personnes en journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ces lieux, &#224; la crois&#233;e de la psychiatrie, l'h&#244;pital, la rue, les parcours migratoires, ne sont pas valoris&#233;s &#224; hauteur du travail de &#171; stabilisation &#187; qu'ils effectuent aupr&#232;s des personnes les plus en difficult&#233;s. &#192; la suite &#224; l'&#233;tude nationale des co&#251;ts, les budgets et appels &#224; projet pour les centre d'h&#233;bergement d'urgence ont &#233;t&#233; revus &#224; la baisse, presque divis&#233;s par deux pour certaines structures toulousaines. Actuellement, les cr&#233;ations de places concernent des appartements en colocation, qui peuvent &#234;tre une am&#233;lioration pour certaines personnes accueillies, mais correspondent &#224; peu de personnes pr&#233;sentes sur nos lieux collectifs (sans-papiers, demandeurs d'asile, personnes les moins autonomes&#8230;). Les plus autonomes partent vers du logment accompagn&#233;, ou non. Les personnes les plus fragiles restent sur les collectifs, ce qui a r&#233;duit la mixit&#233; des collectifs. La cohabitation y est d'autant plus difficile. Face &#224; cette baisse de budget, certaines structures existantes ont accept&#233; d'&#234;tre dans un processus de &#171; rationalisation des co&#251;ts &#187; pour rentrer dans les co&#251;ts demand&#233;s. Les centres d'h&#233;bergement &#171; L'Escale &#187; et &#171; La Ram&#233;e &#187; en sont un exemple. Ils accueillaient 39 et 52 personnes et ont &#233;t&#233; mutualis&#233;s. &#192; ces collectifs se sont ajout&#233;es des places temporaires. Soit 120 hommes accueillis sur un m&#234;me lieu, et 150 en p&#233;riode hivernale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; durant six ans sur ces structures. Les moyens allou&#233;s ont toujours &#233;t&#233; minimes face au travail accompli par des &#233;quipes, elles-m&#234;mes en situation de pr&#233;carit&#233; (temps partiels, CAE, postes sous-qualifi&#233;s&#8230;) et parfois non dipl&#244;m&#233;s dans le secteur. Elles proposent un accueil de 17&#8239;heures &#224; 9&#8239;heures du matin, sans r&#233;elle volont&#233; de projet social, des locaux insalubres, inadapt&#233;s&#8230; Toutefois, les &#233;quipes et les personnes accueillies arrivaient &#224; cr&#233;er des lieux de vie, de solidarit&#233; palliant ainsi les difficult&#233;s quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage &#224; une structure de plus de 120 personnes, et sur des places temporaires, s'est accompagn&#233; d'une &#171; gestion &#187; &#224; la t&#226;che et au co&#251;t. Passant d'un salari&#233; pour 15 personnes accueillies &#224; un pour 25. Les salari&#233;s sont partis, se sont mis en arr&#234;t maladie. Les ph&#233;nom&#232;nes de violence se sont amplifi&#233;s face &#224; une &#233;quipe qui a eu moins d'influence sur la vie de la structure. Difficile en effet de cr&#233;er du lien quand les t&#226;ches se multiplient, que les personnes accueillies deviennent des visages dont on a des difficult&#233;s &#224; se rappeler le nom&#8230; Difficile d'instaurer un respect mutuel quand des affaires sont r&#233;guli&#232;rement perdues, les demandes oubli&#233;es et les sollicitations pour discuter maintes fois report&#233;es face au manque de temps&#8230; Face aux difficult&#233;s, le r&#232;glement de fonctionnement s'est durci alors qu'une grande tol&#233;rance &#233;tait pr&#244;n&#233;e, face aux consommations par exemple. Des cam&#233;ras ont &#233;t&#233; install&#233;es pour surveiller d'immenses b&#226;timents&#8230; Ces lieux de vie, &#233;tape dans un parcours favorisant le partage, se sont transform&#233;s en lieu de passage et de cohabitation subie. Retour aux ann&#233;es quatre-vingt&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CHU de la Croix Rouge tenaient une place de lieu de &#171; stabilisation &#187; pour certaines personnes et certains partenaires. Des places y sont par ailleurs toujours r&#233;serv&#233;es pour les personnes de la rue orient&#233;es par l'&#233;quipe mobile sociale et de sant&#233;. Cependant, les changements des derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; les publics les plus fragiles &#224; partir. Ces personnes ont parfois des difficult&#233;s &#224; supporter le collectif important et les tensions qui peuvent y exister. Ou sont en demande d'attention et de soutien que les &#233;quipes ne peuvent plus fournir. Il est &#233;galement devenu plus compliqu&#233; pour les salari&#233;s de prendre le temps d'observer et d'&#233;changer entre eux afin de pr&#233;venir des situations de conflits ou de crise. En d&#233;coule la multiplication des altercations ou de mise en danger qui aboutissent &#224; des fins d'accueil. Le territoire toulousain manque d'autant plus d'une structure de stabilisation pour hommes. Certains h&#233;berg&#233;s, les plus fragiles, ne supportent plus l'h&#233;bergement d'urgence ou la rue et ne sont pas en demande d'une structure d'insertion. Ils font alors des allers-retours entre la rue et les diff&#233;rentes structures qui ne sont pas adapt&#233;es &#224; leur demande et &#224; leurs besoins : CHU, CHRS Urgence, Halte Sant&#233;, Halte de nuit, H&#244;pital&#8230; Au mieux elles s'y maintiennent des ann&#233;es, au pis leur sant&#233; se d&#233;grade sous les yeux des personnes qui les accompagnent. Un lieu de &#171; stabilisation &#187; (inconditionnel, sans projet personnalis&#233;, ouvert en journ&#233;e, avec des &#233;quipes sociales et m&#233;dicales&#8230;) leur permettrait de se &#171; poser &#187; et d'avoir, s'ils le souhaitent, les moyens de sortir de la rue et de l'urgence sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CHRS : coupe claire dans les budgets</title>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
		<dc:subject>1226</dc:subject>

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&lt;p&gt;La r&#233;forme tarifaire impos&#233;e aux CHRS s'inscrit dans une logique d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. L'urgence, pourtant plus co&#251;teuse &#224; terme, est favoris&#233;e au d&#233;triment de la r&#233;insertion. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un coup de rabot. &#187; Florent Gueguen, directeur de la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233;, s'alarme des cons&#233;quences de la coupe annonc&#233;e de 20&#8239;millions d'euros sur le budget des centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) pour 2018. Dans le cadre de la r&#233;forme de la tarification des CHRS, une &#233;conomie budg&#233;taire de 57 (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;forme tarifaire impos&#233;e aux CHRS s'inscrit dans une logique d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. L'urgence, pourtant plus co&#251;teuse &#224; terme, est favoris&#233;e au d&#233;triment de la r&#233;insertion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un coup de rabot. &#187;&lt;/i&gt; Florent Gueguen, directeur de la F&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233;, s'alarme des cons&#233;quences de la coupe annonc&#233;e de 20&#8239;millions d'euros sur le budget des centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) pour 2018. Dans le cadre de la r&#233;forme de la tarification des CHRS, une &#233;conomie budg&#233;taire de 57&#8239;millions d'euros est planifi&#233;e sur 4 ans, dont 20&#8239;millions d&#232;s cette ann&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Appliqu&#233;e brutalement, cette mesure pourrait conduire &#224; la fermeture de plus d'un millier de places d'h&#233;bergement et &#224; la suppression de plusieurs centaines de postes d'intervenants sociaux &#187;&lt;/i&gt;, alertent, le 5&#8239;mars, treize grands r&#233;seaux comme la FAS, l'Uniopss, Emma&#252;s solidarit&#233;, dans une lettre ouverte au premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se basant sur l'&#233;tude nationale des co&#251;ts de 2016, qui compile les donn&#233;es de 80 % des CHRS, la r&#233;forme classe les structures en douze groupes homog&#232;nes d'activit&#233;s et de mission (GHAM) et en d&#233;duit des co&#251;ts moyens par groupe. Ces co&#251;ts augment&#233;s de 5 % seront d&#233;sormais des tarifs plafonds ; les budgets allou&#233;s ne d&#233;passeront pas ce niveau. En CHRS, le co&#251;t moyen &#224; l'ann&#233;e pour une place s'&#233;chelonne entre 8 000 et 20 000 euros. &lt;i&gt;&#171; Il arrive cependant que certaines structures d&#233;passent ces co&#251;ts, par exemple celles qui accueillent des femmes victimes de violences ou des personnes avec des probl&#233;matiques psychiatriques, souvent avec peu de places et une &#233;quipe importante d'intervenants&lt;/i&gt;, souligne Victor d'Autume, charg&#233; de mission h&#233;bergement &#224; la FAS. &lt;i&gt;Ces &#233;tablissements l&#224; seront les plus touch&#233;s par la fixation de tarifs plafonds. &#187;&lt;/i&gt; Et les populations les plus vuln&#233;rables en subiront les cons&#233;quences. Cependant, les CHRS qui restent en dessous des plafonds verront aussi leurs budgets diminu&#233;s via le dialogue budg&#233;taire classique entre les organismes gestionnaires et l'&#201;tat. &lt;i&gt;&#171; Il faut parvenir &#224; faire 20 millions d'&#233;conomies d&#232;s 2018&lt;/i&gt;, explique Victor d'Autume. &lt;i&gt;Les structures seront averties entre avril et juillet du volume de la coupe par &#233;tablissement. &#187;&lt;/i&gt; La fin de l'ann&#233;e sera difficile et les premi&#232;res mesures d'&#233;conomies, concentr&#233;es sur les derniers mois, vont toucher essentiellement la masse salariale, donc les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 43 000 personnes sont h&#233;berg&#233;es en CHRS. &lt;i&gt;&#171; Cette d&#233;cision comptable, prise sans aucune &#233;tude d'impact, aura des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour les personnes et les associations qui les accueillent, en contradiction avec les objectifs fix&#233;s par le pr&#233;sident de la R&#233;publique de n'avoir plus aucune personne &#224; la rue &#187;&lt;/i&gt;, soulignent les grands r&#233;seaux dans leur lettre ouverte. Les budgets pour les places d'urgence et d'h&#244;tels sont eux en augmentation : &lt;i&gt;&#171; C'est un choix politique de financer de la mise &#224; l'abri et de l'h&#233;bergement d'urgence pr&#233;caires au d&#233;triment de l'h&#233;bergement d'insertion &#187;&lt;/i&gt;, juge Florent Gueguen. Ce choix est, pour lui, &lt;i&gt;&#171; catastrophique &#187;&lt;/i&gt; et contraire &#224; la politique du logement d'abord d&#233;fendue par le gouvernement. &#192; son tour, le 13 mars, le collectif Alerte demande &#224; l'&#201;tat de revenir sur ces d&#233;cisions qui privil&#233;gient &lt;i&gt;&#171; des solutions court-termistes de faible qualit&#233; qui ne facilitent pas l'insertion future des personnes sans-abri &#187;&lt;/i&gt;. Le pouvoir, en mati&#232;re sociale, poursuit d&#233;cid&#233;ment un double discours, polic&#233; en fa&#231;ade, brutal en actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_990 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH402/1226-decryptage-7dac5.png?1694601450' width='500' height='402' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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