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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#171; Jusqu'o&#249; peut-on accompagner &#224; la parentalit&#233; ? &#187;</title>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Entre l'id&#233;ologie familialiste pour qui le meilleur des placements ne vaudra jamais la pire des familles et celle qui ne voit dans le milieu familial qu'un espace nocif et d&#233;l&#233;t&#232;re, il y a la r&#233;alit&#233; singuli&#232;re bien plus complexe de chaque situation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludwig Maquet, &#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;, dipl&#244;m&#233; en sciences de l'&#233;ducation &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sait pas toujours de quoi l'on parle quand on convoque la parentalit&#233;. Comme si c'&#233;tait un acte naturel de le faire, parce que l'on est travailleur social. Bien des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre l'id&#233;ologie familialiste pour qui le meilleur des placements ne vaudra jamais la pire des familles et celle qui ne voit dans le milieu familial qu'un espace nocif et d&#233;l&#233;t&#232;re, il y a la r&#233;alit&#233; singuli&#232;re bien plus complexe de chaque situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludwig Maquet, &#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;, dipl&#244;m&#233; en sciences de l'&#233;ducation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas toujours de quoi l'on parle quand on convoque la parentalit&#233;. Comme si c'&#233;tait un acte naturel de le faire, parce que l'on est travailleur social. Bien des interrogations sont n&#233;cessaires &#224; ce sujet afin d'&#233;viter les pi&#232;ges du jugement. Mais ces questionnements ne sont pas toujours pos&#233;s dans nos institutions&#8230; Dans ce cadre, le soutien et l'accompagnement des parents ne cessent de se d&#233;velopper. Mais que rev&#234;t ce concept ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, le terme de &#171; parentalit&#233; &#187; n'a vu le jour que dans les ann&#233;es cinquante, dans le jargon psy, et n'a eu de cesse de se d&#233;velopper en miroir avec une &#233;volution familiale qui a fait &#233;merger de nouveaux mots : monoparentalit&#233;, beau-parentalit&#233;, homoparentalit&#233;&#8230; Il s'agit du processus de d&#233;veloppement des parents, avant tout dans sa dimension psychoaffective. Traduction du terme &#171; &lt;i&gt;&#8239;parenthood&#8239;&lt;/i&gt; &#187; qui renvoie &#224; la condition d'&#234;tre parent, ou au terme &#171; &lt;i&gt;&#8239;parenting&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, en tant que pratique &#233;ducative. Comme il n'est pas ais&#233; de devenir, d'&#234;tre parent et que cela ne semble pas inn&#233;, il a fallu maintes analyses du concept, &#224; l'image du groupe dirig&#233; par Didier Houzel, P&#233;dopsychiatre qui le d&#233;clina, en 1998, autour de trois dimensions : la pratique de la Parentalit&#233; qui fait r&#233;f&#233;rence aux comp&#233;tences parentales ; son exp&#233;rience nourrie par sa dimension subjective ; son exercice qui concerne les droits et les devoirs rattach&#233;s &#224; la fonction parentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soit. Le soutien &#224; la parentalit&#233; serait donc toute forme d'accompagnement de la part des &#171; acteurs sociaux &#187;, pour aider les parents, en partant de leurs comp&#233;tences, dans l'&#233;ducation devant subvenir &#224; l'ensemble des besoins de leurs enfants. Pour cela, il s'agirait de s'appuyer sur un r&#233;seau compos&#233; de parents, de b&#233;n&#233;voles et de professionnels tr&#232;s divers qui partagent le m&#234;me engagement d'&#233;tayer les familles, dans le respect des personnes et de leur autonomie, en se fondant pour cela sur les connaissances disponibles. Il s'agit, au quotidien de nos interventions, d'accompagner avec empathie, tol&#233;rance et non jugement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Jusqu'o&#249; accompagner la parentalit&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; Je r&#233;pondrais, en &#233;cho, &#171; &lt;i&gt;&#8239;&#224; partir de quand ?&lt;/i&gt; &#187; Le rapport &#171; les 1 000 premiers jours. L&#224; o&#249; tout commence &#187; parle de cette p&#233;riode combien essentielle pour le d&#233;veloppement et la construction de l'enfant. Il propose, en autres, un soutien &#224; partir de la grossesse. Il semble en effet qu'il puisse &#234;tre n&#233;cessaire d'intervenir bien avant l'arriv&#233;e du b&#233;b&#233;, par un accompagnement &#224; la procr&#233;ation, mais aussi &#224; la sexualit&#233; et &#224; l'affectivit&#233;. Devenir parent remonterait, avant tout, dans l'imaginaire commun, &#224; la sexualit&#233;, la pr&#233;sence d'un enfant dans une famille symbolisant la reconnaissance de cet acte, constituant sa visibilit&#233;. La r&#233;alit&#233; vient parfois contredire cette pr&#233;notion. D'abord, &#224; travers les m&#233;thodes de procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e qui en sont le parfait contre-exemple. Mais aussi, parce que procr&#233;er est une chose, &#233;duquer en est une autre. Les difficult&#233;s auxquelles nous sommes confront&#233;s sur le terrain nous le rappellent tous les jours. De plus, l'exigence des normes &#233;ducative est si forte aujourd'hui que l'on peut &#234;tre rapidement jug&#233; et stigmatis&#233;. Les difficult&#233;s que nous rencontrons avec nos propres enfants devraient nous alerter contre toute forme de jugement trop h&#226;tif. Alors, m&#233;fions-nous d'une vision id&#233;alis&#233;e qui a pu inciter, en son temps, &#224; des politiques eug&#233;nistes. Et puis, le cycle de la vie s'inversant en termes de d&#233;pendance, ne serons-nous pas pris en charge par nos enfants, posant alors paradoxalement la question : seront-ils de bons parents pour leurs propres parents ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jean-Luc Boero, Responsable d'unit&#233; Aide sociale &#224; l'enfance (ASE),
membre de la Ligue des droits de l'homme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1850 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L291xH360/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.28.55-1b551.png?1693569671' width='291' height='360' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accompagnement &#224; la parentalit&#233; est au c&#339;ur de l'action de l'ASE. Mais, cela n&#233;cessite de rep&#233;rer les pratiques en question, certaines pouvant &#234;tre symboliques et d'autres pathog&#232;nes. Forc&#233;ment, des parents ont des ressources et des comp&#233;tences insoup&#231;onn&#233;es, quand d'autres n'arrivent pas &#224; vivre leur enfant autrement qu'en fonction de leurs propres &#233;motions et projections. R&#233;paration, fantasme de r&#232;glements de compte interg&#233;n&#233;rationnels viennent parasiter la rencontre avec l'enfant. Donc, il faut &#234;tre du c&#244;t&#233; des enfants pour travailler la parentalit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, c'est l'enfant qui fait le parent, mais c'est le parent avec son histoire et celle de ses anc&#234;tres qui fa&#231;onne aussi la relation et l'enfant. Les enjeux du travail de l'ASE sont immenses pour casser les cha&#238;nes de reproduction, pour laisser un espace &#224; la construction d'un sujet autonome, &#224; la r&#233;ponse &#224; ses besoins, pour favoriser un d&#233;sir d'ajustement &#224; l'enfant, tout ce qui permet de devenir parent. Les processus d'emp&#234;chement &#224; la juste parentalit&#233; peuvent &#234;tre nombreux conduisant &#224; la s&#233;paration, &#224; la distanciation symbolique, aux renoncements. Travailler uniquement sur l'apparence revient &#224; ne pas voir le reste et ce ne sont pas uniquement les signes visibles de danger qui doivent nous animer. Comprendre l'enfant dans sa qu&#234;te de reconnaissance in&#233;puisable, l'aider &#224; s'affranchir de ce lien invisible et douloureux lorsque le parent est absent n'est pas une mince affaire. Soutenir un travail de distanciation avec le parent dangereux est d'une grande complexit&#233;, car accompagner veut dire s'engager avec conviction et recul, en laissant un cheminement possible &#224; l'autod&#233;termination. Les juges des enfants, les travailleurs sociaux sont constamment pris dans des identifications qui peuvent conduire &#224; renforcer les pathologies, les m&#233;canismes de d&#233;fense qui ne lib&#232;rent pas des liens traumatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Travailler sur les parentalit&#233;s est donc un travail sur soi, parfois contre soi. C'est un travail de r&#233;flexivit&#233; et de d&#233;construction qui se fait gr&#226;ce aux &#233;quipes, &#224; la pluridisciplinarit&#233;, &#224; l'accompagnement clinique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent, Il faut entendre le relativisme culturel de la parentalit&#233; et se tenir dans une approche universelle des droits de l'enfant. Il faut accompagner la famille &#224; adopter des pratiques de parentalit&#233; qui soient conformes aux lois et ne pas d&#233;truire leur fondement culturel. Bref, c'est parfois par une prise de risque, par un travail autour de la compr&#233;hension de nos normes que nous pouvons faire bouger. Souvent les d&#233;bats peuvent &#234;tre passionn&#233;s sur de tels sujets. Il est important que le travailleur social soit dot&#233; d'une culture juridique, d'une approche sociologique et culturelle, d'un bon bagage sur le d&#233;veloppement de l'enfant pour pouvoir tenir une position construite. Pas de r&#233;ponse simple et univoque !&lt;br class='autobr' /&gt;
Construire un accompagnement &#224; la parentalit&#233; en r&#233;seau sans tomber dans les querelles id&#233;ologiques, mais sans nier ce puissant vecteur &#224; l'action n&#233;cessite aussi des qualit&#233;s de n&#233;gociateurs, de profondes bases techniques et une lucidit&#233; m&#226;tin&#233;e d'humilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Accompagner &#224; la parentalit&#233; c'est aussi comprendre les enjeux politiques et sociaux qui d&#233;terminent les politiques sociales ou les d&#233;bats politiques et sociaux. Ce n'est pas se perdre dans des approches simplistes des bonnes ou mauvaises familles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Construire un accompagnement &#224; la parentalit&#233;, c'est bien forc&#233;ment une question de mise au travail de toutes ces dimensions. C'est mettre l'enfant au centre de nos pr&#233;occupations et travailler souvent avec les parents, parfois sans eux et des fois contre eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Logement d'abord &#8226; Place aux jeunes</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Logement-d-abord-o-Place-aux-jeunes</link>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
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&lt;p&gt;Si les dispositifs Un chez soi d'abord sont accessibles d&#232;s 18 ans, seul un faible pourcentage de jeunes en b&#233;n&#233;ficie. Pourtant, les risques li&#233;s au sans-abrisme ne les &#233;pargnent pas. Pour mieux les accompagner et garantir l'acc&#232;s &#224; leurs droits, Lille et Toulouse exp&#233;rimentent un nouveau dispositif. &lt;br class='autobr' /&gt;
HOUSING first : n&#233;e aux &#201;tats-Unis, la formule marque un changement de philosophie dans l'action sociale &#224; destination des personnes sans-abri tr&#232;s marginalis&#233;es, souffrant de maladies psychiatriques et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si les dispositifs Un chez soi d'abord sont accessibles d&#232;s 18 ans, seul un faible pourcentage de jeunes en b&#233;n&#233;ficie. Pourtant, les risques li&#233;s au sans-abrisme ne les &#233;pargnent pas. Pour mieux les accompagner et garantir l'acc&#232;s &#224; leurs droits, Lille et Toulouse exp&#233;rimentent un nouveau dispositif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;HOUSING first&lt;/i&gt; : n&#233;e aux &#201;tats-Unis, la formule marque un changement de philosophie dans l'action sociale &#224; destination des personnes sans-abri tr&#232;s marginalis&#233;es, souffrant de maladies psychiatriques et d'addictions. Termin&#233;e la logique d'escalier, qui implique de r&#233;gler ses probl&#232;mes de sant&#233; et d'entamer un sevrage avant d'obtenir un logement. Les dispositifs &lt;i&gt;housing first&lt;/i&gt; renversent la proc&#233;dure : avant toute chose, les personnes peuvent se poser quelque part, chez elles. Et ce n'est qu'une fois install&#233;es qu'un accompagnement m&#233;dico-social intensif d&#233;bute, pour conduire progressivement au droit commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rapidement, l'exp&#233;rience porte ses fruits et essaime &#224; l'international. En France, c'est au d&#233;but de la d&#233;cennie 2 010 que s'implantent &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1243-&#034;&gt;les premiers dispositifs &#171; Un chez soi d'abord &#187;&lt;/a&gt;. &#192; l'origine, un rapport du minist&#232;re de la Sant&#233; tire la sonnette d'alarme. &#171; &lt;i&gt;Il montre qu'il existe des tranches de la population qui sont malades et qui ont une double probl&#233;matique : elles n'ont acc&#232;s ni au droit au logement, ni au droit &#224; la sant&#233;&lt;/i&gt;, explique Pascale Estecahandy, coordinatrice technique nationale du programme &#171; Un chez soi d'abord &#187; &#224; la D&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; l'h&#233;bergement et &#224; l'acc&#232;s au logement (DIHAL).&lt;i&gt; Elles meurent trente &#224; trente-cinq ans plus t&#244;t que la moyenne de la population dans des conditions sanitaires catastrophiques.&lt;/i&gt; &#187; Inspir&#233; du Housing first, confort&#233; par ce rapport, un premier dispositif exp&#233;rimental s'implante en 2011 dans quatre villes : Lille, Marseille, Paris et Toulouse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son premier enjeu : garantir le droit au logement, sans condition ni obligation de traitement ou de sevrage. Fort des conclusions tr&#232;s encourageantes de l'exp&#233;rimentation conduite sur les quatre m&#233;tropoles, un d&#233;cret publi&#233; fin 2016 offre un cadre p&#233;renne au dispositif. Il permet la g&#233;n&#233;ralisation du dispositif &#171; Un chez soi d'abord &#187; et l'inscrit dans le Code de l'action sociale et des familles. Depuis, &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1243-&#034;&gt;les dispositifs se multiplient m&#234;me s'ils se heurtent r&#233;guli&#232;rement &#224; un manque de moyens&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1848 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L389xH147/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.24.38-1f3e5.png?1693569671' width='389' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sorties s&#232;ches&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les personnes accompagn&#233;es dans le dispositif, on ne compte que 16&#8239;% de jeunes de moins de 25 ans. Pourtant, ils ne semblent pas moins &#233;pargn&#233;s. Les &#171; sorties s&#232;ches &#187; de l'Aide sociale &#224; l'enfance (Ase) &#224; dix-huit ans, propulsant les plus pr&#233;caires dans la rue, interpellent : on estime qu'une personne SDF sur quatre sort de l'Ase. Na&#238;t alors l'id&#233;e d'accompagner plus vite, plus intens&#233;ment et plus sp&#233;cifiquement des jeunes en risque de sans-abrisme, d'addictions ou de troubles psychiatriques. En d'autres termes, intervenir t&#244;t pour &#233;viter des s&#233;quelles psychiatriques irr&#233;versibles et l'installation &#224; long terme dans l'errance.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce contexte, alors que le dispositif &#171; Un chez soi d'abord &#187; g&#233;n&#233;raliste se diffuse, qu'une nouvelle exp&#233;rimentation voit le jour : &#171; Un chez soi d'abord &#8211; Jeunes &#187;. &#192; public sp&#233;cifique, r&#233;ponses sp&#233;cifiques. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Les jeunes pr&#233;sentent des diff&#233;rences au niveau de l'acc&#232;s &#224; l'emploi, du lien avec la famille, du d&#233;veloppement psycho-social, etc. Ils sont en g&#233;n&#233;ral moins seuls et parce qu'ils sont jeunes, ont pass&#233; moins de temps &#224; la rue et sont moins pris dans leurs addictions. Ce public a besoin de r&#233;ponses adapt&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Pascale Estecahandy.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; encore, les regards se tournent vers l'&#233;tranger : l'&#201;cosse, l'Irlande et le Canada ont exp&#233;riment&#233; des dispositifs de housing first sp&#233;cialement d&#233;di&#233;s aux jeunes. &#171; &lt;i&gt;Tout n'est pas transposable&lt;/i&gt;, nuance Pascale Estecahandy. &lt;i&gt;Le syst&#232;me de l'Aide sociale &#224; l'enfance, par exemple, n'existe pas sous cette forme &#224; l'&#233;tranger. Mais ces exp&#233;riences &#224; l'international nous ont conduit &#224; l'essayer en France&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1849 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH224/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.24.48-3c457.png?1693569672' width='500' height='224' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;vention des risques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'inscrivant dans le Plan quinquennal pour le Logement d'abord et la Strat&#233;gie nationale de pr&#233;vention et de lutte contre la pauvret&#233;, le dispositif jeunes se base avant tout sur la pr&#233;vention. &#171; &lt;i&gt;L'objectif est de tout faire pour &#233;viter le passage &#224; la rue, les pertes de droits, les violences, les risques de prostitution et de toxicomanie, qu'il implique&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Pascale Estecahandy.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour entrer dans ce dispositif, contrairement &#224; celui d&#233;di&#233; aux adultes, les jeunes ne doivent pas justifier d'un diagnostic &#233;tabli de maladie psychiatrique, mais seulement de sympt&#244;mes de troubles psychiques s&#233;v&#232;res. Ils peuvent &#234;tre sans abri ou en grand risque de le devenir et non en &#171; grand parcours d'itin&#233;rance &#187; comme les adultes. Le dispositif b&#233;n&#233;ficie d'un taux d'encadrement renforc&#233; : il passe d'un professionnel pour dix personnes accompagn&#233;es &#224; un pour six. La r&#233;insertion par l'acc&#232;s &#224; l'emploi ou par la formation demeure plus accessible pour ce public qui ne souffre pas de &#171; trous dans le CV &#187; comme ses homologues plus &#226;g&#233;s. &#171; &lt;i&gt;&#8239;L'inclusion sociale via l'acc&#232;s &#224; l'emploi ou la formation repr&#233;sente un axe tr&#232;s fort du dispositif jeunes. Cela prend beaucoup plus de temps pour les personnes du dispositif g&#233;n&#233;raliste&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, explique V&#233;ronique Waxin, directrice du dispositif pour la m&#233;tropole lilloise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'absence de ressources constitue un frein majeur pour les jeunes : &#171; &lt;i&gt;&#192; part quelques aides de type Entr&#233;e dans la vie active (EVA) ou des appuis des missions locales, les 18-25 ans n'ont pas acc&#232;s au RSA&lt;/i&gt; &#187;, poursuit la directrice. L'obtention de l'Allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH) passe, elle, par une reconnaissance du handicap par la Maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es (MDPH). Or ces jeunes pr&#233;sentent des sympt&#244;mes souvent plus fluctuants. Ils sont aussi plus nombreux &#224; &#234;tre dans le d&#233;ni de la maladie et tardent &#224; la faire reconnaitre. R&#233;sultat, conclut V&#233;ronique Waxin, &#171; &lt;i&gt;la plupart n'ont aucune ressource. C'est un enjeu tr&#232;s fort pour nos &#233;quipes.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie du dispositif, elle, reste inchang&#233;e : &#171; &lt;i&gt;lors de la premi&#232;re rencontre avec un jeune, nos &#233;quipes ne connaissent rien de son parcours ant&#233;rieur&lt;/i&gt;, explique V&#233;ronique Waxin. &lt;i&gt;C'est le droit &#224; l'oubli. On commence par demander : &#8216;&#8216;De quoi avez-vous envie, qu'est-ce qui vous fait r&#234;ver ?'' Et ensuite on travaille l'acc&#232;s aux droits, la r&#233;duction des risques, le soin. Tout cela au rythme de la personne.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dispositif r&#233;serv&#233; aux jeunes sera exp&#233;riment&#233; sur deux m&#233;tropoles : Lille et Toulouse. Cinquante jeunes entre 18 et 22 ans devraient int&#233;grer un logement dans chacune des deux villes d'ici la fin de l'ann&#233;e. &#192; Lille, une trentaine de jeunes ont d&#233;j&#224; investi les logements. Orient&#233;s par l'Ase, un h&#244;pital psychiatrique, un centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) ou une mission locale, ils ont commenc&#233;, avec les &#233;quipes, les d&#233;marches d'insertion sociale. &#171; &lt;i&gt;Sur neuf mois d'exp&#233;rimentation, on arrive d&#233;j&#224; &#224; avoir des opportunit&#233;s d'entr&#233;e en emploi et en formation&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit V&#233;ronique Waxin. &lt;i&gt;Les jeunes sont dans une bonne dynamique. Ils ne sont pas encore marqu&#233;s par les ann&#233;es de vie &#224; la rue, en CHRS ou en prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il est encore t&#244;t pour tirer des conclusions, les premi&#232;res remont&#233;es du terrain indiquent que les effets pr&#233;ventifs semblent porter leurs fruits. Une &#233;valuation pouss&#233;e sera conduite sur les deux ann&#233;es &#224; venir pour permettre, en 2022, de r&#233;fl&#233;chir &#224; la g&#233;n&#233;ralisation du dispositif jeunes, dans le sillon du dispositif g&#233;n&#233;raliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Covid-19 &#8226; Le combat des sacrifi&#233;s</title>
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		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Maladie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ayant &#233;t&#233; confin&#233;es tout l'&#233;t&#233;, les personnes vuln&#233;rables ont d&#233;couvert &#224; la rentr&#233;e qu'elles pouvaient &#224; nouveau travailler. Par d&#233;cret, elles perdaient le droit au &#171; certificat d'isolement &#187; mais pas celui de se rebeller. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fragiles mais combatifs, les travailleurs vuln&#233;rables ont fini par convaincre le Conseil d'&#201;tat. Ils souffrent de pathologies propices au d&#233;veloppement de formes graves du Covid-19 : mucoviscidose, cardiopathie, myopathie, diab&#232;te, ob&#233;sit&#233;, asthme s&#233;v&#232;re&#8230; Entre le 17&#8239;mars et le 31&#8239;ao&#251;t, le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ayant &#233;t&#233; confin&#233;es tout l'&#233;t&#233;, les personnes vuln&#233;rables ont d&#233;couvert &#224; la rentr&#233;e qu'elles pouvaient &#224; nouveau travailler. Par d&#233;cret, elles perdaient le droit au &#171; certificat d'isolement &#187; mais pas celui de se rebeller.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fragiles mais combatifs, les travailleurs vuln&#233;rables ont fini par convaincre le Conseil d'&#201;tat. Ils souffrent de pathologies propices au d&#233;veloppement de formes graves du Covid-19 : mucoviscidose, cardiopathie, myopathie, diab&#232;te, ob&#233;sit&#233;, asthme s&#233;v&#232;re&#8230; Entre le 17&#8239;mars et le 31&#8239;ao&#251;t, le gouvernement leur a fortement conseill&#233; de se prot&#233;ger. Le 5&#8239;mai, un d&#233;cret leur donne acc&#232;s &#224; un certificat d'isolement ouvrant le droit au t&#233;l&#233;travail ou aux indemnit&#233;s de ch&#244;mage. Pour &#233;viter que le virus p&#233;n&#232;tre le foyer, les cohabitants, conjoints, parents et enfants, b&#233;n&#233;ficient de cette d&#233;rogation favorisant l'isolement volontaire. Mais le 29&#8239;ao&#251;t, un d&#233;cret r&#233;duit la liste de onze maladies &#224; quatre, ce qui les renvoie quasiment tous au travail &#224; partir du 1er&#8239;septembre, alors que la reprise de l'&#233;pid&#233;mie se fait d&#233;j&#224; sensible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les milliers de personnes concern&#233;es redoutaient que la volont&#233; de relancer l'&#233;conomie balaie celle de les prot&#233;ger. &#171; &lt;i&gt;En juin, des rumeurs circulaient sur la fin du certificat d'isolement&lt;/i&gt;, raconte Jessica Scemama, proche d'une personne vuln&#233;rable et &#233;tudiante en communication. &lt;i&gt;Les m&#233;dias ont annonc&#233; des dates, la caisse primaire d'assurance maladie et le minist&#232;re du Travail aussi mais c'&#233;tait &#224; chaque fois report&#233;. Des personnes vuln&#233;rables ont alors cr&#233;&#233; des groupes Facebook afin de se soutenir et de s'informer. D&#233;but ao&#251;t, j'ai rejoint &#8216;&#8216;Personnes vuln&#233;rables en isolement'' et j'ai &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; l'angoisse des personnes qui vivaient dans l'incertitude.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s la publication du d&#233;cret, le collectif lance la campagne &#171; Vuln&#233;rables sacrifi&#233;s &#187; sur les r&#233;seaux sociaux. Ils t&#233;moignent de leur peur de mourir ou de contaminer leurs proches, certains parlent de d&#233;mission, de pression des employeurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, une p&#233;tition demandant l'abrogation du d&#233;cret r&#233;unit pr&#232;s de 40 000 signatures. Les premiers recours en &#171; r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; &#187; et &#171; pour exc&#232;s de pouvoir &#187; sont d&#233;pos&#233;s aupr&#232;s du Conseil d'&#201;tat le 11&#8239;septembre. Le blogueur Olivier Berruyer cofonde &#171; &lt;i&gt;Les sacrifiables&lt;/i&gt; &#187;. Sur son site &#171; les-crises.fr &#187;, pr&#233;sent&#233; comme un &#171; &lt;i&gt;espace d'autod&#233;fense intellectuelle&lt;/i&gt; &#187;, il publie un mode d'emploi pour aider les personnes qui souhaitent d&#233;poser leur propre recours gratuitement et en ligne. Cens&#233; se prononcer sous 48&#8239;heures, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s d&#233;boute le 21&#8239;septembre la centaine de requ&#233;rants pour manque de pi&#232;ces. Du coup, &#171; &lt;i&gt;suite au scandaleux rejet dilatoire de nos recours, nous allons les re-d&#233;poser, en les compl&#233;tant&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, tonne Olivier Berruyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4&#8239;octobre, une tribune sign&#233;e par plus de cinquante associations d'usagers de sant&#233;, collectifs et syndicats, interpelle le gouvernement. Les signataires refusent &#171; &lt;i&gt;&#8239;que ces personnes vuln&#233;rables en raison de leur &#233;tat de sant&#233;, soient consid&#233;r&#233;es comme des dommages collat&#233;raux acceptables au motif du rebond &#233;conomique&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Sans succ&#232;s, France assos sant&#233; demande &#224; &#234;tre re&#231;ue par Matignon. &#171; &lt;i&gt;Ce d&#233;cret est caduc puisqu'il ne r&#233;pond pas &#224; la situation sanitaire&lt;/i&gt;, explique G&#233;rard Raymond, le 14 octobre. &lt;i&gt;Le minist&#232;re de la sant&#233; comprend notre position mais nous avons des difficult&#233;s &#224; discuter avec le minist&#232;re du Travail.&lt;/i&gt; &#187; La diplomatie rame encore quand le 15&#8239;octobre, le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s estime cette fois &#171; &lt;i&gt;&#8239;que le Gouvernement n'a pas suffisamment justifi&#233;, pendant l'instruction, de la coh&#233;rence des nouveaux crit&#232;res choisis&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Le Conseil d'&#201;tat suspend donc partiellement le d&#233;cret mais les cohabitants restent exclus du dispositif de protection. Pour les Vuln&#233;rables sacrifi&#233;s, le message est simple : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Le combat continue ! Votre mobilisation est notre plus grande force, elle ne doit pas faiblir.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1847 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L407xH269/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.16.10-1fb73.png?1693569672' width='407' height='269' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Manuel Boucher &#8226; Entre contr&#244;le et &#233;mancipation</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Manuel-Boucher-o-Entre-controle-et-emancipation</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1283</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le contexte li&#233; aux violences polici&#232;res a-t-il une influence sur la relation entre &#233;ducateurs et forces de l'ordre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce contexte n'est pas nouveau. Il existe depuis de nombreuses ann&#233;es, et particuli&#232;rement depuis les violences urbaines de 2005. On est pass&#233; d'un discours sur la police de proximit&#233;, notamment revendiqu&#233;e par la gauche, &#224; la mise en &#339;uvre d'une police de guerre. Durant la p&#233;riode d'hyst&#233;rie s&#233;curitaire sous Nicolas Sarkozy, on entendait que les policiers ne sont &#171; pas l&#224; pour jouer au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1846 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH150/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.12.20-c04dc.png?1693503340' width='500' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte li&#233; aux violences polici&#232;res a-t-il une influence sur la relation entre &#233;ducateurs et forces de l'ordre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte n'est pas nouveau. Il existe depuis de nombreuses ann&#233;es, et particuli&#232;rement depuis les violences urbaines de 2005. On est pass&#233; d'un discours sur la police de proximit&#233;, notamment revendiqu&#233;e par la gauche, &#224; la mise en &#339;uvre d'une police de guerre. Durant la p&#233;riode d'hyst&#233;rie s&#233;curitaire sous Nicolas Sarkozy, on entendait que les policiers ne sont &#171; pas l&#224; pour jouer au foot &#187;, cela a fait beaucoup de mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les modes d'intervention des policiers de proximit&#233; les am&#232;nent &#224; devoir comprendre les logiques de production du lien social inh&#233;rentes au travail social, l&#224; o&#249; la police de guerre ne va avoir qu'un objectif : reprendre le contr&#244;le et imposer un rapport de force. Dans ce contexte, tous ceux qui n'acceptent pas de livrer des informations nominatives aux forces de l'ordre sont consid&#233;r&#233;s comme des adversaires, voire des ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;ducateurs de rue disent ressentir une vive injonction au contr&#244;le social&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a une tension entre la demande politique faite aux travailleurs sociaux et la repr&#233;sentation qu'eux-m&#234;mes ont de leur travail. Ils n'ont pas de probl&#232;me vis-&#224;-vis de la commande de favoriser l'int&#233;gration sociale, ils sont plus emb&#234;t&#233;s avec l'id&#233;e de travailler &#224; la pr&#233;vention de la d&#233;linquance. Pourtant, la pr&#233;vention des d&#233;sordres et de la d&#233;linquance fait &#233;galement partie de l'action attendue par le travail social. Donc autant penser cette commande, en formation, en analyse des pratiques, pour l'analyser et l'encadrer d'un point de vue d&#233;ontologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est de plus en plus fragilis&#233;e par les demandes politiques : on demande aux &#233;ducateurs, pour l&#233;gitimer leur existence, de visibiliser leur action en faveur de la lutte contre la d&#233;linquance et la radicalisation. On tend donc &#224; instrumentaliser une action sociale &#224; des fins politiciennes et s&#233;curitaires. Certains pr&#233;fets et policiers demandent &#224; ce que les &#233;ducateurs soient des informateurs. Or s'ils sont per&#231;us comme des indicateurs, ils seront dans l'incapacit&#233; de tisser des liens de confiance avec les jeunes et donc de faire leur travail de pr&#233;vention.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe &#233;galement une ambivalence au regard du statut des travailleurs sociaux. Les &#233;ducateurs de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, dipl&#244;m&#233;s, vont revendiquer le respect du cadre historique de leur intervention (libre adh&#233;sion, anonymat&#8230;), voire le droit au secret professionnel. Ils sont alors mis en concurrence avec d'autres intervenants sociaux comme les m&#233;diateurs, intervenant dans un cadre beaucoup plus flou, parfois employ&#233;s par les municipalit&#233;s et davantage tenus de donner des informations nominatives aux agents de maintien de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les professionnels, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, ont-ils une marge de man&#339;uvre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les travailleurs sociaux, chaque policier &#224; une repr&#233;sentation sp&#233;cifique de son m&#233;tier : certains se vivent comme gardiens de la paix, d'autres comme forces de l'ordre. Certains policiers vont avoir la conviction de l'importance des travailleurs sociaux, conviction qui peut &#234;tre partag&#233;e par leurs cadres. Et d'autres voient les intervenants sociaux comme des &#171; amis des d&#233;linquants &#187; et peuvent les traiter de la m&#234;me mani&#232;re que les jeunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour penser le lien entre policiers et travailleurs sociaux, on doit penser leur compl&#233;mentarit&#233; dans le respect r&#233;ciproque des fonctions de chacun. Ce dialogue pourrait &#234;tre provoqu&#233;, pourquoi pas, dans des espaces d&#233;di&#233;s. Mais quand, politiquement, on favorise une police de guerre, on rend ces rapports pratiquement impossibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Violences polici&#232;res &#8226; Des jeunes &#224; la barre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Violences-policieres-o-Des-jeunes-a-la-barre</link>
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		<dc:date>2020-11-10T06:50:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1283</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2015, des adolescents d&#233;posent une plainte collective contre des policiers du 12&#232;me arrondissement parisien pour violences volontaires et r&#233;p&#233;t&#233;es. En 2019, ils attaquent l'&#201;tat pour harc&#232;lement discriminatoire et discrimination en raison de leur origine. Une premi&#232;re en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2015, dix-huit gar&#231;ons et une fille, &#226;g&#233;s de 11 &#224; 17 ans, accusent des policiers du Groupe de soutien de quartier (GSQ) du 12&#232;me arrondissement de Paris de harc&#232;lement quotidien (coups de poing, claques) ; d'agressions (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2015, des adolescents d&#233;posent une plainte collective contre des policiers du 12&#232;me arrondissement parisien pour violences volontaires et r&#233;p&#233;t&#233;es. En 2019, ils attaquent l'&#201;tat pour harc&#232;lement discriminatoire et discrimination en raison de leur origine. Une premi&#232;re en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2015, dix-huit gar&#231;ons et une fille, &#226;g&#233;s de 11 &#224; 17 ans, accusent des policiers du Groupe de soutien de quartier (GSQ) du 12&#232;me arrondissement de Paris de harc&#232;lement quotidien (coups de poing, claques) ; d'agressions sexuelles (&#171; &lt;i&gt;doigt dans les fesses&#8239;&lt;/i&gt; &#187;) ; d'insultes racistes (&#171; &lt;i&gt;On pisse sur le ramadan&lt;/i&gt; &#187;) ; de contr&#244;les d'identit&#233; r&#233;p&#233;t&#233;s dans le quartier populaire Rozanoff et de gardes &#224; vue injustifi&#233;es. Des faits commis entre l'&#233;t&#233; 2013 et l'&#233;t&#233; 2015, contre lesquels les jeunes d&#233;poseront une plainte collective en d&#233;cembre&#8239;2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout commence quand ils rapportent le comportement du GSQ aux &#233;ducateurs de l'association de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e Soleil (ferm&#233;e en 2016, reprise depuis par la Fondation Jeunesse Feu Vert). En vue d'une m&#233;diation, ces derniers organisent alors des ateliers pour pr&#233;parer les jeunes &#224; une rencontre avec la police. Ils sont men&#233;s par Omer Mas Capitolin, animateur communautaire, cr&#233;ateur de la Maison communautaire pour un d&#233;veloppement solidaire (MCDS), dans le 20&#232;me arrondissement. Lors du premier atelier, Rayan, 14 ans, raconte une agression r&#233;cente, que relate Marc Ball, qui a consacr&#233; un documentaire aux combats judiciaire des jeunes (&lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x7lnt6v&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;voir en ligne&lt;/a&gt;) : &#171; &lt;i&gt;Rayan &#233;tait assis avec Julie, sa petite amie et une dizaine de copains, dont des petits, dans un parc pr&#232;s de la piscine (un des points de rendez-vous des ados), quand des policiers d&#233;barquent en voiture et leur demandent de d&#233;gager. Rayan tra&#238;nant un peu, ils le collent contre un mur, lui mettent des claques, le palpent, le menottent et l'emm&#232;nent au commissariat o&#249; il subit une fouille. Julie qui s'est interpos&#233;e, a &#233;t&#233; bouscul&#233;e, insult&#233;e et a re&#231;u du gaz lacrymog&#232;ne sur le visage.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; D'autres ados livrent des t&#233;moignages similaires et &#233;voquent les humiliations subies. En lien avec Open Society et la Clinique du droit de Sciences Po, les &#233;ducateurs les invitent &#224; des r&#233;unions avec leurs parents pour &#233;tablir un recueil des faits. Les pratiques, notamment celles de onze policiers appartenant au GSQ et se faisant appeler &#171; les tigres &#187;, sont consid&#233;r&#233;es comme suffisamment syst&#233;matiques, ill&#233;gales et graves pour justifier le d&#233;p&#244;t d'une plainte collective aupr&#232;s du Procureur de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Collectif de soutien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Face au malaise des adolescents et devant les pratiques de ces policiers, les &#233;ducateurs ont jug&#233; de leur devoir de prendre en compte leurs signaux de d&#233;tresse, quelles que soient les pressions qu'un tel engagement pouvait leur faire subir&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;voque Th&#233;ophile Barbu, &#233;crivain public au centre social Relais 59 et militant &#224; la Ligue des droits de l'Homme (LDH). &#171; &lt;i&gt;&#8239;&#192; partir du moment o&#249; l'on est missionn&#233; pour travailler avec les jeunes, on ne peut pas rester aveugle &#224; ce qui se passe en mati&#232;re de violences polici&#232;res, rench&#233;rit Omer Mas Capitolin. Mais les associations gestionnaires ne l'entendent pas toujours de cette oreille ; cela m'est arriv&#233; dans mon dernier poste d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et m'a incit&#233; &#224; cr&#233;er la MCDS afin de ne pas subir le gel des subventions ou des mesures de r&#233;torsion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Choqu&#233;es par la gravit&#233; des faits d&#233;nonc&#233;s, les associations et les personnes engag&#233;es sur le quartier, constituent le Collectif Place aux jeunes 12&#232;mes (1) pour les soutenir dans leur qu&#234;te de justice et tenter de comprendre les raisons d'une telle d&#233;gradation de leurs relations avec la police. En juin&#8239;2016, le collectif organise quatre r&#233;unions publiques associant jeunes du quartier, habitants, sp&#233;cialistes des questions de police, sociologues et &#233;ducateurs de rue. Il m&#232;ne aussi des rencontres avec les &#233;lus, des r&#233;f&#233;rents dans les domaines de la jeunesse et de l'habitat ainsi qu'avec le commissaire du 12e arrondissement. &#171; &lt;i&gt;Tout cela a bien pris gr&#226;ce &#224; un tissu associatif tr&#232;s important dans l'arrondissement qui compte des associations comme la LDH ou RESF-Droits des &#233;trangers 12e - bien connues des &#233;lus, ce qui a facilit&#233; le lien avec eux - et le cabinet d'avocats de Me Slim Ben Achour, pr&#233;curseur en mati&#232;re de lutte contre les discriminations lors des contr&#244;les d'identit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, analyse Th&#233;ophile Barbu.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la suite de la plainte, le Parquet de Paris confie une enqu&#234;te &#224; l'Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale (IGPN). Le procureur demande d'&#233;quiper la brigade concern&#233;e d'une cam&#233;ra et de verser les vid&#233;os au dossier judiciaire pour v&#233;rifier le d&#233;roulement des contr&#244;les de police. Sur les quarante-quatre faits vers&#233;s par l'IGPN &#224; la justice, celle-ci en retient trois, concernant deux jeunes, les seuls ayant pu fournir suffisamment de preuves (photos et t&#233;moignages).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'audience au tribunal correctionnel, en f&#233;vrier&#8239;2018, les policiers nient avoir commis des violences ill&#233;gitimes. Ils reconnaissent avoir proc&#233;d&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;&#8239;l'&#233;viction d'ind&#233;sirables&lt;/i&gt; &#187; -, le terme r&#233;pertori&#233; par le logiciel de main courante d&#233;signant les jeunes qui troublent la tranquillit&#233; publique. Un terme jug&#233; &#171; &lt;i&gt;particuli&#232;rement stigmatisant&lt;/i&gt; &#187; par &lt;a href=&#034;https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/actus/actualites/relations-policepopulation-le-defenseur-des-droits-publie-une-enquete-sur-les&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;le D&#233;fenseur des droits, saisi par les r&#233;clamants et auteur d'un rapport sur la question&lt;/a&gt;. Verdict : inculpation de quatre policiers et condamnation de trois d'entre eux en premi&#232;re instance. Ils &#233;copent de cinq mois de prison avec sursis et d'une amende pour &#171; violences aggrav&#233;es. &#187; Une condamnation inscrite dans leur casier judiciaire. Le tribunal a reconnu &#171; l'usage ill&#233;gitime de la force &#187; et le pr&#233;sident rappel&#233; que &#171; &lt;i&gt;les policiers devraient avoir un comportement irr&#233;prochable&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, jug&#233;s en appel les 17 et 18 septembre 2020, ils ont &#233;t&#233; relax&#233;s le 23 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1845 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH292/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.09.05-25014.png?1693503340' width='500' height='292' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
L'&#201;tat dans le box des accus&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2019, le groupe de jeunes (except&#233; l'un d'eux) assigne en responsabilit&#233; l'&#201;tat et le ministre de l'Int&#233;rieur &#171; &lt;i&gt;du fait du fonctionnement d&#233;fectueux du service public de justice&lt;/i&gt; &#187;. Les jeunes soutiennent avoir &#233;t&#233; victimes de faits de harc&#232;lement discriminatoire et de discrimination en raison de leur origine. Tous se d&#233;crivent per&#231;us comme &#233;tant noirs ou arabes. Le probl&#232;me du racisme et des discriminations &#224; l'&#233;gard de certains jeunes se trouve donc clairement pos&#233; par la plainte, ce qu'atteste en mai&#8239;2020 une d&#233;cision du D&#233;fenseur des droits.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Pour les jeunes, le d&#233;p&#244;t de plainte et son suivi ont constitu&#233; une n&#233;cessit&#233; (celle d'une recherche de dignit&#233; et r&#233;parations) mais aussi une &#233;preuve (notamment dans le face &#224; face avec certains policiers rest&#233;s pr&#233;sents sur le terrain)&lt;/i&gt; &#187;, relate Th&#233;ophile Barbu. La plainte leur a donn&#233; une meilleure connaissance de leurs droits, apport&#233; la confirmation que certaines pratiques polici&#232;res, anormales et ill&#233;gales, pouvaient &#234;tre poursuivies en justice. &#171; &lt;i&gt;La solidarit&#233; manifest&#233;e par les habitants et les associations du quartier a &#233;galement &#233;t&#233; tr&#232;s importante, poursuit le militant de la LDH. Elle a constitu&#233; un facteur de r&#233;confort et de r&#233;assurance pour ces jeunes, dont la confiance en eux et dans la soci&#233;t&#233; avait &#233;t&#233; durement bless&#233;e par leur relation avec certains policiers.&lt;/i&gt; &#187; Reste &#224; savoir comment ils vivront cette relaxe et quel sera le comportement des policiers sur le terrain (2). Un pourvoi en cassation est envisageable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la plainte pour harc&#232;lement discriminatoire et discrimination syst&#233;mique contre l'&#201;tat, elle constitue une premi&#232;re en France. Elle marque la revendication des jeunes des quartiers populaires d'avoir toute leur place dans l'espace public. Et pointe avec force l'ill&#233;gitimit&#233; de certaines pratiques polici&#232;res violentes. Le 28 octobre, l'&#201;tat a &#233;t&#233; condamn&#233; pour &#171; faute lourde &#187;. Une belle victoire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Compos&#233; de la Ligue des droits de l'Homme 12&#232;me, la Commune libre d'Aligre, Attac 12&#232;me, RESF 12&#232;me Droits des &#233;trangers, Amnesty International 12&#232;me, le centre social Relais 59, l'UL-CGT 12&#232;me, la MCDS, L'Association Eclore, les parents des jeunes plaignants et des habitants. &lt;a href=&#034;http://echosdu12.blogspot.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Il anime un blog&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &#192; l'instant o&#249; nous &#233;crivons, le d&#233;lib&#233;r&#233; vient d'&#234;tre rendu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Policiers et &#233;ducateurs &#8226; Meilleurs ennemis</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Policiers-et-educateurs-o-Meilleurs-ennemis</link>
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		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans les quartiers populaires, policiers et &#233;ducateurs se croisent, se toisent, se m&#233;fient souvent et se parlent parfois. L&#233;gitime apparait la col&#232;re des &#233;ducateurs quand des violences polici&#232;res viennent mettre &#224; mal leur travail et briser le lien de confiance patiemment tiss&#233; avec les jeunes. Pour autant, la r&#233;ponse peut-elle &#234;tre une rupture totale de liens, profession contre profession ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Un projet de retrouvailles avec les forces de l'ordre ? L'id&#233;e a fait grincer des dents plusieurs jeunes des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les quartiers populaires, policiers et &#233;ducateurs se croisent, se toisent, se m&#233;fient souvent et se parlent parfois. L&#233;gitime apparait la col&#232;re des &#233;ducateurs quand des violences polici&#232;res viennent mettre &#224; mal leur travail et briser le lien de confiance patiemment tiss&#233; avec les jeunes. Pour autant, la r&#233;ponse peut-elle &#234;tre une rupture totale de liens, profession contre profession ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un projet de retrouvailles avec les forces de l'ordre ? L'id&#233;e a fait grincer des dents plusieurs jeunes des quartiers populaires de Roubaix (Nord). Se &#171; retrouver &#187; avec la police, apr&#232;s avoir subi des violences pendant le confinement ? &#171; &lt;i&gt;Pour nous, c'est d&#233;licat de proposer aux jeunes de participer &#224; un tel projet&lt;/i&gt;, reconnait Reda, &#233;ducateur en pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e. &lt;i&gt;Beaucoup ne vont plus te faire confiance. Ce sont des demandes qui viennent d'en haut, pas forc&#233;ment adapt&#233;es au terrain&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon ces jeunes de Roubaix, &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Prevention-specialisee-o-Maintenir-le-lien-malgre-le-confinement&#034;&gt;le confinement a rim&#233; avant tout avec violences polici&#232;res&lt;/a&gt;. Un constat partag&#233; par d'autres : en Seine-Saint-Denis, dans les Yvelines, &#224; Strasbourg ou Toulouse, la p&#233;riode a &#233;t&#233; marqu&#233;e par plusieurs affrontements avec les forces de l'ordre dans les quartiers. &#192; la sortie du confinement, un cort&#232;ge imposant, emmen&#233; par Assa Traor&#233;, marchait &#224; Paris pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res. Dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, les &#233;ditorialistes &#233;voquaient tant&#244;t les jeunes rebelles, tant&#244;t les policiers z&#233;l&#233;s. Mais o&#249; &#233;taient les &#233;ducateurs, grands absents des d&#233;bats ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Garant du lien social et de l'&#233;mancipation des individus, les &#233;ducateurs de rue soutiennent les jeunes des quartiers populaires dans la d&#233;fense de leurs droits ; y compris quand cela les conduit &#224; accompagner des plaintes pour violences polici&#232;res (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Violences-policieres-o-Des-jeunes-a-la-barre&#034;&gt;voir Violences polici&#232;res : des jeunes &#224; la barre&lt;/a&gt;). &#192; l'inverse, il leur est parfois demand&#233; de travailler avec les forces de l'ordre comme avec des partenaires, ce qui ne va pas sans provoquer, des deux c&#244;t&#233;s, interrogations et r&#233;ticences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment penser la relation entre &#233;ducateurs et policiers ? Un dialogue, voire un partenariat, peut-il &#234;tre envisageable dans un contexte de violences polici&#232;res ? Travaillant avec le m&#234;me public, &#233;ducateurs et policiers se partagent de fait les m&#234;mes espaces. Parfois dans l'affrontement, parfois dans l'ignorance r&#233;ciproque. Et parfois, dans le dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte contre la radicalisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Accompagnement social ou contr&#244;le social, la fronti&#232;re, souvent poreuse, interroge l'ensemble du secteur social depuis des d&#233;cennies. Mais les orientations politiques des derni&#232;res ann&#233;es dans certains secteurs du travail social renforcent les injonctions au contr&#244;le et &#224; la collaboration avec les forces de l'ordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la vague d'attentats de 2015, la lutte contre la radicalisation impr&#232;gne les politiques publiques d&#233;ploy&#233;es dans les quartiers populaires, impliquant les &#233;ducateurs de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e et de la protection de l'enfance dans le rep&#233;rage et le signalement de personnes susceptibles de se radicaliser.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;ontologiquement, la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e axe son intervention autour de cinq piliers dont l'anonymat. En th&#233;orie, un &#233;ducateur ne peut et ne doit donc pas divulguer des informations aux forces de l'ordre. Pourtant, partout en Europe, il est demand&#233; aux professionnels de l'&#233;ducation et du social de devenir &#171; &lt;i&gt;&#8239;les yeux et les oreilles de la police antiterroriste&lt;/i&gt; &#187;, indique un rapport du conseil de l'Europe (1). Cons&#233;quence, observ&#233;e dans plusieurs pays europ&#233;ens : une &#233;rosion de la confiance. Il suffit que les &#233;ducateurs soient per&#231;us par les jeunes comme des indicateurs et c'est tout leur accompagnement social qui est mis &#224; mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, le contr&#244;le social demeure intrins&#232;que au travail social, rappelle le sociologue Manuel Boucher (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Manuel-Boucher-o-Entre-controle-et-emancipation&#034;&gt;voir interview&lt;/a&gt;) : plut&#244;t que de fuir cette id&#233;e, les professionnels se doivent donc de la penser pour en saisir les contours d&#233;ontologiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Participer &#224; la lutte contre de potentiels attentats ne pose pas tant de questions &#233;thiques : a priori, nul ne souhaite garder secr&#232;te une information qui permettrait d'emp&#234;cher des meurtres. Dans ce contexte, malgr&#233; le secret professionnel et l'anonymat, les &#233;ducateurs sont, comme tout citoyen lambda, tenus de partager les informations lorsqu'ils ont connaissances de faits graves pouvant porter atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; des personnes. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Mais dans la pratique, les &#233;ducateurs ont peur de s'inscrire dans des pr&#233;jug&#233;s racistes anti-musulmans. Il y a une certaine pudeur sur ces questions&lt;/i&gt; &#187;, explique Manuel Boucher.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'agression au couteau par un jeune Pakistanais, ex-mineur non accompagn&#233; (MNA) pris en charge par la protection de l'enfance du Val d'Oise jusqu'en ao&#251;t 2020, a r&#233;veill&#233; le d&#233;bat. La protection de l'enfance se retrouve une nouvelle fois point&#233;e du doigt. Pour retrouver du sens, ses &#233;ducateurs r&#233;pondent avec leurs armes : l'importance de l'accompagnement social. &#171; &lt;i&gt;L'arr&#234;t de l'accompagnement des MNA &#224; 18 ans peut &#234;tre probl&#233;matique car les jeunes courent davantage de risques de se d&#233;socialiser et de se radicaliser&lt;/i&gt;, poursuit le sociologue. &lt;i&gt;Les travailleurs sociaux vont alors d&#233;fendre la pr&#233;vention et pouvoir s'inscrire dans la lutte contre la radicalisation, non pas en collaborant avec les policiers mais en d&#233;fendant leur travail d'accompagnement social&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1841 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH342/capture_d_e_cran_2020-11-06_a_13.48.17-33954.png?1693503341' width='500' height='342' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire &#233;quipe ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendre le m&#234;me objectif, donc, mais dans le respect des missions de chacun. Une position partag&#233;e par &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Casquettes-et-kepis-une-histoire-de-mediation-6023&#034;&gt;diff&#233;rents acteurs comme Yazid Kherfi&lt;/a&gt;, l'&#171; ancien d&#233;linquant &#187; devenu m&#233;diateur : &#171; l&lt;i&gt;es travailleurs sociaux ont du mal &#224; consid&#233;rer les policiers comme des partenaires. Mais ils sont face au m&#234;me public et doivent travailler ensemble, en gardant chacun la d&#233;ontologie propre &#224; leur m&#233;tier et le secret professionnel&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour partager des informations, pas pour d&#233;noncer. &#171; &lt;i&gt;&#8239;S'il y a du dialogue, les &#233;ducateurs peuvent par exemple dire &#224; des policiers : &#8216;'ce jeune est en train de s'en sortir, ne l'arr&#234;tez pas, ne g&#226;chez pas sa vie''. Ou de cet autre, &#8216;'il fait des conneries en ce moment parce que ses parents viennent de se s&#233;parer''. &#192; l'inverse, les policiers peuvent rep&#233;rer des groupes de jeunes le soir, auquel les &#233;ducateurs peuvent proposer des choses. Il y a une diff&#233;rence entre secret professionnel et information partag&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre public tr&#232;s sp&#233;cifique vient interroger le rapport policiers/&#233;ducateurs : les &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1239-#ancre-sommaire&#034;&gt;mineurs non accompagn&#233;s marocains pr&#233;sents &#224; la Goutte d'Or&lt;/a&gt;, un quartier parisien, et dans la plupart des grandes m&#233;tropoles. Tr&#232;s jeunes et marginalis&#233;s, souvent consommateurs de drogues, inscrits dans une petite d&#233;linquance parfois contrainte, non-demandeurs de protection, ces jeunes bousculent les professionnels. Aucun des cadres classiques du travail social &#8211; protection de l'enfance, pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, r&#233;duction des risques, protection judiciaire de la jeunesse &#8211; ne semble adapt&#233; &#224; leurs probl&#233;matiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ces jeunes, &#171; &lt;i&gt;les policiers se retrouvent en premi&#232;re ligne, sans possibilit&#233; d'orientation&lt;/i&gt; &#187;, indique le sociologue Olivier Peyroux. En r&#233;v&#233;lant les limites des dispositifs d'accompagnement, ils conduisent au d&#233;veloppement de nouvelles r&#233;ponses. &#171; &lt;i&gt;L'absence de travail multi-acteurs cr&#233;&#233; un sentiment d'impuissance chez chacun des intervenants et peut donc conduire &#224; fermer les yeux sur les situations de jeunes en danger et en errance&lt;/i&gt;, poursuit-il. &lt;i&gt;Or ces jeunes obligent &#224; un partenariat&lt;/i&gt; &#187; Un rapprochement entre forces de l'ordre et acteurs sociaux &#233;merge dans certaines villes. Des initiatives qui demandent &#224; &#171; &lt;i&gt;l'ensemble des professionnels de faire un petit pas de c&#244;t&#233; par rapport &#224; leur culture professionnelle&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, indique Olivier Peyroux. En Su&#232;de, o&#249; ces jeunes sont pr&#233;sents depuis plus longtemps, des maraudes policiers/travailleurs sociaux existent. &#171; &lt;i&gt;Ils interviennent en commun car, seuls, ni les uns ni les autres n'arrivaient &#224; les sortir de la rue. Mais l&#224;-bas, la philosophie est diff&#233;rente : le principe, c'est aucun mineur dehors. Ce qui n'est pas du tout le cas en France, au vu du nombre de jeunes laiss&#233;s &#224; la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1842 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH284/capture_d_e_cran_2020-11-06_a_13.48.33-9df51.png?1693503341' width='500' height='284' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Personnes &#233;trang&#232;res et menace polici&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les structures accueillant les jeunes MNA en demande de protection, la relation avec la police soul&#232;ve d'autres questions : des &#233;ducateurs t&#233;moignent d'une sensation d'instrumentalisation par les forces de l'ordre. L'avocate Selvinah Pather relate ainsi dans un article (2) un &#233;change avec une &#233;ducatrice. Ce jour-l&#224;, des agents de la Police aux fronti&#232;res invitent un jeune, via son &#233;ducatrice, &#224; se pr&#233;senter au commissariat. Lorsqu'elle demande une convocation, on lui r&#233;pond qu'il n'y en a pas. Elle c&#232;de et informe le jeune malgr&#233; cette absence, a priori ill&#233;gale, de convocation. Il s'y rend et y est arr&#234;t&#233; en pr&#233;vision d'une expulsion&#8230; alors m&#234;me que le rapport de l'&#233;ducatrice s'orientait vers la reconnaissance de minorit&#233;. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;ducatrice est d&#233;compos&#233;e et commence &#224; ressentir une culpabilit&#233;, un sentiment d'avoir &#233;t&#233; &#8220;utilis&#233;e&#8220; par les policiers, qui avaient simplement parl&#233; d'une v&#233;rification d'identit&#233;&lt;/i&gt;, explique Selvinah Pather. &lt;i&gt;Et de conclure :&#8239;Quelle souffrance pour ce jeune ! Quelle souffrance pour l'&#233;ducateur !&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Souffrance &#187; : le m&#234;me mot appara&#238;t pour d&#233;crire la situation des professionnels au sein d'autres structures d'accueil de personnes exil&#233;es, soumises aux pressions des autorit&#233;s polici&#232;res ou pr&#233;fectorales. Dans les centres d'accueil de demandeurs d'asile (Cada), les centres d'accueil et d'examen de la situation (CAES), les centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS), l'injonction &#224; communiquer sur la situation administrative des r&#233;sidents pose un probl&#232;me r&#233;current aux &#233;ducateurs et &#224; leurs responsables. Au quotidien, chacun tente de maintenir le fragile &#233;quilibre entre son &#233;thique personnelle et les demandes, parfois ill&#233;gales, des autorit&#233;s. En 2018, plusieurs associations gestionnaires s'&#233;taient ainsi oppos&#233;es &#224; une circulaire obligeant l'h&#233;bergement d'urgence &#224; communiquer la situation administrative des personnes sans domicile h&#233;berg&#233;es. La F&#233;d&#233;ration des acteurs de solidarit&#233; (Fas) a rappel&#233; &#224; cette occasion son refus &#171; &lt;i&gt;que les intervenants sociaux, auxquels [les personnes h&#233;berg&#233;es] font confiance, deviennent des auxiliaires de police ou de l'administration.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas l&#224; pour surveiller les personnes&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1225-#ancre-sommaire&#034;&gt;affirmait &#224; l'&#233;poque Julien, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en centre d'h&#233;bergement d'urgence&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Historiquement, c'est peut-&#234;tre dur de le dire comme cela, mais &#231;a me fait penser &#224; la r&#233;sistance et la collaboration. Notre r&#244;le est d'accompagner et on nous demande de d&#233;noncer. C'est inqui&#233;tant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas &#234;tre pris pour des policiers, ne pas &#234;tre incit&#233;s &#224; leur communiquer des informations, voil&#224; un leitmotiv fort pour des professionnels du social les plus expos&#233;s aux injonctions au contr&#244;le. Pour autant, est-il possible et justifi&#233; de rompre les liens ? Faire partenariat, dans certains contextes, constitue-t-il forc&#233;ment une trahison aux valeurs du travail social ? &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de travailleurs sociaux ne souhaitent pas discuter avec les policiers car ils ne les voient que sous l'angle de la r&#233;pression, mais ils ont aussi un r&#244;le de pr&#233;vention&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, rappelle &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Guerrier-non-violent&#034;&gt;Yazid Kherfi&lt;/a&gt;. Manuel Boucher, qui pointe l'ambivalence des r&#244;les des deux c&#244;t&#233;s et l'importance des repr&#233;sentations de chaque individu sur son m&#233;tier et sa mission, croit en la possibilit&#233; de dialogue et de compl&#233;mentarit&#233;. Dans le respect des missions de chacun et dans une certaine mesure, nuance-t-il : si la strat&#233;gie polici&#232;re d&#233;montre une grande agressivit&#233;, ces rapports seront rendus impossibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce le cas &#224; Roubaix ? Alors qu'une nouvelle voiture de police traverse lentement le quartier, Reda, l'&#233;ducateur de rue soupire : &#171; &lt;i&gt;Les policiers veulent juste montrer leur force. Dans des quartiers comme celui-ci, c'est une provocation&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) &#201;l&#232;ves ou suspects ? Les enjeux des politiques de lutte contre la radicalisation dans le secteur &#233;ducatif des &#201;tats membres du Conseil de l'Europe. Francesco Ragazzi, Conseil de l'Europe, 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Les travailleurs sociaux en charge des demandeurs d'asile et mineurs &#233;trangers isol&#233;s face &#224; l'administration : pressions et r&#233;sistance, Selvinah Pather, revue Empan 2019/4 n&#176;116 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Policiers et &#233;ducateurs &#8226; Meilleurs ennemis</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Policiers-et-educateurs-o-Meilleurs-ennemis-6357</link>
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		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1283</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les quartiers populaires, policiers et &#233;ducateurs se croisent, se toisent, se m&#233;fient souvent et se parlent parfois. L&#233;gitime apparait la col&#232;re des &#233;ducateurs quand des violences polici&#232;res viennent mettre &#224; mal leur travail et briser le lien de confiance patiemment tiss&#233; avec les jeunes. Pour autant, la r&#233;ponse peut-elle &#234;tre une rupture totale de liens, profession contre profession ? Social actu La plume de C&#233;lia Carpaye Le privil&#232;ge de la d&#233;sob&#233;issance L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin Faut-il (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Educateur" rel="tag"&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Discrimination" rel="tag"&gt;Discrimination&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton6357-6335e.png?1693503341' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les quartiers populaires, policiers et &#233;ducateurs se croisent, se toisent, se m&#233;fient souvent et se parlent parfois. L&#233;gitime apparait la col&#232;re des &#233;ducateurs quand des violences polici&#232;res viennent mettre &#224; mal leur travail et briser le lien de confiance patiemment tiss&#233; avec les jeunes. Pour autant, la r&#233;ponse peut-elle &#234;tre une rupture totale de liens, profession contre profession ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actu&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Le privil&#232;ge de la d&#233;sob&#233;issance&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Faut-il expulser tous les parents maltraitants ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Confinement (Acte2)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Covid-19&lt;/strong&gt; &#8226; Le combat des sacrifi&#233;s&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dans Lien Social il y a 30 ans&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Logement d'abord&lt;/strong&gt; &#8226; Place aux jeunes&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Paroles de m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&#171; Jusqu'o&#249; peut-on accompagner &#224; la parentalit&#233; ? &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;res &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Coop&#233;rer en travail social&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt; : Policiers et &#233;ducateurs
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Meilleurs ennemis&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Violences polici&#232;res &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Des jeunes &#224; la barre&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Manuel Boucher&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Entre contr&#244;le et &#233;mancipation&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#201;chos du terrain &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Camper sans quitter l'h&#244;pital&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Hommage &#224; Maurice Capul - Quelques bouts de m&#233;moire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on &#234;tre diff&#233;rente et pr&#233;parer un dipl&#244;me d'AS ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Wonder Woman enterre son papa&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Photo&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Fictions documentaires&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Coop&#233;rer en travail social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Cooperer-en-travail-social</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Organisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que les acteurs du social continuent, en ce dernier trimestre 2020, de tirer les enseignements du confinement du printemps, voil&#224; que se profile la menace d'une nouvelle vague et la r&#233;alit&#233; de nouvelles restrictions. On ne saurait mieux signifier la n&#233;cessit&#233; de r&#233;flexions au long cours, permettant de prendre la main sur quelques bouleversements cons&#233;quents des pratiques du travail social. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi ces bouleversements figure celui qui a recompos&#233; les relations entre les diff&#233;rents acteurs (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Organisation" rel="tag"&gt;Organisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Economie" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors m&#234;me que les acteurs du social continuent, en ce dernier trimestre 2020, de tirer les enseignements du confinement du printemps, voil&#224; que se profile la menace d'une nouvelle vague et la r&#233;alit&#233; de nouvelles restrictions. On ne saurait mieux signifier la n&#233;cessit&#233; de r&#233;flexions au long cours, permettant de prendre la main sur quelques bouleversements cons&#233;quents des pratiques du travail social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi ces bouleversements figure celui qui a recompos&#233; les relations entre les diff&#233;rents acteurs du social que sont, de mani&#232;re synth&#233;tique : les prescripteurs et gestionnaires publics ; les gestionnaires priv&#233;s ; les professionnels ; les usagers. Or, la pand&#233;mie a introduit quelques ruptures dans ce paysage bien install&#233;. Parmi les prescripteurs publics, l'&#201;tat, garant du cadre, a tangu&#233; ; l'&#201;tat protecteur a sembl&#233; ne plus savoir comment prot&#233;ger. Parmi les gestionnaires priv&#233;s, les associations ont d&#251;, dans l'urgence, prendre des mesures de protection indiff&#233;remment adress&#233;es &#224; leurs salari&#233;s et aux usagers. Dans les &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux, professionnels et usagers se sont trouv&#233;s rapproch&#233;s et reli&#233;s par un v&#233;cu commun : la crise sanitaire et le confinement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant plus particuli&#232;rement le secteur priv&#233; non lucratif, l'on pourrait envisager de prolonger les exp&#233;riences v&#233;cues dans l'improvisation, en les reliant &#224; des pratiques d&#233;j&#224; inaugur&#233;es, d'une part, mais &#233;galement &#224; des perspectives plus innovantes, d'autre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme fil conducteur de la r&#233;flexion propos&#233;e, on consid&#233;rera le travail social sous l'angle de la participation et de la coop&#233;ration. Dans cette optique, pr&#233;cisons tout d'abord que ces &#233;tablissement et services, ces fameux &#201;tablissements sociaux et m&#233;dico-sociaux (ESMS), lorsqu'ils appartiennent au secteur priv&#233; non lucratif, doivent &#234;tre appr&#233;hend&#233;s comme des organisations d'&#233;conomie sociale et solidaire (ESS), tout simplement parce que leur association de gestion le sont. Ce simple rappel peut ouvrir la voie &#224; des changements que je voudrais maintenant &#233;voquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ESMS sont aujourd'hui structur&#233;s autour d'un projet, d'&#233;tablissement ou de service, dont l'&#233;laboration doit, selon une recommandation de la d&#233;funte ANESM (1), associer fortement les usagers. Ces derniers sont alors consid&#233;r&#233;s comme &#171; &lt;i&gt;&#8239;parties prenantes&lt;/i&gt; &#187; (2), au m&#234;me titre que les professionnels et les partenaires. Il parait donc l&#233;gitime d'envisager le projet comme une ambition commune, construite conjointement par ces diff&#233;rentes cat&#233;gories d'acteurs. Outre cette forte incitation r&#233;glementaire, l'on voit parfois affirm&#233;e dans les projets associatifs ou ceux des &#233;tablissements et services la n&#233;cessit&#233; d'&#233;quivalence de traitement entre professionnels et usagers, que ce soit en termes de bientraitance ou de participation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces diff&#233;rentes approches semblent partager un id&#233;al de communaut&#233; de projet. Mais les obstacles sont nombreux, de natures diverses, qui interdisent de fait, le plus souvent, la r&#233;alisation de cet id&#233;al. S'il n'existe aucune solution magique, la voie organisationnelle peut cependant ouvrir des horizons. Reprenons alors la perspective de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Parmi les quatre grandes forme statutaires d&#233;finissant l'ESS &#8212; la mutuelle ; la soci&#233;t&#233; coop&#233;rative de production (SCOP) ; l'association ; la fondation (3) &#8212;, je propose d'exclure &#224; ce stade le statut mutualiste, d'inclure, &#224; l'inverse, la nouvelle forme coop&#233;rative qu'est la Soci&#233;t&#233; coop&#233;rative d'int&#233;r&#234;t collectif (SCIC) et d'observer ces quatre types d'organisation du point de vue du fil conducteur &#233;voqu&#233;, soit la participation coop&#233;rative.&lt;br class='autobr' /&gt;
La forme la plus fr&#233;quente dans les ESMS du secteur priv&#233; non lucratif est l'association dont la gouvernance est fond&#233;e sur l'&#233;lection des instances dirigeantes par les personnes physiques qui en sont membres. Les salari&#233;s et usagers peuvent en faire partie, s'ils deviennent adh&#233;rents, ce qui est plut&#244;t rare. Il existe aussi des Fondations fonctionnant sans adh&#233;rents et donc sans participation autre que celui du Conseil d'administration qui les dirigent. Les SCOP, quant &#224; elles, peuvent ouvrir leurs instances aux salari&#233;s et/ou aux consommateurs. Elles pourraient int&#233;grer le secteur des ESMS. Mais, il n'y a pas &#224; ce jour d'exp&#233;rience rep&#233;r&#233;e. C'est vraiment la forme des SCIC qui permet le mieux de faire participer salari&#233;s et b&#233;n&#233;ficiaires, puisque ces deux cat&#233;gories d'acteurs font obligatoirement partie des trois cat&#233;gories (personnes physiques ou morales) qui, au minimum, doivent composer la soci&#233;t&#233;. Sur les 627 SCIC recens&#233;es en 2016, 86 (pr&#232;s de 14&#8239;%) interviennent dans le secteur &#171; &lt;i&gt;&#8239;Services de proximit&#233;, sant&#233;, social, handicap, petite enfance, h&#233;bergement&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (3). &#192; titre d'exemple : une maison de retraite &#224; Cerizay en 2016 ; un chantier d'insertion qui, en Occitanie, en 2018 ; en Loire-Atlantique, une entreprise adapt&#233;e fin 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;l&#233;ments pr&#233;sent&#233;s ci-dessus appellent au moins deux commentaires portant, respectivement, sur la forme juridique et sur les pratiques sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant la forme juridique, il parait peu contestable que la SCIC introduit au moins deux innovations majeures au travail social : la premi&#232;re est l'introduction d'une &#233;galit&#233; radicale entre professionnels-associ&#233;s et usagers-associ&#233;s, au nom du principe &#171; un homme/une voix &#187; ; la seconde est l'institutionnalisation d'un projet commun sous la forme coop&#233;rative. De ce seul point de vue, la SCIC ouvre des opportunit&#233;s sup&#233;rieures &#224; celles offertes par les trois autres statuts. Signalons, au passage, qu'elle ouvre des perspectives int&#233;ressantes du point de vue des relations avec les financeurs publics et les partenaires. Concernant ce dernier point, les clients des ESAT pourraient, par exemple, plus facilement acc&#233;der au statut de partenaire d'un projet partag&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1851 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L367xH460/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.39.26-e3757.png?1693569672' width='367' height='460' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Pour ce qui est des pratiques sociales on observera, &#224; l'inverse, que la plasticit&#233; du mod&#232;le associatif permet, par une simple modification des statuts, d'ouvrir la possibilit&#233; d'adh&#233;sion &#224; ses salari&#233;s et aux usagers. Ces exp&#233;riences sont rares, mais elles existent, et il serait &#233;videmment tr&#232;s souhaitable d'en observer les effets par le truchement, par exemple, de recherches-action associant les principaux acteurs. Une m&#234;me d&#233;marche devrait &#234;tre mise en &#339;uvre du c&#244;t&#233; des SCIC, permettant d'appr&#233;cier le degr&#233; de r&#233;alisation des promesses d'un cadre innovant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les formes d'organisation aujourd'hui existantes ouvrent des possibles qu'il me parait souhaitable d'explorer, avec imagination et rigueur, en gardant &#224; l'esprit que ce seront les pratiques sociales qui resteront d&#233;cisives. Le point commun de ces diff&#233;rentes options est de se situer au service du travail social pens&#233; comme une forme de solidarit&#233; en actes : comme forme op&#233;rationnelle de l'action sociale, incarnation de la solidarit&#233; nationale dont les travailleurs sociaux sont les agents ; ou bien comme incarnation d'une solidarit&#233; v&#233;cue, au sens qui en est donn&#233; par l'&#233;conomie solidaire, c'est-&#224;-dire construite sur des relations d'interd&#233;pendance et de r&#233;ciprocit&#233;, en l'occurrence entre des citoyens travailleurs sociaux et des citoyens exprimant, conjoncturellement ou durablement, le besoin d'une aide particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Agence nationale de l'&#233;valuation et de la qualit&#233; des &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) &#171; &#201;laboration, r&#233;daction et animation du projet d'&#233;tablissement ou de service &#187;, Recommandations de bonnes pratiques professionnelles, ANESM, d&#233;cembre&#8239;2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Je fais volontairement l'impasse sur la diversification des formes juridiques autoris&#233;e par la loi du 30&#8239;juillet 2014, laquelle ouvre d'autres perspectives et d'autres d&#233;bats&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) CGSCOP, R&#233;sultats de l'enqu&#234;te sur les SCIC, chiffres 2 016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Camper sans quitter l'h&#244;pital</title>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
		<dc:subject>1283</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise sanitaire a remis en question les pratiques professionnelles. Il nous a fallu nous adapter. Cet &#233;t&#233;, nous avons pu mener une action garantissant &#224; la fois la qualit&#233; de la prise en charge et le respect des mesures pr&#233;conis&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la p&#233;riode estivale, o&#249; nombre de personnes r&#234;vent de vacances et d'horizons nouveaux, tous les s&#233;jours adapt&#233;s dont b&#233;n&#233;ficient les patients ont &#233;t&#233; annul&#233;s, synonyme de privation de vacances. Ce qui faisait rupture avec le besoin d'&#233;loignement qui reste une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1283-" rel="tag"&gt;1283&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise sanitaire a remis en question les pratiques professionnelles. Il nous a fallu nous adapter. Cet &#233;t&#233;, nous avons pu mener une action garantissant &#224; la fois la qualit&#233; de la prise en charge et le respect des mesures pr&#233;conis&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode estivale, o&#249; nombre de personnes r&#234;vent de vacances et d'horizons nouveaux, tous les s&#233;jours adapt&#233;s dont b&#233;n&#233;ficient les patients ont &#233;t&#233; annul&#233;s, synonyme de privation de vacances. Ce qui faisait rupture avec le besoin d'&#233;loignement qui reste une indication th&#233;rapeutique ; avec le v&#233;ritable rep&#232;re dans le temps que ces p&#233;riodes tant attendues ont toujours constitu&#233; ; avec cet acc&#232;s aux loisirs qui fait bien souvent partie int&#233;grante du projet de vie de nos patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Soit se r&#233;signer, soit inventer le moyen qui ferait voyager nos patients en profitant des atouts de l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est lors d'une balade dans le parc o&#249; est install&#233; notre h&#244;pital, que nous avons d&#233;couvert le troupeau de moutons paissant paisiblement dans les pr&#233;s. La vue de ce paysage vallonn&#233; et bucolique &#224; l'ombre du sous-bois nous transporta un instant &#224; mille lieux d'ici. Nous &#233;tions comme des explorateurs en qu&#234;te d'une nouvelle contr&#233;e, et visiblement, nous l'avions trouv&#233;. Alors que nous devisions sur l'esth&#233;tique champ&#234;tre de ce petit coin d'h&#244;pital quasi-inconnu de tous, l'id&#233;e est venue comme naturellement l'eau s'&#233;coule de sa source : &#171; ET SI NOUS PLANTIONS NOS TENTES ICI ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de mobiliser toutes les forces vives de l'h&#244;pital et un mois et demi plus tard, c'est un groupe de quatre patients et d'une &#233;quipe pluridisciplinaire (infirmi&#232;re, &#233;ducateur, jardiniers, &#233;ducateur stagiaire) qui installait son campement. M&#234;me si nous voulions reproduire le mode de vie des trappeurs, certains &#233;l&#233;ments &#233;taient indispensables dans un souci de la pr&#233;servation de la cha&#238;ne du froid (frigo) autant que d'hygi&#232;ne (branchement en eau et en &#233;lectricit&#233;). L'am&#233;nagement des points d'eau fut, par la suite, am&#233;lior&#233; gr&#226;ce &#224; la confection d'une nourrice maison (pi&#232;ce de cuivre qui dessert plusieurs points d'eau) r&#233;alis&#233;e par les plombiers de l'h&#244;pital. D&#232;s le second soir, nous disposions d'une douche, qui m&#234;me froide (seul le premier profitait de l'eau chauff&#233;e dans les tuyaux) apportait un vrai plaisir de se laver &#224; l'air libre, tout en profitant de la vue sur la verdure environnante. Les menuisiers se sont activ&#233;s &#224; nous fabriquer des toilettes s&#232;ches sur mesure. S'ensuivit la confection d'une table &#224; feu (sorte de barbecue). Puis ce fut au tour d'une table. Chaque participant prit part &#224; son niveau pour concevoir, chacun avec son r&#244;le et ses missions propres : prendre les mesures, couper et ramasser du bois, dresser les tr&#233;pieds, pr&#233;parer les bobines de cordes, creuser un trou, nouer et fixer les &#233;l&#233;ments etc. en utilisant pour cela la technique du froissartage qui n'autorise ni clous ni vis, tout tenant gr&#226;ce aux br&#234;lages (n&#339;uds autour des piquets de bois). Ainsi chacun &#233;tait autoris&#233; &#224; croire que c'&#233;tait lui qui avait construit l'&#233;l&#233;ment de A &#224; Z. Chaque journ&#233;e &#233;tait structur&#233;e autour de l'&#233;laboration des repas, des sorties organis&#233;es (randonn&#233;e), d'un jeu de piste (message cod&#233;, lecture de carte et utilisation de la boussole) etc&#8230; Tous les participants campaient dans des tentes individuelles plant&#233;es en cercle &#224; bonne distance du feu de camp o&#249; furent organis&#233;es des veill&#233;es &#224; th&#232;me : soir&#233;e guitare/chant, karaok&#233;, contes. Une nuit, nous avons m&#234;me observ&#233; &#224; la jumelle et &#224; l'&#339;il nu le ciel d'&#233;t&#233; et notamment la com&#232;te Neowise pr&#233;sente, &#224; cette p&#233;riode, sur l'horizon Nord-Ouest.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut bien un incident, d&#232;s le milieu de la premi&#232;re journ&#233;e, un participant ayant fait un malaise, il a d&#251; regagner son service. Mais d&#232;s le lendemain 10 h 00, il &#233;tait de retour. Il fallut aussi apaiser l'angoisse d'un autre patient, perturb&#233; pas la premi&#232;re nuit pass&#233;e sous sa tente. Les quatre patients s'&#233;taient arrang&#233;s entre eux pour effectuer au mieux les t&#226;ches du quotidien, favorisant d'autant plus la coh&#233;sion de groupe que les corv&#233;es &#233;taient partag&#233;es en fonction des capacit&#233;s de chacun. Abandonnant notre id&#233;e initiale d'&#233;tablir un tableau de service, chaque membre du groupe avait trouv&#233; sa place et le moyen de se rendre utile dans la bonne tenue de l'hygi&#232;ne du camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1852 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L420xH504/capture_d_e_cran_2020-11-07_a_07.45.12-1cf11.png?1693569672' width='420' height='504' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Nous avons laiss&#233; le temps aux participants d'appr&#233;cier la vie au camp sans forc&#233;ment s'activer, certains en ont profit&#233; pour jouer, confectionner un sifflet, s'isoler un peu dans leur tente ou dans les sous-bois Le but &#233;tant juste d'appr&#233;cier le temps qui passe dans cet &#233;crin de verdure, dans l'enceinte de l'h&#244;pital mais si loin de son agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons propos&#233; aux patients qui le souhaitaient de r&#233;aliser une interview film&#233;e, exercice difficile s'il en est. Tous ont accept&#233; de jouer le jeu. Ils ont pu exprimer leur satisfaction d'avoir pu r&#233;aliser ce s&#233;jour, verbalisant chacun &#224; leur mani&#232;re tout le b&#233;n&#233;fice imm&#233;diat qu'ils en tiraient. Des r&#234;ves d'aventure, des souvenirs de jeunesse, des confidences parfois, le temps &#233;tait &#224; l'&#233;coute et au recueil de la parole. Une certaine amertume s'est toutefois manifest&#233;e, en fin de semaine, source parfois de quelques angoisses. Cinqui&#232;me et dernier jour, une atmosph&#232;re de fin de camp r&#232;gne mais n'entame pas la bonne humeur g&#233;n&#233;rale et le sentiment d'avoir fait quelque chose qui restera dans un coin de notre m&#233;moire. Apr&#232;s tout, une semaine de camping dans un h&#244;pital psychiatrique, ce n'est pas commun ! L'apr&#232;s-midi voit le retour progressif des patients sur leurs services apr&#232;s avoir tout rang&#233; et nettoy&#233; sur place. Nous laissons sur le camp la table, la table &#224; feu et les toilettes s&#232;ches. Nous rendons cet espace aux moutons, en gardant &#224; l'esprit cette conviction : il n'y a bien qu'&#224; Pinel que l'on peut faire &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet se veut comme une r&#233;ponse &#224; l'&#233;tat de crise sanitaire que nous traversons et qui a mis en p&#233;ril les fondements m&#234;me de nos pratiques professionnelles en imposant de mettre de la distance entre les personnes. Trois facteurs ont permis son succ&#232;s. Tout d'abord, l'immense implication des patients eux-m&#234;mes, ces diagnostics sur pattes, psychotiques, paranos, pervers, apragmatiques&#8230;, souvent r&#233;duits &#224; une simple ordonnance ou un num&#233;ro de s&#233;curit&#233; sociale. Ils nous ont r&#233;v&#233;l&#233; des valeurs d'entraide, d'empathie, de coh&#233;sion, mettant en place leur propre fonctionnement pour s'organiser de mani&#232;re autonome. Ensuite, l'&#233;norme contribution des services g&#233;n&#233;raux et techniques, des cuisiniers, des menuisiers, des plombiers et plus particuli&#232;rement les jardiniers. Leur patience, leur savoir-faire mais aussi leur savoir-&#234;tre ont assur&#233; un &#233;tayage sans fausse note aupr&#232;s des patients, cr&#233;ant avec eux de v&#233;ritables &#233;changes de comp&#233;tences dans ce que l'on pourrait appeler le travail en &#233;quipe &#171; pluridisciplinaire &#187;. Mais, il faut aussi &#233;voquer les conditions de d&#233;roulement de ce s&#233;jour qui ont contribu&#233; &#224; faire &#233;merger ces comportements : un endroit improbable constitu&#233; de pr&#233;s et de sous- bois, le tout &#224; l'abri du mur d'enceinte, &#224; peine visible, tr&#232;s vite oubli&#233; mais aussi &#224; l'abri de la foule et du risque de contagion &#224; la COVID 19 (autant que faire se peut). De quoi r&#233;aliser ce &#171; s&#233;jour intra-muros &#187;, une forme d'errance confin&#233;e, une libert&#233; de l'esprit que chacun s'est appropri&#233; au contact de cet espace naturel.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Psychiatrie-o-Les-pairs-entrent-par-la-fenetre&#034;&gt;&#192; lire Fabrique du social &#171; Psychiatrie &#8226; Les pairs entrent par la fen&#234;tre &#187; n&#176;1312&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hommage &#224; Maurice Capul &#8226; Quelques bouts de m&#233;moire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Hommage-a-Maurice-Capul-o-Quelques-bouts-de-memoire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Formation</dc:subject>
		<dc:subject>1283</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'&#201;TAIT l'ann&#233;e 1968, la derni&#232;re ann&#233;e de formation &#224; l'institut p&#233;dotechnique de Toulouse qui formait des &#233;ducateurs. Deux stagiaires &#233;ducateurs voulurent effectuer le stage long qui suivait &#224; l'&#233;poque l'ann&#233;e th&#233;orique au Centre d'Observation de Vitry-Sur-Seine : Elisabeth Alb&#232;s et moi-m&#234;me. Je fus affect&#233; &#224; un groupe de &#171; petits moyens &#187; entre 10 et 12 ans particuli&#232;rement difficiles. Rencontre inoubliable avec le travail de l'&#233;quipe de psychoth&#233;rapeutes d'enfants anim&#233;e par Georges Amado, disciple de Georges (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Educateur" rel="tag"&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Formation" rel="tag"&gt;Formation&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#201;TAIT l'ann&#233;e 1968, la derni&#232;re ann&#233;e de formation &#224; l'institut p&#233;dotechnique de Toulouse qui formait des &#233;ducateurs. Deux stagiaires &#233;ducateurs voulurent effectuer le stage long qui suivait &#224; l'&#233;poque l'ann&#233;e th&#233;orique au Centre d'Observation de Vitry-Sur-Seine : Elisabeth Alb&#232;s et moi-m&#234;me. Je fus affect&#233; &#224; un groupe de &#171; petits moyens &#187; entre 10 et 12 ans particuli&#232;rement difficiles. Rencontre inoubliable avec le travail de l'&#233;quipe de psychoth&#233;rapeutes d'enfants anim&#233;e par Georges Amado, disciple de Georges Heuyer. Le lieu - un grand parc plein d'arbres et de plantes rares - &#233;tait splendide. Confrontation avec des mod&#232;les d'&#233;ducateurs que je n'avais jamais rencontr&#233;s ailleurs, tr&#232;s engag&#233;s et avides de savoir, tr&#232;s syndiqu&#233;s aussi. Le travail th&#233;rapeutique au niveau des enfants &#233;tait tr&#232;s investi et la r&#233;flexion sur les limites du travail &#233;ducatif et du travail psy constamment examin&#233;e, articul&#233;e. Je n'ai jamais oubli&#233; la le&#231;on. Beaucoup profitaient des occasions qu'offrait la capitale pour suivre des cours, des formations et des s&#233;minaires, une ruche. Les d&#233;bats &#233;taient puissants, tr&#232;s politiques aussi, c'&#233;tait l'&#233;poque. Parmi eux Maurice Capul qui allait prendre la direction de l'&#233;cole d'&#233;ducateurs de Toulouse et quitter celle de BUC-Versailles (ce n'&#233;tait pas le temps des IRTS) et que je rencontrais &#224; peu pr&#232;s tous les jours dans la salle &#224; manger du personnel avec sa femme Susanne, qui travaillait &#224; Vitry comme th&#233;rapeute. J'avais entendu parler de Capul et de ses recherches gr&#226;ce au cours fameux d'Andr&#233; Chaurand sur les &#171; couples &#233;ducatifs &#187;. Nos conversations m'amen&#232;rent &#224; lui demander s'il pouvait suivre mon travail de m&#233;moire. Je le vis deux ou trois fois &#224; Versailles au cours d'entretiens personnels tr&#232;s efficaces. Il m'impressionnait, &#233;videmment, s'int&#233;ressant &#224; mon travail car j'y comparais, &#224; travers ma propre exp&#233;rience, les processus de formation tr&#232;s accompagn&#233;s (comme &#224; Vitry) et ceux o&#249; le stagiaire &#233;tait mis directement en position de responsabilit&#233; et devait apprendre &#224; nager tout seul. Mon m&#233;moire ne valait pas grand-chose. Capul ne me d&#233;courage&#226;t pas, ni me juge&#226;t, m'apportant des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexions et une hauteur de vue qui me manquait. Avant son d&#233;part, j'eus le temps de voir le travail remarquable qui avait &#233;t&#233; impuls&#233; dans l'&#233;cole de Buc et qui fut repris par Guy Dr&#233;ano. Notamment, les &#171; conseils p&#233;dagogiques &#187;, ces entretiens hebdomadaires sous forme de supervision par un professionnel exp&#233;riment&#233; qui recevait les stagiaires en relation individuelle. Ce travail obligatoire d'un an s'ajoutait &#224; celui des &#171; accompagnateurs de stage &#187; dans le lieu institutionnel. Je me maintins donc dans les traces de Maurice Capul en suivant ces entretiens dans l'&#233;cole de Buc, en tant qu'&#233;l&#232;ve de Toulouse ; puis assez vite, une fois dipl&#244;m&#233;, je me trouvais de l'autre c&#244;t&#233;, &#224; mon tour, comme &#171; conseiller p&#233;dagogique &#187; de l'&#233;cole. Pour cela, il fallait se former pendant un an. J'ai fait ce cursus qui s'ajouta &#224; la formation, alors obligatoire, d'accompagnateur de stage sur deux ans, suivie d'un m&#233;moire. On ne plaisantait pas avec le savoir, &#224; cette &#233;poque. Pour moi, ce fut un moment inoubliable. Ce n'est que plus tard que j'eus l'occasion de lire les ouvrages de Maurice Capul, ce qui ne fit qu'augmenter mon admiration. Il fut pour moi un &#171; passeur d'humanit&#233; &#187;. Apr&#232;s Vitry, je l'ai revu de loin en loin, mais tr&#232;s peu et je le regrette. Je crois qu'il fait partie de ceux qui m'ont appris que je faisais un vrai m&#233;tier et que ce m&#233;tier n'avait rien d'approximatif, qu'il devait s'apprendre toute la vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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