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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Entretien avec Hugo Dupont &#8226; S'extraire du stigmate</title>
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		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#233;gration scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entre diagnostic psychiatrique et reconnaissance de handicap, les enfants d'ITEP tentent de se lib&#233;rer de leurs &#233;tiquettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ni fou, ni gogol, c'est ainsi que se qualifient les jeunes en ITEP. Pourquoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jeunes pensent qu'ils sont en ITEP parce qu'ils sont &#171; fous &#187; et/ou parce qu'ils sont &#171; handicap&#233;s &#187;. Ils n'ont de cesse de se d&#233;faire de ces stigmates et d'affirmer qu'ils ne sont ni l'un, ni l'autre, qu'ils sont &#171; normaux &#187;. Souvent, ils disent qu'ils sont l&#224; &#224; cause des enfants qui les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Integration-scolaire" rel="tag"&gt;Int&#233;gration scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1282-" rel="tag"&gt;1282&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre diagnostic psychiatrique et reconnaissance de handicap, les enfants d'ITEP tentent de se lib&#233;rer de leurs &#233;tiquettes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1706 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH138/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.37.47-88e05.png?1693566798' width='500' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni fou, ni gogol, c'est ainsi que se qualifient les jeunes en ITEP. Pourquoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes pensent qu'ils sont en ITEP parce qu'ils sont &#171; fous &#187; et/ou parce qu'ils sont &#171; handicap&#233;s &#187;. Ils n'ont de cesse de se d&#233;faire de ces stigmates et d'affirmer qu'ils ne sont ni l'un, ni l'autre, qu'ils sont &#171; normaux &#187;. Souvent, ils disent qu'ils sont l&#224; &#224; cause des enfants qui les maltraitent, ou des professeurs qui ne les comprennent pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment faire pour que ces enfants soient mieux int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#233;cole ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les enfants d'ITEP pr&#233;sentent en g&#233;n&#233;ral deux types de d&#233;viances : ils ne rentrent pas dans les apprentissages scolaires et pr&#233;sentent des particularit&#233;s comportementales. Au d&#233;part, les enseignants ont tendance &#224; interpr&#233;ter ces particularit&#233;s sur le registre de la culpabilit&#233; : ils sont coupables de faire du bruit, de bouger tout le temps, d'emp&#234;cher les autres de travailler, etc. Puis, au bout d'un certain temps, le ton change et passe sur le registre de l'incapacit&#233;. Ils consid&#232;rent alors que ces enfants sont incapables de se concentrer, de tenir en classe. Or une &#233;cole inclusive se doit d'accueillir tous les enfants, eux compris. Cela n&#233;cessite de s'adapter &#224; leurs difficult&#233;s ou neutraliser les comportements perturbateurs. C'est par exemple l'optique des unit&#233;s d'enseignement externalis&#233;s o&#249; des &#233;ducateurs d'ITEP viennent &#233;tayer les enseignants en classe.`&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Auparavant, on parlait d'Instituts de r&#233;&#233;ducation. Pourquoi avoir supprim&#233; ce terme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il renvoyait &#224; l'id&#233;e que ces enfants &#233;taient mal &#233;lev&#233;s et qu'il fallait les r&#233;&#233;duquer. Il faut savoir que pr&#232;s de 90&#8239;% des enfants d'ITEP viennent de milieux populaires d'o&#249; le risque de jugement social. Cette id&#233;e que la famille est responsable des troubles de l'enfant reste encore aujourd'hui tr&#232;s pr&#233;sente chez certains professionnels du secteur. Or le fait de basculer ces enfants dans le champ du handicap a aussi eu pour but de d&#233;culpabiliser et d&#233;stigmatiser les parents. Avant, on parlait de cancres. Aujourd'hui, on met en avant des troubles, tels la dyslexie ou l'hyperactivit&#233;, encore peu connus il y a vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vos recherches portent aussi sur la d&#233;sinstitutionalisation des prises en charges. Le dispositif int&#233;gr&#233; risque-t-il de devenir le nouveau prototype d'accueil du m&#233;dico-social selon vous ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes plus dans la logique &#171; &lt;i&gt;un type de diagnostic =&#8239;un type d'&#233;tablissement ou de service&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, on consid&#232;re qu'il faut mettre un ensemble d'acteurs autour de chaque enfant handicap&#233; selon son projet de vie. Les prises en charges se sont individualis&#233;es, puisque pour un m&#234;me diagnostic, il peut exister diff&#233;rentes options selon le projet de l'enfant. Puis, elles se sont aussi horizontalis&#233;es, car ce n'est plus un seul &#233;tablissement qui prend en charge l'enfant mais un ensemble de services. Le DITEP s'inscrit pleinement dans cette &#233;volution. Ce dispositif est tr&#232;s bien per&#231;u par les agences r&#233;gionales de sant&#233; qui incitent les autres &#233;tablissements du m&#233;dico-social, comme les instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs, &#224; travailler de cette mani&#232;re. Il y a &#233;videmment aussi des motivations &#233;conomiques derri&#232;re cela. Lorsqu'on ferme des places en internat pour en ouvrir d'autres en SESSAD, cela permet d'accueillir beaucoup plus d'enfants pour un co&#251;t &#233;quivalent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Reportage &#8226; Du guichet unique aux dispositifs mobiles</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Reportage-o-Du-guichet-unique-aux-dispositifs-mobiles</link>
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		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#233;gration scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les Alicantes &#187; &#224; N&#238;mes est l'un des premiers instituts th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et p&#233;dagogique &#224; avoir adopt&#233; le dispositif int&#233;gr&#233;. Cet &#233;tablissement a entam&#233; une transformation profonde de son fonctionnement depuis dix ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortir des murs de l'institution, aller &#224; la rencontre de l'enfant dans son &#233;cole, dans sa famille, soutenir les enseignants, impliquer les parents, Les &#171; Alicantes &#187; entame ce virage d&#232;s 2010, bien avant que la l&#233;gislation ent&#233;rine le dispositif institut th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1282-" rel="tag"&gt;1282&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les Alicantes &#187; &#224; N&#238;mes est l'un des premiers instituts th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et p&#233;dagogique &#224; avoir adopt&#233; le dispositif int&#233;gr&#233;. Cet &#233;tablissement a entam&#233; une transformation profonde de son fonctionnement depuis dix ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sortir des murs de l'institution, aller &#224; la rencontre de l'enfant dans son &#233;cole, dans sa famille, soutenir les enseignants, impliquer les parents, Les &#171; Alicantes &#187; entame ce virage d&#232;s 2010, bien avant que la l&#233;gislation ent&#233;rine le dispositif institut th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et p&#233;dagogique (DITEP) en 2017. Au-del&#224; du changement de fonctionnement, l'approche &#233;galement s'est transform&#233;e. Cette transformation se traduit jusque dans le vocabulaire d&#233;sormais utilis&#233;. Exit les enfants &#171; caract&#233;riels &#187;, &#171; ing&#233;rables &#187; ou &#171; mal &#233;duqu&#233;s &#187;. Bienvenue aux &#171; enfants immatures &#187;, &#171; en souffrance psycho-affective &#187;, &#171; avec un d&#233;faut d'estime de soi &#187;. La priorit&#233; n'est plus de &#171; r&#233;&#233;duquer &#187; ou &#171; resocialiser &#187;, mais plut&#244;t de &#171; soigner les blessures psychologiques &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les Alicantes &#187; est pass&#233; d'une logique de &lt;i&gt;services d&#233;di&#233;s&lt;/i&gt; (internat, semi-internat ou SESSAD) &#224; un fonctionnement en &lt;i&gt;unit&#233;s&lt;/i&gt;. Chaque unit&#233;, situ&#233;e sur un site g&#233;ographique diff&#233;rent, peut accompagner les enfants sur les trois modalit&#233;s : suivi en ambulatoire, prises en charge en demi-journ&#233;e ou journ&#233;e avec la possibilit&#233; d'ajouter les nuits. &#171; &lt;i&gt;L'accueil &#224; temps plein ne concerne plus que 10&#8239;% de nos effectifs&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Corinne Garcia, directrice adjointe des Alicantes. Lors de la restructuration en 2010, l'internat a &#233;t&#233; ferm&#233;. &#171; L'accueil de nuit &#187;, selon la nouvelle terminologie, est d&#233;sormais assur&#233; par des familles d'accueil sp&#233;cialis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;marches administratives ont &#233;t&#233; assouplies. La maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es (MDPH) oriente maintenant les enfants sur le dispositif ITEP et non plus sur l'internat, l'externat ou le SESSAD. Elle laisse aux &#233;tablissements le soin de d&#233;cider des modalit&#233;s d'accueil convenant au mieux &#224; la situation. Au fur et &#224; mesure de l'&#233;volution de l'enfant, l'ITEP peut passer d'une modalit&#233; d'accompagnement &#224; une autre, sans avoir besoin de passer par la MDPH. Auparavant, chaque passage n&#233;cessitait de nouvelles d&#233;marches administratives, &#233;galement un changement d'&#233;quipe et de r&#233;f&#233;rent. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Aujourd'hui, quelle que soit l'&#233;volution de l'enfant, il reste avec ses m&#234;mes r&#233;f&#233;rents, ce qui permet une continuit&#233; de travail avec les familles et les partenaires&lt;/i&gt; &#187;, souligne Corinne Garcia. Cette souplesse permet d'&#234;tre plus r&#233;actif quand les enseignants alertent sur une d&#233;gradation de la situation. L'ITEP peut alors proposer d'augmenter sa prise en charge, d'offrir du temps de r&#233;pit &#224; l'enfant. Inversement quand l'int&#233;gration se passe bien, l'&#233;cole peut augmenter le temps scolaire et l'ITEP diminuer sa prise en charge.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Alliance parentale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour favoriser l'int&#233;gration au sein des &#233;tablissements scolaires, les &#171; Alicantes &#187; ont ouvert de nouveaux lieux d'accueil. &#171; &lt;i&gt;Avant 2010, tout l'&#233;tablissement &#233;tait concentr&#233; sur N&#238;mes. Or faire un projet d'int&#233;gration scolaire avec des enfants scolaris&#233;s &#224; l'autre bout du d&#233;partement, c'est compliqu&#233;. Nous avons donc cr&#233;&#233; deux antennes &#224; Vauvert et &#224; Remoulins, ce qui nous a permis de nous rapprocher des familles et des partenaires&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, explique Corinne Garcia. Ces derni&#232;res ann&#233;es, la proportion d'enfants scolaris&#233;s en milieu ordinaire a significativement augment&#233;. &#171; &lt;i&gt;Avant, les enfants qui arrivaient &#224; l'ITEP quittaient souvent l'&#233;cole au moment du CP et n'y retournaient plus. Tout se passait dans l'institution. Nous avions beaucoup de mal &#224; les adapter socialement car ils &#233;taient en perte de contact avec les attendus du milieu ordinaire&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, reconnait Corinne Garcia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, le travail avec les familles est devenu une priorit&#233; pour l'&#233;quipe. Le changement de vocabulaire a d'ailleurs contribu&#233; &#224; faciliter cette t&#226;che. &#171; &lt;i&gt;Auparavant, on parlait d'enfants difficiles. Aujourd'hui, on dit qu'ils sont en difficult&#233;, qu'ils ont besoin de soins. Les parents peuvent donc faire une demande beaucoup plus sereinement&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, atteste C&#233;line Daurin, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e au DITEP de Remoulins. Avec le nouveau dispositif, les conditions d'accueil ne sont plus impos&#233;es d&#232;s le d&#233;part mais n&#233;gociables. Les parents peuvent demander &#224; l'all&#233;ger ou &#224; le renforcer. Ils sont aussi invit&#233;s aux r&#233;unions lorsqu'il est question du projet personnalis&#233; de leur enfant et leur avis est pris en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1705 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L464xH325/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.34.19-b2fc8.png?1693566798' width='464' height='325' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Renouer avec l'autre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les enfants d'ITEP pr&#233;sentent fr&#233;quemment des probl&#233;matiques relationnelles. Souvent punis, voire rejet&#233;s en raison de leurs comportements inadapt&#233;s, ils ne savent plus comment s'y prendre pour se faire accepter. &#171; &lt;i&gt;Notre travail consiste &#224; leur redonner l'envie et la capacit&#233; d'&#234;tre avec les autres. Nous essayons de cr&#233;er des moments de rencontre possibles pour arr&#234;ter la spirale n&#233;gative&lt;/i&gt; &#187;, explique C&#233;line Daurin. Le travail de l'&#233;ducateur porte notamment sur l'acceptation de soi et des autres. L'image de soi de ces enfants est souvent d&#233;grad&#233;e, &#233;prouv&#233;e par des ann&#233;es de remontrances. Leurs r&#233;actions, parfois disproportionn&#233;es, parlent d'un mal-&#234;tre profond, d'une grande ins&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous insistons beaucoup sur les rituels et les s&#233;quences. Ils ont besoin de rep&#232;res s&#233;curisants dans leur quotidien. Aussi, nous travaillons l'acc&#232;s au symbolique pour les aider &#224; se repr&#233;senter la place et les attentes des uns et des autres&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Corinne Garcia. Avec l'arriv&#233;e d'internet et des r&#233;seaux sociaux, les professionnels ont vu s'aggraver certaines probl&#233;matiques. &#171; &lt;i&gt;L'acc&#232;s illimit&#233; et sans filtre aux nouveaux m&#233;dias peut avoir un effet renfor&#231;ateur sur les troubles&lt;/i&gt; &#187;, affirme Corinne Garcia &#171; &lt;i&gt;Nous avons l'impression que les mots n'ont plus d'importance. La parole passe et ne fait plus trace. Autant la leur que celle des adultes. C'est devenu tr&#232;s compliqu&#233; de cr&#233;er la rencontre&lt;/i&gt; &#187;, ajoute C&#233;line Daurin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cibler les plus jeunes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, &#171; Les Alicantes &#187; a recentr&#233; ses interventions sur la tranche d'&#226;ge de 7 &#224; 10 ans. Gr&#226;ce aux inclusions scolaires de plus en plus fr&#233;quentes, la dur&#233;e des prises en charges s'est raccourcie. Elle s'&#233;l&#232;ve en moyenne de trois ans aujourd'hui. Pour ceux qui ont encore besoin d'un soutien apr&#232;s le passage en coll&#232;ge, l'ITEP peut continuer un suivi all&#233;g&#233; en ambulatoire. Quand l'int&#233;gration scolaire n'est pas envisageable, il passe parfois le relais &#224; d'autres structures, des IME/IMPro ou alors d'autres ITEP qui accueillent les adolescents. Il y a deux ans &#171; Les Alicantes &#187; a &#233;galement cr&#233;&#233; une &#233;quipe mobile qui intervient en maternelle aupr&#232;s d'enfants de 3 &#224; 5 ans. Ce dispositif b&#233;n&#233;fice de proc&#233;dures d'instruction acc&#233;l&#233;r&#233;es &#224; la MDPH et peut donc &#234;tre mis en place rapidement. Il r&#233;pond &#224; une demande de plus en plus pr&#233;coce. L'ITEP propose aux parents des contrats d'accompagnement de six mois renouvelables. &#171; &lt;i&gt;C'est un travail intense sur un temps court. Le but n'est pas d'entamer un parcours ITEP d&#232;s cet &#226;ge-l&#224;. Mais souvent, les difficult&#233;s des enfants d&#233;marrent d&#232;s la maternelle&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, explique Corinne Garcia.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exemple des Alicantes illustre bien les mutations en cours au sein des ITEP. Un accompagnement de plus en plus pr&#233;coce, une priorit&#233; au maintien en milieu habituel, des modalit&#233;s de suivi plus souples et adaptables et, enfin, une vision de l'enfant davantage port&#233;e sur les racines de son mal-&#234;tre que sur ses seules manifestations comportementales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dispositif int&#233;gr&#233; en ITEP &#8226; Accompagner &#224; la carte</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Dispositif-integre-en-ITEP-o-Accompagner-a-la-carte-6311</link>
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		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#233;gration scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le fonctionnement en dispositif int&#233;gr&#233; offrirait aux instituts th&#233;rapeutiques, &#233;ducatifs et p&#233;dagogiques un mod&#232;le de prise en charge plus souple, modulable en fonction des besoins de l'enfant. Les premiers retours d'exp&#233;rience sont plut&#244;t positifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le dispositif int&#233;gr&#233; vise &#224; d&#233;cloisonner les structures, notamment entre le secteur m&#233;dicosocial et l'&#201;ducation nationale, &#224; donner de la souplesse pour une r&#233;ponse adapt&#233;e aux besoins &#233;volutifs de l'enfant ou de l'adolescent &#187;, r&#233;sume un r&#233;cent rapport de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1282-" rel="tag"&gt;1282&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le fonctionnement en dispositif int&#233;gr&#233; offrirait aux instituts th&#233;rapeutiques, &#233;ducatifs et p&#233;dagogiques un mod&#232;le de prise en charge plus souple, modulable en fonction des besoins de l'enfant. Les premiers retours d'exp&#233;rience sont plut&#244;t positifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le dispositif int&#233;gr&#233; vise &#224; d&#233;cloisonner les structures, notamment entre le secteur m&#233;dicosocial et l'&#201;ducation nationale, &#224; donner de la souplesse pour une r&#233;ponse adapt&#233;e aux besoins &#233;volutifs de l'enfant ou de l'adolescent&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume &lt;a href=&#034;https://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/2017-170R-D.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;un r&#233;cent rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales ( IGAS)&lt;/a&gt;. D'une logique de places, &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/1223-945#ancre-sommaire&#034;&gt;le dispositif instituts th&#233;rapeutique, &#233;ducatif et p&#233;dagogique (DITEP) passe &#224; un raisonnement en termes de parcours&lt;/a&gt; susceptible d'&#233;voluer en fonction des progr&#232;s de l'enfant. Ce changement implique une autre mani&#232;re de travailler. Plut&#244;t que d'imposer une seule solution &#224; l'enfant et &#224; sa famille, il offre un panel de prises en charges. Avec le dispositif int&#233;gr&#233;, le passage de l'internat aux interventions en ambulatoire, ou bien l'inverse, devient possible &#224; tout moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2005, &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/ITEP-les-chemins-de-l-ecole-4567&#034;&gt;les Instituts de r&#233;&#233;ducation sont rebaptis&#233;s Instituts th&#233;rapeutiques, &#233;ducatifs et p&#233;dagogiques (ITEP)&lt;/a&gt; pour mettre l'accent sur ses trois orientations fondamentales que sont les soins prodigu&#233;s par une &#233;quipe de psychologues, p&#233;dopsychiatres, psychomotriciens, orthophonistes, infirmiers, etc. ; l'&#233;ducatif assur&#233; par les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s et moniteurs-&#233;ducateurs et le p&#233;dagogique, domaine des enseignants sp&#233;cialis&#233;s. Ces derniers interviennent soit en unit&#233;s d'enseignement externalis&#233; (des classes d'ITEP int&#233;gr&#233;es au sein des &#233;coles et coll&#232;ges), soit dans des classes au sein des ITEP. De plus en plus d'enfants sont aussi scolaris&#233;s dans les dispositifs adapt&#233;s de l'Education nationale (ULIS, SEGPA), voire en classe ordinaire. Les objectifs du travail en ITEP peuvent donc se r&#233;sumer par le triptyque soigner (favoriser l'&#233;laboration psychique, restaurer l'estime de soi, socialiser (&#224; travers un certain nombre d'activit&#233;s en journ&#233;e ou des temps d'internat), et enseigner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enfants d'ITEP pr&#233;sentent des troubles psychologiques qui entravent l'acc&#232;s aux apprentissages, mais sans d&#233;ficience intellectuelle. Ils ont donc des facult&#233;s intellectuelles dans la norme, mais peinent &#224; les mettre au service des apprentissages en raison de leur instabilit&#233; psychique. &#171; &lt;i&gt;Ils pr&#233;sentent le plus souvent un faisceau convergent de fragilit&#233;s individuelles, d'histoires de famille difficiles ou marqu&#233;es par des traumatismes, et de fragilit&#233;s environnementales qui les emp&#234;chent de mobiliser leurs comp&#233;tences de r&#233;silience&lt;/i&gt; &#187;, explique le p&#233;dopsychiatre Jean-Marc Baleyte. A l'&#233;cole, ce sont des jeunes qui bougent beaucoup, ont du mal &#224; s'organiser dans leur travail, &#224; rester concentr&#233;s sur une t&#226;che. Ils ont tendance &#224; transgresser les r&#232;gles de vie. Souvent impulsifs et hypersensibles, les relations avec leurs pairs sont en g&#233;n&#233;ral conflictuelles. C'est donc souvent les enseignants qui tirent la sonnette d'alarme, quand les troubles deviennent trop bruyants et plus canalisables en classe. Ils peuvent alors convoquer une r&#233;union d'&#233;quipe &#233;ducative r&#233;unissant, autour d'une m&#234;me table, enseignants, parents et intervenants ext&#233;rieurs pour orienter la famille vers la Maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;s (MDPH). Celle-ci peut, apr&#232;s &#233;tude de leur dossier, prononcer une notification qui permet &#224; l'enfant de se placer sur une liste d'attente pour int&#233;grer le DITEP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1703 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH326/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.25.21-c076f.png?1693566798' width='500' height='326' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bilan positif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les modalit&#233;s d'accueil en ITEP peuvent varier du plus complet (l'internat de semaine du lundi au vendredi) &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Agir-au-plus-pres-de-l-enfant-un-Sessad-dans-l-ecole&#034;&gt;au plus l&#233;ger (l'accueil en service d'&#233;ducation sp&#233;ciale et de soins &#224; domicile (SESSAD)&lt;/a&gt;. Entre les deux, existe tout un panel d'options : l'internat modul&#233; (une, deux ou trois nuits par semaine), l'internat s&#233;quentiel (&#224; temps complet, mais sur des s&#233;quences courtes), l'externat (accueil de jour), l'accueil &#224; temps partiel (par demi-journ&#233;es), Enfin, certains ITEP proposent aussi des familles d'accueil sp&#233;cialis&#233; pour les enfants dont les difficult&#233;s n&#233;cessitent une prise en charge autre que celle de l'internat. Auparavant, le passage de l'institution au SESSAD &#233;tait conditionn&#233; par une d&#233;cision de la MDPH. Il fallait donc &#224; chaque fois constituer un dossier avec une multitude de bilans (m&#233;dicaux, psychologiques, scolaires, orthophoniques) et attendre de longs mois avant que ce dossier soit instruit et trait&#233;. Or le dispositif int&#233;gr&#233; en ITEP, instaur&#233; officiellement par la loi de modernisation du syst&#232;me de sant&#233; du 26 janvier 2016, a l'avantage d'all&#233;ger toute cette machine administrative et de laisser la main libre aux chefs d'&#233;tablissements pour ajuster l'orientation au fur et &#224; mesure du parcours de l'enfant. Les professionnels du secteur semblent plut&#244;t appr&#233;cier ce nouveau mode de fonctionnement. &#171; &lt;i&gt;Le bilan est globalement positif, m&#234;me si le dispositif int&#233;gr&#233; ne r&#233;pond pas &#224; tous les probl&#232;mes. De nombreux jeunes ont pu b&#233;n&#233;ficier en fonction de leur projet successivement ou en m&#234;me temps des trois modalit&#233;s d'accueil : internat, accueil de jour et interventions ambulatoires. &#192; ce niveau-l&#224;, nous avons constat&#233; une &#233;volution forte sur nos pratiques&lt;/i&gt;. &#187;, affirme Fran&#231;ois Delacourt, pr&#233;sident de l'association des ITEP et de leurs r&#233;seaux (l'AIRe). Pour Jean-Marc Baleyte, &#171; &lt;i&gt;le dispositif int&#233;gr&#233; offre une meilleure fluidit&#233; des liens entre les institutions &#233;ducatives, scolaires et psychiatriques. Cette articulation permet de d&#233;cloisonner les fonctionnements et de raisonner en termes de besoin global de l'enfant&#8239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1702 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH343/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.25.37-c2fdb.png?1693566798' width='500' height='343' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Nouvelles &#233;quipes mobiles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les dispositifs ambulatoires se multiplient. Les &#233;quipes mobiles ressource ou &#233;quipes d'appui &#224; la scolarisation &#233;mergent un peu partout en France. Elles ont pour objectif d'apporter un soutien aux enseignants en difficult&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Nous essayons de construire des &#233;quipes mobiles mixtes compos&#233;es d'&#233;ducateurs, d'enseignants et de psys qui permettent de faire un diagnostic de situation complet et d'&#233;valuer les besoins sp&#233;cifiques de l'enfant sur chacun de ces trois p&#244;les&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, explique Jean-Marc Baleyte. Mais ces &#233;quipes mobiles ne font pas encore partie du DITEP. &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;al serait d'int&#233;grer ces actions au sein du dispositif&lt;/i&gt; &#187;, plaide Fran&#231;ois Delacourt. Le pr&#233;sident de l'AIRe salue par ailleurs le renforcement du travail en r&#233;seau gr&#226;ce au nouveau dispositif. &#171; &lt;i&gt;Au niveau de l'&#201;ducation nationale, il y a une r&#233;elle volont&#233; d'ouverture et de plus en plus d'inclusion. De par sa souplesse, le DITEP permet d'ajuster le rythme scolaire &#224; l'&#233;volution de l'enfant. Nous pouvons ainsi passer d'une scolarisation &#224; mi-temps &#224; un temps plein quand il va bien ou, au contraire, baisser le nombre de demi-journ&#233;es &#224; l'&#233;cole quand l'enfant est plus instable. Cette r&#233;activit&#233; de nos structures a permis de s&#233;curiser les enseignants. L&#224; o&#249; la communication est parfois un peu plus compliqu&#233;e, c'est avec l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) et la p&#233;dopsychiatrie&lt;/i&gt; &#187;, regrette Fran&#231;ois Delacourt. Mais au-del&#224; de la scolarisation, les ITEP travaillent aussi sur un autre levier d'inclusion sociale : les activit&#233;s culturelles ou sportives. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Int&#233;grer un enfant dans un club de sport, un atelier de dessin ou un groupe de th&#233;&#226;tre constitue souvent une premi&#232;re &#233;tape avant l'int&#233;gration scolaire. On ne peut r&#233;duire l'inclusion sociale &#224; la seule scolarit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Vers la d&#233;sinstitutionalisation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait de privil&#233;gier les prises en charge ambulatoires au d&#233;triment de l'internat n'annonce-t-il pas une volont&#233; politique d'aller vers moins d'institution, notamment pour des raisons &#233;conomiques ? &#171; &lt;i&gt;Cette question fait d&#233;bat. Je ne sais pas s'il y a une volont&#233; politique d'aller vers moins d'institution. Ce n'est pas clairement affich&#233; en tout cas. La volont&#233; d'inclusion sociale des personnes en situation de handicap est, en revanche, mise en avant. Mais tout d&#233;pend aussi de ce que l'on met derri&#232;re le mot institution. Au niveau de l'AIRe, nous ne sommes pas favorables au maintien des institutions avec des murs. Nous d&#233;fendons l'institution au sens du DITEP, c'est-&#224;-dire un cadre qui permet d'apporter une coh&#233;rence d'ensemble et une r&#233;flexion commune&lt;/i&gt; &#187;, affirme le directeur de l'AIRe. En tout cas, le fonctionnement en DITEP semble avoir trouv&#233; des adeptes, puisqu'il serait question de le g&#233;n&#233;raliser aux instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs (IME). M&#234;me si pour les enfants accueillis dans ce type d'&#233;tablissements, les parcours sont souvent plus stables et n&#233;cessitent moins d'ajustements successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1704 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH455/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.24.57-9a975.png?1693566798' width='350' height='455' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Impliquer les parents&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du travail en r&#233;seau, une autre ambition du dispositif int&#233;gr&#233; est de renforcer le travail avec les familles. &#171; &lt;i&gt;Le DITEP rend les parents acteurs de la prise en charge. Il leur permet de s'approprier le parcours de l'enfant&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &#187;, t&#233;moigne Fran&#231;ois Delacourt. Ils peuvent par exemple demander une nuit de moins sur l'internat quand &#231;a va mieux &#224; la maison, ou bien une nuit de plus quand &#231;a va mal, plus d'heures d'&#233;cole quand l'enfant le demande, etc. Pour renforcer l'implication des parents, l'AIRe est aussi favorable &#224; une extension des pouvoirs des &#233;quipes de suivi &#224; l'&#233;cole, ces r&#233;unions o&#249; parents, enseignants et partenaires se retrouvent pour faire un bilan de l'&#233;volution de l'enfant. L'association aimerait donner &#224; ces &#233;quipes la possibilit&#233; de prendre des d&#233;cisions en termes d'orientation scolaire sans passer par la MDPH (avec une simple obligation d'information). Cela permettrait d'all&#233;ger encore un peu plus les lourdeurs administratives auxquelles sont confront&#233;s les parents d'enfants en situation de handicap. M&#234;me si les &#233;volutions r&#233;centes vont dans le bon sens pour Jean-Marc Baleyte, &#171; beaucoup de choses restent encore &#224; am&#233;liorer, dont notamment le soutien apport&#233; aux &#233;quipes p&#233;dagogiques et le travail avec les centres m&#233;dico-psychologiques. Les &#233;quipes en ITEP ont affaire &#224; une tr&#232;s grande diversit&#233; de profils. Elles ont besoin d'&#234;tre soutenues dans cette t&#226;che difficile qui consiste &#224; mobiliser les comp&#233;tences de ces enfants.&lt;/i&gt; &#187; Un soutien qui passera par une mobilisation de l'ensemble des acteurs de terrain. Au mieux dans un travail concert&#233; plut&#244;t que chacun dans son coin&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quand Colette magnifie les enfants singuliers</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Quand-Colette-magnifie-les-enfants-singuliers</link>
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		<dc:date>2020-11-02T15:58:36Z</dc:date>
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		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est de Colette Magny dont il est question ici, la chanteuse qui a ouvert son c&#339;ur et sa gueule grandement, tant et tant pour toutes sortes de motifs toujours g&#233;n&#233;reux et dont certains se souviennent tr&#232;s bien et d'autres non, m&#234;me si ce nom leur dit quelque chose puisqu'il est vrai qu'elle aura longtemps encore quelque chose &#224; nous dire. Elle a chant&#233; l'anthologie des causes et des luttes de la seconde partie du vingti&#232;me si&#232;cle, les juifs et les palestiniens, les vietnamiens et les cubains, les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Culture-193" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Handicapes" rel="tag"&gt;Handicap&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1282-" rel="tag"&gt;1282&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est de Colette Magny dont il est question ici, la chanteuse qui a ouvert son c&#339;ur et sa gueule grandement, tant et tant pour toutes sortes de motifs toujours g&#233;n&#233;reux et dont certains se souviennent tr&#232;s bien et d'autres non, m&#234;me si ce nom leur dit quelque chose puisqu'il est vrai qu'elle aura longtemps encore quelque chose &#224; nous dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a chant&#233; l'anthologie des causes et des luttes de la seconde partie du vingti&#232;me si&#232;cle, les juifs et les palestiniens, les vietnamiens et les cubains, les paysans et les ouvriers et les auteurs aussi, Antonin Artaud, Victor Hugo, Louise Labb&#233;, le vieux blues &#224; quoi l'industrie du disque aurait voulu la cantonner et ses propres textes dans lesquels les mots simples montent en charge &#224; toute vitesse, efficaces et po&#233;tiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la guitare seule ou accompagn&#233;e de musiciens, elle fait souvent entendre le free-jazz et l'avant-garde, jamais complaisante et d&#233;magogue dans les arrangements, raison pour laquelle certains de ses choix politiques depuis longtemps trahis continuent tout de m&#234;me d'enchanter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle ne fut jamais une chanteuse populaire, trop ceci ou pas assez cela pour la majorit&#233; ou les minorit&#233;s d'auditeurs et il a fallu l'&#233;nergie de sa ni&#232;ce et de comparses pour &#233;diter enfin en CD (1) l'ensemble de ses disques 33&#8239;t introuvables.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1978, voisine curieuse, elle rencontre les enfants et le personnel de l'IMP Fontenoy-le-Ch&#226;teau, dans les Vosges, et c'est avec ces jeunes et quelques musiciens qu'elle participe &#224; des s&#233;ances d'expression. Jo Petit, la Directrice d'alors raconte : &#171; &lt;i&gt;une option expression s'est mise en place, pas tout &#224; fait comme on le faisait : des micros, une vraie sono, un attrait consid&#233;rable, quoi&#8230; des gosses en difficult&#233;s, pleins de probl&#232;mes affectifs, pas tr&#232;s imaginatifs, mais pr&#234;ts &#224; faire, &#231;a donne des airs connus, des clich&#233;s, des &#171; je fais comme mon voisin &#187;, au d&#233;but surtout, quand il n'y a pas de stimulation, quand Colette ne chante pas&#8230; et puis tout est all&#233; vite : Pierrette et Colette enregistrent, l'Institut M&#233;dico P&#233;dagogique &#233;clate en sons et en cris, on &#233;coute les bandes, et si on faisait un disque. Les gosses sont indiff&#233;rents au projet : ils s'expriment, ils sont heureux. Le disque, c'est un d&#233;sir d'adulte et c'est difficile &#224; comprendre pour un enfant, c'est magique&lt;/i&gt; &#187; (2). Colette Magny d&#233;crit aussi cet &#233;tat d'esprit : &#171; &lt;i&gt;non interventionniste au maximum, j'ai peu sugg&#233;r&#233;, beaucoup &#233;cout&#233; et pleinement enregistr&#233; ce que les enfants ont bien voulu exprimer. Pour le disque, j'ai choisi et imbriqu&#233;, parmi de nombreux enregistrements, les &#233;l&#233;ments sonores qui m'ont sembl&#233; le mieux traduire ce que j'ai cru comprendre de ces enfants. Je les aime.&lt;/i&gt; &#187; (3). Le disque est publi&#233; en 1979 par l'&#233;diteur Le Chant du Monde avec une double jaquette comportant des textes et des dessins d'enfants. Il est compos&#233; de vingt-quatre pi&#232;ces, dont l'&#233;num&#233;ration suffit d&#233;j&#224; &#224; nous pr&#233;parer au d&#233;part. Y'a trop de malheurs &#224; la T&#233;l&#233;, Zoo story, Psycho-m&#233;dico-tranquilo-s&#233;curito, Un canal de l'Est, Gouzou, Via Saint-Di&#233;, &#231;a me fait du bien, Caoutchoucs &#8211; maracas, Pipi-caca Story, C'est ma m&#232;re, La tristesse de Christelle, Histoire d'Orage, Sifflet &#224; coulisses, Sandy, Guimbarde-&#233;pinette, Frikasia, B.&#8239;a, BA, Ah les sales gosses, C'est &#231;a qu'on dans le coco, Marie-Th&#233;r&#232;se Leclerc, Faudrait pas faire le cirque, y a une grand-m&#232;re en bas, L'amour, l'amour, Si je dis, Abandon. La richesse des s&#233;quences, leur puissance po&#233;tique doivent peut-&#234;tre leur &#233;nergie au caract&#232;re authentique des paroles et des chants qui peuvent aussi bien passer par la reprise d'une chansonnette &#224; la mode, mais si d&#233;licatement personnalis&#233;e, que par une rengaine pipi-caca, qui devient presque un chant pygm&#233;e o&#249; les sonorit&#233;s se tuilent. Des moments de jubilations collectives, ou tout au contraire de d&#233;ploration, des textes po&#232;mes sur la condition d'enfant anormal, des chansons c&#233;l&#233;brant en rythme le train de retour vers le papa, des inventions solitaires, des usages nouveaux et sensibles des instruments de musique d&#233;couverts, des microclimats rares, toute une m&#233;t&#233;orologie de la perception qui rince nos vieilles toitures. L'&#233;coute et le passage dans ces mondes sont une exp&#233;rience pour l'auditeur qui finit rapidement par oublier les repr&#233;sentations li&#233;es au handicap des protagonistes et bien d'autres codes culturels. C'est aussi la force de ce disque qui fait qu'on ne saurait donc ramener toutes ces propositions &#224; de la &#171; clinique &#187;, &#224; du pathologique, on est bien plut&#244;t entre la musique contemporaine et l'Art Brut remarqu&#233; par les surr&#233;alistes et Dubuffet, emport&#233; dans un v&#233;hicule &#224; carburant psych&#233;d&#233;lique. Et c'est peu de dire qu'il fallut du courage &#224; Colette Magny pour susciter et travailler cette mati&#232;re-l&#224;, pour trouver un &#233;diteur important assez g&#233;n&#233;reux pour en faire un disque qui, quarante plus tard, peut &#233;galement nous faire honte, &#224; l'heure de la ritaline et des s&#233;quences d'habituations-r&#233;flexes, &#224; quoi le politiquement correct rajoutera sa censure moraliste. Les t&#233;moins toujours vivants de cette &#233;poque attestent que cette rencontre fut tr&#232;s importante pour Colette Magny, qu'une r&#233;sonnance personnelle et tr&#232;s intime entre elle et ces enfants s'&#233;tait pass&#233;e. Les droits d'auteur qu'elle a per&#231;us sur les ventes de ce disque ont &#233;t&#233; vers&#233;s &#224; l'IMP. Nul doute que les acteurs du travail social trouveront dans cet opus d'il y a quarante ans de quoi faire un brin de toilette et se d&#233;gourdir les id&#233;es, comme celle, par exemple, qui consiste &#224; penser que des personnes singuli&#232;res et plus ou moins d&#233;pendantes peuvent inventer des formes de sensibilit&#233; qui b&#233;n&#233;ficient &#224; tous, pour peu qu'on les aide &#224; les concr&#233;tiser. Et comme disait &#224; l'&#233;poque une certaine Christiane Vouriot &#171; &lt;i&gt;mais si tu veux j'aimerais te chanter ma chanson &#224; moi, seulement c'est pas facile, &#199;a, on ne me l'a jamais apprise &#224; la chanter, mais toi si tu veux l'entendre, je te la dirai, seulement, tu comprends, il faut que tu m'&#233;coutes bien, parce que je vais chanter, personne ne l'a encore entendue, on n'a pas voulu l'&#233;couter, sinon je serais pas l&#224;, &#224; dire n'importe quoi, tu comprends ? mais si toi, tu veux l'entendre, je te la chanterai.&lt;/i&gt; &#187; (4)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Colette Magny, Anthologie 1958-1997, (2 018), Sony Music &lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Texte dans la jaquette du 33&#8239;t, Colette Magny &#171; je veux chaanter &#187; Le Chant du Monde LDX 74 669&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) idem&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Texte imprim&#233; dans la jaquette, reprise en chanson par Colette Magny dans le disque en plage 8 &#171; si je dis &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; S'il te pla&#238;t, apprivoise-moi &#187;</title>
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		<dc:subject>Enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est des enfants qui sont si loin des professionnels qu'il faut &#224; ces derniers une patience infinie, une bienveillance sans limite et une inconditionnalit&#233; sans faille pour r&#233;ussir &#224; s'en approcher petit &#224; petit. Marianne Chataignier nous en fait la d&#233;monstration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Isma&#235;l, c'est l'a&#238;n&#233;. Il porte le pr&#233;nom de feu son oncle, le fr&#232;re jumeau de son p&#232;re. D&#233;ni de grossesse. D&#233;ni d'existence. D&#233;ni de vie. L'&#233;ducateur du Service d'accompagnement progressif en milieu familial (SAPMF) qui me pr&#233;sente la situation (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est des enfants qui sont si loin des professionnels qu'il faut&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; ces derniers une patience infinie, une bienveillance sans limite&lt;br class='autobr' /&gt;
et une inconditionnalit&#233; sans faille pour r&#233;ussir &#224; s'en approcher petit &#224; petit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marianne Chataignier nous en fait la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Isma&#235;l, c'est l'a&#238;n&#233;. Il porte le pr&#233;nom de feu son oncle, le fr&#232;re jumeau de son p&#232;re. D&#233;ni de grossesse. D&#233;ni d'existence. D&#233;ni de vie. L'&#233;ducateur du Service d'accompagnement progressif en milieu familial (SAPMF) qui me pr&#233;sente la situation porte en lui tout le d&#233;sir de quatre vies &#224; confier. Je ne les ai pas encore rencontr&#233;s que, d&#233;j&#224;, je sens cet attachement qu'il me transmet. Un creux se fait en moi, un creux qui accueille leur image. Un creux dans ma poitrine qui re&#231;oit la voix de l'&#233;ducateur. Je ne perds rien de ses gestes, de ses mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isma&#235;l. Il est l&#224;, le regard plong&#233; vers le sol, tendu vers l'autre, toujours &#224; l'aff&#251;t. Il a deux grands yeux bleus. Bleu comme le ciel. Bleu comme le vide. Isma&#235;l. La premi&#232;re fois, c'est avec ses fr&#232;res et s&#339;ur qu'il est venu. Il a 8 ans. Tous les quatre, les uns contre les autres, apeur&#233;s. Des animaux sauvages, fragiles, vuln&#233;rables. Ils me font penser &#224; une port&#233;e de chatons tremblants, abandonn&#233;s par leur m&#232;re. Est-ce qu'il arrive qu'une chatte d&#233;vore ses chatons ? &#171; &lt;i&gt;Sauvagerie maternelle&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (1), les mots d'Anne Dufourmantelle me reviennent.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;change avec leur &#233;ducateur qui les accompagne pour visiter ce lieu qui deviendra leur foyer. Un foyer. Feu. Chemin&#233;e. Choyer. Foi. Il faudrait les apprivoiser ces petits chatons. Je m'approche doucement. Pause. R&#233;tention. Poumons pleins. Le souffle chuchotant. Souffle chaud, retenu. &#192; pas de loup. &#192; pas de chat. Sans geste brusque. Il faut qu'ils me voient venir. Que je ne les surprenne pas. Il faut qu'ils s'acclimatent lentement &#224; ma pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sens bien que les mots ne les atteindront pas, que les mots les effraieront. Je me surprends moi-m&#234;me lorsque je m'observe mimer les bruits d'animaux&#8230; Il faut qu'ils devinent. Alors ils osent timidement : &#171; &lt;i&gt;Huuuuu. Huuuuu&#8230;&lt;/i&gt; &#187; fais-je, &#171; &lt;i&gt;le cheval&#8239;&lt;/i&gt; &#187; dit Mohamed &#224; demi-mot &#224; l'oreille de son fr&#232;re Omar. Je continue : le cochon, la poule, le mouton&#8230; Je vois leurs corps qui se d&#233;tendent peu &#224; peu. Leurs regards qui se l&#232;vent &#224; peine. Ils sont l&#224; depuis plus de deux heures et nous n'avons pas encore eu de contact visuel. Plus tard, leurs grands-parents me raconteront : &#171; &lt;i&gt;lorsqu'ils sont arriv&#233;s chez nous, ils &#233;taient vraiment sauvages. Les premiers temps, d&#232;s qu'un voisin passait, ils se cachaient tous les quatre sous la table&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont arriv&#233;s depuis maintenant plus de quatre mois. Mohamed et Isma&#235;l sont accueillis sur la m&#234;me maison, ils partagent la m&#234;me chambre. Je commence &#224; pr&#233;parer le repas. Isma&#235;l veut cuisiner avec moi. D&#232;s son r&#233;veil, il m'a sembl&#233; contrari&#233;. Ferm&#233;. Tendu. Sa m&#226;choire est crisp&#233;e. Il r&#233;agit un peu &#224; mes sollicitations. Je le taquine. Il rit, tourne en rond. Il essaie de jouer au ca&#239;d. Puis laisse son regard se jeter dans le vide. Je l'interpelle, il rit &#224; nouveau. Me montre sa force. &#171; &lt;i&gt;Tu crois que je suis une mauviette hein ?&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Il installe les oignons sur la planche &#224; d&#233;couper, grimpe sur le plan de travail et attrape un des couteaux de cuisine, rang&#233;s l&#224; en hauteur, inaccessibles &#224; une taille d'enfant. Il commence la d&#233;coupe. Me demande sans cesse de regarder ce qu'il fait. Il est agile et m&#233;ticuleux. &#171; &lt;i&gt;T'as vu que je suis pas une mauviette hein ?&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#8239;c'est quoi une mauviette, Isma&#235;l ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;moi, j'suis plus fort que toi, j'ai pas peur de me battre, j'ai pas peur de la police, j'ai pas peur de la mort &lt;/i&gt; ! &#187;, une mauviette c'est quelqu'un qui a peur de la mort ? Sans que nous ayons &#224; r&#233;pondre &#224; cela, il en revient aux oignons, au repas que nous pr&#233;parons ensemble. Je le sens, &#224; c&#244;t&#233; de moi. Il cherche comment contenir ce qui pulse. Sa m&#226;choire se serre &#224; nouveau. Ses gestes sont incertains. Je sens son mouvement, fin et vif, comme l'aiguille qui dessine le trac&#233; d'un &#233;lectrocardiogramme. Et ce que &#231;a va tenir ? Est-ce que les mots vont suffire ? Est-ce que notre implication dans l'action va l'accrocher, le raccrocher &#224; cet ici et maintenant ? Le couteau &#224; la main, la peau fr&#233;missante, les muscles raidis, les membres d&#233;sarticul&#233;s. Les jambes portent un corps qui ne sait pas o&#249; aller. Les jambes pi&#233;tinent, tournent autour de moi dans la cuisine. S'&#233;loignent. Se rapprochent. Les mots d&#233;sarticul&#233;s. Je ne saisis plus la logique du langage. La police. La mort. L'Alg&#233;rie. Tuer les flics. Pas peur. La prison. Les terroristes ne vont pas en prison. Buter les flics. Pas mourir. Partir. Les terroristes ne meurent pas. Les juifs. Le feu. Pas chez moi. Ici, c'est pas chez moi. Les flics. Fuguer. &#171; &lt;i&gt;Je suis pas une mauviette, frappe moi&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Tuer les terroristes. &#171; &lt;i&gt;Allah akbar&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Handek !&lt;/i&gt; &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couteau sous la gorge, Isma&#235;l dit encore qu'il n'a pas peur de la mort. Qu'il tue les flics. Qu'il est n&#233; pour tuer. Quelque chose est d&#233;sincarn&#233;. Une mise en sc&#232;ne. Une mauvaise interpr&#233;tation du r&#244;le. Je sais qu'il ne se fera l&#224; aucun mal. Pourtant : j'ai peur moi, j'ai peur de ton couteau, j'ai peur que tu aies mal, j'ai peur que tu meures, parfois j'ai peur de la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai envie de le prendre dans le creux de mes bras. Lui dire que tout ira bien. Le bercer. Caresser ses cheveux noirs. Essuyer les larmes de ses grands yeux secs. Ses grands yeux qui ne pleurent pas. Lorsqu'il est assailli par ces images morbides, aucun mot ne le rattrape. Il s'engouffre. Son corps vient chercher le mien. Je sens qu'on en arrivera l&#224;. Qu'on en arrivera l&#224;, par la force. Par la force des choses sans doute. &#171; &lt;i&gt;Je suis pas une mauviette, frappe moi&lt;/i&gt;. &#187; &#171; &lt;i&gt;Si tu me frappes pas, je vais te montrer.&lt;/i&gt; &#187; Sa main est d&#233;j&#224; sur ma gorge. Ma main est d&#233;j&#224; sur la sienne. Mon bras est d&#233;j&#224; autour de ses &#233;paules. Nos corps sont d&#233;j&#224; au sol. Il hurle &#171; &lt;i&gt;l&#226;&#226;&#226;che moi&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Je ne te l&#226;cherai pas, Isma&#235;l. Il hurle encore. Longtemps. Il hurle et il pleure avec ses grands yeux secs qui fixent le vide. Je crois qu'une larme coule sur ma joue. D'&#233;puisement la tension se rel&#226;che. Je sens presque les battements de son c&#339;ur. J'entends presque les voix des autres enfants. La vie qui reprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1707 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L371xH386/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.46.01-ef752.png?1693566798' width='371' height='386' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Lentement, tr&#232;s lentement, nos muscles se d&#233;tendent. Je d&#233;colle doucement mes bras de son buste. Avec pr&#233;caution. Comme pour ne pas r&#233;veiller l'enfant endormi. Se d&#233;tacher. Sans geste brusque. Sans un bruit. Le souffle retenu. &#192; pas de loup. &#192; pas de chat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isma&#235;l vit ici depuis trois ans. Des crises il y en a eu tellement. Des mots aussi. Toujours les m&#234;mes. Les crises ont chang&#233;. Elles ne disent plus tout &#224; fait la m&#234;me chose. Elles ne crient plus autant. Elles n'engagent plus tout entier les corps. Elles s'espacent. Elles ponctuent le temps, en pointill&#233;. Le temps de l'absence. Ce matin, j'attends Isma&#235;l dans la petite pi&#232;ce qui fait office de salle de classe. Fractions et nombres d&#233;cimaux au programme. Les enseignants envoient chaque jour le plan de travail. Isma&#235;l m'entend &#233;ternuer en descendant. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Laisse tomber, Marianne on peut pas faire &#233;cole, t'as le Coronaakbar !&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) &#171; La sauvagerie maternelle &#187; Anne Dufourmantelle, &#201;d. Clamnn Levy, 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
( 2 ) &#171; Attention ! fais attention &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Face &#224; leur destin #3</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Theatre-o-Face-a-leur-destin-3</link>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi avez-vous choisi d'&#234;tre sur ce plateau ? Ce qui compte c'est votre niaque, votre d&#233;sir. &#187; Face aux com&#233;diennes, Ahmed Madani ass&#232;ne des mots durs pour motiver la troupe. &#171; Sur ce plateau on se tient debout, dans sa dignit&#233;, sa fiert&#233;, sa force. Trouvez votre raison. C'est un texte tr&#232;s difficile. La seule mani&#232;re de le faire passer est d'&#234;tre dans une pr&#233;sence, une &#233;nergie. Vous devez &#234;tre impitoyables. &#187; Les femmes &#233;coutent. Tel un coach sportif, l'auteur metteur en sc&#232;ne encourage les actrices (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1696 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH266/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_14.51.29-ce1cd.png?1693566799' width='500' height='266' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pourquoi avez-vous choisi d'&#234;tre sur ce plateau ? Ce qui compte c'est votre niaque, votre d&#233;sir&lt;/i&gt;. &#187; Face aux com&#233;diennes, Ahmed Madani ass&#232;ne des mots durs pour motiver la troupe. &#171; &lt;i&gt;Sur ce plateau on se tient debout, dans sa dignit&#233;, sa fiert&#233;, sa force. Trouvez votre raison. C'est un texte tr&#232;s difficile. La seule mani&#232;re de le faire passer est d'&#234;tre dans une pr&#233;sence, une &#233;nergie. Vous devez &#234;tre impitoyables&lt;/i&gt;. &#187; Les femmes &#233;coutent. Tel un coach sportif, l'auteur metteur en sc&#232;ne encourage les actrices non professionnelles, les dirige afin qu'elles puissent extirper de leur &#234;tre une parole juste, authentique. Dans le documentaire D'une&lt;i&gt; F(l)amme &#224; l'autre &lt;/i&gt; (1), le r&#233;alisateur Bastien Choquet saisit avec d&#233;licatesse le processus de cr&#233;ation d'Ahmed Madani. Le metteur en sc&#232;ne cr&#233;e un th&#233;&#226;tre d'art po&#233;tique et populaire qui questionne notre monde contemporain en mutation : une &#339;uvre qui s'&#233;crit &#224; partir de la mati&#232;re humaine. En 2012 Illumination(s) donnait la parole aux hommes, en 2016 les femmes la prenaient dans &lt;i&gt;F(l)ammes &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1198-&#034;&gt;(lire LS 1198&lt;/a&gt;). Aujourd'hui Ahmed Madani parach&#232;ve Incandescences, le dernier volet de sa trilogie th&#233;&#226;trale Face &#224; leur Destin, un projet qui d&#233;crit &#171; &lt;i&gt;la r&#233;alit&#233; d'&#234;tre de jeunes fran&#231;ais-es n&#233;-e-s de parents immigr&#233;s et vivant dans une zone urbaine sensible.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Lors de stages-auditions, une centaine de jeunes ont t&#233;moign&#233;. Ahmed Madani les a accompagn&#233;s pour faire &#233;merger ce qu'ils souhaitaient transmettre. &#171; &lt;i&gt;Parler de leur vie, des rapports qu'ils/elles entretiennent avec le sexe oppos&#233;, de leur culture, de leur histoire familiale, de leurs r&#234;ves et de leurs esp&#233;rances&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur sc&#232;ne, les dix interpr&#232;tes d'Incandescence(s) interrogeront la place de cette troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration dans l'immigration post-coloniale. Toujours attentif aux bruissements du monde, Ahmed Madani fait entendre la voix d'une jeunesse rarement entendue.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) D'une F(l)amme &#224; l'autre, documentaire de Bastien Choquet, sorti en 2019. Ce film sera projet&#233; lors de certaines repr&#233;sentations d'Incandescences.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Incandescence(s), texte et mise en sc&#232;ne Ahmed Madani, cr&#233;ation le 5/11/20, Tourn&#233;e France et &#224; l'international de novembre 2020 &#224; mai 2021.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus : &lt;a href=&#034;http://madanicompagnie.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://madanicompagnie.fr&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#339;uvres d'Ahmed Madani sont &#233;dit&#233;es chez Actes Sud-Papiers, L'&#201;cole des Loisirs et Editions M&#233;dianes-Vill&#233;giatures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Docu &#8226; L'enfance sans toit</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Docu-o-L-enfance-sans-toit</link>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les enfants jouent. Dans la cour d'un centre d'h&#233;bergement d'urgence d'Annecy, ils dansent, courent, se racontent des histoires&#8230; Dans Le bon grain et l'ivraie, un documentaire dont Lien Social est partenaire, Manuela Fr&#233;sil filme l'h&#233;bergement d'urgence &#224; hauteur d'enfant. Une hauteur toute particuli&#232;re qui permet au spectateur de ressentir la violence du syst&#232;me. &#171; La pr&#233;fecture a dit de faire sortir ceux qui sont rest&#233;s plus au centre et de faire entrer les nouveaux, explique un petit gar&#231;on qui ajoute : (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les enfants jouent. Dans la cour d'un centre d'h&#233;bergement d'urgence d'Annecy, ils dansent, courent, se racontent des histoires&#8230; Dans Le bon grain et l'ivraie, un documentaire dont Lien Social est partenaire, Manuela Fr&#233;sil filme l'h&#233;bergement d'urgence &#224; hauteur d'enfant. Une hauteur toute particuli&#232;re qui permet au spectateur de ressentir la violence du syst&#232;me. &#171; &lt;i&gt;La pr&#233;fecture a dit de faire sortir ceux qui sont rest&#233;s plus au centre et de faire entrer les nouveaux, explique un petit gar&#231;on qui ajoute : Je n'ai pas trouv&#233; cela correct.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gros sacs, valises, poussettes charg&#233;es, les familles tirent leurs affaires de lieux d'h&#233;bergement en accueils de jour jusqu'&#224; la rue o&#249; elles finissent par se retrouver. Un cercle vicieux qui semble sans fin. &#171; &lt;i&gt;Maman, o&#249; est-ce qu'on va dormir ?&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Dans une voiture.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; les nuits sans sommeil, la pluie, les b&#226;ches pour tenter un abri, les rires d'enfants et les jeux perdurent. Les apprentissages aussi, sur des cahiers pr&#233;cieusement prot&#233;g&#233;s par leurs cartables qu'ils portent sur le dos. Des forces de vie malgr&#233; l'ab&#238;me de la rue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Manuela Fr&#233;sil s'implique dans son documentaire, sa cam&#233;ra est prise &#224; partie par les enfants (plus rarement leurs parents), sa voix r&#233;pond aux questions qui fusent, elle-m&#234;me s'interroge en voix off sur ce qu'il se passe. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Je pense que l'&#233;poque du cin&#233;ma d'observation est termin&#233;e&lt;/i&gt;, explique-t-elle.&lt;i&gt; &#192; partir du moment o&#249; l'on regarde les gens avec une cam&#233;ra, on interagit automatiquement avec eux&lt;/i&gt; &#187;. Elle ne veut pas faire semblant de ne pas &#234;tre l&#224;, assure avoir &#233;t&#233; boulevers&#233;e par ce que vivaient ces enfants. Elle esp&#232;re que son cin&#233;ma pourra constituer une &#171; &lt;i&gt;&#8239;base de r&#233;flexion pour penser le politique&#8239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1697 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH288/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_14.57.42-19559.png?1693566799' width='500' height='288' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le bon grain et l'ivraie, de Manuela Fr&#233;sil, &lt;br class='autobr' /&gt;
94' - Sortie en salles le 28 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div id='blogvision'&gt; &lt;iframe src='https://player.allocine.fr/19590064.html' style='width:320px; height:180px'&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=281438.html&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener noreferrer&#034;&gt;Le Bon Grain et l'Ivraie&lt;/a&gt; &lt;br/&gt; &lt;a href=&#034;https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19590064&amp;cfilm=281438.html&#034;&gt;Le Bon Grain et l'Ivraie Bande-annonce VF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment imaginez-vous le travail social en 2 050 ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-imaginez-vous-le-travail-social-en-2-050</link>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le travail social n'a cess&#233; d'&#233;voluer. Se pencher sur ses archives de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#232;me a de quoi parfois faire dresser les cheveux sur la t&#234;te ! Comment nos h&#233;ritiers dans 50 ans nous jugeront-ils ? En attendant leurs r&#233;actions, proc&#233;dons &#224; un petit exercice prospectif. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#9733; Par Didier Dubasque, assistant social, membre du Haut Conseil du Travail Social &lt;br class='autobr' /&gt;
TRENTE ann&#233;es nous s&#233;parent de cette date que je ne connaitrai sans doute pas. Comme pour les trente ans pass&#233;s, il y aura des mouvements (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1282-" rel="tag"&gt;1282&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travail social n'a cess&#233; d'&#233;voluer. Se pencher sur ses archives de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#232;me a de quoi parfois faire dresser les cheveux sur la t&#234;te ! Comment nos h&#233;ritiers dans 50 ans nous jugeront-ils ? En attendant leurs r&#233;actions, proc&#233;dons &#224; un petit exercice prospectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#9733; Par Didier Dubasque, assistant social, membre du Haut Conseil du Travail Social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRENTE ann&#233;es nous s&#233;parent de cette date que je ne connaitrai sans doute pas. Comme pour les trente ans pass&#233;s, il y aura des mouvements profonds ainsi que des &#171; invariants &#187;. Que fera un travailleur social probablement demain ?&lt;br class='autobr' /&gt;
2020 nous avait alert&#233; sur l'urgence climatique, la mont&#233;e du populisme et la digitalisation de la soci&#233;t&#233;. Ces risques n'en sont plus en 2050 : ils se sont concr&#233;tis&#233;s. Les &#171; d&#233;plac&#233;s climatiques &#187; ont cr&#233;&#233; un certain chaos. Les &#201;tats sont devenus autoritaires. Ils freinent, &#224; tout prix, cette immigration qui nourrit toutes les peurs. Certains travailleurs sociaux sont d'ailleurs affect&#233;s &#224; cette t&#226;che. D&#233;j&#224;, certains d&#233;sob&#233;issent en cachette. Comme leurs ain&#233;s, ils ne peuvent se r&#233;signer &#224; une logique qui trie et cat&#233;gorise la population. Leur r&#233;sistance est d'autant plus remarquable que leurs faits et gestes sont d&#233;sormais inscrits dans des logiciels de donn&#233;es qui mod&#233;lisent leurs r&#233;ponses. En effet, pourquoi ne pas confier ces &#233;valuations &#224; des algorithmes sophistiqu&#233;s qui &#233;valuent les besoins ? Ils existaient depuis les ann&#233;es 2020 et sont d&#233;sormais incontournables. Ils apportent des r&#233;ponses fiables &#224; 95&#8239;%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a ces 5&#8239;% qui demeurent. C'est un sacr&#233; probl&#232;me : l'humain reste encore impr&#233;visible dans ses choix et ses comportements. Certes, ils ne sont plus nombreux dans ce cas mais ceux-l&#224; prennent un malin plaisir &#224; contredire les pr&#233;visions. Celui qui aurait d&#251; tomber malade se porte &#224; merveille. Cet autre dont l'esp&#233;rance de vie &#233;tait scientifiquement &#233;tablie p&#233;rit, d&#233;fiant les statistiques. Notre population a beaucoup vieilli et la crise de la natalit&#233; a creus&#233; la diff&#233;rence. Notre syst&#232;me de protection sociale ne tient plus. Il y a trop de vieux, au regard de ceux qui travaillent. Le sujet &#233;tait tabou en 2020, mais il s'est r&#233;v&#233;l&#233; central quelques ann&#233;es plus tard. Or ces &#171; vieux &#187;, surtout les plus fortun&#233;s, ne veulent en aucun cas &#234;tre assist&#233;s par des robots. Il leur faut des intervenants sociaux capables non seulement de s'occuper de leur quotidien, mais aussi les stimuler intellectuellement. Il faut un bon niveau pour cela. C'est pourquoi on a gard&#233; quelques travailleurs sociaux pour intervenir sur les situations individuelles. C'est un luxe direz-vous. Oui bien s&#251;r, mais l'argent r&#232;gne en ma&#238;tre. Tout a un prix et rien n'est d&#233;sormais &#171; gratuit &#187;. Le service public est devenu le service au public. Bien &#233;videmment, il est payant. Mais le besoin de se confier existe encore. Le m&#233;tier d'&#233;coutant est d'ailleurs bien pay&#233; car il doit garantir imp&#233;rativement que rien ne sera divulgu&#233;, ce qui est depuis longtemps impossible, autrement. Certes, il y a d&#233;sormais les robots d'&#233;coute, de veille et d'assistance qui visent &#224; pr&#233;venir et prot&#233;ger. Mais ceux-l&#224; sont utilis&#233;s pour les personnes n'ayant pas les moyens d'une pr&#233;sence humaine. Ils sont d'ailleurs g&#233;r&#233;s par des &#233;quipes pluridisciplinaires de travailleurs sociaux charg&#233;es de veiller au respect de certains droits et devoirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1701 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L459xH525/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.14.27-b0a19.png?1693566799' width='459' height='525' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Finalement, rien n'a vraiment chang&#233; depuis ces 30 ann&#233;es. Les techniciens technicisent, les dirigeants d&#233;cident et quelques autres, dont les travailleurs sociaux qui sont encore l&#224;, tentent de rappeler que l'humain et la relation restent des valeurs cardinales. Certains, pauvres fous, brandissent m&#234;me un antique code de d&#233;ontologie et d'&#233;thique de leurs anciennes professions pour rappeler que l'on ne peut r&#233;duire celui qui est aid&#233; et prot&#233;g&#233; &#224; un objet que l'on d&#233;place &#224; sa guise. Et s'ils avaient raison ?&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;&#171; Imaginer l'avenir du travail : &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre types d'organisation du travail &#224; l'horizon 2 030. &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Salima Benhamo, mai&#8239;2017.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#9733; Par Laurent Ott, Philosophe social&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
EN 2050, et m&#234;me bien avant, on deviendra sans doute travailleur social par hasard, par d&#233;s&#339;uvrement ou par d&#233;cision d'un logiciel d'orientation. Voyageur sans bagage, touriste improvis&#233; des structures sociales et des pratiques et protocoles du moment, le travailleur social de demain, en formation ou fraichement dipl&#244;m&#233;, ne se risquera &#224; aucune critique. Il ne se sentira nullement concern&#233; ou autoris&#233; &#224; changer quoi que ce soit &#224; l'environnement institutionnel. De l&#224;, &#224; inventer de nouveaux lieux ou d'autres pratiques&#8230; cela ne serait m&#234;me pas imaginable ! Bien entendu, d&#232;s que cet intervenant du social sentira le moindre malaise, sur son lieu de pratique, plut&#244;t que d'y chercher du sens, de se remettre en cause ou d'oser m&#234;me un conflit, il pr&#233;f&#232;rera partir, fuir, prendre la poudre d'escampette. Il faut bien s'occuper de soi-m&#234;me&#8230; Arrivera-t-il &#224; s'extraire des injonctions sanitaires et s&#233;curitaires qui l'enjoint &#224; s'&#233;loigner des autres ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, telle sera la nouvelle morale d'une Soci&#233;t&#233; apparaissant tel un conglom&#233;rat absurde de lieux, d'entreprises, de structures sans lien entre elles et qui seraient soit bonnes, soit mauvaises en elles-m&#234;mes et pour leur totalit&#233;. Entendez, bonnes ou mauvaises&#8230; pour soi ! Ce que l'on perdra sans la proximit&#233; avec autrui, c'est la chance de s'&#233;prouver soi-m&#234;me, de se confronter &#224; ses propres limites et de se heurter aux repr&#233;sentations, aux st&#233;r&#233;otypes et aux id&#233;es fausses ou courtes des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le public, les publics, les groupes ou les individus de plus en plus nombreux qui auront d&#233;croch&#233;, qui se seront invisibilis&#233;s, qui se seront pr&#233;caris&#233;s. Eux aussi, on les jugera, on les apercevra et on les soup&#232;sera, sans s'int&#233;resser &#224; leur histoire et sans aucune tentative de compr&#233;hension des processus qui les auront conduits &#224; leur d&#233;sagr&#233;gation. Car expliquer et comprendre ne fera plus partie du r&#233;f&#233;rentiel d'un bon travailleur &#171; du &#187; social. On ne pourra plus excuser une telle perte de temps ou d'&#233;nergie. Il faudra avant toute chose et pour tout dire au final : CORRIGER !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lieux de formation du secteur social auront, quant &#224; eux, connu la m&#234;me d&#233;rive que toute l'institution scolaire dans son ensemble. Il n'y sera plus question de transmettre, de partager sa passion, de donner envie de savoir ou d'apprendre. Les &#233;tablissements ne seront plus l&#224; que pour sanctionner des cursus, des moyennes et des parcours. Paradoxalement ou presque, dans une telle indiff&#233;rence aux gens et pour les probl&#233;matiques sociales qui les affectent, les institutions seront quant &#224; elles toujours pr&#233;sentes, toujours aliment&#233;es, subventionn&#233;es, soutenues, bien qu'elles n'attirent plus personne et ne r&#233;solvent quasiment jamais rien. On continuera encore longtemps de valider des &#233;tablissements morts, des grandes assos du Social, pourvoyeuses de bonne conscience, qui garderont le monopole des cr&#233;dits &#224; fonds perdus et des locaux vides et neufs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande question, en 2050, sera de savoir s'il peut encore il y avoir &#171; &lt;i&gt;un travail social&lt;/i&gt; &#187; de r&#233;sistance. Il ne pourra exister que dans les friches, les interstices, les espaces d&#233;laiss&#233;s. C'est l&#224; que, loin des m&#233;dias, dans l'inconnaissance et l'indiff&#233;rence des d&#233;cideurs, que quelques petits groupes d'habitants s'exerceront &#224; inventer la &#171; socialit&#233; de demain &#187; dont nous avons tous besoin pour survivre. Elle est (et sera) interculturelle, interg&#233;n&#233;rationnelle, non-&#226;giste et motiv&#233;e par la logique non-marchande du don, de la confiance &#224; l'&#233;preuve du quotidien et de la convivialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&#171; Philosophie de la pr&#233;carit&#233;. Sortir de l'impuissance &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
Chroniques Sociales (2 019).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.intermedes-robinson.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.intermedes-robinson.org&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Repolitiser la formation en travail social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Repolitiser-la-formation-en-travail-social</link>
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		<dc:subject>Formation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>1282</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi, aujourd'hui, tant d'&#233;tudiants quittent les instituts en voulant faire autre chose que le m&#233;tier auquel ils se sont pr&#233;par&#233;s et pourquoi la dur&#233;e de vie professionnelle d'un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; n'est que de sept ou huit ans ? La formation qu'ils re&#231;oivent est directement en cause. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne constatons-nous pas un d&#233;calage de plus en plus grand entre la formation re&#231;ue par les futurs travailleurs sociaux dans les instituts d&#233;di&#233;s &#224; cette t&#226;che et les r&#233;alit&#233;s des nombreux terrains &#233;ducatifs, asilaires, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Formation" rel="tag"&gt;Formation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1282-" rel="tag"&gt;1282&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi, aujourd'hui, tant d'&#233;tudiants quittent les instituts en voulant faire autre chose que le m&#233;tier auquel ils se sont pr&#233;par&#233;s et pourquoi la dur&#233;e de vie professionnelle d'un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; n'est que de sept ou huit ans ? La formation qu'ils re&#231;oivent est directement en cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ne constatons-nous pas un d&#233;calage de plus en plus grand entre la formation re&#231;ue par les futurs travailleurs sociaux dans les instituts d&#233;di&#233;s &#224; cette t&#226;che et les r&#233;alit&#233;s des nombreux terrains &#233;ducatifs, asilaires, r&#233;pressifs et du travail prot&#233;g&#233; dans lesquels ils vont intervenir une fois dipl&#244;m&#233;s ? Si d&#233;calage il y a, c'est que le contexte de leurs futures t&#226;ches est mal expliqu&#233;. Or, ce contexte est avant tout politique. Mais au lieu de politique, les &#233;tudiants ne re&#231;oivent qu'une formation en droit, en psychologie et en sociologie. Or, la politique ne se r&#233;sume en aucun cas &#224; ces trois directions, m&#234;me &#171; fondues &#187; ensemble ou combin&#233;es de telle fa&#231;on que le quidam ait l'impression qu'une soci&#233;t&#233; moderne tient effectivement autour du r&#244;le de l'individu (psychologie), du collectif (sociologie), le tout corset&#233; par des lois qui font consensus (droit). Quid des &#171; valeurs &#187; qui fondent une soci&#233;t&#233; ? Quid du &#171; travail de sujet &#187; qu'accomplit chacun d'entre nous d&#232;s sa naissance et qui fait souvent friction avec la famille, puis avec l'&#233;cole, puis avec la soci&#233;t&#233; dans son ensemble ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1700 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L224xH236/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.10.48-f718b.png?1693566799' width='224' height='236' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; D'o&#249; cette remarque tr&#232;s juste adress&#233;e aux &#233;ducateurs de Fernand Deligny dans Graine de crapule, m&#234;me si sa formulation para&#238;t, de nos jours, outranci&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Quand tu auras pass&#233; trente ans de ta vie &#224; mettre au point de subtiles m&#233;thodes psycho-p&#233;diatriques, m&#233;dico-p&#233;dagogiques, psychanalo-p&#233;dotechniques, &#224; la veille de la retraite, tu prendras une bonne charge de dynamite et tu iras discr&#232;tement faire sauter quelques p&#226;t&#233;s de maisons dans un quartier de taudis. Et en une seconde, tu auras fait plus de travail qu'en trente ans.&lt;/i&gt; &#187; Car ce que dit l&#224; Deligny, c'est que ce travail d'&#233;ducateur ne se limite pas &#224; l'addition studieuse et r&#233;glement&#233;e de psychologie, de p&#233;diatrie, de m&#233;decine sociale, de p&#233;dagogie, et qu'&#224; un moment, on a envie de tout envoyer balader, m&#234;me le droit !&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre soci&#233;t&#233; forme des &#233;ducateurs de jeunes enfants ou sp&#233;cialis&#233;s en fonction de crit&#232;res qui ne remettent que peu en cause la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, s'appuyant sur une intuition d'&#201;mile Durkheim dans son cours de p&#233;dagogie qui affirmait : &#171; &lt;i&gt;&#8239;&#192; quoi peut servir d'imaginer une &#233;ducation qui serait mortelle pour la soci&#233;t&#233; qui la mettrait en pratique ?&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (L'&#233;volution p&#233;dagogique en France, cours de 1904-1905). Cette option, tellement logique, se d&#233;fend, bien s&#251;r, mais absolument pas avec des enfants d&#233;priv&#233;s, qui sont donc, rappelons-le, ceux qui ont compris trop t&#244;t que ce n'&#233;taient pas eux qui avaient failli, mais leur environnement (Donald Winnicott), donc&#8230; la soci&#233;t&#233;. Ce n'est pas plus d&#233;fendable avec des personnes &#171; handicap&#233;es &#187; auxquelles la soci&#233;t&#233; n'offre pour toute voie que la marginalisation dans des centres de travail, certes prot&#233;g&#233;, et des foyers, mais pourquoi ne pas les int&#233;grer au monde tel qu'il est ? Et ainsi de suite, avec les jeunes d&#233;linquants ou autres&#8230; Plut&#244;t que de risquer une grande politique de l'accueil humain de ces personnes qu'elle a marginalis&#233;es, la soci&#233;t&#233; pr&#233;f&#232;re ne les consid&#233;rer que sous des angles rassurants : un brin de socio, une touche de psycho, un fond de sauce juridique, et le brouet est all&#233;chant parce qu'il n'est surtout pas &#171; mortel pour la soci&#233;t&#233; &#187; qui l'a concoct&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas question de donner des cours de politique, mais de la mettre en &#339;uvre ! C'est pour notre part ce que nous avons fait durant une dizaine d'ann&#233;es dans un institut du travail social, par un moyen simple : des d&#233;bats, sur des th&#232;mes faisant dispute, c'est-&#224;-dire demandant aux &#233;tudiants d'accomplir leur travail de sujets. De r&#233;fl&#233;chir &#224; leur futur m&#233;tier, aux valeurs qui sont les leurs, d'&#233;ventuellement les retravailler, d'en changer aussi. D'aller, comme le proposait G&#233;rard Mendel, vers un d&#233;conditionnement progressif &#224; l'Autorit&#233; &#8211; qu'il &#233;crivait avec une majuscule : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Est Valeur &#224; notre sens seulement ce que la progression du d&#233;conditionnement &#224; l'Autorit&#233; a permis d'asseoir collectivement&lt;/i&gt; &#187; (Pour d&#233;coloniser l'enfant, 1 971). Car ce programme-l&#224; est n&#233;cessaire et presque suffisant si nous l'interpr&#233;tons en fonction des valeurs qui devraient &#234;tre au c&#339;ur du travail social. Prenons-en deux, pour que ne subsiste aucune fausse interpr&#233;tation.&lt;br class='autobr' /&gt;
La distance professionnelle est largement th&#233;oris&#233;e et enseign&#233;e dans les instituts de formation, mais qu'est-elle, sinon la voie pour le confort de l'&#233;ducateur ? Car on ne peut jamais, avec des personnes marginalis&#233;es, construire une relation de confiance tout en restant &#224; distance. Or, ce concept n'est pas discut&#233;, tout juste explicit&#233; ; alors d&#233;battons-en, et voyons si, par exemple, une autre conception comme &#171; la bonne approche &#187;, largement contradictoire avec la sacro-sainte distance professionnelle, n'est pas beaucoup plus op&#233;rante ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la bienveillance, dont on nous rebat les oreilles : fait-elle sens ? Absolument pas, car comment concevoir un travail social d'aide et d'accompagnement autrement que dans la bienveillance ? Il n'est pas difficile de faire consensus avec des concepts aussi creux. Cela va demander bien plus d'efforts &#8211; et de d&#233;bats et de travail de sujets ! &#8211; de lui substituer de la consid&#233;ration pour les personnes avec lesquelles nous travaillons. De la consid&#233;ration pour de jeunes d&#233;linquants ? Qu'est-ce que cela peut bien signifier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Au minimum, qu'&#224; un moment, l'&#233;ducateur comprend qu'il est aussi &#233;duqu&#233; par l'&#233;duqu&#233;, et qu'il ne forme, pour cet &#233;duqu&#233; dont on lui a confi&#233; la charge, qu'un &#233;l&#233;ment parmi de nombreux autres d'une constellation &#233;ducative complexe, dans laquelle entrent en jeu toutes les personnes crois&#233;es, qu'elles soient positives ou toxiques, sans oublier le contexte g&#233;n&#233;ral : pas seulement la sociologie et le droit, mais surtout la politique. Imaginons, discutons la mani&#232;re dont nous &#171; formons soci&#233;t&#233; &#187; &#8211; ou pas &#8211;, dont la soci&#233;t&#233; se positionne par rapport aux personnes marginalis&#233;es. Par d&#233;finition, si ces personnes sont marginalis&#233;es, c'est que la soci&#233;t&#233; a &#233;chou&#233; &#224; les int&#233;grer ou ne l'a pas voulu. Et nous ne nous demanderions pas pourquoi ? Serait-ce que la seule solution qui nous reste est d'aller &#171; &lt;i&gt;discr&#232;tement faire sauter quelques p&#226;t&#233;s de maisons dans un quartier de taudis&#8239;&lt;/i&gt; &#187; ? Ou que le travail social est vou&#233; &#224; dispara&#238;tre dans une soci&#233;t&#233; bureaucratique, qui se croit bienveillante, empathique, r&#233;siliente et autres qualificatifs tellement &#224; la mode que, m&#234;me s'ils nous inspiraient dans d'autres contextes (la politique, encore elle&#8230;), ils ne signifient plus grand-chose ou plus rien du tout aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Instaurer des d&#233;bats autour de th&#232;mes du travail social est devenu un enjeu r&#233;el. Nous croyons par exemple, parce que nous l'avons exp&#233;riment&#233;, que la meilleure mani&#232;re de parler du &#171; d&#233;sir d'enfant &#187; au sens psychologique du terme est de d&#233;battre, avec les &#233;ducatrices et &#233;ducateurs de jeunes enfants, de la procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e ou de l'adoption. Bien s&#251;r, des frictions vont na&#238;tre, des opinions vont s'affirmer, s'affiner, et tout le monde ne sera pas d'accord, mais au moins, certaines personnes auront compris la diff&#233;rence entre &#171; &lt;i&gt;mettre le d&#233;sir d'enfant au c&#339;ur des choses &#187; et &#171; mettre l'enfant au c&#339;ur des choses&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, mais il est temps, si nous voulons sauver l'int&#233;r&#234;t qui reste &#224; la formation des futurs travailleurs sociaux, de nous atteler &#224; sa r&#233;novation !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Maladies Chroniques &#8226; Une maison aux multiples portes</title>
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		<dc:subject>Sida</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; Paris, l'&#233;quipe pluridisciplinaire de la Maison Basiliade accompagne de fa&#231;on globale des personnes en pr&#233;carit&#233; souffrant de maladies chroniques, dont le VIH. Durant tout le confinement, elle a assur&#233; distribution alimentaire et soins. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En 370, Saint-Basile de C&#233;sar&#233;e a cr&#233;&#233; des petites maisons de solidarit&#233; pour l'accueil des personnes fragiles appel&#233;es &#171; Basiliades &#187;. Nous avons repris ce nom car nous ouvrons nous aussi des maisons familiales pour les personnes souffrant de maladies chroniques &#8211; dont (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Paris, l'&#233;quipe pluridisciplinaire de la Maison Basiliade accompagne de fa&#231;on globale des personnes en pr&#233;carit&#233; souffrant de maladies chroniques, dont le VIH. Durant tout le confinement, elle a assur&#233; distribution alimentaire et soins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En 370, Saint-Basile de C&#233;sar&#233;e a cr&#233;&#233; des petites maisons de solidarit&#233; pour l'accueil des personnes fragiles appel&#233;es &#171; Basiliades &#187;. Nous avons repris ce nom car nous ouvrons nous aussi des maisons familiales pour les personnes souffrant de maladies chroniques &#8211; dont le VIH -, le plus souvent en pr&#233;carit&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;voque Samir Baroualia, responsable de la structure Basiliade, implant&#233;e dans un immeuble de cinq &#233;tages au centre de Paris, rue du Chemin Vert.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1699 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L351xH253/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.04.45-3c42c.png?1693566799' width='351' height='253' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;En vingt-sept ans d'existence, cette association de lutte contre le VIH a acquis une expertise dans l'accompagnement global des personnes en pr&#233;carit&#233; touch&#233;es par cette maladie, une h&#233;patite ou tout autre type de maladie chronique invalidante. Dans un immeuble de briques rouge, la Maison Basiliade, plus chaleureuse qu'un service hospitalier, compte une &#233;quipe psychosociale (1) et partage l'immeuble avec le Centre de prise en charge des maladies infectieuses (CPCMI), une association de m&#233;decins conventionn&#233;s en secteur 1 (onze cabinets m&#233;dicaux et quinze m&#233;decins) avec lesquels elle travaille sur des situations de personnes aux parcours complexes. Les m&#233;decins assurent aussi le lien avec les services hospitaliers. Une juriste sp&#233;cialis&#233;e dans le droit des &#233;trangers compl&#232;te l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un suivi serr&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, Marine Griache, coordinatrice psychosociale accompagne Th&#233;o (2), un quadrag&#233;naire originaire du Cameroun, porteur du VIH et sans papiers. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Tr&#232;s timide &#224; son arriv&#233;e, il &#233;prouvait des difficult&#233;s &#224; parler, nous avons multipli&#233; les entretiens en t&#234;te-&#224;-t&#234;te et pass&#233; beaucoup de temps &#224; trier et rassembler des papiers pour une demande de s&#233;jour pour raisons m&#233;dicales. Comme il est tr&#232;s fragile, je l'ai aussi accompagn&#233; &#224; la pr&#233;fecture, cela l'a &#233;norm&#233;ment d&#233;tendu et a lib&#233;r&#233; sa parole&lt;/i&gt; &#187;, &#233;voque-t-elle. D&#232;s qu'il a obtenu son r&#233;c&#233;piss&#233; de titre de s&#233;jour provisoire, Marine Griache lui a propos&#233; d'int&#233;grer l'atelier d'acc&#232;s &#224; l'emploi, anim&#233; par un coll&#232;gue charg&#233; d'insertion. &#171; &lt;i&gt;Th&#233;o est tr&#232;s assidu car vivant en h&#244;tel social il se sent seul&lt;/i&gt; &#187;. La coordinatrice psycho-sociale assure aussi des entretiens autour de la sant&#233; en duo avec une infirmi&#232;re et Th&#233;o vient r&#233;guli&#232;rement leur rendre des petites visites surprises. Il est &#233;galement suivi par un m&#233;decin du CPCMI. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Notre force est de travailler ensemble autour d'une situation, nous ne sommes jamais seuls&lt;/i&gt;, appr&#233;cie Marine Griache. &lt;i&gt;Je pense que notre &#233;quipe est contenante, ce qui rassure les personnes accueillies. Th&#233;o a un bagage complexe mais nous sommes l&#224; pour dire que la vie continue, qu'avec son titre de s&#233;jour, il pourra travailler ou exercer une autre activit&#233; s'il le souhaite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le d&#233;pistage rapide du VIH permet aujourd'hui une entr&#233;e rapide dans les soins et la mise en place d'un accompagnement th&#233;rapeutique, cette contamination reste une &#233;preuve, vingt-cinq ans apr&#232;s l'arriv&#233;e des trith&#233;rapies, une source de discrimination et de traumatismes. Pour tout cela, un infirmier, un psychologue sp&#233;cialis&#233; en &#233;ducation th&#233;rapeutique du patient (ETP) et les m&#233;decins assurent un accompagnement tr&#232;s serr&#233; qui, associ&#233; &#224; celui des coordinateurs psychosociaux, donne de la force au patient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les personnes accueillies par Basiliale, certaines travaillent mais une grand majorit&#233; vit dans la pr&#233;carit&#233;, &#224; la rue, en squat ou en centre d'h&#233;bergement d'urgence, ce qui rend l'observance des traitements et le repos compliqu&#233;s. Un duo infirmi&#232;re / coordinateur psychosocial se d&#233;place sur leur lieu de vie, les oriente vers les m&#233;decins qui peuvent aussi leur rendre visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1698 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH320/capture_d_e_cran_2020-10-26_a_15.03.39-891c5.png?1693566799' width='500' height='320' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Malgr&#233; la Covid&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Durant le confinement, si Basiliade a d&#251; fermer ses lieux d'accueil et de distribution, elle n'a pas l&#226;ch&#233; les b&#233;n&#233;ficiaires. &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce au soutien de fondations et de la mairie de Paris, nous avons lou&#233; sept v&#233;hicules pour ravitailler &#224; domicile, sur toute l'Ile-de-France, les personnes en pr&#233;carit&#233;, isol&#233;es et parfois trop malades pour faire leurs courses&lt;/i&gt; &#187;, &#233;voque Samir Baroualia. Une infirmi&#232;re a rendu visite &#224; celles pr&#233;sentant des sympt&#244;mes de la Covid et a pu les accompagner passer un test dans un laboratoire d'analyses partenaire. En cas de difficult&#233;s, un m&#233;decin s'est d&#233;plac&#233; chez elles. Basiliade a &#233;galement soutenu financi&#232;rement des femmes et des hommes priv&#233;s de ressources, en risque d'expulsion locative apr&#232;s le confinement (int&#233;rimaires, travailleurs du sexe, etc.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fil des ans, l'association s'est adapt&#233;e aux besoins des personnes accueillies. Aujourd'hui, elle g&#232;re plusieurs dispositifs dans la capitale, mis en place avec les personnes concern&#233;es &#8211; elle en accompagne six cents par an - : appartements de coordination th&#233;rapeutique ; appartements d'urgence et de stabilisation pour les personnes &#224; la rue ; dispositif relais pour celles qui ont besoin d'un petit coup de pouce avant de rejoindre un logement ordinaire. Elle fait &#233;galement vivre la Maison B&#233;ranger, un lieu d'accueil convivial et familial, g&#233;r&#233; par des volontaires o&#249; les personnes accompagn&#233;es peuvent prendre leurs repas et une douche ; un dispositif ambulatoire pour accompagner les personnes souffrant du VIH, n'osant pas parler de leur pathologie aux travailleurs sociaux de leur structure d'h&#233;bergement. Enfin, elle anime aussi l'atelier des &#201;pinettes, un atelier d'art et de cr&#233;ation pour s'exprimer et rompre l'isolement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis peu, pour r&#233;pondre &#224; de nouvelles demandes, Basiliade a cr&#233;&#233; trois nouveaux dispositifs dans Paris : Escale qui accueille des jeunes LGBT +,&#8239;en errance, rejet&#233;s par leurs parents et des jeunes &#233;trangers en danger dans leur pays du fait de leur orientation sexuelle, d&#233;bout&#233;s du droit d'asile ; la Maison des F&#233;es qui accompagne trente-six femmes et quarante-neuf enfants : s&#233;duits, les financeurs ont subventionn&#233; une extension pour l'accueil de dix autres femmes et de leurs conjoints en appartement. Les femmes qui ont souvent v&#233;cu un parcours migratoire traumatique, y re&#231;oivent le soutien d'un ethno psychologue. Enfin, &#224; l'initiative de l'association GreyPRIDE, Basiliade sous-loue un grand appartement &#224; cinq personnes LGBT +&#8239;&#226;g&#233;es de 50 &#224; 70 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;&#233;e dans un contexte o&#249; le VIH &#233;tait synonyme de fin de vie, l'association n'a cess&#233; de s'ajuster, de se r&#233;organiser pour mieux accompagner les personnes malades et pr&#233;caires. Aujourd'hui, elle aimerait proposer davantage d'appartements de coordination th&#233;rapeutique et d&#233;velopper l'accompagnement hors les murs. La pr&#233;carit&#233; est aussi relationnelle. La crise sanitaire l'a prouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Un chef de service, quatre coordinateurs psychosociaux (assistants de service social, conseill&#232;re en &#233;conomie sociale familiale), un m&#233;decin coordonnateur, un psychologue, deux infirmi&#232;res et deux charg&#233;s d'insertion.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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