<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=1002&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage &#8226; Op&#233;ration d&#233;stigmatisation</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Reportage-o-Operation-destigmatisation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Reportage-o-Operation-destigmatisation</guid>
		<dc:date>2020-11-04T10:08:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Psychique</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis un an en France, une formation aux premiers secours en sant&#233; mentale permet de d&#233;construire les a priori et de soutenir les personnes en souffrance psychique. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Les personnes atteintes de troubles psychiques sont folles et dangereuses. &#187; &#171; Elles ne se r&#233;tablissent jamais. &#187; &#171; La meilleure fa&#231;on d'aider une personne en crise est de l'ignorer. &#187; &#171; Seuls les faibles ont des probl&#232;mes de sant&#233; mentale. &#187; Formateur en premiers secours en sant&#233; mentale (PSSM), &#201;ric Verdier ouvre les deux jours de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychique" rel="tag"&gt;Psychique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis un an en France, une formation aux premiers secours en sant&#233; mentale permet de d&#233;construire les a priori et de soutenir les personnes en souffrance psychique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1679 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L347xH364/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.19.58-e2eed.png?1693467489' width='347' height='364' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Les personnes atteintes de troubles psychiques sont folles et dangereuses.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Elles ne se r&#233;tablissent jamais&lt;/i&gt;. &#187; &#171; &lt;i&gt;La meilleure fa&#231;on d'aider une personne en crise est de l'ignorer.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Seuls les faibles ont des probl&#232;mes de sant&#233; mentale.&lt;/i&gt; &#187; Formateur en premiers secours en sant&#233; mentale (PSSM), &#201;ric Verdier ouvre les deux jours de formation en enfilant les perles du bon sens populaire. &#171; &lt;i&gt;Il est important d'&#233;noncer ces contre-v&#233;rit&#233;s&lt;/i&gt;, explique le psychologue communautaire, sp&#233;cialiste &#171; Discriminations, Violence et Sant&#233; &#187; de la Soci&#233;t&#233; d'entraide et d'action psychologique. &lt;i&gt;&#199;a permet d'&#234;tre capable d'argumenter quand apparait un a priori dans la conversation, d'expliquer pourquoi c'est faux et les effets d&#233;vastateurs de ces affirmations pour les personnes concern&#233;es&lt;/i&gt;. &#187; Face &#224; lui dans la salle de la pr&#233;fecture des Bouches-du-Rh&#244;ne, les seize participants d&#233;pendent des minist&#232;res de la justice et de l'int&#233;rieur : police, gendarmerie, douane et protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Tous souhaitent s'outiller pour mieux r&#233;pondre &#224; la d&#233;tresse psychologique de leurs coll&#232;gues ou des personnes qu'elles accompagnent.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Pour moi, il est important d'expliquer &#224; un juge, l'&#233;tat psychique d'un jeune qui a commis un acte d&#233;lictueux&lt;/i&gt;, raconte une des &#233;ducatrice PJJ pour expliquer sa pr&#233;sence.&lt;i&gt; Je n'ai pas forc&#233;ment la capacit&#233; &#224; mettre des mots, du coup tout d&#233;pend du diagnostic d'un psychiatre pas toujours disponible.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Une autre intervient en Unit&#233; &#233;ducative en milieu ouvert. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Je pense que cette formation peut m'aider lors de mes interventions aupr&#232;s de familles en situation de crise. On travaille avec des adolescents qui viennent signifier des choses par leur passage &#224; l'acte, comme des menaces de suicide. J'esp&#232;re affiner mon &#233;coute en situation d'urgence et trouver des relais de soutien.&lt;/i&gt; &#187; Adaptation psychique du brevet de secourisme, le dipl&#244;me PSSM ne vise pas &#224; former des psys ou &#224; poser des diagnostics, mais &#224; permettre de ne pas craindre d'intervenir face &#224; ce type de d&#233;tresse que l'on peut croiser chez des proches, dans le milieu professionnel ou dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1680 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L342xH387/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.20.52-eb02a.png?1693467489' width='342' height='387' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#233;rer les signes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour commencer, le formateur veille &#224; ce que tout le monde ait un m&#234;me socle d'informations. &#171; L'Organisation mondiale de la sant&#233; estime qu'un europ&#233;en sur quatre sera atteint d'un trouble psychique au cours de sa vie. &#187; Tr&#232;s interactive, la transmission s'appuie sur des tableaux r&#233;alis&#233;s par des personnes concern&#233;es pour illustrer l'&#233;tat psychique que provoque la maladie : troubles d&#233;pressifs, anxieux, bipolaires, addictifs, attaque de panique ou schizophr&#233;nie. Le groupe apprend &#224; rep&#233;rer les signes, m&#234;me l&#233;gers, et &#224; comprendre l'influence de ces troubles sur la vie au quotidien. Les participants doivent, en sous-groupe, &#233;laborer des strat&#233;gies pour appliquer le plan PSSM, AERER (voir encadr&#233;), face &#224; diverses situations. Apr&#232;s une s&#233;paration une femme ne s'occupe plus d'elle, dit n'&#234;tre bonne &#224; rien et que son fils serait mieux chez son p&#232;re. Un copain se d&#233;sint&#233;resse de tout et s'isole. Un coll&#232;gue de travail n&#233;glige sa tenue, ses missions et cumule les retards&#8230; Le principe est de rep&#233;rer sans minimiser le probl&#232;me, d'apporter un soutien avant d'orienter vers des professionnels ou d'autres ressources (m&#233;ditation, groupe de parole&#8230;). Le tr&#232;s nocif &#171; reprends-toi en main &#187; doit dispara&#238;tre du vocabulaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeux de r&#244;le permettent notamment de prendre conscience de la perturbation occasionn&#233;e par l'entente de voix. Deux volontaires incarnent, l'un le secouriste, l'autre la personne en crise. Alors que l'aidant tente d'&#233;tablir le lien &#224; base de discussion sur le foot, &#201;ric chuchote &#224; l'oreille de l'interlocuteur, qui, compl&#232;tement perturb&#233;, ne peut plus se concentrer. Tendance suicidaire, crise de panique, phase maniaque ou d&#233;pressive, abus de psychotropes&#8230; en deux jours, les apprentis secouristes doivent apprendre &#224; ne plus craindre ces mots pour mieux r&#233;pondre aux maux. Chacun int&#232;gre la notion de r&#233;tablissement, cette possibilit&#233; de vivre &#171; normalement &#187; avec les troubles. Malgr&#233; la densit&#233; du contenu, et la n&#233;cessit&#233; pour tous de faire un pas de c&#244;t&#233; &#8211; pas &#233;vident pour un policier d'admettre qu'un schizophr&#232;ne a beaucoup plus de chance d'&#234;tre victime qu'auteur de crime &#8211; plus de la moiti&#233; des participants affirment vouloir suivre la formation de formateur pour diffuser ce savoir. &#171; &lt;i&gt;Il y a une urgence &#224; casser les a priori et les stigmatisations, affirme un douanier en fin de cession. Je r&#233;alise que certains de nos coll&#232;gues souffrent de troubles psychiques. G&#233;n&#233;ralement, ils sont mis au ban, on les &#233;vite, si on diffusait cette formation cela changerait.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Croiser les regards&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette rencontre pluriprofessionnelle a eu lieu &#224; l'initiative d'une responsable de formation de la douane. Form&#233;e &#224; l'&#233;ducation th&#233;rapeutique en tant que patiente experte et membre de l'association gardoise de malades chroniques P'ose sant&#233;, Virginie Maillard milite pour la mont&#233;e en comp&#233;tences de ceux qui font de l'accompagnement par app&#233;tence mais sans aucun bagage en psychologie ou en travail social. &#171; &lt;i&gt;J'ai c&#244;toy&#233; des personnes atteintes de troubles psychiques, et j'ai r&#233;alis&#233; &#224; quel point c'&#233;tait stigmatisant pour trouver un travail, pour avoir du lien social&#8230; Ensuite j'ai rep&#233;r&#233; dans mon administration des gens en souffrance psychologique. On ne sait pas accueillir. Quand une personne a une reconnaissance travailleur handicap&#233;, il faut qu'elle se d&#233;brouille. Le PSSM m'a sembl&#233; &#234;tre une mani&#232;re d'am&#233;liorer ce fonctionnement.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans leurs retours, les &#233;ducatrices soulignent l'enrichissement du croisement des regards sur un sujet rarement abord&#233;. &#171; Alors qu'en France, la tendance est plut&#244;t &#224; changer de trottoir et &#224; renvoyer vers les laboratoires pharmaceutiques, cela restaure quelque chose de tr&#232;s humain. Cette formation m&#233;riterait d'&#234;tre adapt&#233;e aux mineurs qui eux aussi sont confront&#233;s &#224; ces probl&#232;mes. &#187;, poursuit Virginie Maillard. Une chef de service raconte avoir mis en application imm&#233;diatement ces nouvelles connaissances. &#171; &lt;i&gt;&#192; la PJJ nous avons un prisme juridique mais nous sommes de plus en plus confront&#233;s aux probl&#233;matiques de sant&#233; mentale dans nos prises en charge. Cette formation apporte du recul, une finesse dans l'analyse qui permet d'adapter son approche. Il serait d'ailleurs int&#233;ressant de renforcer notre formation initiale avec le PSSM.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1681 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L347xH188/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.21.04-597b9.png?1693467489' width='347' height='188' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ENTRETIEN AVEC Vincent Girard &#8226; Une volont&#233; sans strat&#233;gie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/ENTRETIEN-AVEC-Vincent-Girard-o-Une-volonte-sans-strategie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/ENTRETIEN-AVEC-Vincent-Girard-o-Une-volonte-sans-strategie</guid>
		<dc:date>2020-11-04T10:06:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Psychique</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;tablissement entre dans le vocabulaire de la psychiatrie fran&#231;aise, r&#233;volution ou &#233;l&#233;ment de langage ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec cette feuille de route en sant&#233; mentale, assiste-t-on &#224; un changement de paradigme concernant les pratiques orient&#233;es r&#233;tablissement ? Nous sommes pass&#233;s de rien &#224; quelque chose de qualitativement int&#233;ressant. On sent une approche scientifique, une volont&#233; de mettre en place des programmes qui ont d&#233;montr&#233; leur efficacit&#233; &#224; l'&#233;tranger. Certains &#233;l&#233;ments vont dans le sens d'une politique autour (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychique" rel="tag"&gt;Psychique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;tablissement entre dans le vocabulaire de la psychiatrie fran&#231;aise, r&#233;volution ou &#233;l&#233;ment de langage ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1682 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH157/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.41.50-3d5d1.png?1693467489' width='500' height='157' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec cette feuille de route en sant&#233; mentale, assiste-t-on &#224; un changement de paradigme concernant les pratiques orient&#233;es r&#233;tablissement ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes pass&#233;s de rien &#224; quelque chose de qualitativement int&#233;ressant. On sent une approche scientifique, une volont&#233; de mettre en place des programmes qui ont d&#233;montr&#233; leur efficacit&#233; &#224; l'&#233;tranger. Certains &#233;l&#233;ments vont dans le sens d'une politique autour du r&#233;tablissement notamment la d&#233;fense des droits, le d&#233;veloppement du pouvoir d'agir, la lutte contre la stigmatisation. Cela ne r&#233;volutionne pas pour autant notre politique de sant&#233; mentale, pour cela il faudrait la structurer dans une vision globale autour du r&#233;tablissement. Le r&#233;tablissement reste souvent confondu avec la r&#233;habilitation psychosociale, un processus propos&#233; par les professionnels pour que les personnes puissent reprendre du pouvoir sur leur vie. Dans le r&#233;tablissement, des usagers de sant&#233; mentale expliquent aux soignants ce dont ils ont besoin pour se sentir mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que manque-t-il pour donner plus de souffle &#224; cette ambition de passer d'une approche m&#233;dico-centr&#233;e &#224; une approche m&#233;dico-sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut pas mener une politique ambitieuse en faisant la promotion des pratiques li&#233;es au r&#233;tablissement tout en m&#233;nageant les psychiatres qui veulent garder leurs lits d'h&#244;pitaux. Je sens un d&#233;sir de diminuer le recours aux hospitalisations mais je ne vois pas les moyens qui accompagnent cette volont&#233;. La sant&#233; publique marche sur deux jambes, le soin et la pr&#233;vention. En France, on d&#233;pense 96&#8239;% du budget pour le soin, il nous manque une culture de la pr&#233;vention. L'augmentation des lits est une revendication des soignants. Les malades ne veulent plus de psychiatres, ni d'h&#244;pitaux psychiatriques ; la majorit&#233; demande &#224; &#234;tre soign&#233;e &#224; la maison. Le co&#251;t social de la psychiatrie est &#233;valu&#233; &#224; 100&#8239;milliards par an. En 2019, le budget allou&#233; pour transformer le syst&#232;me plafonne &#224; 200&#8239;millions, pour un budget global de la psychiatrie de 20&#8239;milliards. Il n'y a ni l'argent, ni la strat&#233;gie, c'est du moonwalk institutionnel et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte, comment voyez-vous votre avenir en tant que psychiatre ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous savons que les violences &#233;ducatives ordinaires sont &#224; l'origine de tr&#232;s nombreux troubles psychiques : les syndromes post traumatiques, les addictions, les d&#233;pressions. Le gouvernement a fait voter la p&#233;nalisation des violences &#233;ducative ordinaires en 2019. Cette avanc&#233;e en terme de politique publique marque la fin de la logique punition-r&#233;compense pour aller vers l'autonomie, la n&#233;gociation, la prise de risque et le d&#233;veloppement des comp&#233;tences. En m&#234;me temps, la loi sur les violences scolaires vient &#224; l'inverse rendre responsables de leurs actes les enfants violents. Cette loi de juillet 2019 stigmatise des enfants, au lieu de proposer des contextes bienveillants g&#233;n&#233;ralis&#233;s et de travailler avec les parents. Il y a une double s&#233;quence contradictoire. Je vais retourner &#224; l'h&#244;pital et continuer &#224; monter des programmes exp&#233;rimentaux. J'aimerais que ce soit en direction des enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment en sommes-nous arriv&#233;s &#224; ce silence ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-en-sommes-nous-arrives-a-ce-silence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Comment-en-sommes-nous-arrives-a-ce-silence</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:58:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>T&#233;l&#233;vision</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Revenir sur un fait divers dramatique ayant impact&#233; la protection de l'enfance doit permettre de r&#233;fl&#233;chir aux conditions qui &#233;viteraient de reproduire l'engrenage qui y a men&#233;. Un cadre appartenant &#224; l'un des plus de cent services de l'Aide sociale &#224; l'enfance que compte notre pays r&#233;agit ici, en tant que citoyen, sur les le&#231;ons qui n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es de l'Affaire La&#235;titia. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233;e du livre d'Ivan Jablonka, une s&#233;rie a &#233;t&#233; diffus&#233;e les 21 et 28&#8239;septembre sur France 2. Cette s&#233;rie, tr&#232;s bien mont&#233;e, &#233;claire (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Television" rel="tag"&gt;T&#233;l&#233;vision&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Revenir sur un fait divers dramatique ayant impact&#233; la protection de l'enfance doit permettre de r&#233;fl&#233;chir aux conditions qui &#233;viteraient de reproduire l'engrenage qui y a men&#233;. Un cadre appartenant &#224; l'un des plus de cent services de l'Aide sociale &#224; l'enfance que compte notre pays r&#233;agit ici, en tant que citoyen, sur les le&#231;ons qui n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es de l'Affaire La&#235;titia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233;e du livre d'Ivan Jablonka, une s&#233;rie a &#233;t&#233; diffus&#233;e les 21 et 28&#8239;septembre sur France 2. Cette s&#233;rie, tr&#232;s bien mont&#233;e, &#233;claire bien la question de la monstruosit&#233; humaine dans laquelle certaines personnes sont broy&#233;es &#224; tout jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, la protection des enfants existe. Cette s&#233;rie est quelque peu approximative sur le fonctionnement des institutions de Protection de l'Enfance et montre par l&#224;-m&#234;me l'ignorance dans laquelle nos services de Protection de l'Enfance restent. C'est probablement par pudeur, par crainte de d&#233;formation, par volont&#233; de protection des enfants et des familles, par &#233;thique, par refus du sensationnalisme mais aussi par honte du travail mal-fait que nous ne parlons pas. Ce silence vient parfois amplifier la d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des services sociaux, d'autant plus que les faits divers viennent mettre en avant des dysfonctionnements voire des d&#233;faillances de nos syst&#232;mes de Protection de l'Enfance. Montrer un Assistant Familial en &#233;lectron libre dans une forme de toute puissance, sans aucune concertation, ni r&#232;gle institutionnelle vient bien pointer un dysfonctionnement, m&#234;me si c'est largement une exception dans notre secteur. Nous sommes souvent dans une invisibilit&#233;, car nous ne voulons pas que nos propos soient d&#233;form&#233;s et r&#233;duits &#224; la petite phrase, alors que la complexit&#233; dans laquelle nous agissons ne peut se r&#233;duire &#224; une logique binaire. Et puis, comme nous sommes souvent des ex&#233;cutants, nous avons int&#233;gr&#233; cette position basse qui nous cantonne au silence. Et le cirque m&#233;diatique dans lequel nos hommes publics se d&#233;battent, se repaissent pour certains, ce n'est pas notre tasse de th&#233;. Bref, nous avons fait du silence et de la fragilit&#233; de nos usagers notre quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1683 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L331xH376/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.46.46-2748b.png?1693467489' width='331' height='376' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Certains coll&#232;gues vont jusqu'&#224; ne plus parler chez eux de ce qu'ils vivent, car ils ne savent plus par quoi commencer tellement la charge est intense et se fait avec un manque criant de moyens. Et lorsque les m&#233;dias parlent des dysfonctionnements, nous faisons le gros dos, comme si nous &#233;tions coupables. Est-on coupable de mettre des gamins fracass&#233;s dans des lieux d'accueil inadapt&#233;s ? Oui, si des solutions r&#233;pondant aux besoins des enfants existent. Mais, malheureusement, la p&#233;nurie de possibilit&#233;s d'accueil nous conduit de plus en plus &#224; nous rabattre sur des orientations par d&#233;faut. Cela produit de la honte et chez certains d'entre nous, cela conduit &#224; de la r&#233;signation. Un mouvement de fuite se fait dans notre secteur, car nous travaillons en mode d&#233;grad&#233; et nous savons que les enfants et leur famille en p&#226;tissent. Communiquer sur un travail mal fait est difficile. Vous me direz que j'exag&#232;re, que bon nombre d'enfants sont dans des lieux adapt&#233;s, bienveillants, professionnels. Certes, c'est le cas, mais la p&#233;nurie s'est install&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pronostics d'avenir de nos mod&#232;les sociaux, de nos &#233;conomies et des crises &#233;cologiques annonc&#233;es nous laissent sans voix, car nous ne savons plus de quoi sera fait demain. Les collectifs de travail se sont aussi &#233;tiol&#233;s et chacun est pris par une t&#226;che de plus en plus lourde et infaisable. Le burn-out est devenu un fait indiscutable. Les professionnels de la Protection de l'Enfance sont dans une souffrance qui ne cesse de s'accro&#238;tre. Nous ne sommes plus en p&#233;riph&#233;rie d'une crise future que nos directions et nos &#233;lus pensent colmater &#224; coup de mesurettes. Nous sommes au c&#339;ur de la crise. Nous vivons de plein fouet la politique de la raret&#233;, de la rationalisation et de l'optimisation des moyens. Nos mod&#232;les organisationnels se sont hyper-complexifi&#233;s, rel&#233;guant l'accompagnement &#224; une portion congrue. On fait de l'&#233;valuation, de l'orientation et de la coordination le mod&#232;le dominant. On a hypersp&#233;cialis&#233; les fonctions, ce qui entra&#238;ne des querelles de champ d'intervention &#224; n'en plus finir&#8230; et pendant ce temps on ne parle plus de sens ou de clinique ! On vit dans une confusion des comp&#233;tences et cette gouvernance enchev&#234;tr&#233;e conduit &#224; faire porter la responsabilit&#233; des manques &#224; d'autres &#233;chelons administratifs. Bref, cela arrange bien l'&#201;tat ou les d&#233;partements que cela ne change pas, car se poserait alors la question : qui devra mettre la main &#224; poche ? Ce sont bien les enfants et les familles qui en font les frais. Ne nous &#233;tonnons pas que des dysfonctionnements existent, lorsqu'on travaille toujours &#224; flux tendu, sans marge, avec des professionnels d&#233;bord&#233;s et des solutions pr&#233;caires pour r&#233;pondre aux manques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, les Patron et autres tyrans ont peut-&#234;tre de beaux jours devant eux ! Car, aujourd'hui, les plus disponibles, ce sont souvent les accueillants les moins professionnels, ceux qui disent oui &#224; tout, qui nous servent de bou&#233;es de secours pour certains enfants, les plus abim&#233;s, ou pour les urgences lorsque nous n'avons pas d'autres solutions. La rar&#233;faction conduit &#224; cet immense g&#226;chis : de l'usure pr&#233;matur&#233;e chez les professionnels et l'usage de lieux non-adapt&#233;s aux risques de la maltraitance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, l'int&#233;grit&#233;, la comp&#233;tence, la moralit&#233; de l'immense majorit&#233; des professionnels de la Protection de l'Enfance est bien loin du portrait de Monsieur Patron. Ne jetons pas la pierre &#224; tous ces professionnels qui, quotidiennement, se battent pour que soit assur&#233; un avenir aux enfants. Ne nous trompons pas de responsables sur ces dysfonctionnements largement pr&#233;visibles, m&#234;me si le risque z&#233;ro n'existe pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfants confi&#233;s et confin&#233;s : familles d'accueil sous pression</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Enfants-confies-et-confines-familles-d-accueil-sous-pression</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Enfants-confies-et-confines-familles-d-accueil-sous-pression</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:58:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trois assistants familiaux issus de deux d&#233;partements (souhaitant garder l'anonymat par crainte de repr&#233;sailles de leur employeur) et un essayiste ancien formateur occasionnel en IRTS ont r&#233;dig&#233; ensemble le t&#233;moignage d'une exp&#233;rience singuli&#232;re. Ils ne parlent et n'analysent que ce qu'ils ont v&#233;cu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le confinement, les enfants plac&#233;s suivaient un emploi du temps ponctu&#233; de rendez-vous tout au long de la semaine : &#233;cole, visites avec les parents, psychologue, psychomoteur, orthophoniste, audiences&#8230; (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Placement-familial" rel="tag"&gt;Placement familial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance" rel="tag"&gt;Protection de l'enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois assistants familiaux issus de deux d&#233;partements (souhaitant garder l'anonymat par crainte de repr&#233;sailles de leur employeur) et un essayiste ancien formateur occasionnel en IRTS ont r&#233;dig&#233; ensemble le t&#233;moignage d'une exp&#233;rience singuli&#232;re. Ils ne parlent et n'analysent que ce qu'ils ont v&#233;cu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant le confinement, les enfants plac&#233;s suivaient un emploi du temps ponctu&#233; de rendez-vous tout au long de la semaine : &#233;cole, visites avec les parents, psychologue, psychomoteur, orthophoniste, audiences&#8230; Cette succession de d&#233;placements rythme leur vie et les &#233;puise, notamment les tout-petits. Puis, est arriv&#233; le confinement. Une forme d'anomie s'est subitement impos&#233;e aux enfants : annulation des visites, des rencontres, des appels, et plus g&#233;n&#233;ralement, plus aucun int&#233;r&#234;t ne leur &#233;tait t&#233;moign&#233;, en dehors de la famille d'accueil. Cette situation a sembl&#233; plut&#244;t convenir dans un premier temps, en raison probablement de l'instauration d'une pause dans leur rythme effr&#233;n&#233;. Mais, une fois que ce repos m&#233;rit&#233; eut permis aux enfants de reprendre un rythme plus conforme &#224; leur &#226;ge, de l'anxi&#233;t&#233; est apparu, accompagn&#233;e de troubles du sommeil et d'un &#233;tat de nervosit&#233; tout au long de la journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le confinement, les p&#233;riodes de scolarisation ou d'accueil en centre adapt&#233; permettaient &#224; l'assistant familial de souffler, de r&#233;aliser des t&#226;ches n&#233;cessitant une totale disponibilit&#233;. Avec le confinement, la mission de l'assistant familial est devenue de plus en plus difficile, et l'occupait d&#232;s lors la totalit&#233; de son temps, sans r&#233;pit. Pour nos proches eux aussi confin&#233;s, et plus particuli&#232;rement nos propres enfants, peu de moments privil&#233;gi&#233;s en famille, voire aucun. L'agitation est devenue permanente, les repas mouvement&#233;s. Le seul moyen de survivre &#224; ce tsunami permanent a &#233;t&#233; l'isolement, ce qui n'est pas une r&#233;ponse satisfaisante sur le long terme. Ni pour eux, ni pour nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, le confinement ne s'est pas arr&#234;t&#233; le 11&#8239;mai 2020. En effet, quand il a pris officiellement fin, les parents qui gardent l'autorit&#233; parentale ont &#233;t&#233; sollicit&#233;s par les &#233;ducateurs r&#233;f&#233;rents pour savoir s'ils souhaitaient que leurs enfants r&#233;int&#232;grent ou pas l'&#233;cole. Dans leur grande majorit&#233;, ils ont r&#233;pondu n&#233;gativement en pr&#233;cisant qu'ils ne voulaient pas les exposer aux dangers de la pand&#233;mie. Sans se soucier de l'&#233;tat psychologique de leur enfant, sans avoir la moindre id&#233;e du besoin de socialisation de leurs petits, sans m&#234;me conna&#238;tre les conditions d'accueil pr&#233;vues dans les &#233;coles, leur r&#233;ponse a &#233;t&#233; cat&#233;gorique. Nous ignorons ce qui s'est pass&#233; ailleurs, mais dans nos d&#233;partements, les services ont peu ou pas n&#233;goci&#233; cette d&#233;cision et n'ont pas pris en compte notre besoin de souffler. Dans l'&#233;quation qu'il leur &#233;tait demand&#233; de r&#233;soudre, en tout &#233;tat de cause, il leur &#233;tait difficile de prendre la responsabilit&#233; d'exposer les enfants &#224; un risque de contamination. En revanche, les parents ne voyaient aucun risque &#224; reprendre des visites avec leurs enfants, &#233;tant entendu qu'ils ne pouvaient pas, bien &#233;videmment, les contaminer&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans nos d&#233;partements, le suivi des enfants n'est pas assur&#233; dans le long terme par le m&#234;me &#233;ducateur de placement, chacun de ceux qui se succ&#232;dent arrivant avec ses exp&#233;riences et ses illusions. On recommence donc, pour syst&#233;matiquement aboutir aux m&#234;mes conclusions et reproduire les m&#234;mes &#233;checs. Ce qui nous am&#232;ne &#224; affirmer qu'en r&#233;alit&#233;, il n'existe pas de projet digne de ce nom pour l'enfant : l'institution ne produit qu'un simple dossier administratif, mais pas un livre de la vie de l'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que nous nous comprenions mieux, assistants familiaux et &#233;ducateurs de placement, nous pourrions imaginer que ces derniers aient l'obligation d'effectuer un stage d'une semaine non-stop chez un assistant familial, pour s'impr&#233;gner de ce qu'est notre quotidien avant de prendre en charge des enfants et leurs assistants familiaux respectifs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me d'Aide sociale &#224; l'enfance mis en place par le pouvoir r&#233;galien est une lourde machine que tout le monde doit suivre au pas, au risque de se retrouver &#233;cras&#233; si l'on s'en &#233;carte. Tout le monde est conscient des dysfonctionnements, mais personne ne souhaite, ne peut ou n'arrive &#224; trouver de solutions pragmatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_1676 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L320xH391/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.02.14-f7f25.png?1693467489' width='320' height='391' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Pour notre part, nous pensons qu'avec le confinement, la situation des enfants plac&#233;s, en foyer comme en famille d'accueil, a ressembl&#233; de tr&#232;s pr&#232;s &#224; la situation asilaire : nos maisons et les foyers d'enfants sont devenus des lieux dans lesquels la soci&#233;t&#233; clo&#238;tre des &#233;l&#233;ments qu'elle n'a pas envie de voir. Pour ces enfants, le confinement a &#233;t&#233; une mise &#224; l'isolement, un abandon par tout ce qui incarne la soci&#233;t&#233;. L'asile est une forme d'exclusion de personnes &#171; marginales &#187;, dangereuses ou pas pour la soci&#233;t&#233;, mais dans le cas qui nous occupe, nous parlons d'enfants. Donc, a priori, des individus qui ne sont pas dangereux pour la soci&#233;t&#233;, ou qui, s'ils le sont d&#233;j&#224;, peuvent encore &#234;tre rep&#234;ch&#233;s par un programme p&#233;dagogique ad&#233;quat. Mais, nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la pr&#233;sence insistante de la norme est de plus en plus f&#233;roce et marqu&#233;e. C'est toute la politique &#233;ducative dont il faudrait ici parler, de la parentalit&#233; comme technique d'&#233;levage des enfants, de la formation en travail social qui se donne pour but d'aboutir &#224; cr&#233;er de bons petits soldats de l'institution. Car, oui, il faut &#234;tre un bon petit soldat de l'institution pour accepter d'&#234;tre &#233;ducateur de placement avec trente ou quarante &#171; r&#233;f&#233;rences &#187; &#224; suivre simultan&#233;ment, t&#226;che parfaitement impossible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes tous victimes d'un syst&#232;me qui, tel un bateau ivre, s'&#233;choue de loi en d&#233;cret, nous d&#233;sar&#231;onnant tous par ses incoh&#233;rences &#224; travers le temps. Mais la diff&#233;rence entre certains &#233;ducateurs et d'autres, c'est que certains, en foyer ou en famille d'accueil, sont au contact direct des premi&#232;res victimes de ces errances d&#233;vastatrices. Pourtant, les familles d'accueil ne sont pas des &#233;ducateurs comme les autres : notre formation est d&#233;valoris&#233;e, notre niveau de dipl&#244;me est d&#233;consid&#233;r&#233;, et la formation elle-m&#234;me n'est pas orient&#233;e vers des points pourtant cruciaux de notre quotidien. Citons-en ici quelques-uns.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'&#233;tant ni parents, ni &#171; assistants &#187; de familles d&#233;chues, ni d&#233;cisionnaires pour les personnes que nous accueillons, devons-nous compter sur notre autorit&#233; sur l'enfant (hi&#233;rarchie), notre leadership (capacit&#233; &#224; le convaincre), notre charisme, nos m&#233;thodes didactiques ? Que savons-nous de la d&#233;privation et pourquoi en parlons-nous si peu ? Pourquoi et comment notre soci&#233;t&#233; est-elle pass&#233;e de la &#171; mort de la famille &#187; au sens des antipsychiatres &#224; la mort de la famille &#171; traditionnelle &#187; que nous vivons actuellement ? Cette &#233;volution ne remet-elle rien en cause de notre travail ? Pourquoi n'avons-nous pas de cours sur les neurosciences et ce qu'elles peuvent, ou pas, apporter &#224; la compr&#233;hension des enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article n'a &#233;t&#233; &#233;crit, conjointement par quatre personnes, que pour exprimer notre d&#233;sespoir, un sentiment que nous estimons profond&#233;ment enfoui chez ceux qui pratiquent ce m&#233;tier. &#171; Profond&#233;ment enfoui &#187; dans les deux sens de cette expression : v&#233;ritablement inscrit dans notre ADN de familles d'accueil, et si profond&#233;ment qu'il ne fait pas surface. Nous avons voulu, simplement, lui donner de l'air. M&#234;me si, au-del&#224; du d&#233;sespoir, nous conservons l'espoir de faire changer l'institution et la soci&#233;t&#233; dont elle est l'outil.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Festival &#8226; Art et Handicap </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Festival-o-Art-et-Handicap</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Festival-o-Art-et-Handicap</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:57:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Festival</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Bouger les esth&#233;tiques &#187;, tel est le leitmotiv des co-directeurs du Festival Imago, Olivier Couder et Richard Leteurtre. &#171; Tous les jours de nouvelles &#339;uvres, spectacles de danse, th&#233;&#226;tre, &#339;uvres plastiques&#8230; cr&#233;&#233;es par des artistes en situation de handicap, nous surprennent, nous d&#233;concertent et nous bouleversent. Elles s'inscrivent dans les recherches les plus actuelles du renouvellement de la cr&#233;ation. &#187; Tous les deux ans, le Festival Imago revient avec son lot de d&#233;couvertes dans lesquelles le (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Festival" rel="tag"&gt;Festival&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1684 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L218xH317/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_10.07.12-70ff1.png?1693467489' width='218' height='317' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Bouger les esth&#233;tiques&lt;/i&gt; &#187;, tel est le leitmotiv des co-directeurs du Festival Imago, Olivier Couder et Richard Leteurtre. &#171; &lt;i&gt;Tous les jours de nouvelles &#339;uvres, spectacles de danse, th&#233;&#226;tre, &#339;uvres plastiques&#8230; cr&#233;&#233;es par des artistes en situation de handicap, nous surprennent, nous d&#233;concertent et nous bouleversent. Elles s'inscrivent dans les recherches les plus actuelles du renouvellement de la cr&#233;ation.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Tous les deux ans, le Festival Imago revient avec son lot de d&#233;couvertes dans lesquelles le handicap se saisit du spectacle vivant, des arts plastiques&#8230; Il propose aussi des temps forts : rencontres professionnelles, journ&#233;e d'&#233;tude et colloque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si cette ann&#233;e, il s'est construit en pleine p&#233;riode de l'&#233;pid&#233;mie du Covid, la crise sanitaire n'aura pas arr&#234;t&#233; le temps culturel. Sa programmation plurielle honore la cr&#233;ation artistique des personnes en situation de handicap, interroge notre perception, apporte un autre regard sur nos diff&#233;rences. &#192; chaque &#233;dition, le Festival Imago s'&#233;tend toujours plus sur le territoire francilien, avec cette ann&#233;e une nouveaut&#233;, la cr&#233;ation de &#171; &lt;i&gt;&#8239;Imago - Le R&#233;seau&#8239;&lt;/i&gt; &#187; qui regroupe les p&#244;les Art et Handicap franciliens pour faciliter, sur le terrain l'acc&#232;s de tous &#224; l'art et &#224; la culture et cr&#233;er des liens entre deux milieux : le culturel et le m&#233;dico-social. Il r&#233;ussit &#224; f&#233;d&#233;rer cinquante structures culturelles dans sept d&#233;partements d'&#206;le-de-France. Autant d'aventures artistiques singuli&#232;res &#224; d&#233;couvrir comme les Visites d&#233;cal&#233;es du Th&#233;&#226;tre du Cristal aux Mus&#233;es d'Art Moderne de Paris et du Quai Branly, une exp&#233;rience sensorielle qui va droit aux mots, aux images, aux &#233;motions engendr&#233;es par les tableaux en renouvelant le regard. Ou comme le fabuleux spectacle de Jean-Pierre, lui, moi de Thierry Combe (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1256-&#034;&gt;lire LS n&#176;&#8239;1256, Oeil et Oreille p.34&lt;/a&gt;). Oui la cr&#233;ation Art et Handicap est prot&#233;iforme et bien vivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Festival Imago art et handicap, &lt;br class='autobr' /&gt;
120 &#233;v&#233;nements en Ile-de-France, jusqu'au 20&#8239;d&#233;cembre 2020. &lt;br class='autobr' /&gt;
Programmation et informations : T&#233;l. : 01 30 37 87 47 &lt;br class='autobr' /&gt;
ou &lt;a href=&#034;http://www.festivalimago.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.festivalimago.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Docu &#8226; David contre Goliath</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Docu-o-David-contre-Goliath</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Docu-o-David-contre-Goliath</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:57:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des paysages &#224; couper le souffle. La beaut&#233; de la lande o&#249; paissent les moutons de Stijn, berger traditionnel n&#233;erlandais, cr&#232;ve l'&#233;cran. Pourtant cette beaut&#233; masque une cruelle bataille. &#171; No Way &#187; raconte l'histoire d'un berger id&#233;aliste aux prises avec les lois du march&#233;. Face aux moutons qui prennent leur temps, entretiennent la lande, prot&#232;gent un &#233;cosyst&#232;me vuln&#233;rable, le march&#233; pr&#233;f&#232;re les machines, plus rapides, plus efficaces. Stijn se bat pour maintenir son m&#233;tier, malgr&#233; un salaire de mis&#232;re et (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1685 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L182xH252/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_10.10.56-bba8a.png?1693467489' width='182' height='252' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Des paysages &#224; couper le souffle. La beaut&#233; de la lande o&#249; paissent les moutons de Stijn, berger traditionnel n&#233;erlandais, cr&#232;ve l'&#233;cran. Pourtant cette beaut&#233; masque une cruelle bataille. &#171; &lt;strong&gt;No Way&lt;/strong&gt; &#187; raconte l'histoire d'un berger id&#233;aliste aux prises avec les lois du march&#233;. Face aux moutons qui prennent leur temps, entretiennent la lande, prot&#232;gent un &#233;cosyst&#232;me vuln&#233;rable, le march&#233; pr&#233;f&#232;re les machines, plus rapides, plus efficaces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Stijn se bat pour maintenir son m&#233;tier, malgr&#233; un salaire de mis&#232;re et une famille &#224; nourrir. Il lutte pour sa libert&#233; contre la concurrence des machines, la baisse des subventions, les embuches administratives. Et puis, Stijn est parfois plus travailleur social que berger lorsqu'il entraine dans ses p&#226;turages des personnes en difficult&#233;. La marche offre un rythme diff&#233;rent ; les b&#234;tes, d'autres relations. Un genre de s&#233;jour de rupture&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le berger a lui aussi besoin d'aide au fur et &#224; mesure qu'il s'enferre dans son combat pour d&#233;fendre une autre fa&#231;on de travailler la terre, de penser la souverainet&#233; alimentaire&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ton van Zantvoort, auteur d'un premier documentaire sur l'industrie de la fleur au Kenya (A Blooming Business), questionne dans son travail les enjeux socio-&#233;conomiques et environnementaux. Il conna&#238;t Stijn depuis onze ans, le rencontre en 2009, r&#233;alise un premier court-m&#233;trage sur lui puis le perd de vue pendant deux ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il le retrouve, il ne le reconna&#238;t pas : Stijn est amaigri, il a perdu ses cheveux. La raison ? Le stress ! &#171; &lt;i&gt;&#8239;Le fait que les bergers, vivant encore avec une vision romantique du m&#233;tier, perdent leurs cheveux &#224; cause du stress fut le point de d&#233;part de mon film&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, explique le r&#233;alisateur. Son documentaire interroge : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Comment vivre dans un monde en conflit avec ses convictions ?&#8239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;No Way, deTon van Zantvoort. &lt;br class='autobr' /&gt;
81 min - sortie en salles le 14 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;iframe title=&#034;vimeo-player&#034; src=&#034;https://player.vimeo.com/video/294916830&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;268&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Moins de d&#233;penses sociales = d&#233;gradation du travail social ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Moins-de-depenses-sociales-degradation-du-travail-social</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Moins-de-depenses-sociales-degradation-du-travail-social</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:57:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait quarante ans que le paradigme n&#233;o-lib&#233;ral du &#171; moins d'&#201;tat &#187; domine. L'occasion de mesurer dans quelles proportions l'amplification des in&#233;galit&#233;s combin&#233;e &#224; l'ambition de r&#233;duire imp&#244;ts et charges pour les plus riches nuisent &#224; l'action sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; Par J&#233;r&#244;me Bouts, Travailleur social, Directeur g&#233;n&#233;ral d'association &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il ne s'agit pas ici d'opposer syst&#233;matiquement l'&#233;conomique au non-imm&#233;diatement &#233;conomique - l'un &#233;tant la condition d'existence de l'autre- je ne soutiens pas non plus que les moyens (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Aide-sociale" rel="tag"&gt;Aide sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait quarante ans que le paradigme n&#233;o-lib&#233;ral du &#171; moins d'&#201;tat &#187; domine. L'occasion de mesurer dans quelles proportions l'amplification des in&#233;galit&#233;s combin&#233;e &#224; l'ambition de r&#233;duire imp&#244;ts et charges pour les plus riches nuisent &#224; l'action sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Par J&#233;r&#244;me Bouts, Travailleur social, Directeur g&#233;n&#233;ral d'association&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne s'agit pas ici d'opposer syst&#233;matiquement l'&#233;conomique au non-imm&#233;diatement &#233;conomique - l'un &#233;tant la condition d'existence de l'autre- je ne soutiens pas non plus que les moyens financiers accord&#233;s &#224; l'action sociale seraient toujours insuffisants. La r&#233;alit&#233; n'est pas la m&#234;me d'un territoire &#224; un autre ou d'un secteur &#224; un autre. Je me r&#233;jouis en tant que Directeur g&#233;n&#233;ral de relever de la protection de l'enfance dans un d&#233;partement volontariste sur le sujet. Reconna&#238;tre ces diff&#233;rences, c'est aussi valoriser les engagements financiers tr&#232;s importants quand ils existent. Une absence de discernement est contre-productive dans notre p&#233;riode de pratique d'un opprobre syst&#233;matique &#224; l'&#233;gard de la puissance publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, on peut &#234;tre critique sur les choix faits parfois de r&#233;partition des ressources financi&#232;res plus que sur l'enveloppe globale. Par exemple, le choix politique de la gestion de la d&#233;linquance qui a vu la cr&#233;ation de multiples lieux de privation de libert&#233; (Centre &#233;ducatif renforc&#233;, Centre &#233;ducatif ferm&#233;, &#201;tablissement p&#233;nitentiaire pour mineurs) s'est fait au d&#233;triment des lieux &#233;ducatifs d'h&#233;bergement ou de milieu ouvert davantage pr&#233;ventifs. Autre exemple, l'association que je dirige a fait le choix de transformer un internat &#233;ducatif &#224; l'agonie, en externalisant l'h&#233;bergement d'adolescents &#171; inaptes &#187; au tout collectif &#224; ce moment de leur vie. Cela a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; moyens constants. On ne peut g&#233;n&#233;raliser bien s&#251;r mais la chose semblait impossible a priori, sans augmenter le co&#251;t. Dans cette situation, c'est la force de l'argumentation clinique, le changement de mod&#232;le assum&#233; pris dans les r&#233;alit&#233;s financi&#232;res objectives qui ont pr&#233;valu pour un mod&#232;le aujourd'hui tr&#232;s efficient&#8230; pour un budget moindre !&lt;br class='autobr' /&gt;
La probl&#233;matique des moyens tient aussi dans l'inversion de logique que l'on retrouve dans beaucoup d'organisations publiques ou associatives qui consiste &#224; privil&#233;gier non plus l'intervention sociale mais avant tout une logique financi&#232;re &#171; d'efficacit&#233; &#187;. Les employeurs cherchent &#224; recruter des directeurs gestionnaires qui viendraient les rassurer, mais pour lesquels le travail social est d'abord une charge, une d&#233;pense &#224; normer et non une ressource. Cette inversion paradoxalement co&#251;te cher &#224; terme car faute de direction autre que financi&#232;re, le co&#251;t devient humain&#8230; et donc financier, en termes de gestion d'un personnel d&#233;sorient&#233;. On voit m&#234;me des associations dont le souci principal serait de d&#233;gager des exc&#233;dents, du patrimoine au d&#233;triment parfois d'un service &#224; rendre et dans une belle confusion avec le secteur lucratif ! Notre secteur n'a en effet pas vocation &#224; d&#233;gager des b&#233;n&#233;fices, comme veulent le faire les grandes banques au cas o&#249; les investissements qu'elles r&#233;alisent dans les &#171; social impact bonds &#187; d&#233;gageraient des &#171; r&#233;sultats positifs &#187;. On imagine quel type de probl&#233;matiques sociales seront favoris&#233;es pour cette n&#233;cessaire plus-value financi&#232;re ! Que dire de ces plateformes de service qui, au nom d'une d&#233;sinstitutionalisation dont on comprend mal le sens, mettraient l'usager en relation avec un prestataire dans une relation de client &#224; fournisseur sans autre forme d'accompagnement de sa personne dans sa globalit&#233;. Cette marchandisation nous menace et les modalit&#233;s d'attribution des cr&#233;dits qui en d&#233;couleraient, remettent en cause le fondement de nos professions. Et je regrette qu'une r&#233;sistance &#224; cette mutation parfaitement dogmatique, du c&#244;t&#233; des op&#233;rateurs que nous sommes, peine tant &#224; s'organiser&#8230; alors que le secteur hospitalier montre sous nos yeux les d&#233;g&#226;ts de telles d&#233;rives. &#61548;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Par Yves Faucoup, Chroniqueur social ind&#233;pendant&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise &#233;conomique, qui s'est greff&#233;e sur la crise sanitaire, a entra&#238;n&#233; tant une baisse de la production et de la croissance que de nombreux licenciements. L'&#201;tat-providence a jou&#233; son r&#244;le, faisant fonctionner le ch&#244;mage partiel et un peu d'aides financi&#232;res ponctuelles aux plus pr&#233;caires. L'&#201;tat tout court en a fait de m&#234;me, apportant un soutien non n&#233;gligeable aux employeurs et aux entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12 mars, le Chef de l'&#201;tat annon&#231;ait la fermeture des &#233;coles et des restaurants, ne cessant de parler que de &#171; &lt;i&gt; solidarit&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#8239;fraternit&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; int&#233;r&#234;t collectif&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; &#201;tat Providence&lt;/i&gt; &#187;, soutien aux &#171; &lt;i&gt;&#8239;plus fragiles&lt;/i&gt; &#187;, affirmant que &#171; &lt;i&gt;&#8239;la sant&#233; n'a pas de prix &lt;/i&gt; &#187;, car &#171; &lt;i&gt;&#8239;il est des biens et des services qui doivent &#234;tre plac&#233;s en dehors des lois du march&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Le 16&#8239;mars, il annon&#231;ait le confinement g&#233;n&#233;ral, usant de l'anaphore &#171; &lt;i&gt;nous sommes en guerre&lt;/i&gt; &#187; et appelant, dans la m&#234;me phrase, &#224; &#171; &lt;i&gt;&#8239;inventer de nouvelles solidarit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;rester solidaires&lt;/i&gt; &#187;. S'il faut faire des sacrifices, &#171; &lt;i&gt;&#8239;jamais ils ne doivent mettre en cause l'aide aux plus fragiles&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Il ajoutait : &#171; &lt;i&gt;Pour les plus pr&#233;caires, pour les plus d&#233;munis, pour les personnes isol&#233;es, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivit&#233;s locales et leurs services, qu'ils puissent &#234;tre nourris, prot&#233;g&#233;s, que les services que nous leur devons soient assur&#233;s&lt;/i&gt; . &#187; Puis, le 13&#8239;avril, il avait redit sa pr&#233;occupation &#171; &lt;i&gt;&#8239;pour les plus fragiles et les plus d&#233;munis&lt;/i&gt; &#187;, faisant m&#234;me allusion aux Jours heureux du Conseil National de la R&#233;sistance, embl&#232;me des d&#233;fenseurs du syst&#232;me de protection sociale fran&#231;ais. Il n'avait pas oubli&#233; de remercier les travailleurs sociaux. Le 26&#8239;ao&#251;t, Jean Castex lui avait embo&#238;t&#233; le pas : &#233;voquant le plan de relance, il avait fait une rapide allusion &#224; la n&#233;cessit&#233; de renforcer la pr&#233;vention de la d&#233;linquance, avec &#171; des &#233;ducateurs de rue, des travailleurs sociaux &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela aurait pu &#234;tre de bon augure pour le travail social. Mais c'&#233;tait sans compter avec la force de l'&#201;tat lib&#233;ral qui n'est pas pr&#234;t d'embl&#233;e &#224; renforcer un syst&#232;me de protection sociale qui a &#233;t&#233; conquis de haute lutte. &lt;span class='spip_document_1674 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L290xH427/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_08.49.09-9fb31.png?1693464261' width='290' height='427' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; On a vu ce qu'il en &#233;tait du projet de r&#233;forme des retraites destin&#233; &#224; restreindre les droits sociaux. On a vu aussi ce qu'il en a &#233;t&#233; de l'indemnisation du ch&#244;mage, r&#233;duite pour satisfaire une id&#233;ologie anti-sociale forte dans les all&#233;es du pouvoir et du Medef. L'essentiel de l'effort financier public &#233;tait alors orient&#233; vers le capital (subventions, baisses d'imp&#244;ts).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les discours s'en prenant aux d&#233;penses sociales se sont arr&#234;t&#233;s momentan&#233;ment, il est peu vraisemblable qu'ils ne reprennent pas. La baisse de la croissance et les d&#233;penses r&#233;centes conduisant &#224; un d&#233;ficit accru du budget de l'&#201;tat et &#224; un accroissement de la dette publique conduiront les propagandistes lib&#233;raux &#224; renouveler la tactique qu'ils d&#233;roulent depuis une quinzaine d'ann&#233;es : stigmatiser les d&#233;penses sociales d&#233;di&#233;es aux plus d&#233;munis, pour finir par tenter de d&#233;monter notre syst&#232;me de protection sociale dans son ensemble. Ainsi, toute la campagne qui a &#233;t&#233; men&#233;e contre les &#171; assist&#233;s &#187; et le RSA (10 Md&#8364;), n'avait pour but final que d'entretenir dans l'opinion publique la confusion entre aide sociale et assurance sociale, afin de s'attaquer &#224; du lourd : les retraites (320 Md&#8364;). Le travail social, consid&#233;r&#233; comme &#233;tant du c&#244;t&#233; des &#171; assist&#233;s &#187;, est forc&#233;ment le parent pauvre du social. Sans mobilisation des professionnels, globalement, politiquement, et pas seulement lorsque localement il y a des conflits sp&#233;cifiques, le secteur de l'action &#233;ducative et sociale risque fort d'&#234;tre impact&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Des plac&#233;s &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Des-places</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Des-places</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:56:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; J'ai pas choisi d'&#234;tre ici, moi ! &#187;. Quelques mots lanc&#233;s, revendiqu&#233;s, r&#233;affirm&#233;s. Voici comment les jeunes viennent parfois signer et interpeler la question du choix, de la libert&#233;, de l'adh&#233;sion et de la place qu'ils occupent. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'accompagnement rev&#234;t en effet une l&#233;gitimit&#233; bien diff&#233;rente selon qu'elle appara&#238;t sous le signe du choix libre, &#233;clair&#233;, consenti, ou si, au contraire, elle accuse une certaine coercition impos&#233;e, forc&#233;e, subie. Voici donc convoqu&#233;e la question de la place, pour ces jeunes, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Placement-familial" rel="tag"&gt;Placement familial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'ai pas choisi d'&#234;tre ici, moi ! &#187;. Quelques mots lanc&#233;s, revendiqu&#233;s, r&#233;affirm&#233;s. Voici comment les jeunes viennent parfois signer et interpeler la question du choix, de la libert&#233;, de l'adh&#233;sion et de la place qu'ils occupent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accompagnement rev&#234;t en effet une l&#233;gitimit&#233; bien diff&#233;rente selon qu'elle appara&#238;t sous le signe du choix libre, &#233;clair&#233;, consenti, ou si, au contraire, elle accuse une certaine coercition impos&#233;e, forc&#233;e, subie. Voici donc convoqu&#233;e la question de la place, pour ces jeunes, accueillis et accompagn&#233;s, dans le cadre de la Protection de l'Enfance, qualifi&#233;s commun&#233;ment de plac&#233;s. De la r&#233;alit&#233; concr&#232;te du terrain, &#233;mane bien souvent une forme d'assujettissement et d'entrave au droit inali&#233;nable de leur libert&#233;, sujets &#224; de profonds et multiples remaniements psycho-affectifs, identitaires, cognitifs, quant &#224; la situation de placement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment parvenir &#224; engager l'enfant dans son parcours de vie si le regard pos&#233; sur son accueil s'esquisse, pour lui, sous les traits d'une sanction, d'une contrainte, d'une injonction ? Comment peut-on &#234;tre partie prenante, &#233;l&#233;ment moteur, actif et acteur d'un syst&#232;me qu'on nous a forc&#233;s &#224; int&#233;grer, malgr&#233; nous ? Comment inscrire les jeunes dans un processus de libert&#233; et d'autonomisation - libert&#233; d'&#234;tre et d'exister, de penser, d'agir, d'intervenir, de cr&#233;er et de se (r&#233;) inventer - dans ce contexte singulier o&#249; un Jugement, par souci de protection de leur int&#233;grit&#233; physique, morale, psychique, et dans l'Int&#233;r&#234;t Sup&#233;rieur de l'Enfant, a d&#233;cid&#233; de la n&#233;cessit&#233; d'un accueil en structure sp&#233;cialis&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de &#171; placement &#187; se d&#233;finit par &#171; &lt;i&gt;l'action de placer quelqu'un, de lui d&#233;signer une place, de le placer (quelque part)&lt;/i&gt; &#187; (1). De cette d&#233;finition &#233;merge donc un ph&#233;nom&#232;ne dynamique - conduire, mener, r&#233;aliser une action -, visant &#224; astreindre autrui &#224; une place - action exerc&#233;e sur un Autre, passif, se voyant assign&#233; &#224; une place d&#233;termin&#233;e qu'il subit dans un espace-temps d&#233;fini, un cadre spatio-temporel d&#233;termin&#233;, un environnement donn&#233;. Le synonyme lui &#233;tant rattach&#233; est &#171; disposition &#187;, qui n'est pas sans renvoyer &#224; une chosification, une r&#233;ification du Sujet. En effet, cette &#171; disposition &#187; se fait l'&#233;cho d'une sorte d'agencement spatial, d'am&#233;nagement d'&#233;l&#233;ments ou d'objets inanim&#233;s, que l'on d&#233;poserait et d&#233;placerait, de-ci, de-l&#224;, au gr&#233; de ses envies ou de ses mouvements d'humeur, pour combler un vide, dans l'esprit d'occupation de l'espace, &#224; vis&#233;e d&#233;corative ou ornementale, comme si cet Autre &#233;tait rel&#233;gu&#233; au statut d'objet, r&#233;duit au rang de simple agr&#233;gat esth&#233;tique, dont on disposerait volontiers et qu'on d&#233;porterait &#224; sa guise. Cette &#171; disposition &#187; d'Autrui renvoie &#233;galement &#224; une mani&#232;re d'avoir acc&#232;s &#224; lui, librement, au gr&#233; de ses envies et de son d&#233;sir, dans une posture de toute-puissance, de toute-jouissance, d'omnipotence, dans un &#233;lan de manipulation, de maniabilit&#233; de cet Autre, sans s'int&#233;resser jamais &#224; son consentement - c'est le sens de &#171; disposer de quelqu'un &#187;. Le Sujet semble ainsi &#234;tre amput&#233; de tout d&#233;sir et de toute volont&#233;, dans une n&#233;gation de son &#202;tre, annihilant, de fait, son statut de Sujet, r&#233;cusant, ainsi, son statut m&#234;me d'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, cette notion de &#171; disposition &#187; peut &#233;galement engager le mouvement contraire et renvoyer &#224; la facult&#233; propre d'une personne &#224; &#171; disposer de &#187;, &#224; &#171; choisir &#187;, &#224; convoquer et &#224; utiliser son libre-arbitre, de son propre chef, introduisant ainsi le caract&#232;re actif et rendant pleinement toute l'ampleur de la profondeur au (et du) Sujet, en qualit&#233; de personne &#224; part enti&#232;re. De la Subjectivit&#233; de ces enfants - livr&#233;s en place publique lorsque nous exposons, ne serait-ce que bri&#232;vement leur situation aux divers partenaires, du fait m&#234;me que nous nous pr&#233;sentons comme &#233;tant leur &#171; &#233;ducateur &#187; ou leur &#171; r&#233;f&#233;rent &#187; -, fait na&#238;tre l'id&#233;e que la d&#233;signation &#171; d'enfants plac&#233;s &#187; s'av&#232;re quelque peu d&#233;plac&#233;e&#8230; Et que le terme &#171; confi&#233;s &#187; - empreint d'une charge affective, au service du &#171; prendre soin &#187;, du care - semblerait davantage respecter leur int&#233;grit&#233;, leur humanit&#233;, leur subjectivit&#233;, les enveloppant psychiquement (2), dans cet univers protecteur sous-tendu par la mission m&#234;me des &#233;tablissements servant l'Aide Sociale &#224; l'Enfance, plut&#244;t que faisant d'eux l'objet de notre travail. Il serait r&#233;ducteur de soutenir que les jeunes accompagn&#233;s ne comprennent pas le(s) motif(s) de leur pr&#233;sence en Institution. Il s'av&#232;rerait plus juste de les accompagner &#224; en comprendre, &#224; en saisir, &#224; en &#233;clairer toute la complexit&#233; et les enjeux, dans une d&#233;marche d'apaisement du conflit interne, brass&#233; par un profond (res)sentiment d'injustice li&#233; au ph&#233;nom&#232;ne de placement, qui les agite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes accompagn&#233;s incarnent - portant dans leur chair les stigmates de cette mise &#224; l'&#233;cart de leur foyer familial, cette &lt;i&gt;mise au ban&lt;/i&gt; (3) de leur univers familier, et portent ce &lt;i&gt;(d&#233;) placement&lt;/i&gt;, dans leur pr&#233;sence m&#234;me en structure d'accueil - au caract&#232;re punitif -, endossant le costume du fautif, du coupable, du r&#233;pr&#233;hensible, les &#171; disposant &#187; dans un univers, qualifi&#233; de &#171; carc&#233;ral &#187; dans leurs discours. Redonnons-leur les clefs de la libert&#233; qui leur revient de droit, en les accompagnant dans - et sur - ce cheminement de compr&#233;hension de leur accueil en structure collective, le temps qu'ils nous sont confi&#233;s et bannissons de notre langage ce vocable quelque peu inadapt&#233; de &#171; placement &#187; - et la famille de mots s'y rapportant - afin de ne pas cristalliser en eux ce sentiment de &lt;i&gt;bannissement&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;(d&#233;) placement, de r&#233;ification&lt;/i&gt; qu'ils &#233;prouvent, participant de la distillation diffuse d'un sentiment d'exclusion, duquel ils seraient les parias et qui leur donnerait le sentiment de ne jamais &#234;tre &#224; leur place, ou de n'en avoir aucune, en quelque lieu que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1675 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L286xH422/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_08.55.50-715b9.png?1693467490' width='286' height='422' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Redonnons-leur une place centrale, leur permettant de s'affranchir de cette croyance erron&#233;e de leur culpabilit&#233; dans ce ph&#233;nom&#232;ne de placement, et donnons-leur &#224; entrevoir l'horizon d'un champ des possibles infini, &#224; leur port&#233;e, car : &#171; &lt;i&gt;Rien ne [v] nous emprisonne except&#233; [v] nos pens&#233;es, rien ne [v] nous limite except&#233; [v] nos peurs, rien ne [v] nous contr&#244;le except&#233; [v] nos croyances&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (M. Williamson). Et, peut-&#234;tre serait-il opportun de leur demander par quel(s) termes, qualificatif(s), ou substantif(s), ils voudraient &#234;tre d&#233;sign&#233;s, car en leur donnant la parole, en leur laissant le libre choix de se qualifier eux-m&#234;mes, pourraient-ils, peut-&#234;tre, exister (4), enfin, &#224; la hauteur de qui ils sont, et s'autoriser &#8212; au sens &#171; &lt;i&gt;&#234;tre son propre auteur &lt;/i&gt; &#187; (5), capable d'exercer une autorit&#233; sur soi-m&#234;me, dans un processus d'autonomisation et de gouvernance &#8212; &#224; &#234;tre ce que personne ne leur a jamais offert la place d'&#234;tre, pour d&#233;velopper leur profonde et authentique identit&#233; singuli&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si nous ne leur offrons pas la possibilit&#233; de se (re)d&#233;finir, de se (re)cr&#233;er, de se (r&#233;)inventer, un peu plus, chaque jour, pour grandir et se r&#233;parer, qui le fera ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Conf&#232;re &lt;a href=&#034;https://www.cnrtl.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;site du C.N.R.T.L.&lt;/a&gt;(Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, Ortoloang)&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Selon les concepts de Moi-Peau et d'&#171; enveloppes psychiques &#187;, soutenus par Didier Anzieu&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Au sens litt&#233;ral de &#171; bannir &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Selon l'emprunt latin : -ex, signifiant &#171; hors de &#187;, et -sistere, &#171; se tenir &#187;, soit se tenir hors du n&#233;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Bruno, Robbes, &#171; Les trois conceptions actuelles de l'autorit&#233; &#187;, Cahiers P&#233;dagogiques, 28&#8239;mars 2006, p.&#8239;1-20. &lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#232;re &lt;a href=&#034;http://www.cahiers-pedagogiques.com/-Le-Cercle-de-recherche-et-d-action-pedagogiques-&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;site du : Cercle de Recherche et d'Action P&#233;dagogiques&lt;/a&gt; (C.R.A.P.) ; www.cahiers-p&#233;dagogique.com&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Parcours en sant&#233; mentale &#8226; Le r&#233;tablissement, une doctrine ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Parcours-en-sante-mentale-o-Le-retablissement-une-doctrine-6292</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Parcours-en-sante-mentale-o-Le-retablissement-une-doctrine-6292</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:55:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Psychique</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En crise, l'h&#244;pital psychiatrique va devoir continuer &#224; se serrer la ceinture et apprendre &#224; sortir de ses murs. Apr&#232;s avoir ferm&#233; des lits sans d&#233;ployer une r&#233;elle offre alternative, l'&#201;tat compte sur les professionnels et les personnes concern&#233;es pour r&#233;fl&#233;chir &#224; des parcours de soins porteurs d'espoir, de pouvoir d'agir et d'un moindre recours aux hospitalisations. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le psychiatre n'est pas l&#224; pour revendiquer des lits suppl&#233;mentaires, mais pour assurer &#224; la personne le meilleur accompagnement possible &#187; (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychique" rel="tag"&gt;Psychique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En crise, l'h&#244;pital psychiatrique va devoir continuer &#224; se serrer la ceinture et apprendre &#224; sortir de ses murs. Apr&#232;s avoir ferm&#233; des lits sans d&#233;ployer une r&#233;elle offre alternative, l'&#201;tat compte sur les professionnels et les personnes concern&#233;es pour r&#233;fl&#233;chir &#224; des parcours de soins porteurs d'espoir, de pouvoir d'agir et d'un moindre recours aux hospitalisations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le psychiatre n'est pas l&#224; pour revendiquer des lits suppl&#233;mentaires, mais pour assurer &#224; la personne le meilleur accompagnement possible&lt;/i&gt; &#187; , tonne Denis Leguay, pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration Sant&#233; mentale France et m&#233;decin coordonnateur du Centre ressources handicap psychique des Pays de la Loire. &#171; &lt;i&gt; La personne atteinte de troubles psychiques s&#233;v&#232;res est &#224; la fois malade et en situation de handicap, elle a besoin d'une chaine d'accompagnement sanitaire et sociale. Notre boulot, c'est d'organiser l'accession de tous &#224; ces programmes de r&#233;habilitation qui ne devraient pas &#234;tre une option mais un standard.&lt;/i&gt; &#187; C'est tout l'enjeu de la feuille de route pour la sant&#233; mentale et la psychiatrie pr&#233;sent&#233;e en juin&#8239;2018 par la ministre de la Sant&#233; d'alors, Agn&#232;s Buzyn. Elle s'articule autour de quatre axes : la pr&#233;vention et la promotion du bien-&#234;tre mental, la lutte contre les in&#233;galit&#233;s, la garantie de la pertinence de la prise en charge et la transformation du syst&#232;me de sant&#233; en r&#233;affirmant la place des citoyens. Cette ambition passe par la construction de projets territoriaux de sant&#233; mentale dont la priorit&#233;, inscrite dans la loi, est &#171; &lt;i&gt;&#8239;l'organisation du parcours de sant&#233; et de vie de qualit&#233; et sans rupture, notamment pour les personnes souffrant de troubles psychiques graves et s'inscrivant dans la dur&#233;e, en situation ou &#224; risque de handicap psychique, en vue de leur r&#233;tablissement et de leur inclusion sociale&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. La possibilit&#233; de se r&#233;tablir, de vivre correctement en soci&#233;t&#233; malgr&#233; la maladie, est officialis&#233;e par ce d&#233;cret de 2017. &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1227-#ancre-sommaire&#034;&gt;Reste &#224; d&#233;velopper les pratiques orient&#233;es vers le r&#233;tablissement&lt;/a&gt; pour sortir du mod&#232;le exp&#233;rimental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1677 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH268/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.08.06-c8796.png?1693467490' width='500' height='268' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, douze millions de personnes sont touch&#233;es par des troubles psychiques. Alors que la psychiatrie fonctionne &#224; moyens constants depuis une quinzaine d'ann&#233;es et &lt;a href=&#034;https://www.igas.gouv.fr/spip.php?article651&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;que le nombre de lits a diminu&#233; de 60&#8239;% entre 1976 et 2016&lt;/a&gt;, la demande ne cesse de croitre et pourrait encore s'acc&#233;l&#233;rer avec la crise sanitaire. Au-del&#224; des grandes pathologies, la psychiatrie concerne la souffrance psychique en g&#233;n&#233;ral : addictions, troubles anxieux, psycho-traumatismes&#8230; En 2020, la Controleure g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233;, Adeline Hazan, d&#233;nonce un recours d&#233;l&#233;t&#232;re aux urgences et aux hospitalisations sans consentement. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Une demande paradoxale est faite &#224; la psychiatrie : celle d'une ouverture par le virage ambulatoire accompagn&#233;, de la fermeture d'un grand nombre de lits d'hospitalisation et celle d'un enfermement de plus en plus fr&#233;quent ou durable des individus perturbants, par souci de s&#233;curit&#233;. Cette diminution rapide des capacit&#233;s intra hospitali&#232;res n'a pas &#233;t&#233; compens&#233;e par une augmentation n&#233;cessaire des moyens allou&#233;s aux dispositifs extrahospitaliers ; coupl&#233;e &#224; la p&#233;nurie de m&#233;decins psychiatres exer&#231;ant en secteur public, elle a conduit &#224; une croissante difficult&#233; pour accueillir des patients en crise, &#224; des retours insuffisamment pr&#233;par&#233;s vers le domicile et &#224; des r&#233;-hospitalisations plus fr&#233;quentes.&lt;/i&gt; &#187; (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1678 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH273/capture_d_e_cran_2020-10-21_a_09.10.45-4aed8.png?1693467490' width='500' height='273' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dysfonctionnements structurels entraineraient un co&#251;t &#233;conomique et social de 109 milliards d'euros par an. L'ex-ministre de la Sant&#233; a donc jug&#233; prioritaire de reformuler l'offre de soin afin de r&#233;duire l'inad&#233;quation entre les besoins et les r&#233;ponses. Sa feuille de route pr&#233;sente trente-sept actions pour donner un cadre pr&#233;cis aux acteurs de terrain charg&#233;s de moderniser, d'am&#233;liorer et de diversifier l'accompagnement en sant&#233; mentale. Rompant avec un syst&#232;me m&#233;dico-centr&#233;, la construction de parcours de soin articule le sanitaire, le m&#233;dicosocial et le social. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Une fois hors des murs de l'h&#244;pital, un patient souffrant de troubles psychiques doit se loger, trouver du travail, avoir une vie sociale&lt;/i&gt;, constate Pierre Thomas, psychiatre &#224; Lille et co-pr&#233;sident du Comit&#233; national de pilotage de la psychiatrie. &lt;i&gt;Et les personnes les plus pertinentes pour l'y aider ne sont pas les m&#233;decins et les infirmiers.&lt;/i&gt; &#187; Port&#233;s par les agences r&#233;gionales de sant&#233;, les projets territoriaux de sant&#233; mentale (PTSM) ont pour ambition d'articuler des parcours en ville, en r&#233;unissant les acteurs du soin, de la pr&#233;vention, de l'&#233;ducation, de la justice, de l'insertion, des repr&#233;sentants des usagers et des aidants familiaux. Ensemble, ils &#233;laborent des projets, afin de les mettre en &#339;uvre et de les &#233;valuer. Pour la premi&#232;re fois, le minist&#232;re de la Sant&#233; demande aux personnes de terrain de construire une politique de sant&#233; publique. Retard&#233; par le confinement et la crise sanitaire, le rendu de ces projets est repouss&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e. Mais d&#233;j&#224;, ces rencontres pluriprofessionnelles avec les personnes concern&#233;es marquent un vrai changement. &#171; &lt;i&gt;On fait de la personne le pilote de son projet, donc les professionnels vont devoir se tenir en retrait et venir en soutien &lt;/i&gt; &#187;, constate Denis Leguay. Au sein des PTSM, on voit des patients qui se pr&#233;sentent en experts, &#171; &lt;i&gt;ils &#233;taient pr&#234;ts, &#231;a fait longtemps qu'ils ont envie de prendre la parole. De leur c&#244;t&#233;, les professionnels pilotent leur institution, cherchent &#224; se d&#233;velopper, &#224; &#234;tre pertinent, &#224; avoir une d&#233;marche qualit&#233;&#8230; &#231;a les centre sur eux-m&#234;mes. Cela va donc &#234;tre un travail de longue haleine, en m&#234;me temps, quand les personnes et les familles sont conquises, c'est un rouleau compresseur&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, mais encore faut-il que les budgets suivent. Le fonds organisationnel en psychiatrie est dot&#233; de dix millions, auxquels s'ajoutent vingt millions pour la p&#233;dopsychiatrie, secteur particuli&#232;rement sinistr&#233;. Une enveloppe pas bien &#233;paisse, lorgn&#233;e par des h&#244;pitaux psychiatriques qui en ont soup&#233; d'&#234;tre les parents pauvres de la sant&#233; depuis des d&#233;cennies. Or la doctrine voulue par le gouvernement tend &#224; privil&#233;gier les parcours innovants qui ne passent pas n&#233;cessairement par l'h&#244;pital. &#171; &lt;i&gt;Il y a une strat&#233;gie nationale de d&#233;ploiement des programmes de r&#233;habilitation psychosociale&lt;/i&gt;, affirme Frank Bellivier, d&#233;l&#233;gu&#233; minist&#233;riel &#224; la sant&#233; mentale et &#224; la psychiatrie charg&#233; de superviser la mise en place de la feuille de route en sant&#233; mentale. &lt;i&gt;Il faut promouvoir la mise en place de ces dispositifs orient&#233;s r&#233;tablissement qui convoquent l'ensemble des acteurs n&#233;cessaires au parcours de la personne. Au travers de la promotion de ces outils, on souhaite faire reconnaitre dans le monde de la psychiatrie qu'il n'y a rien d'inexorable, qu'un r&#233;tablissement est possible. Un fort investissement est indispensable sur les dispositifs ambulatoires qui pr&#233;viennent les hospitalisations sans consentement et les passages aux urgences.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Marseille, une Unit&#233; locale d'intervention de crise et d'&#233;valuation (Ulice) offre une alternative &#224; l'hospitalisation. L'&#233;quipe pluridisciplinaire assure une permanence t&#233;l&#233;phonique et intervient dans les 24&#8239;heures &#224; l'endroit souhait&#233; par le patient. Elle s'appuie sur ses capacit&#233;s, son entourage et les ressources du territoire pour permettre de traverser la crise sans se couper de son environnement. La prise en charge dure en moyenne huit semaines, le temps d'organiser le relais avec les partenaires de secteur (m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, centre m&#233;dico-psychologique, association d'insertion, travailleurs sociaux, groupes de pairs&#8230;). Ce mode d'intervention a fait l'objet de nombreuses &#233;tudes &#224; l'&#233;tranger. Ses atouts font consensus : diminution du taux d'hospitalisations, r&#233;duction des co&#251;ts, am&#233;lioration de la sant&#233; mentale des usagers, satisfaction des aidants et des patients. En France, cette approche repose encore sur des initiatives locales. Cr&#233;&#233;e au sein de l'Assistance Publique-H&#244;pitaux de Marseille en 2008, Ulice reste au stade exp&#233;rimental. Son budget ne lui permet pas de reproduire le mod&#232;le qui a fait ses preuves : une &#233;quipe mobile pour 150 000 habitants. Marseille devrait donc en compter six, au lieu d'une&#8230; En plein dans la doctrine, cette pratique attend toujours une reconnaissance sonnante et tr&#233;buchante de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) &#171; Soins sans consentement et droits fondamentaux &#187;, &#201;d. Dalloz, juin&#8239;2020.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Protection de l'enfance - L'abri du Lieu </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance-L-abri-du-Lieu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance-L-abri-du-Lieu</guid>
		<dc:date>2020-11-02T15:54:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>1281</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; des jeunes en errance qui fuient les dispositifs de l'Aide sociale &#224; l'enfance, l'&#233;quipe du Lieu, &#224; Mulhouse, tente de tisser une relation sur mesure. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Mulhouse, une petite structure r&#233;siste aux temp&#234;tes qui secouent la protection de l'enfance. Ce dispositif dit innovant accompagne des jeunes de 12 &#224; 18 ans en errance, des adolescents plac&#233;s ou suivis en protection de l'enfance qui fuient les dispositifs de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Il faut dire qu'il a obtenu d&#232;s ses d&#233;buts, en 2016, le (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Fabrique-du-social" rel="directory"&gt;Fabrique du social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-de-l-enfance" rel="tag"&gt;Protection de l'enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1281-" rel="tag"&gt;1281&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; des jeunes en errance qui fuient les dispositifs de l'Aide sociale &#224; l'enfance, l'&#233;quipe du Lieu, &#224; Mulhouse, tente de tisser une relation sur mesure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Mulhouse, une petite structure r&#233;siste aux temp&#234;tes qui secouent la protection de l'enfance. Ce dispositif dit innovant accompagne des jeunes de 12 &#224; 18 ans en errance, des adolescents plac&#233;s ou suivis en protection de l'enfance qui fuient les dispositifs de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Il faut dire qu'il a obtenu d&#232;s ses d&#233;buts, en 2016, le soutien du conseil d&#233;partemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aventure d&#233;marre par une exp&#233;rimentation sur six mois. L'objectif : recr&#233;er un lien avec cinq jeunes plac&#233;s dont l'ASE n'a plus aucune nouvelle. S&#233;bastien Castells, &#233;ducateur et co-fondateur du Lieu, a lui m&#234;me &#233;t&#233; un gamin des quartiers pauvres de Montpellier, suivi par des &#233;ducateurs. &#171; &lt;i&gt;Mais celui qui a chang&#233; ma vie, ce n'est pas un &#233;duc, c'est un aum&#244;nier &#8211; pourtant je ne suis pas croyant - qui s'occupait de sept &#224; huit loulous comme moi.&lt;/i&gt; &#187; Cette rencontre primordiale avec une personne sur laquelle s'appuyer forge sa conviction : face &#224; des adolescents fuyants, il faut des adultes solides, pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cr&#233;e Le Lieu dans cet esprit, s'appuyant sur certains fondamentaux de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e comme &#171; l'aller vers &#187; mais aussi sur des pratiques puis&#233;es au Qu&#233;bec ou au S&#233;n&#233;gal : partir des comp&#233;tences des personnes, proposer un accompagnement &#224; bas seuil, pratiquer le non-jugement&#8230; Il s'entoure de professionnels crois&#233;s sur sa route d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en maison d'enfants ou dans une structure d'h&#233;bergement d'urgence, embauche des &#233;tudiants devenus jeunes professionnels apr&#232;s un stage au Lieu. Tous sont des travailleurs sociaux - sept &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s et une conseill&#232;re en &#233;conomie sociale familiale - dont il conna&#238;t l'engagement. Et il en faut pour tenir la promesse donn&#233;e : rester disponible 24 heures/ 24 et sept jours sur sept pour r&#233;pondre pr&#233;sent aux adolescents. La cl&#233;, selon l'&#233;quipe, pour renouer des liens de confiance d&#233;truits par des ruptures multiples. &#171; &lt;i&gt;La plupart des jeunes faisant l'objet d'un placement se vivent comme responsables de leur situation. La majorit&#233; d'entre eux a &#233;t&#233; plac&#233;e, d&#233;plac&#233;e et replac&#233;e &#224; plusieurs reprises, sans comprendre ce qui lui arrivait ; elle est en perte de rep&#232;res affectifs et s&#233;curisants&lt;/i&gt; &#187;, analyse l'association qui fait le pari d'&#234;tre ce rep&#232;re manquant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Inventer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces jeunes nous sont orient&#233;s parce que la mesure de placement n'a pas pu &#234;tre ex&#233;cut&#233;e, soit par manque de places adapt&#233;es en institution, soit parce que toutes les structures les ont rejet&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, explique Marion Marck, &#233;ducatrice au Lieu. &#171; &lt;i&gt;Nous proposons une mesure de placement un peu particuli&#232;re&lt;/i&gt;, ajoute S&#233;bastien Castells. &lt;i&gt;Nous ne g&#233;rons pas l'h&#233;bergement, une autre institution s'en occupe, ce qui fait que si cela p&#232;te dans le logement, notre accompagnement se poursuit de toute mani&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. L'&#233;quipe veut essayer autre chose que les foyers. &#171; &lt;i&gt; Ces grosses machines qui accueillent jusqu'&#224; 30-40 gamins me semblent invivables&lt;/i&gt; &#187;, avance Bouafia Hoiabe, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et coordinateur. S'il affirme que l'existence de petits foyers reste essentielle, il pense qu'il faut &#171; &lt;i&gt; inventer d'autres choses, d&#233;gag&#233;es de l'internat, pour faire du sur-mesure &lt;/i&gt; &#187;. Tous les jeunes suivis ont le num&#233;ro du t&#233;l&#233;phone portable professionnel de leur r&#233;f&#233;rent. &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes jamais submerg&#233;s&lt;/i&gt;, temp&#232;re Marion Marck. &lt;i&gt;Ils se r&#233;gulent mais leur permettre de parler avec une personne &#224; 23 heures &#233;vite de passer &#224; c&#244;t&#233; de choses importantes&lt;/i&gt; &#187;. Comment font-ils pour maintenir des cadres horaires ? Marion rigole : &#171; &lt;i&gt; On va dire que nous sommes tous garants les uns des autres &lt;/i&gt; &#187;. Cette souplesse permet &#171; &lt;i&gt;une grande libert&#233; d'intervention, d'aller &#224; la rencontre de jeunes aux horaires totalement d&#233;cal&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. &#192; une jeune fille qui dort jusqu'&#224; 16 heures, impossible de donner un rendez-vous &#224; 10 heures sous peine de ne jamais la voir. &#171; &lt;i&gt;Si je lui dis : &#034;on se voit &#224; 20 heures&#034;, je vais peut-&#234;tre la rencontrer&lt;/i&gt; &#187;. Engager la relation constitue d'abord un d&#233;fi. Les enfants qui leur sont orient&#233;s fuient. &#171; &lt;i&gt;Nous leur courrons apr&#232;s, ils nous envoient bouler, loupent des rendez-vous, mais nous continuons &#224; passer les voir, montrer que nous sommes pr&#233;sents et que le jour o&#249; ils seront vraiment dans la merde, ils pourront nous appeler &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe S&#233;bastien Castells. Il se souvient d'une jeune fille en garde &#224; vue depuis 24 heures apr&#232;s un acte grave. Elle appelle un vendredi soir. &#171; &lt;i&gt;J'y vais et je sais que ce contexte tr&#232;s difficile va ouvrir un espace extraordinaire o&#249; la rencontre va pouvoir s'op&#233;rer.&lt;/i&gt; &#187; L'accompagnement d&#233;marre souvent dans ces contextes de crise , quand le jeune a pu v&#233;rifier la promesse donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1639 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH253/capture_d_e_cran_2020-10-09_a_09.59.14-b6fd3.png?1693467490' width='500' height='253' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rester petit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette disponibilit&#233; est rendue possible par un positionnement intransigeant du directeur : ne jamais descendre au-dessous du ratio un &#233;ducateur pour trois jeunes suivis. Un confort rare en protection de l'enfance. Aujourd'hui, le Lieu accompagne 24 gar&#231;ons et filles. &#171; &lt;i&gt;Notre force, c'est notre taille humaine. Nous sommes une petite structure et il faut le rester &lt;/i&gt; &#187;, appuie Bouafia Hoiabe. Elle permet d'assumer le &#171; &lt;i&gt;cadre barbapapa&lt;/i&gt; &#187; invent&#233; par l'association. Bouafia Hoiabe explique ce &#171; concept &#187; pour rester mall&#233;able comme les Barbapapas : &#171; &lt;i&gt;Accompagner une personne &#224; son rythme, partir de l&#224; o&#249; elle est, construire un accompagnement singulier, adapter nos r&#232;gles selon les situations&lt;/i&gt;. Il pr&#233;vient : &lt;i&gt;nous posons des limites. Lorsque, par exemple, un jeune met le bazar dans son lieu d'h&#233;bergement, la r&#232;gle est rappel&#233;e mais il reste soutenu : &lt;/i&gt; &#034;&lt;i&gt;Nous allons passer toutes les semaines pour te filer un coup de main et que tu puisses vivre de mani&#232;re autonome&lt;/i&gt;&#034; &#187;. La recherche d'alternatives quand l'accompagnement devient trop difficile passe m&#234;me parfois par un s&#233;jour en centre &#233;ducatif ferm&#233;, &#171; si cela permet d'&#233;viter la prison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la clause de non-abandon que s'impose l'&#233;quipe a exclu le terme &#233;chec de son vocabulaire. Les allers retours nombreux dans le parcours de ces jeunes demandent une autre approche : &#171; &lt;i&gt;Si l'un d'eux se casse la figure, nous disons toujours que c'est une exp&#233;rience suppl&#233;mentaire, qu'il &#233;tait peut-&#234;tre trop t&#244;t pour tenter ce contrat d'apprentissage, qu'il faudra essayer d'autres choses&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Pas de contrat &#233;crit mais un pacte. &#192; leur arriv&#233;e, les jeunes sont trop &#233;loign&#233;s de toute insertion professionnelle ou m&#234;me d'un parcours de soins ; un contrat les exclurait d'entr&#233;e. En exergue du projet associatif, la phrase : &#171; &lt;i&gt;Tu n'as pas &#224; m&#233;riter notre accompagnement &lt;/i&gt; &#187;, indique ce positionnement affirm&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous incitons m&#234;me les jeunes &#224; nous utiliser &lt;/i&gt; &#187;, souligne S&#233;bastien Castells.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son travail pour reconstruire le lien, Le Lieu ne s'appuie pas uniquement sur son &#233;quipe, l'association mise sur une communaut&#233; &#171; d'adultes bienveillants &#187; et sur le partage d'exp&#233;riences notamment par le voyage, qui cr&#233;&#233; des souvenirs communs, et le th&#233;&#226;tre. S&#233;bastien Castells est aussi metteur en sc&#232;ne, form&#233; &#224; la technique du Th&#233;&#226;tre de l'Opprim&#233;. Il a adapt&#233; un texte d'Eve Ensler qu'il a mont&#233; avec neuf femmes venues d'horizons divers, des travailleuses sociales, des personnes int&#233;ress&#233;es par le th&#233;&#226;tre, des personnes accompagn&#233;es par Le Lieu ou d'autres structures. &#171; &lt;i&gt;Ce m&#233;lange fait la richesse de la troupe&lt;/i&gt; &#187;, pense-t-il. Il aime construire ces communaut&#233;s pour cr&#233;er des espaces de rencontre. Il qualifie les &#233;ducateurs de &#171; passeurs &#187;. Le Lieu cherche &#224; cr&#233;er ces rencontres en ouvrant ses portes &#224; une esth&#233;ticienne, une m&#233;diatrice animale, un boxeur. &#171; &lt;i&gt; Ce sont eux parfois qui tirent les gamins de la merde&lt;/i&gt; &#187;, assure-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
