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19 juillet 2016

Formation en travail social : les professionnels s’engagent

Ils ont créé l’inter-régionale des formateurs-trices en travail social. Début juillet, une cinquantaine de formateurs en travail social, venus de plusieurs régions de France, se sont retrouvés à l’Institut de géographie à Paris pour « reprendre la parole sur les sujets liés directement à leur pratique ». Ils ont le sentiment d’avoir été jusque là de « bons élèves ». Mais ils estiment aujourd’hui que la déconstruction de leurs formations va trop loin.

Le collectif dénonce la logique techniciste à l’œuvre dans la refonte annoncée des formations et des métiers du social, mettant en péril la question de l’accompagnement social et éducatif. La mise en place de nouvelles grilles de certification en cours d’année pour les diplômes d’éducateur technique spécialisé (DEETS) et d’éducateur spécialisé (DEES), sans concertation, sans réflexion collective et sans cohérence pédagogique en est à leurs yeux un exemple flagrant.

Mobilisation : une première le 8 septembre

Ces professionnels redoutent les logiques marchandes à l’œuvre dans le social et l’adaptation de la formation aux uniques besoins des employeurs. La remise en cause du stage long en immersion dans un même lieu montre le peu d’attention portée à la clinique et à la question du temps nécessaire pour entrer en relation. Enfin, l’inter-regionale défend la transmission d’une diversité des savoirs pour forger « une approche réflexive de la pratique » à l’heure où sont imposées de « bonnes pratiques » au détriment de la diversité des savoirs.

L’inter-régionale appelle à manifester contre la refonte des métiers du social à Paris et en province le 8 septembre, alors que se tiendra une nouvelle réunion de la Commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC).

Pour en savoir davantage sur l’inter-régionale et les mobilisations à venir, contact mail : formateurs.inter-ac@outlook.fr



18 juillet 2016

Marseille : des réfugiés au Palais

Devant le tribunal de grande instance de Marseille, les demandeurs d’asile s’étaient donné rendez-vous ce matin pour une conférence de presse. Leur objectif, dénoncer un État qui ne respecte pas ses propres lois : mi-juillet, vingt-six familles, soit une centaine de personnes dont des enfants en bas âge, des malades, des femmes enceintes, se trouvaient à la rue ou en fin de « dispositif hôtel ». Or la France est signataire d’accords internationaux l’obligeant à assurer le gîte, la nourriture et la santé. Le 13 juillet, des référés liberté ont donc été déposés au tribunal administratif. La Cimade, la Fondation Abbé Pierre, la FNARS et l’URIOPSS accompagnent cette démarche.

Réquisitions citoyennes

« À l’annonce de cette action, des familles ont obtenu le financement de six nuits à un mois de nuits d’hôtel supplémentaires, explique Jean Pierre Cavalié, délégué PACA de la Cimade. Cela reporte le problème sans le résoudre. Nous souhaitons le développement de places en CADA, la simplification des procédures afin que les familles puissent se rendre dans des villages de la région qui souhaitent les recevoir, et si besoin nous procéderons à des réquisitions citoyennes pour faire appliquer la loi ».

Au jour le jour

Depuis plusieurs semaines, l’hébergement des demandeurs d’asile sur le territoire des Bouches-du-Rhône est soumis à l’application de critères de « vulnérabilité » qui excluent un nombre important de ménages en demande d’asile. De plus, les familles bénéficiant d’un hébergement d’urgence à l’hôtel vivent dans l’incertitude permanente, car leur hébergement reste tributaire du déblocage de crédits sur lesquels aucune visibilité n’est possible.


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13 juillet 2016

Impact social : contrats en négociation

Les quatre premiers projets de contrat à impact social (CIS) ont été annoncés le 5 juillet par le ministère de l’économie. Répondant à un appel d’offres lancé le 15 mars, ces « social impacts bond » à la française ont été sélectionnés parmi huit dossiers. « Ils ne sont pas finalisés mais cette labellisation va les aider à boucler leurs négociations avec les partenaires déjà identifiés », précise Bercy.

Les premières associations à s’emparer de cet outil sont la Sauvegarde du Nord, l’Adie, Impact partenaires et Passeport avenir. Leurs projets visent des objectifs variés : réduire le placement des mineurs en difficultés, accompagner dans la création d’entreprises des personnes en situation de précarité en milieu rural, soutenir l’implantation de commerces franchisés dans les quartiers prioritaires, enfin, réduire le risque de décrochage scolaire de jeunes défavorisés, en milieu rural également.

La mise en oeuvre de ces programmes, qui font pour le moins débat parmi les professionnels de l’action sociale, sera sans aucun doute suivie de près...

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12 juillet 2016

Santé : parcours en pointillés pour les enfants de l’ASE

Une étude publiée en juin par le Défenseur des Droits dresse le tableau de « l’accès à la santé des enfants pris en charge au titre de la protection de l’enfance ».
L’enquête s’est intéressée aux relations interinstitutionnelles, aux rôles des acteurs de terrain, aux pratiques professionnelles et a recueilli l’avis des enfants pris en charge et de leurs parents.
Cette recherche vise à mettre en avant les points positifs, à souligner les imperfections ou manquements et à proposer des solutions. Mais elle pose également la question du sens du soin.

L’enquête s’est déroulée en deux phases : des envois de questionnaires, notamment aux CPAM et aux services de l’ASE pour le versant quantitatif ; et des entretiens auprès de cadres, de soignants, de travailleurs sociaux, d’enfants et de parents pour le versant qualitatif.
Il en ressort que si l’affiliation au régime de l’Assurance Maladie ne pose pas de problème et est plutôt facilitée au sein de la protection de l’enfance, l’accompagnement vers le soin laisse à désirer.

Du côté médical, la pénurie d’offre de soins dans certains territoires et les difficultés financières rencontrées par les jeunes patients demeurent un problème. Mais le principal frein reste la réticence - voire le refus ! - des professionnels de santé d’accueillir des bénéficiaires de la CMU ; et quand les enfants obtiennent d’être reçus en consultation, les spécificités liées à leur parcours avant et au sein de l’ASE ne sont pas prises en compte.

Du côté des travailleurs sociaux, la gêne de l’intime ou le manque de connaissances médicales des éducateurs non formés à ces questions ne facilitent pas la tâche. Les assistants familiaux, eux, ont un certain poids dans la prise en charge sanitaire des enfants qu’ils peuvent davantage accompagner au quotidien.

L’étude souligne que les enfants, de manière générale, ne s’enferment pas dans le refus du soin. En revanche, à leur majorité, ils se sentent perdus car peu préparés à devoir faire face aux différentes questions sanitaires qui les concernent. De même, lors d’une fin de prise en charge par l’ASE, le relais vers les parents n’est pas toujours opérationnel. Et selon l’implication des familles, variable en fonction des situations, l’enfant se retrouve souvent sans protection de santé.

Les résultats de l’enquête et les pistes de réflexion qui ont pu être dégagées seront développés à l’occasion d’un séminaire organisé par l’Observatoire National de la Protection de l’Enfance et le Fonds CMU qui aura lieu le 3 novembre prochain.

Rapport complet et synthèse à lire ici.

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11 juillet 2016

Contention en psychiatrie : une recherche « inédite »

L’isolement et la contention physique ont le vent en poupe dans de nombreux hôpitaux psychiatriques. En mars, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, avait publié un rapport dénonçant des « violations graves des droits fondamentaux des patients » hospitalisés au Centre psychothérapeutique de l’Ain.

En mai, un rapport plus général avait montré la recrudescence de ces pratiques « depuis une vingtaine d’années ». Alors que la loi de modernisation du système de santé de janvier 2016 impose désormais un recensement des us et coutumes de chaque établissement en la matière, la Fédération de recherche en psychiatrie et en santé mentale d’Occitanie (FERREPSY) lancera le 15 septembre un programme de recherche. « Peu abordée dans la littérature scientifique », la contention physique n’a pourtant « pas de démonstration d’efficacité clinique et un vécu essentiellement négatif pour les patients » estiment les psychiatres de la fédération.
Visant à décrire le contexte d’utilisation de ces méthodes et fournir les premières données françaises sur le sujet, cette étude prospective sera menée dans treize établissements membres de Ferrepsy.

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9 juillet 2016

États généraux du travail social (suite)

"Personnalité reconnue pour ses connaissances et son expérience dans les domaines de compétence du conseil" selon les termes du décret qui vient d’être publié, Brigitte Bourguignon vient d’être nommée à la tête du Haut conseil en travail social pour une durée de trois ans.
Cette nouvelle instance, dotée de plus vastes compétences, vient remplacer le Conseil supérieur du travail social. La députée socialiste sera épaulée par 58 membres, parmi lesquels des représentants des organismes à vocation sociale, des pouvoirs publics, des professionnels, syndicalistes et usagers.
Ils devront élaborer des avis et recommandations à destination du ministère des Affaires sociales en matière notamment d’évolution des métiers de l’action sociale et pourront être consulté par le Premier ministre. La création de ce Haut Conseil est l’une des suites très attendues des États généraux du travail social qui se sont tenus fin 2015.

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8 juillet 2016

20 ans de Résistances

Le 7e art contre le prêt-à-penser, c’est ce que propose pendant 9 jours le festival Résistances à Foix, au pied des Pyrénées. Cet événement majeur de la contre-culture cinématographique célèbre cette année sa vingtième édition. Le collectif Regard Nomade a sélectionné une centaine de films et documentaires rares autour de quatre thèmes :

  • Une éducation joyeuse
  • Étrangers à domicile
  • Voyage entre désirs et désastres
  • Parole sous presse
  • Zoom géographique sur la Grèce.

Avec des avant-premières, un programme « spécial jeunes », des invités, des concerts, des expos et des débats, ce festival a pour objectif de promouvoir un cinéma rarement diffusé sur les écrans, de créer un salutaire étonnement et de faire connaître d’autres regards. L’événement se veut conscient des urgences politiques, écologiques, sociales, culturelles. Mais l’enjeu est également convivial : inspirer une énergie collective porteuse du plaisir de construire et partager.

Programme complet ici


7 juillet 2016

Nouvelle atteinte au secret professionnel

Faire du personnel médical, social et éducatif, une plateforme de renseignements grâce à une adaptation du secret professionnel, après les lois santé, renseignement, droits des étrangers, la tendance se confirme : une trentaine de députés LR proposent une nouvelle dérogation afin que des personnes en voie de radicalisation ou radicalisées soient signalées au préfet.

Il suffirait pour cela de s’appuyer sur un « faisceau d’indices ». Tiens, tiens… En levant à nouveau le devoir de confidentialité, ce projet de loi touche à l’essence du travail social. « Sa particularité est d’intervenir auprès de personnes pouvant être perçues comme problématique voire dangereuses par la société, souligne l’assistant social Antoine Guillet sur le blog secret pro. À partir de là, la question qui se pose au professionnel est “où est ma limite d’intervention ?" . C’est cette compétence qu’il faut développer : la gestion du risque et la capacité à différer notre jugement pour analyser une situation donnée, malgré l’émotion qu’elle suscite. » Si cette proposition de loi a peu de chance de passer, elle met en lumière une évolution lente mais continue qui tend à faire du secret professionnel l’exception et non plus la règle.

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6 juillet 2016

La FNARS devient la FAS

Pour ses 60 ans, et dans le souci de s’adapter aux réalités sociales, politiques et économiques actuelles, la FNARS a adopté un nouveau nom et redéfini son projet fédéral lors de son Assemblée Générale le 17 Juin à Paris.
Ainsi, la Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale deviendra en Janvier 2017 la Fédération des Acteurs de la Solidarité et entend par là réaffirmer son identité.
Ce nouveau projet de vie de la Fédération a été voté à l’unanimité par ses 850 adhérents venus d’horizons bien différents mais pour qui se rassemblent autour d’une vocation claire : « lutter contre l’exclusion et la stigmatisation en développant l’accès aux droits et la citoyenneté. »
Avec ce nouveau nom, la solidarité est mise au cœur du projet associatif et la Fédération se veut davantage ouverte et proche de la société civile. Quant au nouveau projet fédéral adopté pour la période 2016-2021, il est centré sur la citoyenneté et le militantisme. La participation des personnes accompagnées et le développement du pouvoir d’agir restent un point fort de l’action.
À cette occasion enfin, le Président de la FNARS Louis Gallois a été reconduit à son poste, qu’il occupe depuis 2012).



5 juillet 2016

Jeunes majeurs : la Moselle et l’Europe

C’était où, déjà, les dernières assises de la protection de l’enfance ?
En Moselle, où les grandes vacances risquent de virer au cauchemar pour les jeunes majeurs isolés. « Sans décision écrite, le département a reçu plusieurs jeunes de 18 ans pour leur signifier l’arrêt des contrats jeunes majeurs à compter du 5 juillet, affirme Eric Florindi, secrétaire départemental de Sud santé sociaux. Ensuite il négocie avec le 115 au cas par cas pour qu’ils aient au moins un hébergement ».

Une gestion à la petite semaine dans un département où, plus globalement, « les contrats jeunes majeurs sont menacés pour tous les enfants sortant de l’ASE depuis plusieurs années » poursuit le syndicaliste. Une soixantaine de jeunes risquent ainsi de se retrouver sur le carreau, faute de pouvoir se payer un hébergement. « Tout l’investissement, non seulement financier mais surtout humain et éducatif prodigué à ces jeunes arrivés depuis des mois, risque d’être anéanti » décrit Eric Florindi.

Face au désengagement de nombreux départements envers les jeunes majeurs, le CNAEMO et Eurocef, Comité européen d’action spécialisée pour l’enfant et sa famille dans leur cadre de vie, avaient lancé un appel à témoignages en décembre 2015. Ils déposeront une réclamation collective auprès du Comité européen des droits sociaux début 2017.