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21 mai 2012

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Publication n° 739 du 3 février 2005

Thèmes : Parentalité.

Le syndrome d’aliénation parentale

Dans les trois quarts des cas, les parents séparés maintiennent, chacun de leur côté, une bonne relation avec les enfants qu’ils ont eu ensemble. Pour une petite partie, donc, cela se passe mal, voire très mal. Un concept apporte depuis une vingtaine d’années un éclairage sur ces situations conflictuelles : un parent aliénant dévalorise l’autre parent qui devient aliéné. L’enfant devient l’otage de ce conflit. Ce phénomène est appelé par ceux qui l’ont identifié le Syndrome d’aliénation parentale. Une théorie toutefois controversée et qui alimente une polémique. Explications

François est un adolescent de 15 ans. Cela fait trois années de suite qu’il ne peut terminer son année, sans être rejeté par les enseignants ou exclu de l’établissement. C’est que dans ses relations avec les adultes, il peut se montrer tout autant fin et sensible, qu’insultant et méprisant. Cette violence qui le taraude a certainement à voir avec son vécu familial. François aime un père et une mère qui, après 18 années de vie commune, se sont séparés dans la haine et le conflit. Les propos que chacun tient à l’égard de l’autre, en présence de l’enfant, sont empreints d’une brutalité et d’une exaltation vindicative toujours impressionnantes pour qui la découvre la première fois. François doit en être sûr au tréfonds de lui : il doit choisir un camp. Mais il n’y arrive pas. Alors, devant sa mère, il parle de son père en des termes particulièrement agressifs et grossiers (affichant ainsi sa loyauté envers elle). Mais il peut tout autant se retourner contre sa mère qu’il insulte et traite plus bas que terre (affichant ainsi sa loyauté envers son père). Aux adultes qui passent à sa portée, dans les périodes où l’angoisse l’étreint, il adresse ses bouffées de violence. Les travailleurs sociaux connaissent bien ces situations où l’enfant est partagé entre ses parents qu’il aimerait pouvoir aimer tous les deux, sans se sentir coupable d’en trahir un. Cela ne se passe pas uniquement dans des séparations conflictuelles du couple parental. Cela peut tout aussi bien surgir dans des familles encore unies où l’un des parents développe une relation captative, fusionnelle ou exclusive avec l’enfant. Mais cela peut aussi survenir en placement familial, quand l’enfant se sent partagé entre sa famille naturelle et sa famille d’accueil. Cette réalité est source de beaucoup de souffrance chez l’enfant et peut contribuer à construire chez lui une personnalité perturbée, dont les effets sont visibles dans le présent mais pourront perdurer longtemps. Confrontés à cette problématique, les professionnels ne disposèrent pas pendant longtemps de modèle théorique leur permettant de réfléchir à l’émergence, à l’évolution et aux conséquences de ce mécanisme. C’est en 1985, qu’un psychiatre nord-américain, Richard Gardner, crée le concept de Syndrome d’aliénation parentale 1 . Depuis son émergence, cette théorie a fait couler beaucoup d’encre. Hubert Van Gijseghem était à Paris le 21 octobre 2004, invité par la Revue juridique d’action sociale pour la présenter lors d’un colloque.

Qu’est-ce que l’aliénation parentale ?

L’orateur n’a cessé, tout au long de son intervention, de multiplier les précautions, conscient du risque de déformation ou de manipulation que ses propos pouvaient occasionner. Il a commencé par écarter ce qui ne relevait pas de l’aliénation parentale. Un enfant qui nourrit un ressentiment à l’encontre d’un parent en raison de la cruauté, du délaissement ou du comportement délictueux ou criminel que celui-ci a déployé à son égard n’a pas une attitude particulièrement déviante, sa rancune pouvant alors s’avérer tout à fait justifiée. On ne commence à évoquer chez lui une aliénation inappropriée qu’à partir du moment où il y a rejet de façon manifestement injustifiée et déraisonnable d’un parent, alors même que celui-ci manifeste objectivement un potentiel de compétence et d’attachement adéquat. Hubert Van Gijseghem s’est ensuite attaché à relativiser ce fonctionnement qu’on pourrait avoir tendance à considérer comme fréquent dans les situations de séparations parentales. À partir d’une étude qu’il a réalisée au Québec, portant sur 300 dossiers judiciaires de rupture du lien conjugal où se trouvaient impliqués des enfants âgés de 0 à 12 ans, il a pu établir que, dans 82,5 % des cas (issus donc de cet échantillon particulier), il y avait entente entre les parents. Sur les 17,5 % qui justifièrent alors d’un arbitrage par le juge, seuls 6,5 % des couples séparés continuèrent à bloquer en bout de procédure, dans leur démarche pour harmoniser la prise en charge des enfants. L’immense majorité des adultes s’accordent donc bien après leur séparation, quant aux modalités relationnelles avec leurs enfants. Il n’en reste pas moins que même s’ils sont minoritaires, pour un certain nombre d’enfants, l’éloignement d’avec l’un de ses parents est le produit d’un mécanisme d’aliénation pathologique dont les modalités ont pu être étudiées.
Pour Richard Gardner, ce mécanisme prend la forme d’un dénigrement dont l’origine est à rechercher tant du côté d’un lavage de cerveau plus ou moins subtil opéré par l’autre parent que du côté des contributions personnelles de l’enfant lui-même. Cette définition a très vite trouvé ses limites du fait de son manque de rigueur scientifique : elle mélangeait l’identification à la fois du trouble et de ses causes. Deux autres chercheurs ont alors proposé une approche plus respectueuse des règles en vigueur. C’est d’abord J.B. Kelly qui focalisa la difficulté sur l’enfant qui exprime librement et de façon persistante des sentiments et des croyances déraisonnables (rage, haine, rejet, crainte…) envers un parent, qui sont significativement disproportionnées par rapport à l’expérience qu’il a vécue auprès de celui-ci. C’est ensuite Douglas Darnall qui se tourne plutôt vers le parent accusé de présenter toute une constellation de comportements dont il peut résulter des perturbations dans la relation entre son enfant et l’autre parent. Que le trouble soit défini comme provenant d’abord du parent ou d’abord de l’enfant, il n’en reste pas moins qu’il y a trouble. Identifier des comportements relevant de la dysparentalité n’est pas chose nouvelle. Les professionnels de la protection de l’enfance sont confrontés en permanence à de tels dysfonctionnements. Mais l’élaboration scientifique de pathologies clairement identifiées est encore bien controversée. Sauf peut-être, en ce qui concerne le syndrome de Munchausen par procuration que l’on pense être à l’origine d’un certain nombre de morts subites du nourrisson. Dans ce cas de figure, la mère fabrique ou exagère des problèmes mentaux ou physiques de son enfant, dans le but d’obtenir une attention et un intérêt, qu’elle pense ne pas pouvoir obtenir par un autre moyen. De fait, médecins et spécialistes mais aussi l’entourage vont l’investir autour de la question de l’état de santé de son enfant. Pour ce qui concerne le concept d’aliénation parentale, son émergence très récente ne constitue pas un hasard.

Pourquoi aujourd’hui ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les litiges en matière de garde d’enfant sont en très nette augmentation. À cela, plusieurs raisons. La première d’entre elles est à rechercher du côté de l’explosion du nombre des divorces. Limités à 10 % en 1950, ils ont atteint en Amérique du Nord le taux de 50 %. Puis, vient le contrecoup des progrès obtenus en matière d’égalité homme femme. Ce qui fut longtemps considéré comme la chasse gardée des mères, a commencé à être revendiqué par les pères. La philosophie de « l’âge tendre » qui s’appuyait sur l’idée dominante que tant qu’il était petit, l’enfant avait surtout besoin d’une présence maternelle, a volé en éclat. On s’est mis à parler de figure maternante et à se rendre compte que les papas pouvaient être d’aussi bonnes mamans que les mamans elles-mêmes ! La revendication des hommes à vouloir réinvestir leur rôle parental a coïncidé avec celle des femmes exigeant leur place sur le marché du travail et refusant de se laisser résumer à la seule fonction maternelle. Un nouveau paradigme s’est alors imposé celui de « l’intérêt de l’enfant », les instances judiciaires étant tentées, en cas de séparation parentale, à accorder le droit de garde au (seul) parent le plus compétent. Répercussion de cette nouvelle égalité des deux parents face à l’éducation potentielle de leur enfant, est apparue le concept de « garde partagée ». L’idée novatrice de cette nouvelle pratique, ce fut l’obligation faite aux deux parents d’avoir à communiquer et à coopérer au regard de leurs responsabilités parentales. La majorité des couples parentaux réussissant à se séparer sans trop de dégâts, ils purent s’entendre avec plus ou moins de bonheur. Mais, il était difficile d’imaginer que ceux qui vivaient de graves différents allaient pouvoir les dépasser, une telle attente supposant qu’ils étaient en capacité d’agir de façon rationnelle à ce moment de leur vie. Conséquence de toutes ces évolutions : les pères qui, pendant longtemps, se contentaient d’un week-end sur deux quand ils ne prenaient pas une distance dramatique avec leur progéniture, furent de plus en plus nombreux à se poser en concurrents sérieux des mères quant à l’éducation au quotidien de leurs enfants, l’enfant étant finalement placé entre le marteau et l’enclume, terrain fortement miné pour lui et favorable à un processus d’aliénation.

Les sources de l’aliénation

Dans la plupart des cas, l’aliénation est la combinaison d’un ensemble de facteurs dont on peut identifier les trois principaux : l’enfant, le parent aliénant et le système judiciaire. L’enfant tout d’abord donc. Il peut être étonnant de le placer ainsi en situation d’acteur et pas seulement de victime passive. Cela s’explique très bien. Car il peut se montrer très ébranlé par la séparation. La seule façon qu’il a alors de résoudre le conflit de loyauté auquel il est confronté et de se libérer de l’angoisse qui l’envahit face à un choix impossible est d’opérer un clivage entre le bon et le mauvais parent. Il peut aussi se solidariser avec une mère (ou un père) en grande souffrance avec qui il vit, et chercher à l’alimenter narcissiquement, en lui assurant que c’est bien elle (ou lui) qui a sa préférence. Il peut, enfin, dans un désir magique de réunification attiser le conflit entre ses deux parents, en imaginant qu’à défaut de les réunir dans l’amour, il peut les contraindre à se parler, même si c’est au travers des disputes. Le profil de l’enfant qui agit ainsi renvoie à certaines caractéristiques : fort degré de suggestibilité, attachement maternel fusionnel, préférence ancrée depuis longtemps pour un parent, problèmes de comportement antérieurs etc. Second facteur favorisant le processus d’aliénation, le comportement du parent aliénant. Même si l’on ne peut écarter des manœuvres perverses ou malveillantes de sa part, la plupart du temps, son comportement est lié à sa propre inquiétude et à la culpabilité dont il ne peut se débarrasser qu’en projetant tous les torts sur son ex-conjoint. Cela intervient notamment quand l’enfant exprime à sa façon sa souffrance : si celui-ci va mal, ce n’est pas inhérent à la séparation, mais sans aucun doute, à cause de l’ex-conjoint qui devient le seul responsable de ce mal-être. Et puis, se manifeste là comme ailleurs l’effet Pygmalion identifié par Rosenthal : la force exercée par la croyance en la réalisation d’une prédiction va influer sur sa réalisation. Dit autrement, on trouve toujours ce qu’on veut trouver, ne serait-ce qu’en se focalisant sur les détails qui viennent confirmer ce qu’on recherche et en évacuant les indices qui l’infirment. À force de vouloir trouver dans les comportements de son ex-conjoint des dimensions nuisibles à l’enfant, on les trouvera inévitablement, surtout quand l’enfant est scruté et interrogé à son retour de visite et qu’on se fixe d’une manière disproportionnée sur des détails qu’on ne remarquait guère auparavant. Le troisième facteur évoqué par Hubert Van Gijseghem est très spécifique à l’Amérique du Nord. Il concerne la dimension très procédurale d’une société qui comporte un avocat pour 275 habitants (contre un pour 1600 en Europe et un pour 7500 au Japon), la prolongation déraisonnable des procédures constituant aussi un gagne-pain pour les professionnels.

Le processus d’aliénation

Il existe de multiples attitudes qui permettent de décrédibiliser l’autre parent. Hubert Van Gijseghem en a fait un inventaire à la Prévert qui est loin d’être exhaustif : l’étiqueter péjorativement (« l’imbécile », « la sorcière »…), insister sur ses seuls traits négatifs ou mettre en évidence ses failles, juger de ses comportements en les tirant de leur contexte, amplifier ses comportements (il boit une bière = « c’est un alcoolique »), minimiser ou dénier son implication dans des moments de bonheur passés, encourager l’enfant à l’exploiter, c’est-à-dire à exiger de sa part de l’argent, des objets de valeur, soutenir l’enfant lorsque celui-ci se plaint de lui, téléphoner à l’enfant quand celui-ci est en visite chez lui et le culpabiliser (« comme tu me manques ! »), organiser un événement (fête avec les camarades, journée dans un parc d’attraction,…) qui se déroule sur le temps de visite de l’autre parent. Mais aussi : refuser de passer les communications téléphoniques, intercepter le courrier et les paquets envoyés aux enfants, présenter le nouveau conjoint aux enfants comme leur nouvelle mère ou leur nouveau père, parler d’une manière désobligeante du nouveau conjoint de l’autre parent, refuser d’informer l’autre parent au sujet des activités dans lesquelles les enfants sont impliqués (rencontres sportives, représentations théâtrales, activités scolaires,…), empêcher l’autre parent d’avoir accès aux dossiers scolaire et/ou médical des enfants, « oublier » de prévenir l’autre parent des rendez-vous importants (dentiste, médecin, psychologue,…), raconter aux enfants que les vêtements que l’autre parent leur a achetés sont laids et leur interdire de les porter, reprocher à l’autre parent la mauvaise conduite des enfants, menacer de punir les enfants s’ils appellent, écrivent ou essayent de contacter l’autre parent de n’importe quelle façon. Qu’elles soient évidentes ou subtiles, ces attitudes minent la place de l’autre parent au point de le rendre haïssable. Mais, elles plongent aussi et surtout l’enfant dans une souffrance extrême, avec au moins deux conséquences dommageables. L’obligation tout d’abord d’avoir à cliver le couple parental en reniant l’une de ses racines, avec à la clé un risque de problème d’identité. Une abolition ensuite, de la différence intergénérationnelle : l’enfant étant mêlé à une dispute d’adultes et étant finalement placé en position arbitrale, il peut y avoir une prise de pouvoir de sa part sur ses deux parents.

Comment en sortir ?

Entre ne rien faire et ordonner une mesure extrême de justice aboutissant à un changement de résidence pour l’enfant, avec suspension provisoire des contacts avec le parent aliénant, il y a toute une palette de remèdes disponibles. Hubert Van Gijseghem réaffirme le rôle incontournable de la médiation familiale qui tente de situer d’emblée les relations des ex-conjoints sur le terrain de la négociation. Pourrait lui être adjointe une prévention spécifique en direction des enfants, visant à renforcer chez eux le sentiment d’avoir droit à leurs deux parents. Il est par ailleurs essentiel que la justice joue son rôle, en rappelant la loi et en imposant l’application du droit de visite. On évoque facilement en la matière l’écoute et le respect de la parole de l’enfant. Mais, si le parent aliéné est compétent, sa fréquentation fait partie de sa condition d’enfant, au même titre que l’école ou le médecin pour lesquels on ne demande guère son avis et on ne s’intéresse pas beaucoup plus à son désir. L’expérience montre d’ailleurs que ses réticences affichées étant souvent une manœuvre de loyauté à l’égard du parent gardien, l’enfant retrouve plus ou moins rapidement une relation affectueuse quand il se retrouve auprès de l’autre parent. Celui qu’il faut chercher à faire changer, c’est bien l’enfant. Une thérapie peut à cet effet être aidante. Mais elle ne peut avoir quelque chance de succès qu’à condition de mettre un terme à la pression permanente du parent aliénant. Dans des cas extrêmement graves, le retrait de l’enfant et son accueil en un lieu neutre comme une famille d’accueil ou l’attribution de la résidence chez l’autre parent peut constituer une solution. Du côté du parent aliénant, Hubert Van Gijseghem se montre bien pessimiste : engagé dans un processus irrationnel, aucune argumentation ne viendra le convaincre. Il est dans la même situation que le membre d’une secte qu’il est très difficile d’extirper de ses convictions fanatiques, intolérantes et doctrinaires. Seule l’application de la loi peut tenter de lui imposer sinon raison, du moins la décision de justice. Du côté du parent aliéné, toute une série de comportements sont préconisés : composer avec le sentiment réel de l’enfant, en refusant d’argumenter et de répondre à ses attaques, contourner les difficultés, ne pas lui dire qu’il a été manipulé, ne jamais lui dire qu’il a tort, recentrer les relations sur le positif, ne pas rester passif, ni se résigner, jamais dénigrer l’autre parent.

Portées et limites du concept

Comme il se doit, pour toute démarche qui se veut scientifique, la théorie de Gardner a été soumise à la critique. C’est d’abord sa terminologie moralisante et victimisante qui a été fustigée. Très attrayante aux yeux des parents et des spécialistes en quête d’explications simples, elle a le tort de ne pas rendre compte de toute la complexité des situations et des nuances qui les caractérisent. Ainsi, en va-t-il notamment du clivage bon parent/mauvais parent qui semble se construire en miroir avec le mécanisme d’aliénation lui-même. Tout se passe comme si à la diabolisation de l’autre parent par le parent aliénant, cette théorie répondait par la diabolisation unilatérale du parent aliénant. On notera, en effet, qu’il est peu question des attitudes parfois dysfonctionnelles du parent aliéné. Hubert Van Gijseghem a commencé par expliquer qu’il existait des situations où des comportements graves de l’un des parents justifiaient pleinement la prise de distance de l’enfant (lire interview). Mais il y a aussi des comportements plus anodins qui peuvent alimenter un éloignement : un parent manifestant une faible affection, une moindre chaleur, une empathie déficiente, se montrant moins apte à communiquer ou à prendre en compte les besoins de son enfant peut aussi contribuer, à son corps défendant, à alimenter le mécanisme d’aliénation. Autres critiques, l’utilisation par les avocats et les tribunaux de cette théorie pour cacher les dysfonctionnements effectifs de certains parents. Affirmer qu’un parent peut opérer un véritable « lavage de cerveau » de son enfant constitue un argument de poids, quand il s’agit de contrer les témoignages portant sur des attitudes inadéquates, voire des maltraitances… Il s’agit donc de manipuler avec précaution et prudence cette méthodologie, les expertises étant là pour garantir l’examen attentif de chaque situation. Mais, depuis Outreau, le doute a envahi les cours de justice sur le sérieux et l’objectivité de ces garanties…
Les travaux réalisés sur le divorce et son impact sur l’enfant ont démontré qu’en la matière, ce qui comptait le plus n’était pas tant la quantité des contacts et leurs modalités, que leur qualité et le style parental déployé à cette occasion. Pour autant, trois facteurs semblent essentiels à la préservation de l’équilibre de l’enfant postérieur à la séparation : l’aggravation ou la régulation du conflit parental, les compétences effectives de chacun des deux parents et la création d’une relation positive entre l’enfant de chacun d’entre eux avec l’enfant. Le concept d’aliénation parentale critiqué, voire honni par les uns, défendu et affiné par les autres, apparaît au final tout à fait fécond pour mieux comprendre ce qui se passe dans certaines familles et construire des stratégies d’intervention pour les professionnels.

Jacques Trémintin

1Richard Gardner a identifié huit manifestations symptomatiques chez l’enfant victime d’aliénation parentale :
1 Campagne de dénigrement (diffamation) : l’enfant médit continuellement l’autre parent, dit le haïr et ne plus vouloir le voir.
2 Rationalisations faibles, frivoles, et absurdes : l’enfant donne des prétextes futiles, peu crédibles, ou absurdes pour justifier sa dépréciation du parent aliéné. « Il fait du bruit en mangeant », « Il m’oblige à sortir les poubelles », « Il n’y a jamais de lait pour mes céréales ».
3 Absence d’ambivalence : un parent est adoré par l’enfant, l’autre haï. L’enfant est absolument sûr de lui et sans équivoque. Interrogé, il n’a aucun souvenir d’interaction positive avec le parent aliéné.
4 Phénomène du penseur indépendant (ou du penseur libre). L’enfant aliéné ne reconnaît jamais qu’il a été l’objet d’une influence. « C’est ma décision de ne plus aller chez papa ». Le parent aliénant : « Je veux bien qu’il aille chez son père mais c’est lui qui ne veut pas. Et je vais me battre jusqu’au bout pour que mon enfant soit respecté ».
5 Soutien au parent aliénant : l’enfant prend la défense du parent aliénant dans le conflit, se perçoit comme un soutien au parent gardien, qui serait « persécuté » par le parent aliéné.
6 Absence de culpabilité : l’enfant n’éprouve aucune culpabilité par rapport à la mise à mort du parent aliéné.
7 Présence de scénarios empruntés : l’enfant relate des faits qu’il a manifestement entendu raconter. Il emploie un langage d’adulte emprunté au parent aliénant. À six ans, il dira : « Il a demandé la baisse de la pension alimentaire » ; « Elle m’importune tout le temps » ; ou « Elle viole ma vie privée ».
8 Animosité étendue à l’ensemble du monde du parent aliéné : l’enfant généralise son animosité à l’ensemble du monde du parent aliéné : grands-parents, oncles, cousins, amis,…, mais aussi pays, religion, culture… L’étendue de l’animosité peut même concerner un animal domestique autrefois affectivement investi par l’enfant.

Richard Gardner propose trois niveaux de gravité à cette aliénation parentale :

Un niveau léger : peu des huit symptômes (chez l’enfant) sont présents. Les visites et transitions se passent sans trop de difficultés.
Un niveau modéré : le niveau modéré représente la majorité des cas de d’aliénation parentale. Généralement, les huit symptômes sont présents chez l’enfant, des problèmes se produisant lors des transferts, mais après un certain temps l’enfant retrouve son calme.
Un niveau sévère : à ce stade l’enfant aliéné et le parent aliénant sont fanatiques et liés dans une relation de folie à deux dans laquelle ils partagent des fantaisies paranoïdes à propos du parent aliéné. Les huit symptômes sont également présents chez l’enfant mais avec davantage d’intensité. Les visites sont rendues impossibles par le comportement de l’enfant (peur morbide, provocation, destruction). Le parent aliénant fonctionne sur un mode paranoïde qui, soit se concentre sur le parent aliéné seul, soit constitue son mode de pensée.

> Contribution des lecteurs

Une belle mère qui ne sait plus comment agir, le 7 mai 2012 a écrit :
Le syndrome d’aliénation parentale

Bonjour à toutes et à tous,

Notre histoire n’est pas simple et je vais essayer de la résumer en quelques lignes.
Je suis avec mon compagnon depuis 4 ans. Il est en instance de divorce depuis plus de 7 ans.
Au départ de la procédure, mon compagnon avait la garde alternée, mais étant donné que ça ne se passait pas bien car après enquête social et profil psychologique avec psy (sur ordonnance du juge) le juge à donner la garde de ses 2 enfants à mon compagnon en mettant sa femme en garde qu’elle risquait de ne plus voir ses enfants sauf dans un lieu médiatisé, si elle continue a pratiquer l ?aliénation parentale sur les enfants. Elle a fait appel de la décision du juge, et depuis 3 ans elle ne fait que établir de fausses attestations de gens qu’on connait pas, de faux rapports, de fausses factures etc... afin que mon compagnon continue à lui payer une pension alimentaire.
En apprenant la nouvelle de la garde, sa jeune fille a publier sur un réseau social " toi mon père, sale fils de pute, batard, connard, tu n’es bon qu’à une seule chose, enfourner la putasse de nana." (moi). Elle a fugué et a refusé de partir de chez sa mère. Après plusieurs semaines de bataille avec la police (qui a chaque plainte le prend pour le méchant et refuse de l’aider), il a récupérer sa fille. Et là, les gros soucis ont commencé.
Vols, insultes, etc... Sa fille nous volait de l’argent, des papiers qu’elle donnait à sa mère le week end, (fiche de salaires, facture, etc) elle est même allé jusqu’à accuser son père d’attouchement sexuel. Mon compagnon s’est effondré en apprenant cela, alors que malgré tout ce que fait sa fille, il ne la punissait pas (chose qui me mettait hors de moi). Elle a chercher les limites et les a dépassé.
Elle trouait mes vêtements avec couteau, de la javel dessus, volait mes produits de maquillage, bijoux et autres.
Il faut savoir aussi que la maman de cette jeune fille lui promettait un nouveau portable ou une mallette de maquillage, ou une nouvelle garde robe si elle faisait ce genre de chose pour elle.
Elle a fait une fugue et refuse de rentrer depuis et reste chez sa mère.
Un jour pour son anniversaire (la mère), elle a demandé en cadeau à ses enfants de tout faire pour m’éjecter de la vie de leur père.
La femme de mon compagnon à tenté de le renverser en voiture, il a porté plainte (une fois de plus), mais classé sans suite.
Cette femme m’a agressé physiquement et m’a frappé en cassant le caméscope avec lequel je filmait l’agression (classé sans suite car je n’avait pas a filmer sans son accord.
La justice n’est pas pour les hommes. Je vous passe le nombre d’agressions et de plaintes faites qui restent sans suite car c’est une femme de plus malade avec des tocs.
Elle a été reconnu mentalement déséquilibré et malgré cela la justice ne nous aide pas.
Le souci que nous avons actuellement : Ils ont un second enfant dont mon compagnon a la garde. C’est un gentil petit garçon de 11 ans qui pour faire plaisir à sa mère, reproduit ce que sa s ?ur faisait. Il prend des choses pour les ramener à sa mère, et raconte tout ce qui se passe chez nous.
Avec mon compagnon avons décider d’acheter une maison malgré que le divorce ne soit pas fini car après plus de 7 ans de procédure, nous avons besoin d’avancer.
Depuis que sa femme a apprit que nous allions déménager, et bien le petit lui rend compte de tous nos faits et gestes les week-end quand il est chez elle. Il revient a chaque fois dans des états pas possible en pleurs. Il dit "ne pas savoir pourquoi il lui raconte tout. Qu’il en a marre de ce divorce et qu’il faut que ça finisse. Que sa maman arrêtera peut être de lui demander ça dans ses délires"
Comment gérer cela ? comment vivre normalement ? chaque fois que le téléphone sonne on a peur (insultes, menaces etc...) Sa femme vient à l’école pour voir son fils alors qu’elle n’a pas le droit, elle vient juste lui rappeler comment il doit se comporter pour nous faire craquer. Mais lui n’ose pas la contre-dire.
En attendant, je n’en peux plus, je me sens comme violé dans mon intimité, tout ce que je fais ou dit est répété à sa femme afin de récupérer des informations pour retirer la garde au père.
Les enfants sont suivi par une AED mais malgré les mises en garde de l’assistante sociale vis-à-vis de la mère, rien de bouge et la justice la laisse détruire ses enfants ainsi que toute une famille, car j’ai moi aussi deux enfants qui subissent ça tout le temps.
Que faire ?
Si quelqu’un est dans une situation similaire et à trouver la faille, merci de nous aider.

Cordialement


Gisèle , le 23 mars 2012 a écrit :
Le syndrome d’aliénation parentale

Le livre « Divorce, séparation : les enfants sont-ils protégés ? » édité par Dunod, écrit sous la direction de Jacqueline Phélip et Maurice Berger, préfacé par le professeur Bernard Golse se trouve, depuis le 21 mars 2012, dans les librairies.
Cependant de nombreux professionnels et universitaires l’ont déjà commandé.
Dans cet ouvrage deux thèmes essentiels sont abordés :

La résidence alternée et le « syndrome d’aliénation parentale »
Alors que le conflit parental est souvent désigné comme seul responsable de l’échec des résidences alternées, le docteur E. Izard pédopsychiatres, fait part d’une étude faite sur une cohorte d’enfants de 3 à 17 ans, en résidence alternée organisée de façon consensuelle par les parents et sans conflit.
Cette étude montre toute une symptomatologie chez les enfants qui affecte leur fonctionnement psychique, qui va du gel des émotions à un syndrome post traumatique en passant par le syndrome de « l’enfant parfait »

En ce qui concerne le syndrome d’aliénation parentale, Jacqueline Phélip, avec l’aide de chercheurs connus internationalement en tant que références comme spécialistes des conséquences du divorce sur les enfants, et qui sont tous directeurs ou membres d’un programme de recherche sur l’aliénation parentale, fait le point sur l’état actuel de la recherche qui n’en est en réalité qu’à ses débuts.
Elle dénonce la propagande dangereuse qui est faite de ce concept en Europe et particulièrement en France, et qui génère un nombre croissant d’abus de diagnostic au sein des tribunaux.
Le docteur Caroline Eliacheff, pédopsychiatre a parlé de cet ouvrage, en le vantant, dans une émission de France culture et en a fait une tribune dans le Huffingtonpost


Maïa, le 11 mai 2011 a écrit :
Le syndrome d’aliénation parentale

—Bonjour,
La fille (10 ans) de mon conjoint est victime du SAP sévère par sa mère. En plus de la campagne de dénigrement "classique", une campagne de diabolisation a été entreprise par la mère sur sa fille, et malheureusement la cible est mon fils (15 ans), qu’elle accuse pour la seconde fois d’abus sexuel (avec dépôt de plainte bien sûr !). Le premier dépôt de plainte avait été classé sans suite.
Nous faisions suivre sa fille pour éviter que son cas s’aggrave et l’aider, mais comme le psychiatre nous a dit plusieurs fois que le suivi était trop espacé pour être réellement efficace (1 week-end sur 2 = 1/2 heure).
Comment réagir ? Pour défendre et protéger mon fils (mon fils a été déjà très fragilisé la première fois) ? Les enfants ne sont bien sûr plus en contact, et ils l’étaient déjà très peu avant.
Pour Prouver l’aliénation et aider sa fille ?
Pour que cela s’arrête ? Sortir de cet engrenage ?
Merci de votre aide
Maïa


Jacqueline Phélip, le 26 mars 2011 a écrit :
Le syndrome d’aliénation parentale

Si la théorie du SAP est controversée, c’est qu’elle ne repose encore aujourd’hui sur aucune assise scientifique et qu’elle a génèré, de ce fait, de nombreuses erreurs de diagnostic qui ont mis les enfants en danger.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le le guide révisé en 2006 du Conseil National des Juges aux Tribunaux de la Famille (National Council of Juvenil and Family Court of Judges) des USA a inclus un énoncé qui dénonce le SAP comme de la « junk science » c’est-à-dire une « science de comptoir, » et plusieurs Etats ont adopté des législations pour éliminer l ?utilisation de ce type de défense dans les litiges de garde.

A propos du projet du collectif mené par William Bernet, d’inclusion de l’aliénation parentale dans les nosographies internationales, les chercheurs,( Kelly, Johnston, Wallerstein, Pruett, Bala etc) s’y opposent.
Ces universitaires-chercheurs sont connus internationalement comme spécialistes des conséquences du divorce sur les enfants, et sont tous directeurs ou membres d’un programme de recherche sur l’aliénation parentale.
Dans un courrier adressé au responsable du DSM fin 2009, ils font une analyse critique des éléments présentés par W. Bernet et son collectif dans leur brochure :

> "il y a toujours un manque de fondememnt adéquat dans les recherches,"

> "la majorité des centaines d’articles présentés par W. Bernet pour soutenir son projet, sont essentiellement des articles polémiques, des points de vue personnels, ou des descriptions cliniques d’un petit nombre de cas non randomisés.Et sur la minorité de références reposant essentiellement sur la recherche empirique, il y a un manque d’examen critique rigoureux concernant l’intérêt relatif de ces études et leurs limites."

> "l’estimation de la prévalence d’aliénation parentale est inadéquate faute de larges échantillons représentatifs,"

> "le concept d’aliénation parentale n’est pas défini, et confondu avec la résistance aux visites,"

> "la recherche sur l’étiologie est encore exploratoire et nécessite d’être développée,"

> "W. Bernet et son collectif ne font pas référence aux études empiriques des chercheurs qui aboutissent à des hypothèses contraires aux affirmations du Dr Bernet selon lesquelles l ?aliénation parentale peut se distinguer de manière fiable du processus dans lequel un enfant se détache avec réalisme d’un parent, parce que ce dernier a une attitude éducative problématique ou abusive. "

> "il n’y a pas de données disponibles pour justifier la liste spécifique de critères retenus pour diagnostiquer un désordre d’aliénation parentale (incluse dans leur proposition page 79).

Ces symptômes et leur nombre semblent avoir été choisis arbitrairement et ne reposent sur aucune sorte d’analyse différenciée qui pourrait permettre de distinguer un diagnostic erroné, tant positif que négatif."

> "D’un point de vue méthodologique, il n ?y a pratiquement aucune étude acceptable qui évalue l ?efficacité des interventions radicalement différentes qui sont recommandées (par exemple une thérapie centrée sur la famille, ou un changement de garde en attribuant l’hébergement au parent rejeté avec une assistance psycho-éducative)"

> "En raison du manque criant de recherches solides sur l’étiologie et les interventions efficaces, les professionnels en santé mentale et ceux chargés d’évaluer le droit de garde ne peuvent, sur ces cas, fournir de preuves qui correspondent aux critères de preuves scientifiques émis par Daubert."

Par ailleurs, en octobre 2010 le professeur Regier, responsable de la division recherche de l ?APA (American Psychiatric Association) et vice président du groupe de travail chargé de l ?élaboration du DSM, est lui aussi opposé au projet d’inclusion de l’aliénation parentale dans ce manuel.
Il considère en effet qu ?il n ?y a pas encore de preuves scientifiques et cliniques suffisantes pour justifier cette inclusion.
La Société de Neuropsychiatrie Espagnole a également pris partie en avril 2010 contre l’utilisation clinique et judiciaire du SAP, faute de preuves scientifiques suffisantes.


Paul BENSUSSAN, le 17 mars 2011 a écrit :
Le syndrome d’aliénation parentale

Psychiatre, expert agréé par la Cour de cassation, j’ai eu l’honneur de faire partie d’un groupe de travail réunissant quelques psychiatres européens et américains en vue de la reconnaissance la plus officielle de l’aliénation parentale. Le fruit de notre réflexion et de nos propositions a été publié aux Etats-Unis sous la forme :
-  d’un article publié dans une prestigieuse revue de thérapie systémique
-  d’une proposition soumise aux membres du Comité DSM-5 en charge des pathologies de l’enfance et de l’adolescence
-  d’un ouvrage collectif de référence, riche de plus de 600 références bibliographiques, paru en octobre 2010

Notre collectif d’auteurs a également proposé une nouvelle définition de l’aliénation parentale, résolument moins polémique que celle de GARDNER, qui mettait avant tout l’accent sur le rôle du parent aliénant. Avec BERNET, nous définissons désormais l’aliénation parentale comme :
« La condition psychologique particulière d’un enfant (habituellement dont les parents sont engagés dans une séparation très conflictuelle) qui s’allie fortement à un de ses parents (le parent préféré) et rejette la relation avec l’autre parent (le parent aliéné) sans raison légitime ».

Tous les détails sur ces travaux et publications sont résumés sur une page de mon site officiel :

http://www.paulbensussan.fr/index.p...


LESAP, le 29 mai 2007 a écrit :
Le syndrome d’aliénation parentale

Site d’information psychologique
alienationparentale.eu


RPELISSIER, le 12 avril 2007 a écrit :

Temoignage d’une maman

Pendant 10 ans je n’ai eu aucun contact avec ma fille .
Je retrouve dans votre article les "symptomes" que j’avais remarqué que, personne n’a entendu ni sa souffrance, ni… la mienne. Bien au contraire !

Travailleurs sociaux et services judiciaires ont verrouillé la situation. Si j’ai aujourd’hui retrouvé sa fille (8 ans) c’est parce que j’ai baissé les bras, j’ai refusé de rentrer dans un conflit qui ne m’appartenais pas. D’autre part ses frères ont beaucoup fait pour notre rapprochement.

Cette situation est un drame pour l’ensemble de la famille : fratrie, grand parents,…

Ne pas oublier dans le processus la violence qui s’exerce plus ou moins "claire" ’à l’encontre de l’enfant.

Merci.
R P


Ohms Nora, le 15 octobre 2006 a écrit :
> Le syndrome d’aliénation parentale

A la lecture de cet article, je reconnais de nombreuses attitudes ou comportements en la personne du père de mon jeune enfant, depuis 6 ans.
Mon fils, âgé de huit ans, souffre aujourd’hui d’une disharmonie de l’évolution selon le psychiatre qui l’a suivi hebdomadairement durant plus d’un an.
Depuis quelques mois, il vit en garde chez son père, sans soin. Il semblerait que trop peu de personnes, travaillant dans l’action éducative de la protection de l’enfance, soient informées de l’existence de ce syndrome.
Une large information s’imposerait dans l’intérêt des enfants !
Merci

Témoignage d’une maman

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