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23 mai 2013

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Faits de société > N° 1060 du 26 avril 2012

Jeunes et drogues : moins d’écart entre les sexes

La jeunesse fume, boit, se drogue ? Tout est relatif. Plutôt que de s’alarmer outre mesure, mieux vaut s’intéresser au détail des différentes enquêtes sur la question : elles ne sont pas si catastrophiques.

Tenu début avril à l’initiative de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), le récent colloque Drogues, alcool, tabac chez les 11-14 ans s’est appuyé sur une enquête portant sur plus de 11 500 élèves scolarisés du CM2 à la classe de seconde. Elle a fait apparaître la précocité et la prédominance de l’alcool dans les usages des plus jeunes, et le niveau de diffusion du tabac, de l’ivresse et du cannabis pendant les années collège.
Alors que l’usage du cannabis est considéré comme plutôt masculin ; concernant le tabagisme, la consommation à l’adolescence s’accroît chez les filles. Bien que le prix moyen d’un paquet tourne autour de 5 euros, cela ne semble pas représenter un frein important à la consommation… Par ailleurs, l’usage régulier de cannabis dès l’âge de quinze ans est plus souvent relevé dans les classes sociales dites défavorisées.
Quelques recherches ont été initiées sur la vulnérabilité des adolescents aux addictions. Les journées Défense et citoyenneté (ex-Journées d’appel et de préparation à la défense, JAPD) ont ainsi démontré dans leur étude Escapad que, pour l’année 2011, l’usage des drogues illicites était plutôt orienté à la baisse. À partir d’une enquête dans 41 pays, l’étude « Health behaviour in school-aged children » (HSBC) observe que les jeunes Français occupent une place médiane dans le classement, même si tous les niveaux de consommation des différents produits augmentent avec l’âge. Cependant, pour ce qui concerne le cannabis, la France se situe en sixième position, celui-ci étant la première drogue illicite communément consommée par les adolescents.

En 2011, l’usage des drogues illicites était orienté à la baisse

Licite, lui, l’alcool demeure la substance psychoactive la plus précocement expérimentée ; la bière et les alcools forts prennent de plus en plus de place dans la vie avec l’avancée en âge. Et, ajoute l’enquête, « un parcours scolaire chaotique, vivre dans une famille recomposée ou monoparentale, mais également un milieu social favorisé caractérisent en partie le « profil » du jeune consommateur », contrairement au cannabis, dont l’expérimentation semble « très peu liée aux caractéristiques socio-démographiques des individus ». Les résultats observés dans les enquêtes HBSC et Escapad sont concordants : les écarts entre les comportements de consommation entre filles et garçons tendent à se réduire. Concernant les autres drogues illicites, les produits à inhaler sont les plus couramment consommés à quinze ans, avec 5 % d’usagers. La consommation de cocaïne, de crack et amphétamines est déclarée par près de 3 % des jeunes, celle de médicaments (pour se droguer) par environ 2 %, mais l’ecstasy, l’héroïne et le LSD se situent autour de la barre des 1 %. L’enquête montre que les expérimentations de produits psychoactifs illicites, hors cannabis, se diffusent relativement vite au cours de l’adolescence, leurs usages restant très marginaux durant cette période. À quinze ans, près d’un élève sur six dira tout de même avoir déjà pris, au cours des douze derniers mois, une substance parmi l’ecstasy, les stimulants (amphétamines, speed), l’héroïne (opium, morphine), les médicaments, la cocaïne (ou crack), les colles et solvants…
Dans ce paysage, le plan gouvernemental 2008-2011 s’est résumé à des campagnes de sensibilisation, l’édition de guides (en direction de l’entreprise, des animateurs, de l’éducation nationale…) et au lancement du portail Internet. Le lancement d’un enseignement en addictologie a aussi été impulsé par un réseau de cinq universités… Au final, un plan plutôt modeste.

Joël Plantet

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