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Critiques de livres > Action éducative

Publication n° 951 du 26 novembre 2009

Thèmes : École.

Je suis prof et je désobéis

Auteur(s): Bastien Cazals -

éd. Indigènes, 2009 (20 p. ; 3 €)

Il y a tout juste un an, Bastien Cazals, un jeune directeur d’école maternelle de l’Hérault, alarmé par ce qu’il considère comme la mise à mort de l’école publique, adresse une lettre au Président de la République. Sa lettre restera sans réponse, ce qui le pousse à rejoindre les rangs de ses collègues « désobéisseurs. »
Dans un opuscule d’une toute nouvelle collection, Ceux qui marchent contre le vent [1], il retrace aujourd’hui son parcours, de son entrée dans l’Education nationale en septembre 2002 à son refus, fin 2008, d’appliquer des décisions jugées iniques. Ingénieur de formation, il a d’abord fait une brève incursion dans le monde de l’entreprise, vite convaincu que là n’était pas sa place et qu’il lui fallait aller où son goût et ses idéaux le poussaient : l’enseignement ! Il entre donc en éducation avec la foi laïque de ceux qui croient à la vocation républicaine de l’école publique mais il ne tarde pas à être alerté par « une avalanche de réformes dévastatrices ». L’appel des Résistants aux jeunes générations, lancé en mars 2004, est pour lui une révélation. « Par leur appel, écrit-il, ces Résistants s’adressaient directement à moi, pour me rappeler mon héritage. J’ai alors pris conscience qu’il était de mon devoir de défendre les valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, la solidarité et la laïcité. » Il tiendra sa promesse, devenant le témoin attentif, critique et indigné des réformes qui, en quelques années, vont saper les fondements mêmes de l’édifice.
En une vingtaine de pages, il dresse le catalogue des coups portés, éclaire telle disposition, analyse telle loi, s’insurge et clame son refus de participer à cette « véritable entreprise de déconstruction de l’école publique ». Amer, il constate : « Je vois entrer à l’école, sous couvert de modernisation, les principes économiques et les outils de management qui régissent le monde professionnel que j’ai voulu quitter, écœuré par l’idée que les vies humaines comptent moins que les enjeux financiers. Parti de l’entreprise pour aller vers l’école, je suis en train de vivre la mutation de l’école en entreprise ! »

Mireille Roques

[1] Du nom d’une peuplade de Sioux

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