N° 870 | du 31 janvier 2008 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 31 janvier 2008

Garder vivant l’acte éducatif. Comme Deligny, osez

Philippe Gaberan

Thèmes : Lieu de vie, Autisme

De publications en colloques, les temps présents montrent que la pensée de Fernand Deligny n’est pas morte et loin s’en faut. Alors que tant d’institutions spécialisées et leurs équipes sont en souffrance, parce que menacées de perdre le sens de ce qui les fait être, l’œuvre du poète pédagogue indique encore une direction à prendre aux professionnels des temps présents.

L’actualité de Fernand Deligny c’est d’abord la parution non pas des œuvres complètes mais de ce « bréviaire » de ses œuvres pour reprendre le mot de Sandra Alvarez de Toledo, auteure d’un ouvrage de 1848 pages publié aux éditions de l’Arachnéen (lire la critique). L’actualité c’est encore la sortie aux éditions Montparnasse de la filmographie de Deligny : Ce gamin-là ! et Le moindre geste. Un travail proprement archéologique, au sens foucaldien du terme, qui remet ces deux éléments « fossiles » à la portée d’un large public. L’actualité c’est enfin une série de colloques consacrés à Deligny et son œuvre, dont celui organisé par cinq centres de formation en travail social dans la banlieue de Lyon le 8 avril 2008.

Actualités de Deligny certes, mais inactualités aussi tant la réception de la pensée du poète pédagogue est loin d’être évidente. Il n’y a pas si longtemps encore, ses ouvrages étaient passés au pilon parce que pas assez commerciaux et donc pas assez rentables. Il fallut même à l’époque la mobilisation d’un dernier carré de grognards pour dire « merde » au pseudo modernisme et pour, à tout prix, sauver de l’oubli l’inoubliable. L’inactualité de Deligny c’est encore, et comme le souligne Sandra Alvarez de Toledo, son refus « de la concentration des pouvoirs et des identités » qui va à l’encontre des modèles de gouvernance des temps présents. S’ajoute à cela, pour conforter l’inactualité de Deligny, son refus des spécialités qui tranche sur la volonté d’un monde de plus en plus hyper spécialisé, et son refus de toute instrumentalisation dans un monde qui manipule allégrement la pensée et les hommes. C’est donc cette tension entre les actualités et les inactualités de Deligny que questionne ce dossier. Il a pour but non pas de proposer aux travailleurs sociaux des temps modernes de revenir en arrière pour faire du Deligny (cette visée nostalgique serait totalement aberrante), mais d’aider à puiser dans cette expérience passée les innovations de demain.

Il est composé d’une série de rencontres qui ouvrent vers des possibles à défaut de poser des certitudes. Rencontre avec un lieu d’abord, La Magnanerie de Graniers, dans le Gard, et avec ses témoins qui l’habitent encore, Jacques Lin et sa compagne Gisèle Ruiz. Ceux-là furent au tout début de l’aventure menée par Fernand Deligny et ont normalement poursuivi l’œuvre entreprise à la mort de ce dernier. Rencontre avec des professionnels qui, tel Jean-Pierre Clocher, puisent dans l’œuvre une geste fossile et du sens à être éducateur. Rencontre enfin avec une parole vivante, celle de Fernand Deligny, dont les textes et les aphorismes, les images et les graphismes sont autant de lignes d’erres et de chemins de traverse pour penser la modernité d’un métier, celui d’éducateur. C’est donc à une archéologie du savoir être éducateur plus qu’à une vision du savoir faire l’éducateur à laquelle invitent les différents articles qui suivent.


Quel avenir pour la Magnanerie ?

Sans salaire et depuis plus de trente ans, Jacques Lin et sa compagne Gisèle Ruiz assurent le fonctionnement de la Magnanerie. Ici pas besoin de citer Deligny ou d’accrocher sa photo au mur tant sa pensée inspire toujours les lieux.

Au bout du chemin à peine carrossable, qui serpente sous les bosquets et glisse entre les prés, surgit le bâtiment de l’ancienne Magnanerie ; il s’agit d’une bâtisse imposante qui jaillit du sol à l’écart de toute autre habitation [1]. Fait rare et donc providentiel, ce matin-là il a plu sur le pays cévenol lavant de leur poussière les feuilles des arbres et des plantes que le soleil, avide, lèche déjà. À peine sommes nous descendus de voiture qu’un gros chien au poil long et gris bleuté dans la lumière irisée nous accueille de sa voix grave, lourde et puissante. Ici, et à la différence de tant d’autres maisons spécialisées édifiées en couronne des villes modernes, il n’y a ni sonnette ni interphone pour prévenir de l’arrivée d’un visiteur la personne, aussi invisible qu’inconnue, qui va répondre à l’autre bout du tuyau.

À la Magnanerie donc, nul besoin de guetter le petit « clac » signifiant que le portillon est déverrouillé. Il y a juste ce grand chien qui guette notre avancée dans la cour et qui scande chacun de nos pas d’un aboiement sonore mais pourtant sans menace. Il joue tout simplement son rôle. Il surveille. Il prévient. Dans la maison sans doute, tout le monde sait maintenant que des visiteurs arrivent. La porte s’ouvre et Jacques Lin nous accueille de plain pied dans ce qui est la salle à manger.
Il est 10h 30 et les adultes autistes sont encore assis autour d’une grande table en bois et finissent leur petit déjeuner.

Ici, et à la différence encore de tant d’autres établissements, il n’y a pas de sas d’entrée entre le dehors et le dedans. Ici le passant entre directement dans un lieu de vie. Il n’y a pas de secrétariat en poste de vigie ni de corridor avec ses sièges d’attente. Il n’y a ni effigie de Deligny ni plaque commémorative de la fondation de la structure fixée au mur et pas non plus de grand panneau énonçant les règles de sécurité à suivre en cas d’incendie.

Petits gestes de la vie

Nous entrons dans une salle à manger ; et dans la profondeur de la pièce, juste derrière un comptoir qui sert de banque, Laure et Marie-Lise, deux adultes accompagnatrices, s’activent ; l’une autour de la vaisselle du petit déjeuner et l’autre dans la préparation du repas de midi. Ici en cette structure où la parole n’est pas toujours la bienvenue, car trop facile, trop superficielle, trop envahissante, ce sont les gestes qui sont signifiants et qui rythment le sens du temps.

Les bruits des bols ou des couverts et les parfums de ragoûts parlent donc d’un vivre ensemble et d’une présence humaine. Or elles sont rares désormais les institutions qui accueillent leurs visiteurs avec des senteurs de cuisine dès 10 heures du matin. Il est vrai que c’était souvent celle des oignons frits puisqu’ils sont très souvent les premiers à passer à la poêle ou à la coquelle avant que ne cuisent les viandes et les autres légumes. Il est curieux désormais d’entendre dans les discours que les senteurs de plats cuisinés sont associées à de mauvaises odeurs. Afin de ne pas déranger plus que nécessaire les résidants de la maisonnée, Jacques Lin nous fait passer dans une grande pièce attenante qui sert d’appartement privé.

« Nous n’avons certainement pas la prétention d’écrire l’histoire ! Ou, en tout cas, ce n’est certainement pas le sens que nous voulons donner à ce que nous faisons ici… » La réplique de Jacques Lin est instantanée ; cinglante. À peine assis dans l’un des deux fauteuils faisant face au canapé sur lequel s’est installé Jacques Lin, la discussion entre sans attendre dans le vif du sujet. Il est vrai que notre première remarque, en guise de préparation à une première question, fut sans doute maladroite puisqu’elle parlait de notre impression d’être dans un lieu chargé d’une part d’histoire de l’éducation spécialisée et à la fois d’une page d’histoire, celle en lien avec Fernand Deligny, qui se tourne. Visiblement, de l’intérieur et au regard du sens qu’il souhaite donner à ce qui se fait encore à La Magnanerie, Jacques Lin ne souhaite pas l’entendre ou le concevoir ainsi.

Aussitôt, il ajoute : « Tout juste avons-nous le sentiment d’avoir vécu une aventure… ou bien encore d’avoir généré des tentatives, comme le dit Deligny. » Le nom de celui qui pour nous est une grande figure de l’éducation spécialisée est alors prononcé par Jacques Lin sans déférence ni référence aucune ; il l’est tout naturellement et presque par mégarde au détour d’un propos qui forcément va de soi. La présence de Deligny imprègne le discours et le projet de l’intérieur ; elle les inspire. De fait, force est de constater que dans cette pièce aussi il n’y a ni photo ni portrait de ce dernier ; rien qui ne laisserait supposer que le passant se trouve là dans un musée ou un lieu de culte rendu à la mémoire du fondateur des lieux.

La présence de Deligny n’est dans aucun objet, à l’exception peut être d’un exemplaire du tout récent ouvrage de Sandra Alvarez de Toledo posé sur une étagère parmi d’autres livres et journaux. En fait, dans cette grande pièce qui sert de cuisine, salon et salle à manger pour Jacques Lin et sa famille (leur espace privé au sein même du lieu de vie), tous les objets présents sur les tables et les étagères concourent à la vie quotidienne dans une collection hétéroclite mais qui pourtant donne sens au désordre rien que par l’utilité pratique ou affective de chacun d’entre eux. De toute évidence, rien n’est là de façon artificielle. Cette impression est renforcée par la lumière qui entre par une haute fenêtre et qui promène sur chaque objet une teinte particulière lui conférant ainsi comme un surcroît d’épaisseur ; étrange lumière d’ailleurs qui rend insaisissable les images dans l’objectif de l’appareil photo. Elle déjoue les reliefs et joue avec les ombres de chaque chose ou de chaque individu semblant vouloir ainsi transposer dans l’immuable, cet immuable que Deligny repère et qui sert comme de seconde peau aux personnes autistes.

Point de page d’histoire qui se tourne et point d’héritage qui s’assume donc autrement que par la vie qui continue, et pourtant c’est bien d’avenir et d’évolution de la structure dont cause désormais Jacques Lin. Car, si le nom de Deligny a longtemps protégé la Magnanerie des contrôles des instances de tutelle et de leurs exigences, ce temps-là est désormais révolu. Au bricolage des commencements succède désormais le respect des normes et des agréments. « L’institution ne supporte pas ce qui échappe… C’est un réflexe organique », commente Jacques Lin. Lui, qui au départ de l’entretien se définissait comme étant moins un gauchiste qu’un « libertaire pacifique », confirme par la parole et le regard perdu dans ses pensées qu’il a parfois encore beaucoup de mal à comprendre les politiques sociales et le sens de certaines pratiques institutionnelles.

Structure expérimentale

En maints endroits, la rationalisation trace son sillon à la règle au détriment peut-être de ce qui fait le sens à être. À être là au monde, à être là accueilli dans une institution spécialisée. S’il faut qu’il y ait agrément, de quelle nature doit-il être ? Si au départ Jacques Lin s’était vu confié par la mère de Janmari, enfant autiste, et sans aucune forme de procédure, le soin de gérer l’aide financière accordée pour les soins et l’éducation de l’enfant, il a bien fallu peu à peu régulariser la méthode. Aujourd’hui la Magnanerie est agréée pour accueillir cinq adultes autistes « mutiques ».

Le statut est celui d’une structure d’accueil qualifiée de « non traditionnelle et expérimentale ». Il suffit pour l’heure, dans la mesure où Jacques Lin et Gisèle Ruiz demeurent les porteurs du projet et de sa cohérence dans l’espace et le temps. Mais, et par conséquence, l’ensemble demeure assez précaire et se pose immanquablement la question du devenir de la structure. Pendant plus de trente ans, Jacques Lin et sa compagne Gisèle Ruiz ont assuré la vie et la survie de la maison et de ses habitants sans n’avoir aucun statut ni salaire. Inutile donc de songer même à une retraite. Et pourtant, il faudra bien un moment que l’aventure pour eux aussi s’arrête. Que deviendra alors la Magnanerie, son projet et ses habitants ? Jacques Lin suspend un instant la discussion, pivote légèrement son corps sur le côté et déplace le gros chat confortablement endormi qui se tenait dans son dos depuis le début. Voilà donc la raison cachée qui tenait notre hôte sur le bord de son canapé depuis le début de la discussion.

L’animal ne sourcille pas plus que cela. Le temps d’ouvrir et de refermer une pupille d’or et le voilà replongé dans la torpeur d’un sommeil de félin de compagnie. À la Magnanerie les animaux ont naturellement leur place. Leur présence n’a pas été décidée par « projet ». Si en plus du chien et du chat il y a aussi un cheval ce n’est pas par intention thérapeutique ou occupationnelle mais d’abord parce que l’amour des animaux anime les habitants des lieux et que, notamment, Gisèle est une passionnée d’équitation. Et c’est bien parce qu’ils font partie des meubles que les animaux sont adoptés par les adultes autistes et que parfois l’un d’entre eux va tout naturellement pousser la brouette chargée de fumier et la déversée à l’endroit nécessaire. Parce que, dans son apparente errance quotidienne où rien ne semble devoir l’affecter, il a bien compris que c’est là une tâche à faire. Qu’elle fait partie de cet immuable du quotidien. Alors, il l’a accomplie, sans que rien ne lui soit dit ni même imposé. « Trop de structures d’accueil spécialisé manquent de projet », affirme Jacques Lin.

Ainsi prononcée, la formule manque de « faire tomber sur le cul » tant la notion de projet hante aujourd’hui tous les discours professionnels. Mais à bien y réfléchir, la remarque fait mouche. En fait, la plupart des projets conçus dans les institutions prennent et donnent forme au quotidien d’une façon complètement extérieure à celui-ci. Ce n’est pas la vie quotidienne qui impulse un projet mais un projet qui dessine à grands traits la vie quotidienne : ainsi, dans beaucoup d’institutions, le lever se fera à tel heure et de telle manière. Les petits-déjeuners seront servis à tel endroit et jusqu’à telle heure. Les activités seront décidées et mises en place par des éducateurs faisant fonction d’animateur et au mieux de médiateurs. Elles débuteront à telle heure et elles se termineront à telle autre.

Un vrai foyer

Dans toutes ces institutions-là, qui jouent bien leur rôle d’institution mais qui trop souvent n’ont de foyer que le nom, l’organisation se machine indépendamment des résidants et dans une répétition quotidienne qui vire à l’usure, et pour les salariés et pour les personnes accueillies. Dans ces institutions-là c’est le sens qui fuit peu à peu. Tandis qu’à la Magnanerie le chien va encore pisser quand il veut et le cheval est pansé quand vient pour lui le temps de se poser. Rien d’artificiel. Rien qui ne se dicte par un temps calculé et planifié. Tout se vit de l’intérieur et la vie de chacun va à son rythme.

Et c’est sans doute ce qui fait dire aux personnes qui passent à la Magnanerie qu’il règne en ces lieux une atmosphère de sérénité et de bien vivre qui apaise ses habitants et les tient à l’écart de ces crises souvent violentes et extrêmement souffrantes que connaissent les personnes autistes. L’asile offert ici est celui de l’hospitalité offerte à tout être vivant et l’équipe d’adultes qui accompagnent au quotidien les personnes accueillies ne font pas le projet de guérir ou de rééduquer. Ceci dit, que la personne souffre moins, que ses crises s’estompent et que sa relation au monde, aux autres et à lui-même soit plus sereine, ce sont bien là les évolutions attendues et qui, au demeurant, donnent crédit à l’accueil dispensé par la structure et son équipe d’adultes mais ce n’est pas pour autant ce qui est planifié, objectivé, contractualisé et recherché à tout prix, voire à n’importe quel prix.

Jacques Lin nous entraîne dans une visite de la bâtisse. L’intérieur n’a sans doute plus rien à voir avec les bâtiments du début. Bien sûr, les murs demeurent ceux-là mêmes qui sont enracinés dans la terre cévenole depuis des dizaines d’années et la forme globale du bâtiment est restée identique. Mais l’aménagement intérieur souscrit logiquement aux normes et règles d’hygiène et de sécurité. L’extincteur au mur rappelle au visiteur que la maison a pour vocation d’accueillir un public ayant besoin de recevoir une aide éducative et de soin. Le sol carrelé et les murs peints réfléchissent la lumière du soleil qui entre du dehors par de larges ouvertures. Ici l’intérieur communique avec l’extérieur et la nature reste à portée de main ; le dedans et le dehors communient sans cérémonie dans une continuité des espaces et du temps. De même, le passage d’une pièce à l’autre se fait par des saignées creusées dans la pierre épaisse, solide et contenante. Un escalier de pierre permet d’accéder à l’étage et notamment à l’atelier de Gisèle Ruiz.

Généreuse, celle-ci nous invite sans rechigner en son antre, espace d’intimité et de création qui incite le passant au respect. Parmi le bric-à-brac des peintures, des toiles, livres et matériaux propres à l’artiste, l’espace concède une place à la modernité par la présence d’un ordinateur portable. Il est loin désormais le temps des débuts et des murs nus au toit percé et aux bâches tendues entre les lits en guise de cloison. Dans l’atelier pourtant subsiste un portrait de Janmari ; il rappelle que tout ce passé a bien existé et que le personnage de Deligny n’est pas un héros de roman mais un poète éducateur, qui craignait cette profession et qui finit pourtant par se réconcilier avec elle. Deligny n’est pas mort seul et dans un grand dénuement, comme le dit trop rapidement sans doute Jean Oury dans le débat qui l’associe à Jean Maldiney à propos du film Le moindre geste (Autour du moindre geste, Les éditions Montparnasse). Il est mort chez lui, à Monoblet, entouré de ceux qui furent d’abord les siens : Jacques Lin et sa compagne Gisèle Ruiz, et aussi Janmari et tous les autres.

Et tout comme Fernand Deligny consacrant ses dernières forces à créer ses aphorismes, Janmari, enfant autiste, a fini lui aussi par tracer des signes sur le papier, des signes à lui, en lignes, immuables, interminables, en vagues douces mourant au pied de la page. Janmari calquant sa fin de vie sur celle de celui qui fut… Qui fut quoi au juste ? Allez savoir ! Un père ? Un ami ? Un éducateur sans aucun doute…


[1Contact : Jacques Lin - Graniers - 30170 Monoblet


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