N° 873 | du 21 février 2008 | Numéro épuisé

Critiques de livres

Le 21 février 2008 | Patricia Delage

Vivre et dire sa psychose

Collectif


éd. érès, 2007 (288 p. ; 15 €) | Commander ce livre

Thème : Psychose

L’équipe de l’association de santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris apporte, à travers cet ouvrage dense, des éléments d’« étude des représentations que se font les patients de leur maladie et des moyens qu’ils mettent en œuvre pour vivre avec leurs troubles. » La subjectivité de la personne éclaire alors le personnel soignant qui se situe dans une approche psychodynamique des soignés et de leur maladie. Cette étude s’est appuyée sur une contribution pluridisciplinaire : psychiatre, anthropologue, sociologue, psychologue. C’est le champ de la psychose qui est retenu pour l’étude comme étant le plus porteur de malentendus entre soignants et soignés, et plus particulièrement la schizophrénie. Le législateur depuis 2002 a instauré le droit à l’information du malade, droit qui se heurte parfois aux capacités de compréhension tant le discours médical est souvent savant et inaccessible.

Entretiens de patients, histoires personnelles, récits, cette enquête, première du genre en France, prouve qu’il est possible de s’appuyer sur la parole de patients psychotiques. Le principe réside peut-être dans le fait de moins s’attacher à l’observation et à privilégier l’expérience des personnes dans leur vie quotidienne, leur capacité à intégrer leur pathologie et leur souffrance dans ce quotidien. La gravité de la maladie, les traitements, l’intervention des professionnels sont ici décrits et illustrés systématiquement de témoignages qui donnent une dimension concrète et permettent de comprendre aisément le propos et l’analyse. La retranscription in extenso des entretiens en fin d’ouvrage complète de manière explicite la démarche de cette équipe de spécialistes.

Un ouvrage d’une grande intensité, à lire par tous ceux qui s’intéressent à la question de la pathologie mentale, mais qui en allant au-delà de la réflexion engagée sur le rapport professionnel-usager peut concerner l’ensemble des travailleurs sociaux.


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