N° 1012 | du 31 mars 2011 | Numéro épuisé

Critiques de vidéos

Le 31 mars 2011 | Un entretien avec Catherine Rigaud, pédopsychiatre

Visites médiatisées : mode d’emploi

Jacques Trémintin

DVD 39 €
Anthéa
BP 219
83006 Draguignan Cedex
Tél. 04 94 68 98 48

Thème : Parentalité

Depuis la loi de 2007, les visites médiatisées se sont multipliées, symbole du souci tant de protection de l’enfance que de soutien à la famille. L’enfant, lorsqu’il est confronté à une parentalité complexe, est soumis à un double risque. Il peut, tout d’abord, dénier ses propres angoisses, ce clivage pouvant engendrer une possible psychose. Il peut, à l’inverse, assimiler la violence qui l’entoure, en se persuadant qu’il en est l’auteur, processus qui peut l’amener à développer une dynamique perverse. Mais la séparation totale d’avec ces parents pathologiques peut, tout autant, provoquer un oubli très angoissant et une culpabilité majeure. Les visites médiatisées doivent permettre un équilibre entre l’absence qui produit de l’idéalisation et une forte présence qui aboutit à la sidération. Elles peuvent aider l’enfant à faire le deuil d’une parentalité trop partielle ou inexistante.

Toutes les équipes de protection de l’enfance ne disposant pas de professionnels spécialisés, dédiées à cette fonction, il faut veiller à faire intervenir, malgré tout, un binôme constitué d’un intervenant éducatif ou social et d’un psychologue dont le rôle est d’évaluer les mécanismes psychiques à l’œuvre chez l’enfant et de donner du sens aux modalités proposées. Le cadre, s’il n’est pas thérapeutique en lui-même, peut néanmoins garantir l’espace thérapeutique. C’est l’indivisibilité qui doit prévaloir : unité de lieu, stabilité des intervenants, respect du temps imparti. Quelles que soient les conditions établies, on est bien d’abord dans la clinique de l’enfant et non pas dans celle du parent. Ce qui importe, c’est que l’enfant n’affronte pas seul des relations justement à l’origine de sa mise sous protection.