N° 770 | du 20 octobre 2005 | Numéro épuisé

Faits de société

Le 20 octobre 2005

Un partenariat pour la prévention

Joël Plantet

Vingt et une associations de prévention spécialisée et vingt-quatre centres sociaux associatifs parisiens — deux réseaux de proximité agissant auprès de jeunes et de leur famille, selon la municipalité — ont décidé de renforcer leurs actions de prévention. Le 5 octobre, deux textes de référence, sous forme de chartes, étaient signés

Équipements de proximité participatifs, les centres sociaux s’adressent à l’ensemble des habitants d’un quartier. Ils développent des activités éducatives en direction des enfants et des préadolescents, travaillant avec l’ensemble des familles. En amont, les éducateurs — dits « de rue » — des clubs de prévention vont au-devant des jeunes en risque de marginalisation, nouant avec eux une relation éducative et proposant des démarches d’insertion.

Afin de « mieux prévenir les risques de précarisation et de marginalisation qui pèsent, hélas, sur une partie de la jeunesse » — dixit Gisèle Stievenard, adjointe au maire de Paris chargée de la solidarité et des affaires sociales — les deux secteurs ont formalisé leur partenariat par une charte.

Chacun garde évidemment ses spécificités

La prévention spécialisée, par exemple, implique le respect de trois principes fondamentaux et complémentaires, la libre adhésion, le respect de l’anonymat et le mandat non nominatif. Inscrite sur un territoire délimité, son action s’appuie sur la médiation entre les jeunes et leur entourage… La « prèv’ » va vers les jeunes de 12 à 21 ans, plus particulièrement les adolescents de 12 à 18 ans. Toutes ces caractéristiques sont rappelées dans la Charte, de même que l’importance du secret professionnel.

Le texte met l’accent sur les publics prioritaires, l’intensification du travail de rue, la prise en compte des besoins particuliers des filles, le développement du travail en réseau et des partenariats. Ses 21 associations parisiennes devraient bientôt toucher plus de 15 000 jeunes.
La Charte des centres sociaux insiste, elle, sur la nécessité d’une approche globale, l’ouverture des quartiers, la participation des habitants [1]. Ces deux textes font partie d’un plan de renforcement des actions de prévention, présenté il y a quatre ans au Conseil de Paris.

Mêlant les initiatives des uns et des autres, les différentes associations ont présenté leurs initiatives et projets : du côté des centres sociaux, une chorale de quartier, des animations d’espace public, un chantier de solidarité au Maroc, la réalisation d’un film pour les jeunes primo-arrivants, des « cocktails du monde » (exquis), une sculpture à partir du mot quartier, etc. Les jeunes de prévention, eux, présentaient aussi un certain nombre d’animations : maison de la citoyenneté montée au Sénégal, rap, café d’automne, photothèque des vieux quartiers de Paris reconstituée par les jeunes d’un club, sensibilisation de jeunes adolescents à la sécurité routière et d’autres encore.

Mais par ailleurs, de vives inquiétudes commencent à poindre dans le secteur. À l’entrée du lieu où étaient signées les chartes, une dizaine d’éducateurs distribuaient des tracts syndicaux : l’actuelle refonte de la convention collective 66, selon Sud santé sociaux, « ne permet [par sa méthode] aucun débat dans les établissements » et prévoit l’introduction d’une « prime d’objectif », autrement dit pour le syndicat un salaire au mérite. Gageons que nous aurons à reparler de cette affaire.


[1Union des clubs et équipes de prévention spécialisée de Paris - 35, rue Jussieu - 75005 Paris. Tél 01 46 33 09 58. mail : udprev75@wanadoo.fr
Fédération des centres sociaux de Paris - 21, rue d’Enghien - 75010 Paris. Tél. 01 44 64 74 69. mail : fcs75@centres-sociaux-paris.org