N° 745 | du 17 mars 2005 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 17 mars 2005

Un chez soi pour rebondir

Propos recueillis par Mylène Béline

Mme L., 32 ans, débarque en catastrophe chez ses parents dans une commune de la métropole rennaise avec son fils de huit ans. Elle arrive d’un autre département où, avec son mari elle vient de cesser une activité commerciale dont la liquidation judiciaire est en cours. Une procédure de divorce est en route. Mme L. a pour seule ressource l’allocation de parent isolé et attend avec angoisse le résultat du bilan commercial, certaine qu’il y aura des dettes à régler. Son ex-mari, lui-même hébergé par des amis et bénéficiaire du RMI, ne peut en aucun cas l’aider financièrement. Ses parents sont des retraités modestes pour qui l’hébergement de leur fille ne pose pas de problèmes financiers majeurs. Les difficultés se situent ailleurs. La mère de Mme L. atteinte d’une maladie grave a besoin de calme, de repos et des soins constants de son époux, y compris la nuit.

Ces astreintes, ajoutées à la présence de deux personnes supplémentaires finissent par fatiguer ces personnes âgées qui, par ailleurs se montrent peu compréhensives vis-à-vis de leur fille dont ils réprouvent le parcours de vie. L’enfant qui manifeste son mal-être par un comportement non conforme aux valeurs de ses grands-parents, se sent rejeté. Dans ce contexte tout le monde va mal psychologiquement. À l’évidence, Mme L. et son fils auraient besoin de se poser dans un lieu à eux pour envisager l’avenir, qui pour Mme L., passe par une reprise d’activité au plus vite. L’allocation de parent isolé ne va durer qu’un an et elle ne peut tabler sur une hypothétique pension alimentaire du père de l’enfant. Mme L. s’est inscrite comme demandeur de logement social sur la commune où elle est hébergée. Mais sa demande va prendre rang. On ne lui promet rien avant au moins un an.

Sur Rennes le délai est encore plus long. Un logement dans le parc privé est inenvisageable compte tenu des revenus actuels et de l’incertitude quant à ceux à venir. Mme L. qui cherche à travailler dans l’hôtellerie (sa qualification professionnelle) aura des revenus qui avoisineront tout juste le SMIC. Mme L. est donc la candidate idéale pour l’obtention d’un logement HLM, sauf qu’elle va devoir attendre. Compte tenu de sa fragilité actuelle et des tensions dans sa famille elle semble donc bien relever d’un relogement social prioritaire. Un dossier est alors constitué dans ce sens par l’assistante sociale de son secteur. La commission reconnaît le caractère prioritaire du relogement et oriente le dossier vers l’AIVS. Quelques semaines plus tard une proposition de T2 est faite à Mme L. qui accepte et s’installe « chez elle ». Ce n’est qu’une solution temporaire, « c’est un peu dommage, il va falloir redéménager », mais il y a l’assurance d’une attribution de logement HLM dans quelques mois. Cela signifie la fin d’une situation d’hébergement qui risquait d’imploser à court terme et la fin du questionnement sur le logement : un des problèmes est réglé et l’on peut se mobiliser sur le reste.


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