N° 923 | du 2 avril 2009 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 2 avril 2009

Témoignage de Jean-Daniel Maucolin

Propos recueillis par Katia Rouff

Responsable du centre d’hébergement d’urgence Corot entraide et membre de Relo.je insertion.

Nous accompagnons en moyenne soixante-cinq jeunes par mois, orientés vers nous par le 115 ou des centres d’hébergement d’urgence, proposant un hébergement collectif. Nous rencontrons notamment des difficultés pour trouver des hôtels à des tarifs abordables qui acceptent des personnes venant de la rue et qui doivent le plus souvent réapprendre à prendre soin d’eux et de leur chambre.

Notre équipe a été longtemps constituée de bénévoles. Premier salarié, j’ai voulu rencontrer d’autres acteurs de l’insertion des jeunes pour ne pas rester isolé. Avec la mission locale Pari d’Avenir et quelques autres structures d’hébergement, nous avons commencé à nous réunir et à échanger de manière informelle sur nos publics et nos difficultés. Nous avons ensuite défini une « hygiène de pratiques professionnelles », respectueuse des personnes accueillies. Un exemple ? Auparavant, les jeunes venaient à Corot sans rendez-vous. Ils pouvaient patienter une heure et demie pour, au final, apprendre que nous n’avions aucune place disponible.

Aujourd’hui, orientés par des partenaires et notamment ceux de Relo. je insertion, ils ne sont plus anonymes. À leur arrivée, nous avons déjà des informations les concernant et une place à leur proposer. Nos collègues ont fait un bout du parcours avec ces jeunes et nous prenons le relais pour continuer à dérouler le fil de leur insertion. Au sein du réseau, nous travaillons en toute confiance. Lorsqu’un collègue nous adresse un jeune qui présente des difficultés particulières (addictions, violences…), il nous en informe et nous l’accueillons en toute connaissance de cause. Nous refusons qu’un résident qui a commencé un parcours d’insertion se retrouve de nouveau à la rue et puisse dire : « J’ai accepté de rentrer dans la société et elle ne veut pas de moi. »


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