N° 1113 | du 11 juillet 2013

Faits de société

Le 11 juillet 2013

Pourquoi refonder le travail social ?

Joël Plantet

Le Conseil supérieur du travail social est sur plusieurs fronts, dont la mise en place d’ambitieux états généraux du travail social, voulus par le gouvernement. Ceux-ci seront-ils à la hauteur des enjeux ?

Depuis le 29 septembre 2010, date à laquelle la dernière mouture du Conseil supérieur du travail social (CSTS) a été installée – avec un nouveau vice-président, Michel Thierry, inspecteur général des affaires sociales –, on aurait pu croire l’instance endormie, voire agonisante… Ce dernier l’a reconnu lors d’une conférence de presse donnée à Paris le 28 juin au Musée social, dans le cadre d’une Journée de valorisation des travaux du CSTS. Deux points d’orgue : la remise d’un rapport intitulé Le partage d’informations dans l’action sociale et le travail social, sous la responsabilité de Brigitte Bouquet, ex-vice-présidente du CSTS ; et l’organisation de futurs états généraux du travail social (EGTS), voulus par le gouvernement. Par ailleurs, d’autres travaux – sur l’éthique et la déontologie, sur la participation des usagers, sur les relations entre formation et université – furent évoqués.

Ainsi, sur ce dernier sujet, l’avis du jury de la conférence de consensus portant sur « la recherche en/dans/sur le travail social », de novembre 2012 (Lien Social n° 1089) a approuvé la création récente au CNAM de deux doctorats assortis d’une spécialité Travail social, comme « un signal fort de reconnaissance pour le travail social », permettant aussi de « consolider un milieu de recherche dont le travail social a besoin ». Une journée de valorisation et une publication sur ce rapprochement doivent intervenir « dans les mois prochains ».

Les états généraux du travail social se tiendront en juin 2014

Quid de ces fameux états généraux, censés refonder le travail social ? Les constats de départ évoquent une « remise en cause de la posture traditionnelle des professionnels, avec des attentes de plus en plus nombreuses et parfois contradictoires », un « risque d’isolement des travailleurs sociaux, source de repli et d’usure traditionnelle » ou un « risque de malentendus sur les responsabilités des travailleurs sociaux dans la mise en œuvre des politiques sociales ». Préparés pendant un an, ces états généraux nationaux seront nourris par des assises territoriales et déboucheront sur un plan d’actions pluriannuel en faveur du travail social. Il s’agira de permettre aux acteurs de terrain et aux usagers de s’exprimer, et de « faire émerger des consensus sur les évolutions à impulser pour faire évoluer les pratiques ». La démarche de ces EGTS se déroulera en parallèle avec une journée CNFPT sur l’intervention sanitaire et sociale (8 octobre), une journée Fnars sur le travail social (7-8 novembre), un colloque à l’Assemblée nationale sur le même sujet (5 décembre), mais aussi avec la mission Chérèque de suivi du plan Pauvreté et une campagne de communication sur le travail social.

Les comités de pilotage, national et régionaux, seront constitués de représentants de l’État et des collectivités locales, des associations de professionnels, des instituts de formation et des membres du CSTS. Jusqu’au mois d’août, un prédiagnostic, sur la base d’entretiens avec les professionnels ; de septembre à décembre, des groupes de travail, sur trois territoires tests, pour une remontée des bonnes pratiques et la préparation d’assises territoriales ; de janvier à avril 2014, six assises territoriales. Les EGTS se tiendront en juin, faisant émerger des leviers débouchant sur un plan d’actions. Mais pour l’heure, la validation définitive de la ministre des Affaires sociales était toujours attendue…

Certains professionnels ont commencé à se saisir de cette affaire : ainsi, le site repolitiserlactionsociale.org recueille-t-il des contributions pour, le 13 septembre, affiner une contribution aux états généraux du travail social.