N° 946 | du 22 octobre 2009 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 22 octobre 2009

« Permettre aux parents de se poser »

Propos recueillis par Jacques Trémintin

Entretien avec Catherine Bouget, directrice du pôle enfance parentalités de la Croix-Rouge, en Loire-Atlantique.

Quelle est la genèse du relais parental de Saint-Nazaire ?

La Croix-Rouge française cherche toujours, au travers de ses établissements et instituts de formation, à identifier les besoins non satisfaits et initier des actions innovantes pour tenter d’y répondre. Le centre maternel Saint-Luc qu’elle gère à Nantes a permis d’observer la détresse de couples parentaux qui malgré leur grande difficulté étaient prêts à assumer leur enfant. Mais rien n’était prévu pour les accueillir ensemble et les soutenir dans leurs fonctions de parents.

C’est ainsi que nous avons ouvert fin 2005 une structure d’accueil pour couples en attente d’enfant et/ou avec enfants de moins de trois ans, « En vie de famille », structure de quinze places. Dans le secteur de la protection de l’enfance, on parle beaucoup de prévention précoce depuis la réforme de mars 2007, mais cela reste encore au niveau des bonnes intentions. C’est à partir de l’histoire de ces mères au parcours personnel particulièrement heurté, bien souvent depuis l’enfance, que nous avons été convaincus de la nécessité d’intervenir le plus tôt possible. Il ne faut pas laisser l’enfant seul au milieu des difficultés que peut connaître sa famille, au risque qu’il devienne le symptôme principal de ces tensions. On doit pouvoir le mettre à l’écart et permettre à ses parents de se poser, de souffler, de régler sereinement leurs problèmes : c’est le projet du relais parental.

Quel accueil avez-vous reçu des financeurs institutionnels ?

Nous avons une écoute de grande qualité du conseil général de Loire-Atlantique avec lequel nous entretenons un dialogue constructif depuis plusieurs années, dès l’ouverture du relais parental « la Courte échelle » à Nantes, en 2000. Nous partageons la même volonté d’un accueil de qualité et d’une implication permanente des parents, quelles que soient leurs difficultés. Il en est tout autant de la ville de Saint-Nazaire qui nous soutient activement par la mise à disposition gracieuse de cette maison familiale, car le relais parental c’est comme à la maison sans être la maison.


Dans le même numéro

Dossiers

La prévention primaire, un enjeu pour le travail social

En matière de santé publique comme dans le social, l’intervention avant qu’une situation ne se dégrade ne fait pas vraiment partie de notre culture. Pourtant, une vigilance accrue et quelques mesures prises en amont pourraient éviter bien des problèmes. C’est ce que montrent deux structures de Saint-Nazaire, l’une accueille des enfants le temps que leurs parents règlent une crise passagère, l’autre reçoit des adolescents en conflit avec l’un de leurs parents.

Lire la suite…