N° 1106 | du 23 mai 2013 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 23 mai 2013 | Laetitia Delhon

Parole et écoute de l’enfant

Thème : Médiation

Pour leur permettre de s’exprimer dans un cadre différent de celui de la médiation, le C.ER.ME. a lancé cette année des groupes de parole destinés aux enfants âgés de six à onze ans. Lors de quatre séances de deux heures, animées par deux médiatrices formées à ce type d’accueil, les enfants peuvent échanger avec d’autres, qui vivent comme eux la séparation de leurs parents, et laisser libre cours à leurs émotions par le dessin ou les jeux de rôles. « Ce sont des moments vraiment riches pour eux, car ils sont co-acteurs et co-auteurs de ces séances, explique Marie-Caroline Despax. Ensemble, avec leurs mots, ils partagent leurs émotions, se rassurent ou se donnent des conseils, c’est assez fantastique à voir. » Les parents restent impliqués, invités à rejoindre le groupe à la fin des séances pour effectuer un bilan avec les enfants. Ce qui s’exprime au sein du groupe permet, parfois, de repérer la nécessité d’une orientation de l’enfant vers d’autres professionnels, comme des psychologues, mais aussi de rassurer les parents sur l’intégration par leurs enfants de leur décision de séparation.

Co-auditions médiateur-avocat

Toujours en direction des enfants, et pour s’ouvrir aux autres professionnels concernés par le conflit dans les familles, le C.ER.ME. a lancé depuis décembre 2012, avec l’Association des avocats des jeunes à Toulouse (AJT), la co-audition de mineurs dans le cadre des procédures de divorce ou de séparation. « Cette collaboration fait suite à la permanence d’information créée avec les « AJT » au sein du tribunal depuis deux années, explique Jocelyne Dahan. La délégation des auditions de mineurs par le juge aux affaires familiales est assez courante, mais cette co-audition médiateur-avocat est unique en France. Dans ce cadre, nous sommes auditeurs et ne révélons pas aux enfants notre profession d’origine. Ce travail est riche et important, car il nous montre que nos cultures professionnelles sont très proches et qu’il existe une transversalité de nos compétences. Il nous fait aussi écouter les enfants autrement. » Sept avocates de l’AJT ont souhaité participer à ces co-auditions, qui ont nécessité plusieurs journées de formation. « C’est très enrichissant car nous croisons nos spécificités, confirme Geneviève Sanac, présidente de l’AJT. Nous avons beaucoup de choses à apprendre des médiateurs, car l’écoute est un volet auquel nous, avocats, ne sommes pas vraiment formés. L’avocat conseille le mineur, l’informe, l’assiste et le défend, mais n’a pas appris à le comprendre quand il se tait, se positionne ou parle d’une certaine façon. Ces co-auditions nous remettent en question sur la façon dont nous travaillons avec les enfants. »


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