N° 1078 | du 11 octobre 2012

Critiques de vidéos

Le 11 octobre 2012 | Un entretien avec Nicole Prieur, philosophe et psychothérapeute d’enfants et d’adolescents

Liens du cœur, liens du sang

Jacques Trémintin

DVD 39 €
Anthéa
BP 219
83006 Draguignan Cedex
Tél. 04 94 68 98 48

Thème : Filiation

Pendant longtemps, l’attachement a été conçu dans la continuité de la filiation. C’est très naturellement que l’enfant investissait les relations affectives avec ses géniteurs. La mutation du modèle familial traditionnel a changé la donne. La procréation a été dissociée du rôle de parents (adoption, famille homoparentale, présence de beaux-parents), de celui de père (recours à l’insémination avec donneur), comme de celui de mère (recours à une mère porteuse). Même pour les familles classiques, la posture parentale n’est plus un acte spontané. Elle s’anticipe, se questionne et se réfléchit. Les liens du cœur se sont progressivement dissociés des liens du sang, les premiers prenant progressivement le pas sur les seconds. Ce dont il est question, c’est bien plus d’affiliation que de filiation.

Nicole Prieur en donne une triple définition. C’est, d’abord, à travers le récit fait à l’enfant sur ses origines qui le relient, au-delà de ses ancêtres, à l’unité du vivant en tant que « poussières d’étoile ». C’est, ensuite, l’articulation avec la manière dont, avant sa naissance, il a été psychiquement imaginé, représenté et porté dans l’inconscient familial. C’est, enfin, toute la dimension symbolique que constitue la rencontre entre le bébé et celui/celle qui l’accueille et l’accompagne dès sa naissance. C’est à travers toutes ces dimensions que les interrelations se tissent très tôt, indépendamment de l’origine biologique. Le bébé est équipé neurologiquement pour entrer en relation : avide de stimulations et d’attention, il réagit volontiers aux sollicitations qui lui sont proposées, constituant autant de marqueurs venant structurer l’attachement avec son entourage. Même si l’origine élabore l’identité et les différentes appartenances, elle n’enferme jamais la vérité du sujet dans un destin figé.