N° 750 | du 21 avril 2005 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 21 avril 2005

Le point de vue de René Macron, inspecteur d’académie adjoint

Propos recueillis par Katia Rouff

« Aujourd’hui, seules quatre Maisons d’enfants à caractère social (MECS) sur dix-neuf dans le Val-d’Oise bénéficient de postes d’instituteurs spécialisés, survivance d’anciennes unités pédagogiques intégrées dans ces structures. Tous les enfants étant scolarisés en milieu ordinaire, ces unités sont aujourd’hui fermées. Pour les enfants du primaire, les fonctions occupées par les instituteurs spécialisés (aide et soutien scolaire, activités liées à la gestion des parcours scolaires) relèvent des RASED (Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté) de l’Éducation nationale. Ce dispositif de suivi des parcours scolaires permet de gérer les risques de déscolarisation. En ce qui concerne les élèves du secondaire, nous avons mis en place cette année un groupe départemental de suivi de l’exclusion scolaire. Il traitera toutes les situations, y compris celles des élèves placés en MECS. Nous allons désigner un correspondant que le personnel de ces structures pourra alerter immédiatement en cas de difficulté. De plus, l’aide sociale à l’enfance connaissant les enfants en exclusion scolaire de manière temporaire, nous allons constituer avec elle un groupe de suivi de ces élèves.

Les directeurs des MECS jugent les actions des instituteurs spécialisés pertinentes et ne souhaitent pas voir ces postes disparaître mais notre travail consiste à analyser les situations et à prendre des mesures adéquates même impopulaires. Ils estiment que la suppression de ces postes conduira à une catastrophe scolaire pour ces enfants, nous ne partageons pas leur point de vue. La situation des instituteurs en MECS s’inscrit dans un contexte départemental, les relations suivies avec le conseil général et l’Aide sociale à l’enfance suffisent pour évaluer la situation de ces élèves. La suppression des postes d’instituteurs en MECS est programmée depuis longtemps, même si sa mise en œuvre a pris du temps. La lettre de mission que nous avons adressée aux instituteurs spécialisés en MECS en octobre 2004 avait pour objectif de vérifier la réalité des services de ces enseignants et non de leur confirmer qu’ils continueraient à travailler dans ces structures à la rentrée 2005. Nous considérons que ces postes sont inadaptés et font doublon avec les dispositifs de l’Éducation nationale déjà existants. Si des problèmes apparaissent vis-à-vis des élèves placés en MECS nous mettrons en place des moyens supplémentaires. Actuellement nous sommes en concertation avec les directeurs des MECS concernées afin de définir les ajustements éventuellement nécessaires dans ces structures ».


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