N° 755 | du 2 juin 2005 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 2 juin 2005

Le CCAS du Trait, axé principalement sur le troisième âge

Katia Rouff & Joël Plantet

Le centre communal d’action sociale du Trait en Seine-Maritime gère les services aide sociale et gérontologie. Diverses activités favorisent la rencontre entre les personnes âgées et le reste de la population

C’est avec les chantiers navals que naît la ville du Trait en 1919. Troisièmes de France en 1960, ils font travailler la population et attirent de nombreux ch’tis, bretons, italiens… logés dans des cités ouvrières. Aux chantiers, les jeunes entrent en apprentissage, passent leur CAP et trouvent un emploi comme leurs pères l’ont fait avant eux. L’économie est florissante et dans les années 60, le centre communal d’action sociale (CCAS), fraîchement créé développe des activités en direction de la population. Mais avec la fermeture des chantiers navals en 1972, la majorité des Traitons perdent leur emploi et de nombreuses familles quittent la ville. Aujourd’hui, Le Trait compte 5500 habitants et le taux de chômage avoisine les 15 %, les personnes retraitées représentent 22,7 % de la population, le CCAS centre son action sur les services de gérontologie et d’aides ménagères [1].

Une rencontre effective entre les générations

Le CCAS gère les deux foyers-logements du Trait, situés dans le centre-ville à proximité des services et commerces. «  Pour maintenir l’attrait de ces résidences, nous avons élargi les services  », explique Michel Debliquis, directeur général des services « un gardien est présent dans chacune des structures et la restauration - qui est facultative - est assurée par la cuisine centrale municipale ». L’une des résidences propose des F2 et accueille une population plus jeune que l’autre, notamment des couples. Les résidents sont en majorité d’origine ouvrière et 50 % d’entre eux viennent des communes avoisinantes.

Embauchée en 2003, Sophie Varin gère les deux structures, mène des projets nouveaux et supervise le service d’aides ménagères. Celui-ci est composé de dix-neuf professionnelles (dont quatre titulaires du diplôme d’État d’auxiliaires de vie sociale (DEAVS) et autant en cours de formation). Si le CCAS est le seul prestataire conventionné par la caisse régionale d’assurance-maladie (CRAM), deux associations interviennent comme lui dans le cadre de l’aide personnalisée à l’autonomie (APA).

Au Trait, les activités enfance et jeunesse sont prises en charge par les services municipaux qui travaillent en partenariat avec le CCAS. Sophie Varin participe notamment au collectif santé de la ville qui fédère professionnels du secteur de la santé et du social, parents, habitants et élus et planche sur les questions de prévention et de santé. La commission Bien-être — constituée de professionnels de la petite enfance jusqu’au grand âge — travaille sur la valorisation du bien-être et de l’estime de soi. Elle a notamment organisé une rencontre intergénérationnelle intitulée « Il fait beau, on se fait beau », à laquelle enfants et personnes âgées ont participé via un atelier d’écriture sur le thème des habits du dimanche. « Le service de gérontologie veille à ce que les personnes âgées et le reste de la population se rencontrent le plus souvent possible », insiste Sophie Varin : repas à thèmes, ouverts à tous retaraités Traitons, goûters des anciens dans les différents locaux, chasse aux œufs organisée à Pâques par les enfants pour les aînés, diaporama sur l’histoire des chantiers navals en collaboration avec le club photo… autant de moments d’échanges entre tous.

Les résidences cherchent également à s’ouvrir vers l’extérieur. Les retraités de la ville se mêlent par exemple aux résidents pour une activité vocale animée par l’école de musique, l’ensemble se produit lors des fêtes locales et bientôt avec la chorale des enfants. Mais tout n’est pas encore gagné : l’association des retraités de la ville ne souhaite pas vraiment collaborer avec le CCAS, les membres préférant prendre en charge leurs activités et les habitants des deux résidences, pourtant toutes proches se mélangent difficilement.

L’aide sociale légale et facultative relève du CCAS. Celui-ci instruit notamment une soixantaine de dossiers RMI (le conseil général en gère une centaine), apporte des aides ponctuelles aux publics en difficulté (fonds d’aide aux jeunes, aide à la mobilité…) et prête ses locaux aux associations caritatives de la ville. « Dans notre ville, une personne en difficulté sera rapidement repérée par les services municipaux, les associations caritatives ou intermédiaires », observe Michel Debliquis.

Vers une extension incontournable

Les services du CCAS sont amenés à se développer avec la toute jeune communauté de communes fondée à partir de l’addition du Trait et de la ville voisine, Yainville. Cette association permettra de mutualiser les compétences et de réfléchir à des besoins communs aux deux villes, telle la création d’une structure d’accueil pour les 0-3 ans, d’un établissement médicalisé pour les personnes âgées ou encore d’une médiathèque. Un Pays verra le jour dans deux ans, élargissant sans doute encore les services. Pour « attirer » les jeunes couples avec enfants, 165 logements seront disponibles à partir de la rentrée 2005 dans le cadre d’une zone d’aménagement concerté (ZAC) et d’autres projets immobiliers devraient voir le jour.

Représentant le CCAS, Sophie Varin, suit une formation en analyse des besoins pour tous publics, avec les délégués de onze autres communes. Un projet qui satisfait la jeune femme : « des spécialistes - un démographe et un sociologue notamment -, nous donnent des outils pour mieux répondre aux besoins de la population ». Il s’agit en effet d’être au plus près de ceux-ci.


[1CCAS - Place du 11 novembre - BP 1 - 76580 Le Trait. Tél. 02 35 05 93 70 - mail : mairie.le.trait@wanadoo.fr


Dans le même numéro

Dossiers

Le CCAS de Fécamp, un programme chargé et varié

Si le centre communal d’action sociale de Fécamp en Seine-Maritime consacre la majorité de son budget au service gérontologie, il met un maximum d’énergie dans le secteur de l’action sociale

Lire la suite…

Les centres communaux d’action sociale aujourd’hui

Services publics de proximité, aménageurs de l’innovation sociale locale, les CCAS veulent s’habiller autrement. De récents textes législatifs leur ont ouvert de nouveaux espaces : à l’échelon communal comme intercommunal, ils affichent une existence plus visible qu’auparavant. Explications et illustration avec le CCAS de Fécamp (lire le reportage) et le Trait en Seine-Maritime (lire le reportage)

Lire la suite…