N° 1179 | Le 18 février 2016 | Jacques Trémintin | Critiques de livres (accès libre)

La mutante ou 1001 journées d’une assistante sociale

Catherine Beclair


éd. Première édition 2015 (144 p. – 12,50 €)

Thème : Pratique professionnelle

Ce qui a poussé Catherine Beclair à devenir assistante sociale ? La fibre sociale qui l’habite, comme bien d’autres, trouve ses origines dans d’obscures racines. C’est bien un ensemble d’étincelles qui ont contribué à alimenter un véritable feu d’artifice. C’est une sorte de combustion qui s’est produite en elle, venant nourrir et déclencher une mutation de gênes faisant de l’éthique, du secret professionnel et de la déontologie une seconde nature.

Héritière de ces infirmières visiteuses du XXe siècle ; confrontée à la caricature d’un personnage grincheux, profondément croyant, en tailleur et chignon ; trop souvent réduit à des fonctions administratives et bureaucratiques… L’auteur décrit sa profession avec brio, à travers sept vignettes. Elle met en scène dans ce petit livre le travail d’accompagnement qu’elle accomplit au quotidien dans un hôpital, en faisant vivre ses rencontres qui pour être lourdes, amusantes ou émouvantes n’en sont pas moins, à chaque fois, un moment de partage unique. Elle a choisi un surnom à chacun(e) de ces patient(e)s confronté(e)s à la fin de vie, à la souffrance physique et à la détresse psychique : la dribbleuse, la louve, le guerrier, Ma Dalton, Blanche ou Elephant Man. Leur histoire est à chaque fois l’occasion de plonger dans un destin ordinaire ou hors du commun, faisant émerger le savoir-faire professionnel et le savoir être d’une travailleuse sociale qui s’est donné pour objectif de lutter contre l’exclusion et de toujours favoriser la liberté et la notion de choix avant la sécurité et le confort du conformisme.

Que les situations soient cocasses ou dramatiques, le même souci est à chaque fois présent de respecter la personne dans son identité, dans son désir et de soutenir l’orientation singulière qu’elle souhaite donner à sa (fin de) vie. Un bel hommage à la profession.


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