N° 661 | du 10 avril 2003 | Numéro épuisé

Dossiers

Le 10 avril 2003

La compagnie Tamérantong ! forme des enfants bien dans leurs baskets

Katia Rouff

Thèmes : Insertion, Théâtre

En partenariat avec les enseignants et les travailleurs sociaux de Belleville à Paris et de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, la compagnie Tamérantong ! propose à des enfants de 6 à 12 ans, en difficulté scolaire, de jouer, danser, chanter et monter sur les planches. Les jeunes comédiens apprennent ainsi à s’exprimer autrement que par la violence et du coup réinvestissent l’école. Et, en plus, ils produisent un spectacle de haute qualité qui connaît un succès international. Une insertion par le théâtre réussie

« Il était très pauvre mais super beau. Il vivait dans la montagne et quand il descendait en ville sur son cheval maigre, tout le monde disait « Quel hombre ! ». Ainsi commence « Zorro el Zapato », la dernière création de la compagnie Tamérantong ! (lire la critique…). Comme il s’agit d’un clin d’œil au sous-commandant Marcos et à la lutte des Indiens du Chiapas, le texte continue ainsi « Il était toujours très calme. Une seule chose l’énervait : l’injustice ». C’est vrai c’est énervant. Ainsi la troupe d’enfants de Belleville et celle de Mantes-la-Jolie, sous la houlette de Christine Pellicane, fondatrice de la compagnie et metteur en scène, traite à sa manière l’histoire d’une rébellion. Poétique, engagée et rigolote. Comme toutes les pièces de Tamérantong !.

La compagnie Tamérantong ! [1] est née à Belleville, un quartier populaire du nord-est parisien. Association d’action sociale et culturelle à vocation artistique et éducative, elle soutient l’enfance et la jeunesse en difficulté sociale ou scolaire.

L’histoire de la compagnie Tamérantong !

En 1988, Christine Pellicane, comédienne, créé la compagnie Tamérantong !. Elle réunit des équipes artistiques, techniques et pédagogiques issues du spectacle, des arts martiaux, du rock alternatif, de la capoeira, des arts déco et de l’animation. Objectif : mettre la pratique du théâtre au service des enfants issus de l’immigration et du quart-monde français dans les quartiers dits « défavorisés ».

En 1992, encouragée et soutenue par les habitants des quartiers et les familles, la compagnie se constitue en association. Elle démarre son travail avec les enfants de l’école primaire Tourtille dans le cadre de l’aménagement du temps de l’enfant et ceux de Mantes-la-Jolie à la demande d’un centre social de quartier.

Pourquoi ce nom ? « En 1988, nous cherchions un nom qui sonne comme « à l’attaque », un cri d’enfants. C’était le début des expressions avec « Ta mère ». À l’époque c’était léger. Un jour de pluie, j’ai entendu un enfant dire « Tamérenbottencaoutchouc », j’ai trouvé ça drôle. Ludvig Van 88, un groupe rock, nous a écrit la chanson « Tamérantong ». Nous avons adopté le nom. C’est le seul « Ta mère » que les enfants ont le droit de prononcer ».

Elle forme des troupes de théâtre d’enfants et assure leur suivi sur plusieurs années. Elle crée et organise des spectacles vivants et audiovisuels, des festivals, des tournées, des ateliers et des stages de création artistique pour l’épanouissement des enfants.

Depuis 1992, la compagnie travaille avec l’école élémentaire Tourtille dans le cadre de l’aménagement du temps de l’enfant, en étroite collaboration avec les instituteurs, les assistantes sociales scolaires, les animateurs de quartier et les éducateurs de prévention de la fondation Jeunesse feu vert [2]. « À l’origine, nous souhaitions proposer une activité de théâtre à ces enfants plutôt défavorisés socialement, et éviter qu’ils ne traînent dans la rue. Au bout de deux années, nous avons constaté qu’il fallait lutter contre l’échec scolaire », se souvient Catherine Forestier, la présidente. « Les instituteurs du CP et CE1 ont repéré les enfants en difficulté scolaire et les ont incités à rejoindre la troupe des Tamérantong ! ».

Tamérantong ! pour les maternelles

Catherine Forestier, présidente de Tamérantong !, est également directrice de l’école maternelle Pali-Kao, située près des écoles primaires Tourtille et Ramponneau. Elle sera partenaire du prochain projet de l’association Tamérantong ! : l’atelier « Tonguétatamis ! », pour les enfants des grandes sections de maternelle, qui sera suivi en primaire.

Objectif ? Créer des passerelles avec les écoles du quartier. « Les parents inscrivent encore assez volontiers leurs enfants à l’école Tourtille. La mixité culturelle est respectée. Ils savent que les instituteurs font un bon travail pédagogique et que 25 ateliers d’expression sympas sont proposés aux enfants. Pour l’école Ramponneau, c’est plus difficile. L’ancienne équipe – directeur et enseignants - qui connaissait très bien les enfants et le quartier est partie à la retraite. Aujourd’hui, les instituteurs nouveaux et jeunes, se sentent souvent désarmés. La situation est difficile, le niveau scolaire bas, l’échec scolaire élevé, la mixité sociale et culturelle non respectée (70 % des enfants sont d’origine africaine) ».

L’école va fermer un an pour rénovation. Une équipe pédagogique souhaite s’investir dans cette école. Avec elle, les associations et l’école maternelle Pali-Kao, réalisent un travail de fond pour inciter les parents du quartier à inscrire leurs enfants. « La politique de la Ville est responsable de la violence dans nos quartiers et de leur image négative. Elle a concentré tous les problèmes sociaux dans les mêmes quartiers. Aujourd’hui, ils nous explosent à la figure », dénonce Catherine Forestier. Tonguétatamis !, un travail encore plus en amont pour le respect de la mixité sociale et culturelle dans les écoles du quartier.

École maternelle Pali-Kao - 32, rue de Pali-Kao 75020 Paris

Des enfants avec des problèmes d’apprentissage en écriture, lecture, mathématiques, des difficultés de concentration, un manque de rigueur dans le travail (difficulté à suivre une consigne jusqu’au bout par exemple). La compagnie assure le suivi des enfants pendant 6 ans. Ils se retrouvent en atelier hors temps scolaire une à quatre fois par semaine. Le programme est progressif : première et seconde années : initiation et apprentissage. Troisième année : création du spectacle. Quatrième, cinquième et sixième années : tournées du spectacle. « Nous avons vu des enfants en échec scolaire tenir un rôle long et compliqué sur scène, ce qui prouve l’efficacité de la discipline dans l’effort, du travail en groupe et de l’apprentissage d’un texte », affirme Catherine Forestier.

Dans les jeux de rôles, les enfants apprennent à faire semblant de se bagarrer. « Il est très important pour des enfants très querelleurs, qui se sentent agressés au moindre regard, d’apprendre à faire semblant, à canaliser leur énergie, à prendre de la distance et à s’exprimer autrement que par la violence », insiste la présidente. Ainsi, lors des ateliers, les adultes ou les enfants peuvent demander la tenue d’un « Conseil de Tongs », pour régler un problème, parler des difficultés dans le quartier (racket), dans la vie (deuil) mais aussi des bonheurs (naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur…). Les enfants s’assoient en cercle avec les adultes et apprennent à prendre la parole, à lever la main pour parler, à écouter celui qui s’exprime et à lui répondre.

Les arts martiaux occupent une place centrale à Tamérantong ! Lors des ateliers, les enfants travaillent par petits groupes le kung-fu-cascade : un kung-fu ludique mais enseigné par des pros. Les enfants apprennent les positions et les gestes de défense mais ne portent pas les coups. « Ils adorent », témoigne Oussoumane Bamba, emploi-jeune (lire son portrait…). Ce travail apprend la maîtrise du corps à des enfants, qui souvent vivent dans des endroits exigus et insalubres et ont besoin de se dépenser.

Enfin, l’enfant est valorisé par l’activité théâtrale. « Je me souviens d’un enfant très perturbé. Ses parents portaient sur lui un regard négatif. En le voyant sur scène, devant sa réussite, le père a pleuré d’émotion. Il est revenu voir le spectacle avec toute la famille. Cet enfant a quitté la compagnie mais on ose espérer qu’une petite porte s’est ouverte pour lui et qu’il en restera toujours quelque chose », pronostique Catherine Forestier.

Les institutrices de l’école Tourtille partagent l’enthousiasme car « les enfants qui passent à Tamérantong ! sont à l’aise dans la vie, ont une large ouverture d’esprit, savent parler des problèmes du monde. Ils prennent des responsabilités, deviennent souvent délégués de classe alors qu’au départ, nombre d’entre eux s’exprimaient difficilement ». Les enfants trop timides trouvent-ils leur place à Tamérantong ! ? « Tous les enfants arrivent à jouer, même ceux qui sont hyper timides ou bloqués au départ », assure Christine Pellicane. « En revanche, nous avons eu des difficultés avec des enfants souffrant de problèmes familiaux très lourds, voire de troubles psychiatriques. Dans ces cas-là, nous ne pouvons pas gérer, nous les orientons vers les travailleurs sociaux ». Ce sont des cas rares et extrêmes. « En général, en cas de difficultés, tout le monde se concerte : les Tamérantong !, les parents, les travailleurs sociaux et les instituteurs. Nous avons à cœur que l’enfant soit bien ».

Le tableau n’est pas pour autant idyllique. Si un enfant ne vient pas en atelier, si les parents refusent qu’ils partent en stage, les animateurs leur passent un coup de fil, puis un autre, leur adressent un courrier, les convoquent en réunion. Enfin, s’ils ne répondent pas, un éducateur de la fondation Jeunesse feu vert ira les rencontrer. Bref, ils insistent. « Les parents ne voient pas toujours l’intérêt d’un atelier de théâtre. En général, ils changent d’avis dès le premier spectacle – nous en faisons régulièrement pour les parents, les instituteurs et les éducateurs. Là, ils voient la réussite de leur enfant et la constance que demande un atelier comme le nôtre », apprécie Christine Pellicane.

La compagnie revendique aussi son rôle éducatif. Lors du vol d’un portable par un enfant de l’atelier, le « Conseil des Tongs » s’est réuni pour lui signifier son désaccord et lui montrer qu’il n’y avait pas de quoi être fier. Instituteurs et éducateurs ont tenu le même discours. Les parents avaient honte de l’acte de leur fils. Grâce à un spectacle, ils ont éprouvé de la fierté face à sa capacité à apprendre un long texte et à faire rire le public. « Le théâtre provoque une énergie positive. Cet enfant a vu que pour être intéressant il n’avait pas besoin de voler », dit la metteur en scène.

Josy Riffet est éducatrice de prévention à la fondation Jeunesse feu vert depuis 33 ans. Elle connaît bien le quartier, les enfants et les familles. « Au départ, la compagnie Tamérantong ! nous a sollicités pour que nous incitions les enfants à suivre les ateliers avec régularité. Une de nos missions consiste à favoriser la participation des enfants aux activités existant dans le quartier, à convaincre les familles de l’importance des activités de loisirs extra scolaires, à travailler sur leurs freins (financiers, psychologiques, culturels) et à les convaincre de veiller à ce que leur enfant suive l’activité choisie avec constance », explique l’éducatrice. Voilà donc 12 ans qu’elle travaille avec la compagnie. « Lorsqu’un enfant a des problèmes (familiaux, de comportement…), la participation des animateurs de la compagnie est toujours remarquable ».

La fondation apporte aussi une aide logistique à Tamérantong ! : location d’une propriété en Normandie pour les stages, accompagnement des familles en car lors d’un spectacle, même s’il a lieu à deux stations de métro, discussion lorsqu’une famille refuse qu’un enfant parte en stage ou en voyage avec la compagnie. Josy Riffet est convaincue des vertus pédagogiques du théâtre : il aide à la structuration des enfants, les spectacles valorisent parents et enfants. Les enfants — dont elle connaît bien les résultats scolaires — changent : « Je suis toujours émerveillée lors des spectacles de voir ces enfants qui n’arrivent pas à retenir cinq lignes de poésie à l’école, qui ont des difficultés de comportement, participer à des spectacles d’une telle qualité et assurer. La compagnie réalise un travail éducatif en profondeur vraiment intéressant. Elle est d’un très grand professionnalisme, pédagogue et engagée. Elle ne baisse pas les bras et vise haut. Un pari risqué et parfaitement réussi. ».

Dès le départ, Tamérantong ! a souhaité favoriser la mixité sociale et culturelle. Le quartier classé en Développement social urbain (DSU) et en Zone d’éducation prioritaire (ZEP), comporte quatre écoles qui fonctionnent comme des ghettos. Elles accueillent surtout des enfants en difficulté et d’origine étrangère. Ouvrir l’atelier Tamérantong ! hors du temps scolaire permet de suivre les enfants de l’école et d’accueillir un public différent et de mixer le groupe. Quand ils passent au collège, les petits comédiens peuvent continuer l’aventure en rejoignant l’atelier adolescents mis en place à leur demande et à celle de leur famille. « Ce sont surtout des enfants ou des familles de classes moyennes qui souhaitent que l’atelier ado continue. Le rôle d’Oussoumane est d’assurer le suivi des adolescents du quartier qui participent à l’atelier et sont en difficulté », explique Christine Pellicane.

En début d’année, le thème du futur spectacle est donné aux enfants. Ils improvisent en ateliers. La metteur en scène écrit le texte en injectant les situations cocasses ou décalées que les enfants inventent. Pour l’enfant, Tamérantong ! c’est du plaisir mais aussi beaucoup de travail. Quelques mois avant le spectacle, il faut énormément répéter, tant le mercredi que les week-ends. « Nous leur demandons la rigueur de comédiens professionnels », explique Catherine Forestier. Les enfants sont très attirés par la compagnie mais ils ne mesurent pas forcément le travail qu’elle demande. C’est un engagement sur l’année.

Les spectacles de la compagnie réactualisent les contes traditionnels et leurs héros. Aventures du bout du monde ou du coin de la rue. « Zorro el Zapato » est le douzième spectacle de la compagnie, écrit et mis en scène par Christine Pellicane. « Zorro est une comédie musicale à thème mexicain. À travers le mythe du cavalier masqué, le spectacle raconte la lutte pacifique des Indiens du Chiapas pour la dignité indigène ». Il suit « L’île du Kra-Poh » qui avait pour thème la tragédie des boat People et « La sacrée Grole », une histoire inspirée des chevaliers de la Table ronde qui parle du respect de la différence et de solidarité.

N’est-il pas délicat d’inculquer un message politique à des enfants ? Ne risque-t-on pas de les manipuler ? « Évidemment nous nous sommes longuement posé la question pour le spectacle de « Zorro el Zapato », qui fait directement référence à une lutte », répond Christine Pellicane. « Mais la lutte des Indiens du Chiapas dépasse leur conflit avec le gouvernement mexicain. Ils prônent le respect de l’autre, la tolérance, la dignité, le droit à la culture et l’égalité des sexes. Ce sont des valeurs universelles. De la politique au sens noble du terme. Le spectacle reprend la parole de ces Indiens pacifistes qui luttent pour la paix. Nous avons décortiqué et analysé ces textes avec les enfants lors des ateliers. Nous ne faisons pas d’embrigadement. Pour nous, il s’agit de théâtre citoyen et éducatif », répond Christine Pellicane.

Mars 2001. Après la tournée française du spectacle « Zorro el Zapato », la compagnie Tamérantong ! est invitée à jouer au Mexique par le sous-commandant Marcos, à l’occasion de la Grande marche de la dignité indigène. Cinquante personnes : 24 enfants, animateurs, parents, artistes, techniciens et décors (658 kilos !) partent pour l’aventure. Durant une semaine, la troupe loge dans un centre social qui accueille des enfants des rues. « Les enfants ont vu qu’à Belleville, il y a certes des problèmes, mais que ce n’est pas comparable à ce que vivent ces enfants de 5 ans cabossés par la vie, parfois victimes de la drogue ou de la prostitution », raconte la présidente.

Les enfants donnent 4 représentations en Frangol (français/espagnol) au théâtre de la Juventud à Mexico, où 1 900 personnes assistent à chaque spectacle. Ils ont joué devant les 24 commandants indiens de l’armée zapatiste et le conseil indigène. Après le spectacle, les 24 enfants se sont retrouvés face aux 24 commandants auxquels ils ont remis un cadeau. « J’étais fier de jouer devant eux. On est petit et on a fait un exploit, c’est extraordinaire, non ? », témoigne Hachem, 9 ans. La rencontre avec les commandants a suscité beaucoup d’émotion « quand ils nous faisaient des abrazos (accolades) rituels, c’était émouvant, parce que d’habitude, quand on se dit bonjour, c’est pas vraiment sincère », explique Kizzy, 11 ans.

En plus, l’aventure a permis de sortir de Belleville : « J’ai adoré les pyramides, parce que c‘est drôle de monter les escaliers comme des Mexicains », raconte Alice, 6 ans. Une forte médiatisation a entouré ce voyage, les enfants ont été un peu bousculés, mais finalement « ils ont pris les choses très tranquillement » estime Catherine Forestier. « C’était un grand bonheur, tout simplement ».

Malgré ce succès – et une presse unanime – la compagnie n’est jamais invitée dans des théâtres publics en France. Le ministère de la Culture ne leur accorde pas de subvention.

Les financements de Tamérantong !

Le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (FASDIL), la ville, la préfecture, la fondation de France, la Caisse d’allocations familiales (CAF), soutiennent la compagnie tant à Paris qu’à Mantes-la-Jolie. À Paris, s’ajoute le soutien de la Direction départementale de la jeunesse et des sports (DRDJS) et à Mantes celui du conseil général. Et puis, il y a « Les chevaliers de la Tongue » : les gens qui aiment et soutiennent le travail de la compagnie et mettent la main à la poche quand elle a besoin d’argent. Ainsi, 12 200 euros ont-ils été récoltés pour permettre aux enfants de Belleville de partir au Mexique en 2 001.

Pourtant les galères financières ne manquent pas à Tamérantong ! Au bout de 10 années d’existence de l’association, l’une des deux administratrices - présente depuis le début de l’aventure - a été employée successivement en contrat emploi solidarité, contrat emploi consolidé et a aujourd’hui le statut d’adulte relais. La metteur en scène, les comédiens et l’équipe artistique (ingénieurs du son, costumières, techniciens…) ont un statut d’intermittents du spectacle, les animateurs, celui de vacataires.

Dès le départ, la compagnie a choisi de travailler avec des professionnels expérimentés dans chaque discipline : du théâtre aux arts martiaux, en passant par le son ou les décors. Ce qui a donné tout de suite une grande qualité aux spectacles. Comme nombre d’associations, les membres s’épuisent en rédaction de dossiers et demandes de subventions. Pourtant, ils ne perdent pas la foi. « C’est un vrai bonheur de voir les enfants s’exprimer, le public sortir heureux d’un spectacle », se félicite Christine Pellicane. « De grands acteurs mexicains ont déclaré à la presse s’être remis en question en voyant ce que dégagent les enfants : joie, énergie, plaisir, envie de raconter. L’essence même du théâtre ».

Pourtant en février 2003, 22 850 spectateurs ont déjà vu « Zorro el Zapato ». Spectacle que 24 enfants de Mantes-la-Jolie jouent actuellement au Chiapas à l’invitation des communautés indiennes. Ils donneront une représentation dans la montagne, à Oventic, devant des milliers d’Indiens pour célébrer l’anniversaire de la mort d’Emiliano Zapata. Une aventure soutenue activement par la société civile, les stars du cinéma et du rock mexicains. Auparavant, quatre représentations seront données au théâtre de la ville à San Christobal de la Casas en partenariat avec le Conseil d’État pour la culture du Chiapas. Nul Sergent Garcia ne saurait les arrêter.


[1Compagnie Tamérantong ! 99, rue de Belleville - 75019 Paris. Tel. 01 43 72 28 08

[2Fondation jeunesse feu vert - 60 bd de la Guyane - 94160 Saint-Mandé. Tel. 01 43 74 68 69


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