N° 1063 | du 24 mai 2012

Critiques de vidéos

Le 24 mai 2012

Des familles mal logées se filment

Katia Rouff

Thème : Logement

Tranche de vie : le mal-logement à Paris, court-métrage réalisé par la délégation parisienne du Secours catholique

« C’est quoi la loi bidon qui met les enfants et les familles dehors ? », demande une jeune mère aux huissiers inflexibles qui viennent procéder à l’expulsion de sa famille. Après avoir vécu séparément chez des amis durant quelque temps, la petite tribu – les parents et leurs trois enfants – est logée dans une chambre d’hôtel par les services sociaux. Coût de l’opération : 3 800 € par mois. Pour un résultat indigne : une chambre de 9 m2 pour cinq, des toilettes à l’étage, des douches payantes… « Maman, nous sommes en prison ? », demande sa fillette en découvrant le lieu. Face aux dénégations maternelles, elle insiste : « Pourtant, le gérant a dit : « Pas de bruit, pas de visites, pas de cuisine. » Le court-métrage Tranche de vie : le mal logement à Paris est une « fiction réalité », écrite, réalisée et jouée par des personnes mal logées qui fréquentent la délégation parisienne du Secours catholique.

Elles ont formé le groupe « Chaîne pour le Logement Ensemble (CLE) », constitué d’une quinzaine de personnes. Il propose des rencontres/discussions entre personnes mal logées et la mise en place d’actions collectives. Il désire témoigner du mal-logement à Paris, des situations d’errance, des conditions de vie indignes de certaines familles, des hôtels gérés par des marchands de sommeil, du manque d’intimité pour les couples et de place pour les enfants. Des situations dont nul ne sort indemne. Objectif du film : susciter des discussions, mobiliser les citoyens, les politiques et des personnes mal logées pour dire : « Ensemble tout est possible ». Tranche de vie se termine par un appel d’enfants aux pouvoirs publics : « Vous avez la solution et nous l’attente et le désespoir. »