N° 917 | du 19 février 2009 | Numéro épuisé

Critiques de vidéos

Le 19 février 2009 | Entretien avec Ferdinand Ezembe, psychologue et directeur d’Afrique Conseil

D’une culture à l’autre : l’accompagnement des familles migrantes

Jacques Trémintin

Anthéa
7 place aux herbes
BP 219
83006 Draguignan Cedex
Tél. 04 94 68 98 48

Thème : Immigration

Travailler avec des populations issues de l’immigration africaine nécessite de savoir décoder quelques éléments essentiels de leur culture d’origine. Ferdinand Ezembe nous propose ici de riches et précieux conseils. Les modes de vie antérieurs sont souvent très différents des habitudes hexagonales. Ainsi, la parenté intègre non seulement les liens du sang, mais aussi de voisinage et de fréquentation. Les personnes proches qui se trouvent régulièrement dans le même espace social forment famille, y compris le travailleur social qui peut se voir appelé « tonton » ou « tante », pour peu qu’il soit souvent présent. Les règles matrimoniales ne s’appuient pas toujours sur un contrat écrit. La culture orale dominante exclut le plus souvent toute trace dans un état civil qui, de toute façon, n’existe pas toujours, l’engagement devant l’imam ou le prêtre ayant une aussi grande validité.

Les types familiaux sont tout autant divers, relevant du matrilinéaire (les frères de la mère sont alors considérés comme les véritables pères) ou du patrilinéaire (c’est la famille du père qui prend les décisions importantes, la mère en étant exclue). Il en va de même pour les modèles éducatifs. Alors qu’en France les parents sont considérés comme les seuls responsables de l’éducation de leur progéniture, en Afrique, l’enfant est pris en charge par l’ensemble du village ou du quartier dans lequel il vit. La communauté a un droit de regard sur son éducation. L’absence physique du père ne signifie pas son absence symbolique, suppléée par le réseau familial. Interroger des modes de fonctionnement qui intriguent, c’est faire preuve de respect.