N° 931 | du 4 juin 2009 | Numéro épuisé

Critiques de livres

Le 4 juin 2009 | Jacques Trémintin

Couple conjugal, couple parental : vers de nouveaux modèles

Sous la direction de Geneviève Bergonnier Dupuy


éd. érès, 2007 (302 p. ; 28 €) | Commander ce livre

Thème : Couple

Le couple et la famille se recherchent à travers de nouveaux modèles (uniparental, recomposé, homoparental…). L’ouvrage illustre cette évolution, en s’appuyant sur les nombreuses études qui se sont multipliées, depuis une trentaine d’années.

Du côté du couple, tout d’abord, dont le mode de fonctionnement a évolué sans pour autant changer profondément. À la typologie traditionnelle survalorisant la femme dans son rôle de gardienne des tâches ménagères et l’homme dans la dimension de pourvoyeur de ressources, a succédé une vision démocratique tendant à moins figer chaque partenaire dans une fonction particulière. Mais même si les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail, les hommes ne se sont pas forcément investis proportionnellement autant dans la gestion du quotidien. L’équité entre les genres privilégie certes la prévalence des objectifs individuels sur les projets familiaux, mais leur construction reste encore bien prisonnière des représentations d’un homme qui se doit d’être fort et puissant et d’une femme devant tout autant être fragile et dépendante.

C’est, peut-être, du côté de la famille que ces rôles respectifs ont le plus changé. Certains comportements à l’égard des enfants restent encore l’apanage des mères, comme les soins nourriciers, et d’autres attitudes collent aux pères, tels les jeux. Mais, la relation forte du père avec l’enfant dans les premières années de sa vie a enfin été reconnue comme une figure de sécurité favorisant ses développements affectifs et cognitifs. Et l’on constate chaque jour l’investissement du registre de l’autorité par les femmes et celui de la tendresse par les hommes. En fait, les rôles parentaux qui ne se recouvraient pas autrefois, s’inscrivent aujourd’hui dans un continuum où ce qui compte est bien plus la complémentarité que la recherche d’un partage égalitaire.

Cette coparentalité s’affirme notamment au moment de la séparation, la norme voulant que chacun réussisse à distinguer entre le conflit du couple et les questions d’éducation des enfants. Les premiers travaux sur le divorce avaient surtout mis l’accent sur ses conséquences pathologiques. Ce qui était perçu autrefois, avant tout, comme un événement déviant, perturbant et anormal est dorénavant considéré comme une transition, une étape de la vie. On sait comment la vie du couple peut perdurer, une corrélation ayant pu être établie avec les habiletés de communication : capacités à émettre des messages clairs et à saisir fidèlement ceux émis par le conjoint. Mais, on connaît tout autant les conditions pour bien réussir un divorce : achever le processus de séparation émotionnelle, maintenir le bien-être des enfants et établir une attitude positive et saine tant par rapport à son ancien conjoint, que par rapport à la période d’union antérieure.


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